TRÉSORERIE — TRÉSORIER
pas possible d'en détacher un pour la durée de la guerre, le gouverneur désigne à l'avance un officier pour en faire les fonctions. Celui-ci assure les paiements pour tous les services budgétaires, lient écritures régulières de ses recettes et dépenses et concourt aux ventes de chevaux, de matériel et d'objets provenant de prises sur Tennemi, ainsi qu'à toutes autres opérations rentrant, d'une façon générale, dans les attributions des payeurs aux armées. Dès la déclaration de l'état de guerre ou de siège, le gouverneur est investi, concurremment avec les agents supérieurs de l'administration des finances, du droit de contrôle sur l'encaisse du comptable du Trésor. Il ouvre aux ordonnateurs secondaires les crédits nécessaires à l'entretien des troupes et à la défense de la place. Les fonds dits de réserve de siège qui sont présumés indispensables pour assurer au cas d'investissement et pendant toute sa durée ce double service sont mis, aussitôt la mobilisation, à sa disposition. Il n'y est fait appel toutefois que lorsque l'investissement s'est réalisé. Jusque-là, la caisse du comptable du Trésor s'alimente suivant les règles habituelles. Si le fonds de réserve se trouve devenir insuffisant, le gouverneur prend des arrêtés pour la création de bons de caisse tenant lieu de numéraire. Dans les forts isolés, les gouverneurs ont, pour le service de la trésorerie, les mêmes droits et les mêmes attributions que les gouverneurs des places fortes. L. S.
TRÉSORIER. I. Histoire financière. — Le trésorier a d'abord été l'administrateur des revenus du roi, ou, plus exactement, l'administrateur du domaine royal. Au moyen âge, ses fonctions étaient partagées par le bouteil- 1er (V. ce mot) et le chancelier (V. Chancellerie), assistés des prévôts et vicomtes. Après Louis IX, le chef du trésor s'appelle receveur ; il centralise les opérations financières des baillis et des sénéchaux. Sous Philippe le Bel, il se nomme surintendant (V. ce mot). On trouve ensuite des trésoriers de l'hôtel du roi, qui rendent compte de leur gestion tous les six mois. Sous Charles VI et Charles VU, un receveur général dirige toute l'administration du trésor royal ; il a sous ses ordres les receveurs, les trésoriers du domaine. De grands officiers royaux administrent certaines caisses, ce sont Vai^g entier (Y. ce mot), le trésorier des guerres, le grand maître de l'artillerie, le garde des coffres. L'argentier du roi, Jacques Cœur, se distingua, comme on sait, par des plans très curieux de réformes financières et fiscales. François l^^ institue 4 trésoriers de l'épargne, assistés de d 6 receveurs généraux . Ces agents remplacent le receveur général et les baillis et sénéchaux. Henri II nomme 46 trésoriers, 46 receveurs généraux et 46 contrôleurs généraux, et adjoint à leurs attributions la surintendance des domaines, la direction des tailles, aides, gabelles. Henri III réunit de nouveau les fonctions des receveurs généraux à celles des trésoriers. Il y eut par généralité 5, puis 40, puis (sous Charles ÏX) 47 trésoriers généraux. Un surintendant des finances (V. ce mot) dirige tout le service. Cette organisation persiste sans grands changements jusqu'à Louis XIV. Colbert remplace les trésoriers de l'épargne par un garde du Trésor, surveillé par un contrôleur général. Les gardes du Trésor persistent jusqu'à la Révolution. Depuis 4789, le Trésor est administré par des commissaires de la trésorerie, assistés par 4 payeurs principaux et des receveurs. En 4792, les 4 payeurs principaux furent remplacés par un payeur général à Paris et un payeur général établi dans chaque province. En 4795, 5 commissaires dirigèrent la trésorerie nationale. La constitution de l'ap VIII la mit sous la direction d'un conseiller d'Etat, chef de Trésor, assisté de 2 administrateurs. En 4804, il y eut un ministre spécial du Trésor public assisté de 4 payeurs généraux ; les attributions de ce ministre se confondirent avec celles du ministre des finances en 4844 et 4845 (V. Finances). La Restauration institua les payeurs généraux ou trésoriers payeurs-généraux (V. ci-dessous). Aujourd'hui, le trésorier ou chef du Trésor est le ministre des finances.
Trésoriers-payeurs généraux. — Le service du Irésor (V. ce mot) est assuré dans chaque département par un trésorier-payeur général. Ces agents ont remplacé, en 4865 (24 nov.), à la fois les receveurs généraux chargés du recouvrement des impôts et les payeurs généraux chargés d'acquitter les dépenses publiques. En tant que représentant du chef du Trésor dans le département, le trésorier-payeur général a sous ses ordres les receveurs particuliers des finances et les percepteurs. Il est même responsable de leur gestion. Il encaisse et centralise les produits des contributions directes, des taxes assimilées et d'un certain nombre de revenus publics ; les recettes effectuées par les receveurs des régies financières ; les sommes versées par les communes et établissements publics et qui doivent figurer au compte courant du Trésor; les sommes qui doivent entrer dans les caisses de la Caisse des dépôts et consignations, de la Légion d'honneur, de l'Imprimerie nationale, de la Caisse des invalides de la marine et autres établissements analogues, et opère aussi les recouvrements du caissier-payeur central du Trésor et du payeur central ùe la dette publique. D'autre part, il acquitte les dépenses publiques, effectue les paiements pour le caissier-payeur central du Trésor et le payeur central de la dette publique, subventionne quand besoin est les receveurs des régies financières ; paye les sommes nécessaires pour la Caisse des dépôts et consignations, la Caisse des invalides de la marine, la Légion d'honneur, etc. Enfin, il exécute pour les particuliers de son ressort un certain nombre d'opérations de banque, notamment les négociations relatives aux rentes sur l'Etat ; ces opérations sont engagées sous sa responsabilité personnelle. Par ailleurs, le trésorier-payeur général assure l'exécution du budget départemental, perçoit les recettes, legs, donations, etc., assure la rentrée des revenus, acquitte les dépenses et dresse de toutes ces opérations un compte spécial pour chaque exercice ; compte soumis au conseil général, puis à la Cour des comptes. Les trésoriers-payeurs généraux faisaient jadis de très importantes avances à l'Etat, soit directement sur leur fortune personnelle, soit indirectement grâce aux dépôts que les particuliers leur confiaient. Ils recevaient naturellement de ce fait des remises convenables. La Banque de France, grâce à l'établissement de ses succursales départementales, leur a enlevé toute une partie de leur service. Maintenant, leurs avances au Trésor ne consistent plus que dans ce qu'on appelle les fonds particuliers, c.-à-d. les fonds de roulement qui leur appartiennent et les capitaux qui leur sont confiés en compte courant par les particuliers ou qui proviennent des négociations sur les valeurs françaises qu'ils font pour le compte des particuliers. Sur ces avances il ne leur est alloué qu'une bonification de 2 **/q. Les trésoriers-payeurs généraux, présentés par le ministre des finances et sans condition de services antérieurs, sont nommés par décret du président de la République. Ils sont divisés en cinq classes : la première comportant 5 trésoriers à 25.000 fr., la seconde 22 à 20.000 fr., la troisième 20 à 46.000 fr., la quatrième 20 à 44.000 fr., la cinquième 20 à 42.000 fr. A ces traitements viennent s'ajouter des remises accordées par la Caisse des dépôts et consignations pour les services qu'ils lui rendent, des remises sur les coupes extraordinaires des bois communaux, des commissions payées par le Crédit foncier et la Ville de Paris pour la négociation de leurs titres, etc. Ils subissent sur ces traitements et annexes la retenue pour pension. Ils doivent verser des cautionnements représentant huit fois le montant de leurs émoluments soumis à la retenue pour pension, lorsque ces émoluments ne dépassent pas 25.000 fr., et douze fois la portion excédant 25.000 fr. Ils doivent posséder, en propre au moins, la moitié de leur cautionnement. Leurs frais de bureau et de personnel sont payés par l'Etat par voie d'abonnement. Ils sont autorisés à avoir des fondés de pouvoir permanents. R. S.
TRÉSORIER — TREUB
IL Administration militaire. — Capitaine trésorier. — Le capitaine trésorier est l'officier comptable du régiment. Membre et secrétaire du conseil d'administration du corps (V. Conseil, t. XH, p. 465), il établit les états de solde à percevoir, les soumet à la signature du conseil, en touche, après ordonnancement par le sous~ intendant militaire, le montant chez le payeur, acquitte les diverses dépenses prévues par les règlements ou autorisées par le conseil et remet notamment, tous les cinq jours, aux commandants des compagnies, es^drons ou batteries, le prêt de la troupe. Il est aussi archiviste du corps. Dans la cavalerie, il cumule les fonctions de trésorier et d'officier d'habillement. Les capitaines trésoriers sont pris, d'ordinaire, parmi les officiers de même grade devenus peu aptes au service actif et paraissant pouvoir, au contraire, remplir utilement cet emploi. Ils peuvent y être maintenus après leur admission à la retraite et jusqu'à l'âge de soixante ans. Dans les bataillons formant corps, un lieutenant, le lieutenant trésorier ^ remplit les mêmes fonctions que le capitaine trésorier dans un régiment.
Lieutenant adjoint AU trésorier. — Le capitaine trésorier a sous ses ordres, pour l'aider et, le cas échéant, le remplacer, un officier du grade de lieutenant. Cet officier remplit, lorsque le régiment est fractionné, les fonctions de trésorier à la portion principale, sous le titre à' officier payeur, tandis que le capitaine trésorier reste à la portion centrale. L. S.
BiBL. : Histoire financière. -- G. de Roquette- Buisson, Etudes sur Vorganisation des Trésoreries générales; Paris, 1901, in-8.
TRESPOUX-Rassiels. Com. du dép. du Lot, arr. et cant. (S.) de Cahors ; 512 hab.
TRESQUES. Com. du dép. du Gard, arr. d'Uzès, cant. de Bagnols-sur-Cère ; 823 hab.
TRESSAILLURE (Céram.) (V. Céramique, t. IX, p. 4188).
TRESSAI NT. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. et cant. (E.) de Dinan ; 376 hab.
TRESSAN. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Lodève, cant. de Gignac ; 507 hab.
TRESSAN (Louis-Elisabeth de La Vergne, comte de), littérateur français, né au Mans en 1705, mort à Paris en 1783. Il fit ses études au collège de La Flèche, puis au collège Louis-le-Grand et les acheva aux Tuileries où il devint le compagnon et l'ami du jeune Louis XV. Il entra très jeune dans la société de Fontenelle et s'y lia avec Chaulieu, Gentil-Bernard et Voltaire. Destiné d'abord à la diplomatie, il suivit en Italie de Bissy.Mais, en 1733, après la mort de sa mère, il fit campagne sous les ordres du maréchal de Berwick et fut blessé au siège de Philisbourg ; il prit part encore, en 1744, à la campagne de Flandre et assista à la bataille de Fontenoy; en 1747, il fut nommé lieutenant général, enfin, en 1752, il devint grand maréchal de la petite cour du roi Stanislas à Lunéville. Il organisa alors l'Académie de Nancy et y prononça le discours d'inauguration. Ce fut à l'occasion d'un discours prononcé dans la même Académie que le P. Menoux l'accusa d'être philosophe et hérétique. En 1766, après la mort du roi Stanislas, Tressan se retira à Franconville, dans la vallée de Montmorency, et c'est alors qu'il se mit à publier les extraits de nos vieux romans qui l'ont rendu célèbre. Ses traductions de romans italiens furent en général moins bien accueillies. 11 remplaça pourtant Condillac à l'Académie française en 1781. Son œuvre comprend des épigrammes, des discours, des mémoires, des portraits, des éloges, un Essai sur le fluide électrique (1786) et surtout des romans italiens traduits, entre autres : le Roland furieux (ilSO), et des adaptations des vieux romans français, entre autres : Tristan de Léonois, Jehan de Saintré et Gérard de Nevers. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 1823, à Paris.
BiBL. : CoNDOROET, Eloges. — Hauréau, Histoire litté^ raire du Maine, t. IV,
TRESSAN DANS. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baume-les-Dames, cant. de Rougemont; 71 hab.
TRESSÉ. Com. du dép. d'I!le-et- Vilaine, arr. de Saint- Malo, cant. de Combourg; 428 hab.
TRESSE. I. Industrie. — La tresse est un tissu employé surtout dans la passementerie et à la bordure des vêtements. Semblable au lacet, mais beaucoup plus serrée, elle se fabrique dans les mêmes usines et sur les mêmes métiers, qu'on munit de deux tiges de fer recourbées, placées sur le devant, et sur lesquelles les mailles glissent pour tomber juste au point où se forme la tresse, absolument comme elles tombent des aiguilles à tricoter. Il se fait actuellement trois fois plus de tresse que de lacet, quoique le premier de ces tissus ait une origine beaucoup plus récente : son apparition ne remonte, en effet, qu'au milieu du xix^ siècle. Saint-Etienne est le grand centre, en France, de la fabrication de la tresse, et on en distingue de quatre sortes : la tresse organsin, la tresse alpaga, la tresse mohair, la tresse cachemire.
Une autre sorte de tresse, différente de la précédente par la matière et par la fabrication, est la tresse de paille, qui sert surtout à la confection des chapeaux et des nattes (V. ces deux mots). On fait, aux mêmes fins, des tresses de jute, d'écorce, de bois blanc, En France, Sept-Fonds et Grenoble fabriquent beaucoup de tresse de paille. Mais cette industrie est surtout très développée en Chine, au Japon, en Belgique fvallée du Geer), en Italie (Toscane et Modénais), en Suisse, et nos exportations n'atteignent pas le tiers de nos importations (export, en 1900, 4 millions de fr., import. 14 millions de fr.). La Belgique nous fournit plus particulièrement les qualités grossières pour paillassons; la Chine, le Japon, l'Italie la Suisse, les qualités plus fines pour chapellerie. IL Coiffure (V. Coiffure, passim). m. Architecture. — Ornement peint ou sculpté, décorant des surfaces ou des moulures planes ou convexes, comme des bandeaux ou des tores, et tantôt simple, tantôt double et même triple et quadruple : l'usage des tresses, datant de l'antiquité et continué dans l'art roman, se perpétue dans l'architecture moderne.
TRESSER RE. Com. du dép. des Pyrénées- Orientales, arr. de Perpignan, cant. de Thuir; 507 hab.
TRESSERVE. Com. du dép. de la Savoie, arr. de Chambéry, cant. d'Aix-les-Bains; 660 hab.
TRESSES. Com. du dép, de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de Carbon- Blanc ; 764 hab»
TRESSIGNAUX. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc, cant. de LanvoUon; 755 hab.
TRESSIN. Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. de Lannoy; 553 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.
TRESSON. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de Saint- Calais, cant. de Bouloiro; 1.108 hab.
TRETEAU. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Lapalisse, cant. de Jaligny; 1.114 hab.
TRÉTOIRE (La). Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rebais; 424 hab.
TRETS (Trittia). Ch.-l. de cant. du dép. des Bouchesdu-Rhône, arr. d'Aix; 2.518 hab. Stat. de chem. de fer. Gisements de lignite; marbre jaune; toiles. Château du XVII® siècle, église des xi® et xvi®. Nombreux vestiges de fortifications. Ville très ancienne, ruinée par les Sarrasins, encore fortifiée au xvi® siècle.
TRÉTUDANS. Com. du territoire de Belfort, cant. de Belfort; 232 hab.
TREUB (Melchior), botaniste hollandais, né à Boorschoten le 26 déc. 1851. Il fit ses études à Leyde et devint, en 1880, directeur du jardin botanique de Buitenzorg, à Java, qu'il transforma en un établissement modèle de culture et d'instruction. Il publie les Annales du Jardin botanique de Buitenzorg depuis une vingtaine d'années. Parmi ses nombreux ouvrages et monographies, citons : le Méristème primitif de la racine dans les Monocotylédones (Leyde, 1876); Rech. sur le rôle du
TREIJIÎ TRÉVK
noyau dans la division des cellules vég. (Amsterdam, 1878) ; Notes sur V embryogénie de quelques Orchidées (Amsterdam, -1879), plus, depuis 1880, une série de travaux sur les Cycadées, les Loranthacées, les Euphorbes, les plantes grimpantes, etc. D^ L. Hn.
TREUIL (Mécan.). Un treuil est un appareil destiné à élever des fardeaux . Il comprend essentiellement un cylindre horizontal, susceptible de tourner autour de âon axe guidé à ceteifet par des paliers fixes. Une corde est enroulée sur la surface ; l'une de ses extrémités est fixée au cylindre, l'autre pend librement et supporte la charge. En faisant tourner le cylindre dans un sens convenable à Taide d'une manivelle ou par tout autre procédé, on diminue la longueur de corde déroulée, et l'on imprime par suite à la charge un mouvement d'ascension. Si l'on appelle p le diamètre des tourillons portés par les paliers, /'leur coefficient de frottement, R le rayon du cylindre, P le poids à soulever, Q la puissance appliquée à une distance a de l'axe et inclinée d'un angle 0 sur la verticale, enfin A et B deux constantes destinées à tenir compte de la raideur de la corde, on a à chaque instant l'équation d'équilibre : Qa zi: PR + A + BP + /"p v/p2 + ^2 + 2PQ cos 0 . A mesure que la corde s'enroule, les spires successives se disposent sur le cylindre, les unes à côté des autres; aussi la charge s'élève-t-elle suivant une ligne légèrement inclinée par rapport à la verticale. Quand le parcours de la charge est considérable, comme c'est le cas pour un puits de mine, il faut tenir compte du poids de la partie rectiligne de la corde. En pareil cas, si l'on veut éviter d'avoir à faire varier l'effort moteur, on doit s'arranger de manière que le bras du levier de la charge diminue progressivement pendant l'ascension, ce qu'on obtient, par exemple, en employant un treuil conique.
Le treuil différentiel, appelé aussi treuil chinois, se compose dejdeux cylijidres de diamètres différents, montés sur le même axe à la suite l'un de l'autre, et d'une corde disposée de façon à s'enrouler sur l'un des cylindres pendant qu'elle se déroule par rapport à l'autre. La partie non enroulée forme alors une anse de longueur variable en bas de laquelle est suspendue une poulie mobile supportant la charge. Ce système permet de donner à la charge un mouvement très lent et par conséquent d'équilibrer cette charge avec un effort très faible. Néanmoins, l'appareil est peu avantageux, parce que l'effet de la raideur de la corde se trouve doublé, ce qui diminue notablement le rendement. L. Lecornu.
TREULON. Rivière du dép, de la Mayenne (V. ce mot, t. XXm, p. 453).
TREUX. Gom. du dép. de la Somme, arr. de Péronne, cant. de Bray ; 121 hab.
TREUZY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de Nemours; 343 hab.
TR EVANS. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. de Digne, cant. de Mezel; 61 hab.
TRÉVARESSE. Région de la Provence (V. Bouches- Du-RH6NE,t. Vn,p. 553).
TRÉVÉ. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. et cant. de Loudéac; 1.933 hab.
TRÊVE. I. Droit international. — La trêve est une suspension d'armes, en général, plus prolongée que le simple armistice (V. ce mot) et, surtout, que la suspension d'armes au sens propre de cette expression. Elle n'a pas trait uniquement aux opérations d'un corps de troupes plus ou moins hmité, ni même, comme l'armistice, à toutes les hostilités entre les belligérants, mais à l'action même de la guerre dans son ensemble. Non seulement aucune opération de guerre ne doit avoir lieu, le statu quo est maintenu sur tous les points, assiégeants et assiégés doivent s'abstenir de tous travaux d'attaque ou de réfection ; mais encore cette suspension des hostilités est, en général, décidée, pour ménager un acheminement à la paix et la possibilité de négociations tendant à mettre fin à la lutte.
Le maintien du statu quo étant de l'essence do toat armistice et de toute trêve, le ravitaillement des places fortes est interdit ou n'est concédé qu'en écliange d'équivalents militaires, tels que la remise d'un ou plusieurs forts. Sur mer, l'exercice du droit de visite, n'étant pas en lui-même un acte de guerre, n'est pas suspendu de plein droit; mais il ne saurait être procédé à une capture de navire. Afin d'éviter des conflits, on établit des lignes de démarcation qu'il est interdit aux armées de franchir ou des zones neutres où elles ne doivent pas pénétrer. Les armistices peuvent être généraux ou ne s'appliquer qu'à une partie du théâtre de la guerre; les trêves, au sens le plus exact du mot, suspendent les hostilités partout, tant sur terre que sur mer. Les uns comme les autres obligent les Etats dès le moment fixé par la convention, les particuliers dès qu'ils en ont connaissance. En cas de violation par un individu, le belligérant qui répond de lui est tenu de le punir et d'indemniser l'Etat lésé. La rupture proprement dite de la trêve par l'un des belligérants a pour conséquence de libérer l'autre et de l 'autoriser à reprendre les hostilités immédiatement, et même sans avertissement spécial, à la condition que ceux contre qui elles sont reprises aient connaissance de la rupture. Conclue pour un temps déterminé, la trêve prend fin par la simple échéance du terme; si elle l'a été pour un temps indéfini, elle peut être dénoncée, avec fixation d'un délai pour la reprise des hostilités. Quand elle a pour but de permettre de négocier la paix, elle ne peut être conclue que par le commandant en chef, généralement assisté de plénipotentiaires diplomates, et elle l'est par écrit et sous réserve de ratification. E. Lehr.
II. Ancien droit. — Au moment où prédominaient les guerres privées et où les procès ressemblaient à des luttes internationales, il était d'usage, comme dans la guerre, de conclure certains actes par lesquels on interrompait la guerre pour un certain temps ou pour toujours, d'une façon complète. Dans le cas où cette interruption était définitive, on avait affaire à un asseurement, une paix (V. ces mots). Dans le cas où l'interruption n'était que temporaire, l'on avait affaire à une tréue. Beaumanoir semble réserver les trêves aux chevaliers ; dans sa pensée de jurisconsulte, ami de l'ordre, la guerre ne devait pas exister entre les petites gens. Il n'en était pas de même dans les villes du Nord où la trêve, Yatenance (V. ce mot) et la souffrance étaient très usitées, précisément dans le but d'arriver à des asseurements et à des paix définitives. Ces trêves furent d'abord conventionnelles, elles étaient dues à l'intervention des amis désireux de voir cesser la lutte ; à cette trêve s'ajouta bientôt la trêve judiciaire imposée par l'échevinage àTadversaire de la personne lésée, et enfin la trêve obligatoire légale imposée à tous. La plus connue de ces trêves est la fameuse Trêve de Dieu (V. ci-après).
Les trêves se faisaient par promesse devant la justice : elles pouvaient comprendre un grand nombre de personnes et de groupes entiers. On pouvait les renouveler, les dénoncer dans certaines formes. C'était, avant tout, une mesure d'attente ; elle n'impliquait ni satisfaction, ni apaisement et réparation. E. Champeaux.
lîl. Histoire. — Trêve de Dieu. — Interdiction temporaire des guerres privées dans le régime féodal. La « paix de Dieu » {paxDei) était une interdiction, 'générale et permanente, de tout acte d'hostilité contre les noncombattants, destinée à protéger les faibles. La « trêve de Dieu » {treuga Dei) était l'interdiction de tout acte de guerre pendant des jours et des époques déterminées. Le clergé chercha de bonne heure à faire prévaloir dans la chrétienté la paix de Dieu, principalement pour protéger les gens d'Eglise et leurs biens. Toutes les personnes autres que les belligérants, c.-à-d. les clercs séculiers, les moines, les femmes, les pèlerins, les paysans, les marchands, les chasseurs et pêcheurs en exercice de fonctions, etc., furent respectées, ainsi que tout ce qui leur ap-
TRÊVE — TREVERI
partenait. Les cdilices religieux et leurs dépendances avaient le privilège d'asile. Les papes, par leurs légats aux principaux conciles et à chaque prédication de croisade, s'efforcèrent d'imposer la paix intérieure, sous la menace de Texcornuiunication. Les conciles provinciaux de la fin de l'époque carolingienne (Charroux, 989 ; Narbonne, 990; Anse, 994; Limoges, 997) et l'ordre monastique de Cluni, notamment sous Odilon (V. ce nom), contribuèrent beaucoup à la propagation de la paix de Dieu, qui fut d'abord appliquée dans le S. et le centre de la France. La plupart des grands conciles du xi^ et du xii^ siècle, surtout ceux d'Elne (1027), Narbonne (1054) et Clermont (109d), firent mention de la paix et de la trêve de Dieu. La royauté, qui intervenait souvent entre les seigneurs en lutte pour otfrir sa médiation, étendit son autorité en se faisant le champion du maintien de la paix. La réglementation de la trêve se fit dès la fin du x® siècle : les jours fériés étaient, dès l'origine, jours interdits pour les guerres privées. En l'honneur du dimanche, on enleva quatre jours entiers aux belligérants (du mercredi soir au lundi matin) durant toutes les semaines, puis plusieurs semaines consécutives pendant chacune des grandes périodes liturgiques, c.-à-d. pendant l'Avent (depuis le premier dimanche de l'Avent jusqu'au huitième jour après l'Epiphanie), le Carême et à Pâques (depuis le premier jour de Carême jusqu'au huitième jour après la Pentecôte). Pour assurer le maintien de ces prescriptions, des « ligues de la paix » {pactum pacis) se formèrent, entre clercs, nobles et vilains, avec une milice de « paissiers » {paciarii), qui formait une véritable gendarmerie rurale. Au xii® siècle, plusieurs de ces associations favorisèrent la création d'un certain nombre de villes de commune. La trêve de Dieu fut adoptée, dès le xi® siècle, dans la plupart des autres pays, notamment en Espagne. On alla même, dans cette voie de la pacification, jusqu'à tenter un projet de paix universelle (conférence de Mouzon entre le roi Robert le Pieux et l'empereur Henri II en 1023). A partir du règne de Philippe-Auguste, le maintien de la paix intérieure resta l'apanage exclusif de la royauté et devint l'un des «cas royaux ». La « Quarantaine-le-Roi » suspendait tout acte de représailles pendant un délai d'au moins quarante jours et fut réglementée par les ordonnances royales de 1245, 1257, 1296, etc. E.-D. Grind.
BiHL. : Ancien droit. — Brissaud. Manuel, p. 662. — Dubois, les Asseurements au xiii« siècle dans nos villes du Nord; thèse 1900, pp. 130-163.
Histoire. — E. Semichon, la Paix et la Tréoe de Dieu ; Paris, 1857, ia-8. — L. Huberti, Gottesfricden und Landesfrieden; Ansbach, 1892, in-8. — J. Roy, VAn Mille ; Paris, 1885, in-8. — Luchaire, la Paix et la Trêve de Dieu, dans VHistoire de France, publ. par Lavisse, t. II, 2" part., pp. 133-138. — V. également Fart. Paix.
TRÊVE (Auguste-Hubert-Stanislas), officier de marine et savant français, né le 1®^ nov. 1829, mort à Paris le 28 nov. 1885. Entré à l'Ecole navale en 1845, lientenantde vaisseau en 1859, capitaine de frégate en 1869, il fut, lors de l'investissement de Paris, en sept. J870, chargé du service des torpilles, puis commanda le fort de Noisy, et, lors du secoid siège de Paris par l'armée de Versailles, pénétra le premier, le 21 mai 1871, dans la capitale, par la porte de Saint-Cloud. Il fut promu, le mois suivant, capitaine de vaisseau. On lui doit d'intéressants travaux sur l'éclairage et les signaux électriques (1859), sur l'emploi de l'électricité pour l'inflammation des torpilles, sur la régularisation des compas (1869), sur la coloration des gaz par le magnétisme (1869), etc. Les résultats s'en trouvent consignés dans les Comptes rendus de r Académie des sciences. 11 a écrit, d'autre part, une Notice sur Francis Garnier (Paris, 1874).
TREVELYAN (Sir George-Otto), homme politique anglais, né à Rothey Temple (Leicestershire) le 20 juil. 1838. Brillant élève de Cambridge, il fut élu membre de la Chambre des communes en 1869. Libéral avancé, il fut, de 1868 à 1870, lord de l'amirauté dans le cabinet Cla.iston!\ succéda à Shaw-Lefévre dans les fonctions de secré-
taire parlementaire de l'amirauté en 1880, devint chet secrétaire d'Irlande après le meurtre de Frederick Cavendish (1882), témoigna en ce poste difficile d'une très grande fermeté, et, en ! 884, obtint le portefeuille de chancelier du duché de Lancastre. Gladstone lui confia les fonctions nouvellement créées de secrétaire pour l'Ecosse dans son nouveau ministère de 1885, mais Trevelyan, qui n'admettait pas le home rule, démissionna en 1886. Pourtant, en 1892, il redevint secrétaire pour l'Ecosse. Il rentra dans la vie privée en févr. 1897. Il est l'auteur d'ou!vrages historiques intéressants, notamment : Letters of a compétition Wallah (1864); Cawnpore {\%^^); The ladies in Parliament (1868) et surtout Tfie life and letters of lord Macaulay (1876, 2 vol.) et The early history of Ch.-J. Fox (1880). — Son fils, Charles-Phil lips, né en 1870, est membre libéral de la Chambre des communes depuis 1899. R. S.
TRÉVENEUC. Corn, du dép. des C<Hes-du-Nord, arr. de Saint-Rrieuc, cant. d'Etables; 697 hab.
TRÉVENEUC (Henri-Louis-Marie Chrestien, comte de), homme politique français, né à Lantec (Côtes-du-Nord) le 13 sept. 1815, mort à Paris le 10 juin 1893. Elève de l'Ecole de Saint-Cyr, il quitta l'armée pour faire des études d'architecture, puis de droit. Elu en 1848 représentant répubUcain des Gûtes-du-Nord à l'Assemblée constituante, il appuya d'abord la politique de Cavaignac, puis, eflrayé par les revendications des socialistes, il inclina de plus en plus vers la droite. Réélu en 184) à l'Assemblée législative, il fut un des membres les plus actifs de la majorité monarchiste, mais il s'opposa vivement au coup d Etat du 2 déc. et fut emprisonné à Vincennes. Il se tint dans la vie privée pendant tout l'Empire. Lors du siège de Paris, il servit comme major de place. Le 8 févr. 1871, les Côtes-du-Nord le choisissaient de nouveau comme représentant à l'Assemblée nationale où il prit place à droite et où il combattit la politique de Thiers. Il se distingua en faisant adopter la « loi Tréveneuc » (19 févr. 1872), c.-à-d. la loi qui autorise les conseils généraux à reconstituer provisoirement la représentation nationale au cas où l'Assemblée serait dispersée. Partisan décidé du cabinet de Broglie et du gouvernement du 16 Mai, il était devenu sénateur le 30 janv. 1876. Au Sénat, où il fut réélu en 1885,. il combattit l'art. 7, l'expédition du Tonkin et s'abstint dans les votes relatifs à l'aifaire boulangiste.
TRÉVERAY. Corn, du dép. delà Meuse, arr. de Commercy, cant. deGondrecourt; 865 hab. Stat. de chem. de fer.
TREVÉREC. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc, cant. de Lanvollon; 503 hab.
TREVERI, TREVIRl (Tprjo^vpoi). Peuple du Belgium, dont le territoire s'étendait au N. des Triboci et des Mediomatrici, à l'E. des Rémi et au S. des Neruii, des Eburones, des Segni et des Concbnisi, sur la Situa Arduenna et les deux rives de la Moselle jusqu'au Rhin. D'origine germanique, ils entretenaient, à l'époque de César, de continuelles relations avec les peuples d'outre- Rhin, tantôt pour les ap;)eler à leur secours, tantôt pour les repousser et les combattre. Pour l'histoire des Treveri à cette épo :]ue, V. Cixcetorix et Ambiorix. Après la conquête de la Gaule par César, les Treveri furent déclarés liberi; mais à la suite de leur révolte en l'an 29 av. J.-C, ils perdirent, avec leurs immunités, le titre de liberi, pour former l'an 27 av. J.-C. une des civitates stipendariœ de la Belgique. Plus tard, ils prirent part à l'insurrection des Rataves sous Civilis et durent céder une partie de leur territoire aux [//?/^■ (Tacite, Ami., XII, 27). Leur centre principal était Augusta Treuerorum (Trêves), probablement de création romaine, ville commerçante très fiorissante, plus tard capitale de la provincia Belgica prima et, suivant Ammien Marcellin, l'illustre résidence des plus hauts fonctionnaires {domicilium principiim clarum). D'après Tacite {Hist., V, 19), les Treveri avaient un Sénat de \ 13 membres, et César nous assure
TREVERt - TRÊVES - 366 —
que leur cavalerie était la meilleure de toute la Gaule. Us avaient pour clients les Condrusi. L. W.
BiBL. : J. Steiniger, Geschichte der Trevirer; Trêves, 1845, 2 vol.
TRÉVÉRIEN. Corn, du dép. dllie-et- Vilaine, arr. de Saint-Malo, cant. de Tinténiac; 992 liab.
TRÈVES.'Ch.-l. de cant. du dép. du Gard, arr. du Vigan ; 457 hab. Mines d'argent, de cuivre et de plomb.
TRÊVES, Corn du dép. du Rhône, arr. de Lyon, cant. de Condrieu; 324 hab. Stat. de chem. de fer.
TRÊVES (ail. Trier, lat. Augusta Trevirorum). Ville d'Allemagne, ch.-l. de district de la prov. du Rhin (Prusse), sur la r. dr. de la Moselle; 40.026 hab. en 1896. Entourée de belles promenades, c'est une ville ancienne à rues étroites, irrégulières ; la place centrale est celle du marché, avec une croix de syénite érigée en 958, une fontaine de Saint-Pierre. Les principaux édifices sont le pont de huit arches sur la Moselle, qui remplace un pont romain ; la Porte Noire, porte fortifiée bâtie par les Romains vers la fin du iv® siècle; longue de 36 m., large de 21, haute de 23 m., elle avait été transformée en église au xi^ siècle ; au xix® elle a été dégagée et ne garde qu'une abside romane ; il reste des ruines du palais des empereurs, des thermes, de l'amphithéâtre où Constantin fit ieter aux bêtes des milliers de prisonniers francs (306),
La Porte Noire, à Trôves.
etBructères (313); il contenait 30.000 spectateurs; une basilique romaine a été rebâtie au milieu du xix*^ siècle et convertie en église protestante (1856). Citons aussi la « tour des Francs », ancien magasin ; l'abbaye de Saint- Maximin, érigée sur ruines romaines et devenue caserne, tout comme le palais des archevêques ; — la cathédrale, surmontée de quatre tours, renferme des parties romaines, d'autres mérovingiennes (vers 550), carolingiennes (vm<^ s.), romanes du xii® siècle, un cloître gothique, de beaux tombeaux et des reliques dont la plus fameuse est la sainte tunique ; — l'église de la Vierge, qu'un cloître joint à la cathédrale, est la plus ancienne église gothique d'Allemagne (1227-43), copiée de celle de Braisne (France). Outre les neuf autres églises. Trêves possède beaucoup de vieilles maisons, la plus ancienne, dite des Trois Rois, date du xiii® siècle ; celle des marchands (au marché des grains), en style gothique, est du xv®. — Une des principales industries est celle des tailleurs de pierre qui fabriquent des églises gothiques ; la construction de machines, les industries textiles, la chapellerie, la tannerie, sont assez développées. Le commerce des vins de la Moselle, des bois et du bétail se fait par eau et par voie ferrée. — Evêché catholique; — bibliothèque municipale de 100. 000 vol., avec de beaux manuscrits.
Trêves fut la capitale des Trevires, puis, à partir du m® siècle, la résidence des empereurs attachés à la garde de la frontière du Rhin ; Constantin en fit le chef-heu d'une des quatre préfectures en lesquelles se divisait ï Em-
pire romain (V. cet art). Les Huns la détruisirent en 451. Le traité de Mersen l'attribua aux Francs orientaux, c.-à-d. à l'Allemagne (870). Dès le ix^ siècle, les archevêques y absorbèrent le pouvoir de comtes et firent administrer par des avoués la ville qui lutta pour obtenir son autonomie; elle fut ville libre impériale de 1212 à 1308, puis retomba sous la juridiction archiépiscopale. Elle fut plus tard délaissée par les archevêques pour Goblentz ; posséda, de 1473 à 1797, une université ; fut souvent occupée par les Français qui faillirent l'annexer au xvii^ siècle et y parvinrent en 1794. Ce fut, de 1801 à 1814, le ch.-l. du dép. de la Sarre ; puis elle fut cédée à la Prusse.
Le district de Trêves a 7.183 kil. q. et 768.451 hab. en 1895, dont 619.239 cathohques. Il comprend les 13 cercles de Bernkastel, Bitburg, Daun, Merzig, Ottweiler, Priim, Saarbriicken, Saarburg, Sarrelouis, Saint- Wendel, Trêves ville et campagne, Wittlich.
Varchevêché de Trêves, électoratdu Saint-Empire, occupait à la fin du xvm® siècle 8.314 kil. q. peuplés de 280.00 hab. Son revenu était d'environ 500.000 thalers Il comprenait deux parties ayant pour centres Trêves et Coblentz. Lesévêchés suffragants, tous français, étaient Metz, Toul, Verdun et (depuis 1777) Saint-Dié et Nancy. L'archevêque-électeur tenait dans le collège électoral le second rang. Il était le successeur des légendaires saints Eucharius, Valerius et Maternus, martyrs du i®^ siècle. Le premier évêque historique de Trêves fut Agritius, en 314 ; puis vint Maximin (332-49), qui reçut Athanase fugitif, lïetti (814-47) obtient rang d'archevêque des pays mosellans; Radbod (883-915) absorbe le comté avec droit de monnaie, de douane, etc. ; Robert (930-56) couronne Otton P^, à titre de titulaire du plus ancien évèché de l'Empire; ce ne fut qu'en 1315 que Trêves reconnut ce droit à Cologne. Théodoric P"^ obtient la primatie de Gaule et de Germanie (969). La dynastie de Luxembourg favorisa l'archevêché de Trêves dont Reaudouin, frère de l'empereur Henri VII, occupa le siège de 1307 à 1354 ; il devint archichancelier du royaume d'Arles, accrut les possessions de son église et les mua en souveraineté territoriale. Sous Richard de Grieffenklau (1511-31) se manifeste le culte de la Sainte Tunique qui attira des milliers de pèlerins à Trêves. Jean VI de Leyen (1556-67) appela les jésuites qui prirent la direction de l'électorat. Philippe de Sœtern (1623-52), partisan de la France, fut dix ans détenu à Vienne (1635-45). Le dernier archevêque fut Clément-Wenceslas, duc de SaxeX1768-1802) . en même temps évêque de Ratisbonne,Freisnig et Augsbourg ; en 1802, il se borna à ce dernier évèché ; les territoires électoraux de la rive gauche du Rhin avaient été cédés à la France par les paix de Lunéville (1801), et un évèché de Trêves institué, qui fut sutfragant de Matines (10 avr. 4802) ; les territoires de la rive droite du Rhin furent sécularisés'en 4803 au profit de Nassau- Weilburg. La bulle De salutate animarum (1821) réorganisa levêché de Trêves, comme sutfragant de Cologne, dans ses limites historiques. La reprise des expositions de la Sainte Tunique (1844) fit grande impression. A. -M. B.
BiBL. : Haupt, Triers Vergangenheit und Gegenwart, 1822, 2 vol. — Freeman, Augusta, Treverorum. ~ Hett- NER, Das rœmische Trier, 1880. — Wilmowsky, Der Dom zu Tner, 1874, 26 pi. — Gesta Treverorum, aux t. VIII et XXIV, des Monum. Germanise. — Hontheim, Historia Trevirensis diplomatica; Augsbourg, 1750, 3 vol. — Du même, Prodromus historiœ Trevirensis , 1757 , 2 vol. — Maïix , Gesch. des Erzstifts Trier, 1858-64, 5 vol.
TRÈVES-CuNAULT. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Saumur, cant. de Gennes, sur la rive g. de la Loire ; 651 hab. Curieux donjon fondé par Foulques Nerra, rebâti par Rob. Le Maçon, chanceUer de Charles VII ; chapelle romane de Saint-Macé, au milieu d'une sorte de Camposanto. A 2 kil. N.-O., grande éghse romane de Cunault, reste d'un prieuré fondé au viii® siècle; achevée au xiii® siècle, elle a 75 m. de long, renferme de beaux chapiteaux, de bizarres sculptures, le beau reliquaire de saint Maxenseul, eU.
TtlÈVES — TRÉZÈNE
TREVES (Paulin de), évêque du iv® siècle (V. Paulin DE Trêves).
TREVEY. Corn, du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Montbozon; 66 hab.
TREVI (lat. Trebia). Ville d'Italie, prov. de Pérouse, sur la r. dr. du Clitumne; 2.000 hab. Stat. du chem. de fer d'Ancoae à Rome. Eglises San Emiliano, du xii® s. ; Santa Maria délie Lagrime, de 1487, bâtie par Antonio de Firenze. — Une autre bourgade du nom de Trevi se trouve dans le Latium, sur la r. dr. deTAnio, et a donné son nom à un des aqueducs qui alimentent Rome par une fontaine monumentale (V. Rome).
TRÉVIEN. Com. du dép. du Tarn, arr. d'Albi^, cant. de Monestiés ; 645 hab.
TRÉVIÈRES. Ch.-l. de cant. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux; 4.040 hab. Eglise romane du xii® s., remaniée au xiv® et au xvi®.
TREVI G Ll G. Ville d'Italie, prov. de Bergame, sur la r. g. de l'Adda ; 42.000 hab. Soieries, toiles. Croisement des voies ferrées de Milan à Vérone et de Bergame à Crémone.
TRÉVIGNIN. Com. du dép. de la Savoie, arr. deChambéry, cant. d'Aix-les-Bains ; 442 hab.
TRÉVILLACH. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. de Prades, cant. de Sournia ; 223 hab.
TRÉVILLE. Com. du dép. de l'Aude, arr. et cant. (N.) de Castelnaudary ; 473 hab.
TRÉVILLERS. Com. du dép. du Doubs, arr. deMontbéliard, cant. de Maîche ; 463 hab.
TRÉVILLY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. d'A vallon, cant. de Guillon; 455 hab.
TREVISANI (Francesco), peintre italien, né à Capo dTstria le 40 avr. 4656, mort à Rome le 30 juil. 4746. Il eut pour premier maître un Français et fit sous sa direction des progrès rapides. Puis il suivit les leçons du Vénitien Zanchi, et de Venise se rendit à Rome. Là il se conciha les bonnes grâces du cardinal Chigi, neveu d'Alexandre VII, celles du duc de Modène, celles du pape Clément Xï, qui lui confia la décoration d'une partie de la coupole du dôme d'Urbin. Pierre le Grand, qui l'appréciait hautement, lui fit d'importantes commandes. Une composition heureuse, une touche aimable, un ton chaud caractérisent et distinguent les peintures de Trevisani, parmi lesquelles on remarque surtout : un des Prophètes, du palais Saint-Jean de Latran; les Quatre Parties du monde, au dôme d'Urbin; Saint Joseph mourant, dans l'église du Collège royal à Rome ; un Crucifiement, à Forli; ce dernier tableau passe pour son chef-d'œuvre. Le musée du Louvre possède de lui deux compositions intéressantes : la Vierge couvrant d'une draperie C enfant Jésus qui dort et Jésus montrant une grenadille à la Vierge, G. C.
TRÉVISE (ital. Treuiso, loit. Tamsmw). Ville. — Ville d'Italie, ch.-l. d'une prov. de Vénétie, sur le Sile; 30.000 hab. Evêché. Ancienne enceinte, rues étroites, vieilles maisons à arcades et façades coloriées ; cathédrale San Pietro de 1444, restaurée au xv^ siècle par Pietro Lombardo, avec fresques de Pordenone, tableaux du Titien, de Paris Bordone (natif de Trévise), etc. ; église San Niccolo (xiv^ siècle), hôtel de ville et palais du prétoire de 4268. Objets métallurgiques, machines, produits chimiques, papier, farine et pâtes alimentaires. Bibliothèque de 50.000 vol. et 4.300 mss. — Trévise fut le ch.4. d'un duché lombard, puis d'une marche ; Venise l'annexa en 4404 ; Mortier la prit en 4797 et reçut le titre de due de Trévise. Le 21 mars 4848 elle s'insurgea contre les Autrichiens qui la reprirent le 24 juin.
Province. — Province d'Italie au N. de celles de Venise et Padoue; 2.488 kil. q. ; 443.635 hab. en 1896. Le Nord est montueux, le reste, une plaine bien arrosée ; on y récolte 800.000 hectol. de maïs, 300.000 de blé, 450.000 de vin; le gros bétail est nombreux (plus de 400.000 bœufs) et l'éfevage des vers à soie très actif. On
divise la prov. en 8 districts : Asolo, Castelfranco, Veneto, Conegliano, Montebelluna, Oderzo, Treviso, Valdobbiadene, Vittorio.
TRÉVISE (Duc de), maréchal de France (V. Mortier).
TRÉVOL. Com. du dép. de l'Allier, arr. et cant. (0.) de Moulins; 4. 202 hab.
TRÉVOU-Tréguignec. Com. du dép. des Côtes-du- Nord,arr.deLannion,cant. de Perros-Guirec ; 4.047 hab.
TRÉVOUX. Ch.-l. d'arr. du dép. de l'Ain, sur la r. g. de la Saône ; 2.662 hab. (4.938aggL). Un ch. defer larelie à Lyon, sans compter la station dite de Trévoux qui se trouve sur la grande ligne Paris-Lyon, de l'autre côté de la Saône, dans la com. de Quincieux (dép. du Rhône). Bâtie sur le flanc d'un coteau, que couronne un château ruiné, Trévoux possède des remparts du xiv® siècle, une église de la même époque, un palais de justice où siégeait (à partir de 1 696) l'ancien parlement des Dombes ; à 2 kil. 0., château de Fétan, de 4622. On y fait de la serrurerie d'art, de l'affinage et tirage d'or et d'argent. — Acquise, en 1402, par les Bourbons qui possédaient les Dombes (V. ce mot et Am [Dép.]), Trévoux en devintla capitale ; la ville eut un atelier monétaire, et une imprimerie fameuse y fut créée en 4603, qui publia le Journal de Trévoux, organe des jésuites à partir de 4704, le Dictionnaire de Trévoux à partir de 4 704, et fut l'organe de V Académie de Trévoux (4 707).
BiBL. : GuiGUE, Notice sur le château de Trévoux^ 1856, in-8 ; Notes sur les fiefs et pstroisses de l'arr. de Trévoux, 1863, in-8.
TRÉVOUX (Le). Com. du dép. du Finistère, arr. de Quimperlé, cant. de Bannalec; 4.547 hab.
TRÉVRON. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. et cant. (0.) de Dinan ; 942 hab. Stat. de chem. de fer.
TRÉZÉ. Rivière du dép. du Loiret (V. ce mot, t. XXÏI, p. 474).
TRÉZEL (Camille- Alphonse), général français, né à Paris ie 5 janv. 4780, mort à Paris le 44 avr. 4860. Ingénieur géographe, il passa dans l'armée active, fit les campagnes de 4806-07, fut adjoint au général Gardane, envoyé en Perse, d'où ils revinrent en 4809. Capitaine en 484Ô, chef de bataillon en 4843, il prit part aux campagnes d'Espagne, de Russie et d'Allemagne, et fut nommé colonel pour sa défense de Mayence ; *il fut promu général de brigade après Waterloo, mais replacé colonel ; redevenu général, il fut sous- chef d'état-major de l'expédition de Morée (4828) et maréchal de camp en 4829. Revenu en France en 4831, il passa en Afrique, fut blessé pendant l'expédition de Bougie qu'il commandait, se distingua à la Macta, fut de nouveau blessé lors du siège de Constantine et promu général de division en 4837. Directeur du personnel au ministère de la guerre en 4839, il devint pair de France (4846) et ministre de la guerre (4847), fut mis à la retraite après la révolution de 4848. Il dirigea alors l'éducation militaire du comte de Paris et du duc de Chartres.
TREZELLES. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Lapalisse, cant. de Jaligny ; 907 hab.
TRÉZÈNE (Troezen). Ville de l'ancienne Grèce, aujourd'hui Dhamala, située à l'extrémité S.-E. de l'xirgohde, non loin de la mer, au voisinage de l'île de Calaurie ; d'abord appelée Posidonia et aussi Apollonia ou Saronia d'après le golfe qui l'avoisine, elle fut redevable de son dernier nom à un fils de Pélops. Elle prit une part importante aux guerres médiques et servit, avant Salamine, de lieu de rassemblement à la flotte des Grecs. Après avoir subi toutes les vicissitudes de la guerre du Péloponèse durant laquelle elle fut avec les Lacédémoniens contre Corinthe et Athènes, elle passa de main en main pendant la période macédonienne, puis, pendant les luttes de la ligue achéenne, elle disparut presque de l'histoire; Strabon la cite comme une ville remarquable, et Pausanias, vers la fin du i*^^^ siècle de notre ère, décrit ses monuments. Les temples les plus célèbres de Trézène étaient ceux d'Artémis Soteira situé sur l'Agora et voué par Thésée ; il s'y trouvait un autel des dieu\ infernaux ;