IX. Tribunaux militaires (V. Justice militaire
II. Histoire. — Tribunal révolutionnaire. — Tribunal d'exception, institué parla Convention, le 10 mars 1793, sous le nom de tribunal criminel extraordinaire, puis dénommé révolutionnaire par décret du 29 oct . 1 793 . Contraire aux principes de 1789, cette institution, considérée par ses auteurs comme essentiellement temporaire, fut réclamée impérieusement par plusieurs sections, lorsqu'arrivèrent de Belgique les premières mauvaises nouvelles, que les intentions de Dumouriez commencèrent à être suspectées, et que les bons citoyens purent redouter le renouvellement des massacres de septembre (V. ce mot). Formé d'un jury, d'un accusateur public et de deux substituts, tous nommés par la Convention, jugeant sans appel ni recours en cassation, il devait, connaître « de tous attentats contre la liberté, l'égalité, l'unité, l'indivisibilité de la République, la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat, et de tous complots tendant à rétablir la royauté ou à établir toute autorité attentatoire à la liberté, à l'égalité et à la souveraineté du .peuple ». C'est Jeanbon-Saint-André qui en fit la proposition, et Danton qui enleva le vote. Le tribunal finit par comprendre jusqu'à 80 membres (juges ou jurés), toujours nommés par la Convention. Il fut présidé par Hermann, puis par Dumas. Fouquier-Tinville y remplit les fonctions d'accusateur public, sur le refus de Faure. Le tribunal rendit de grands services à la Révolution et à la défense nationale. Mais il ne tarda pas à devenir l'instrument du comité de Salut public, puis du « triumvirat » de Robespierre, Couthou et Saint-Just. Il condamna à mort Charlotte Corday (17 juil. 1793), Marie-Antoinette (16 oct.), les Girondins (31 oct.), M"»*' Roland (8 nov.), J.-S. Bailly (11 nov.), Hébert et 20 hébertistes (24 mars 1794), Danton, Desmoulins et leurs amis (5avr.), Madame Elisabeth, Philippe-Egalité, Maies-
TRIBUNAL — TftteUNAt
herbes, Lavoisier ; les généraux Custine, Houchard, Biron, Beauharnais, La Marlière; Chaumette; l'évêque constitutionnel Gobel ; Lucile Desmoulins : en tout, 4 .2!20 victimes en treize mois, jusqu'à la loi du :22 prairial (V. Robespierre, et Thermidor (Journée du 9]), puis 4.376 en quaranteneuf jours, depuis le 22 prairial jusqu'au 9 thermidor an IL « Ce fut une boucherie de coupables et d'innocents », hommes, femmes, adolescents, prêtres réfractaires ou constitutionnels, ex-nobles, bourgeois, gens du peuple en très grand nombre : « boucherie digne de l'ancien régime, digne de l'inquisition, et à laquelle le succès de la défense nationale, alors assuré, ôte toute excuse aux yeux de Fhistorien » (Aulard). La « commission » siégeant au Muséum, instituée par le décret du 24 floréal, divisait les détenus en trois catégories: 4** ceux à élargir (un sur 80 environ) ; 2° ceux à déporter ; 3** ceux à envoyer au tribunal révolutionnaire, c.-à-d. à la mort. Ces listes étaient ratifiées, en général sans modification, par les comités de Salut public et de Sûreté réunis, qui en prenaient ainsi la responsabilité. Dans les départements, de simples arrêtés pris par divers représentants en mission (Carrier, Lebon, etc.) transformèrent des tribunaux criminels ordinaires en tribunaux révolutionnaires : supprimés le 3 floréal an II, ils furent remplacés par des commissions populaires, comme celles de Bordeaux, de Noirmoutier, d'Orange; celle-ci fit 332 victimes. Pas ou peu de procédure ou d'enquête ; pas de défenseurs officieux ; au lieu de preuves matérielles et de témoignages oraux, des preuves morales ; une seule peine, la mort : telle est la loi du tribunal révolutionnaire. « L'acte d'accusation était signifié à l'accusé à dix heures du matin pour paraître au tribunal à onze heures ou midi ; on était jugé à onze heures et le jugement exécuté avant quatre » (Beugnot). Sont réputés « ennemis du peuple », non seulement ceux qui auront provoqué le rétablissement de la royauté, trahi la République dans le commandement des places ou des armées, corrompu les mandataires du peuple, dilapidé les finances, trompé sur les fournitures ; mais encore, griefs autrement vagues, ceux qui auront « cherché à empêcher les approvisionnements de Paris, favorisé l'impunité des conspirateurs et de l'aristocratie, calomnié le patriotisme, abusé des principes de la Révolution par des applications fausses et perfides », trompé le peuple ou ses représentants, semé le découragement, répandu de fausses nouvelles ; « ceux qui auront cherché à égarer l'opinion et à empêcher l'instruction du peuple, à dépraver les mœurs, à corrompre la conscience publique et altérer l'énergie et la pureté des principes révolutionnaires et républicains, ou à en arrêter les progrès, soit par des écrits contre-révolutionnaires ou insidieux, soit par toute autre machination » (loi du 22 prairial). Le 9 thermidor (V. ce mot), le tribunal envoie à l'échaufaud « la dernière charrette » (46 condamnés) ; le 40 et le 44, il fit exécuter Robespierre et ses complices. Le 44 seulement. Le Cointre demanda que la loi de prairial fût rapportée ; il l'obtint, mais non sans objections ni discussion, ftuant au tribunal, il est maintenu: Barère avait même fait, le 44 thermidor, l'éloge de « cette institution salutaire ». Seulement, il convenait d'en exclure les robespierristes. C'est ce qui eut lieu par le décret du 23, qui en fit un tribunal politique presque régulier, jugeant toutefois sans appel. Les « terroristes », qui à leur tour comparurent devant lui. Carrier y Fouquier-Tinville (V. ces noms), eurent toute liberté pour leur défense. Il fut encore réformé par le décret du 8 nivôse an IIl. Après les journées de prairial, il ne fonctionna pas ; on fit passer par les armes 24 insurgés, et c'est devant une cour martiale que comparurent les « derniers Montagnards »* (Quelques jours après, le tribunal révolutionnaire fut supprimé (4 2 prairial an III). Il avait été « aux yeux de l'Europe, le signe même et le principal moyen de la Terreur. On l'abolit donc, quand on eut traité avec une partie de l'Europe et qu'on se mit à négocier pour la pacification générale » (Aulard). Les com-
missions populaires furent « suspendues » indéfiniment et disparurent en fait. Le décret du 29 thermidor an III déclara même non avenus « les jugements rendus révolutionnairement depuis le 40 mars 4793 jusqu'au 8 nivôse an III contre les personnes actuellement vivantes, portant peine afflictive ou infamante, détention ou emprisonnement». H. MONIN.
m. Législation étrangère. — Tribunal fédéral (V. Constitution, t. XII, p. 723).
BiBL. : Histoire. — H. Wallon, Histoire du tribuncil révolutionnaire de Paris; Paris, 1880-82, in-8, 6 vol. — V.-M. TouRNEUx, BihliogrdLphie de l'histoire de Paris pendant la Révolution française; Paris, 1890, in4, pp. 345-355:
TRIBUN AT. I. Histoire romaine (V. Tribun).
IL Histoire de France. — Une des quatre assemblées créées par la Constitution de l'an VIH (V. ce mot, t. XH, p, 644) pour concourir à l'élaboration de la loi. Elle était composée de cent membres, majeurs de vingt-cinq ans, élus pour cinq ans par le Sénat, renouvelés annuellement par cinquième à la suite d'un tirage au sort, pourvus d'un traitement de 15.000 fr. Elle discutait les projets de loi dont les consuls lui soumettaient le texte préalablement délibéré en conseil d'Etat : en cas d'opposition, elle nommait trois orateurs chargés de les combattre, contradictoirement avec trois conseillers d'Etat, par-devant le Corps législatif qui prononçait ensuite sans prendre part à la discussion. Le Tribunat pouvait d'ailleurs aussi proposer des améliorations administratives et même des lois nouvelles, mais il en référait en pareil cas au pouvoir exécutif, qui saisissait le conseil d'Etat, ou procédait par décret, ou passait outre. L'assemblée, qui entra en fonctions le 1^^ janv. 1800, et qui siégea au Palais-Royal, avait été composée d'hommes que leur passé et leur caractère semblaient désigner pour ce rôle d'opposition réglée : Andrieux, M.-J. Chénier, B. Constant, Daunou, De Bry, Isnard, Ginguené, Laromiguière, Stanislas de Girardin, entre autres noms. Mais les tribuns ne représentaient, par suite de leur origine sénatoriale, ni la nation, ni même les notables, dont les listes ne furent dressées qu'en l'an IX. Aussi le Tribunat ne fit-il qu'une timide opposition (25 voix contre 71) au projet de centralisation presque despotique qui devint la loi du 28 pluviôse an VIII; il laissa rétablir (49 voix contre 41), sous le nom de tribunaux spéciaux, une juridiction pénale toute politique qui fonctionna sans appel dans trente-deux départements (loi du 18 pluviôse an IX). Mais il rejeta, comme en partie contraire aux principes de 1789, les deux premiers titres du code civil, et le message outrageant de nivôse an X ne l'empêcha pas de désigner Daunou(\. ce nom) comme candidat au Sénat. Pour briser cette opposition, Bonaparte, au lieu de procéder par voie de tirage au sort pour remplacer 20 membres sortants, obtint le sénatus-consulte du 27 ventôse an X qui énuméra au contraire les 80 membres non soumis à la réélection : B. Constant et Daunou, entre autres, furent victimes de cette épuration. Toutefois, c'est alors que fut nommé Carnot. A 78 voix contre 7, le Tribunat vota l'acte concordataire du 23 fructidor an X (V. Concordat), mais « ensemble les articles organiques de ladite convention, ainsi que ceux des cultes protestants ». Après la paix d'Amiens, il n'aurait voulu accorder au premier consul qu'une récompense honorifique, et non une prolongation de pouvoir (17 floréal an X) ; mais il s'inclina devant le simple arrêté consulaire provoquant le plébiscite qui fit Bonaparte consul à vie. Quatre tribuns, dont Carnot, auraient seuls voté non sur les registres plébiscitaires. Le sénatus-consulte organique de l'an X (16 thermidor), qui violait la constitution de l'an VIII, donna au Sénat le droit de dissoudre le Tribunat, qui devait en l'an XIÏI être réduit à 50 membres. Cette assemblée continue à montrer son hostilité et son impuissance : la « Légion d'honneur » y fut critiquée, et votée seulement par 56 voix contre 38. Mais ce fut un tribun. Curée, qui fit la motion d'ordre du 3 floréal an XHI, tendant à l'établissement de l'Empire. Seul, Carnot osa déclarer «factice» le mouve-
TRiBUNAT ~~ TRICHINOSE
ment d'opinion en faveur de la monarchie héréditaire. « Sur 49 présents, 48 tribuns s'inscrivirent pour parler en faveur de l'établissement de TEmpire, 2o parlèrent en effet, et 3 a'ayant pu parler, firent imprimer leurs discours » (Aulard, Histoire politique de la Révolution française, p. 773, note). Sous l'Empire, leTribunat, de plus en plus amoindri et aplati, devint inutile^ et c'est comme tel qu'il fut supprimé par le sénatus-consulte du d9 août 4807, qui rendit du même coup la parole au Corps législatif. H. Monin.
BiBL. : Procès-verbaux (Imprimés) du Corps législatif et du rri6una£:exemplaireincomplet à la, Bibliothèque nationale (Le 48, 6 à 11, in-8) ; exemplaire complet aux Archives nationales.
TRIBUNE. Terme ayant des acceptions diverses mais rentrant toutes dans cette double destination d'un endroit plus ou moins élevé et plus ou moins décoré dans lequel se tient un orateur s'adressant au public ou dans lequel se tient le public écoutant cet orateur ou assistant à un spectacle quelconque. L'origine de ce terme ne saurait être douteuse : elle rappelle la partie de la basilique romaine, le plus souvent disposée en hémicycle et surélevée de quelques marches, où le tribun rendait ses jugements; mais les auteurs romains, au lieu du mot tribuna (tribune), employaient fréquemment d'autres mots dans le même sens ; ainsi ils appelaient : suggestum, un lieu élevé d'oti le général haranguait l'armée; rosira, la tribune ou plate-forme protégée par une balustrade et qui changea plusieurs fois de place dans le forum, parce que cette tribune était ornée de rostres ou proues de navires rappelant la première victoire navale de Rome contre Carthage ; pulpitum, la chaire mobile où s'asseyait un lecteur ou professeur ; pidvinar, l'estrade, décorée d'une ordonnance architecturale, où se tenait l'empereur quand il assistait aux jeux du cirque. Du monde païen, le vocable s'est transmis avec ses acceptions diverses au monde chrétien. 11 désigna d'abord, dans la primitive Eglise, la partie du chœur ou de l'abside dans l'axe de la nef qui était garnie d'un banc et au milieu de laquelle, sur un siège élevé, sorte de cathedra ou chaire, se tenait l'évêque dominant ainsi la foule des fidèles. — De nos jours, dans les églises, comme dans les édifices civils et surtout dans les constructions provisoires élevées à l'occasion de spectacles ou de cérémonies publiques, le mot tribune signifie aussi des espaces élevés en gradins, souvent couverts et quelquefois richement décorés, où s'entassent les spectateurs pour assister à un cortège, à une fête ou à un divertissement. — Le monde parlementaire a conservé la double acception du mot tribune, en appelant de ce nom, dans les assemblées délibérantes, et la place où se tient l'orateur au-dessous du président, et aussi la partie de la salle où se tiennent les invités. Les plus grandes tribunes sont celles, définitives ou provisoires, élevées aux abords des champs de courses. Ch. Lucas.
TRIBUT (Or. internat.). Un tribut est une redevance qu'un Etat paie à un autre plus puissant comme marque de dépendance. L'obligation de payer un tribut permanent entame donc la souveraineté de l'Etat qui y est astreint et le met dans une condition de vasselage à l'égard de l'Etat suzerain. Mais, en général, elle n'a pas pour effet d'annihiler cette souveraineté et ne prive l'Etat tributaire du droit de négociation avec des puissances étrangères qu'autant que ce droit lui a été expressément retiré (V. Traité, ^ Droit internat.).
TRI BUTE (Hist. rom.) (V. Assemblée, t. IV, p. 192).
TRIBUTYRINE(Chim.) (V. Butyrines),
TRI CALA. Ville de Grèce (V. Trikkala).
TRICARBALLYLIQUE (Acide). Synonyme d'acide (?^rballylique (V. ce mot).
TRI CARI GO. Ville d'Italie, prov. de Potenza (Basilicate), à 700 m. d'alt. ; 800 hab. Evêché institué en 968 ; enceinte médiévale; chaux, briques, huiles, pâtes alimentaires.
TRIGASTIN. Pays de l'ancien Dauphiné correspondant à l'ancien diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux et actuellement divisée entre les cant.de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Pierrelatte, Grignan (Drôme), BoUène et partie de celui d'Orange (Vaucluse). Ce fut d'abord Ja cité romaine des Tricastini, détachée sous Auguste de celle des Cavares et dont le centre, Neomagus, prît le nom à' Augusta Tricastinorum.
BiBL. : NiEL, Topographie du Tricastin, 1803, in-8. TRICCA. Ville de Grèce (V. Trikkala). TRICEPS. Muscles dont l'extrémité supérieure est formée de trois chefs distincts : Triceps brachial et triceps crural (V. Bras et Jambe).
TRICERATOPS (Paléont.) (V. Dinosauriens et Ceratopsdées).
TRICHALCITE (Miner.) (V. Euchroîte).
TRICHECOOON, TRICHEGUS (Zool.) (V. Morse). TRICHEY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Tonnerre, cant. de Cruzy-le-Châtel ; 456 hab. TRICHIASIS (Ophtalm.) (V. Cil).
TRICHILIE (Trichilia L.) (Bot.). Genre de la famille des Méliacées, tribu des Trichiliées, composé d'arbres et d'arbrisseaux à tige glabre ou pubescente. Les feuilles, alternes, sont composées tri-foliolées ; les folioles présentent parfois des ponctuations. Les fleurs, régulières, hermaphrodites, forment des grappes axillaires très fournies. Le calice, gamosépale, présente 4-5 divisions. La corolle comprend 4-5 pétales libres en préfloraison imbriquée. Les étamines, au nombre de 8-10, sont unies par leurs filets en un tube dont le bord porte les anthères et se prolonge dans les intervalles en autant de dents ou de lanières qu'il y a d'anthères ; les anthères, introrses, biloculaires, ont une déhiscence longitudinale. L'ovaire, en partie enfoncé dans un disque nectarifère en forme d'anneau, est divisé en 2-3 loges. Chaque loge contient 2 ovules collatéraux ou superposés ; le style unique se termine par un stigmate capité à 2-3 lobes. Le fruit est une capsule locuficide presque sphérique. Les graines, dépourvues d'albumen, renferment un embryon à cotylédons épais ; autour de la graine se développe une sorte d'arille charnu. D'après Engler et Prantl, le genre Trichilie comprend environ 200 espèces, sur lesquelles 150 vivent dans l'Amérique tropicale ; les autres se rencontrent en Afrique et en Asie. Les Trichilies possèdent des propriétés purgatives et émétiques très énergiques ; néanmoins, les graines de T. émétique (T. emetica VVahl.) fournissent aux habitants de la région du Zambèze une huile employée dans l'aUmentation. w. R,
TRICHINE. I. Zoologie (V. Trichotrachélides). II. Pathologie (V. Trichinose).
TRICHINOSE (PathoL). Les trichines, dont l'évolution a été décrite (V. Trichotrachélides), semblent agir uniquement par leur nombre. Lorsque l'homme ingère de la viande de porc trichinée, et dans laquelle les trichines n'ont pas été tuées par la cuisson, les trichines mises rapidement en liberté, hors de leurs kystes calcaires, sous l'action du suc gastrique, acquièrent des organes sexués, et la femelle produit de nombreux embryons qui vont se fixer à leur tour dans le tissu musculaire strié, près des tendons. Les premiers symptômes de la trichinose sont ceux d'une fièvre gastro-intestinale (période cholériforme), puis il survient des fourmillements, des contractures, des douleurs vives et un abattement général (période musculaire ou typhique), enfin, il se produit de l'œdème de la face et des membres, et des troubles adynamiques, à la suite desquels la mort peut survenir, quelquefois seulement cinq jours après l'infection. La guérison n'est cependant pas rare et est consécutive à l'enkystement calcaire des trichines. Aucun vermifuge n'est capable d'expulser les trichines lorsqu'elles sont entrées dans le tube digestif. Il faut se borner à une médication générale destinée à soutenir les forces du malade jusqu'à l'enkystement.
TRICHINOSE — TRICHOTRACHELIDES
La trichinose est une maladie rare en France, où la viande de porc n'est consommée généralement qu'après une cuisson suflîsante, très fréquente en Allemagne, où elle est consommée crue. De même en Amérique, malgré la fréquence relative des viandes trichinées, la trichinose est rare, la viande de porc n'étant consommée que salée et très cuite. En réalité, la trichine semble être facilement tuée par la chaleur. Cependant lorsqu'il s*agit d'un morceau un peu volumineux, la cuisson, pour assurer la sécurité, doit être au moins de deux heures. Il vaut mieux ne jamais consommer de viande de porc crue, l'animal eût-il été soumis à un examen préalable.
La trichine, dans la viande suspecte, doit être recherchée au microscope. Il suffit d'un grossissement de 50 diamètres. L'on prend sur la viande suspecte des tranches de 2 millim. q., mais très minces. Les fragments de viande peuvent même être prélevés sur l'animal vivant à Taide d'une sorte de harpon spécial (harponnage).
Pour faciliter l'examen, les fragments de viande peuvent être dissociés à l'aide d'un mélange de 4 parties d'acide azotique pour i de chlorate de potasse. L'on voit alors, avec un faible grossissement, sur les fibres musculaires, des renflements filiformes formés par les trichines enkystées. D^ M. Potei,.
TRICHITE (Pétrogr.). Sous les noms de trichites.âe globulites, de longulites et sous l'appellation générique de cristallites, on a désigné des éléments mi-amorphes, mi-vitreux, de dimensions microscopiques et de nature indéterminée, qu'on rencontre dans beaucoup de roches d'origine interne et qui, non cristallisés, sont dépourvus d'action sur la lumière polarisée. Plus spécialement, on appelle globulites ceux qui ont la forme globulaire, longulites ceux qui ont la forme allongée, trichites ceux qui affectent une forme recourbée. Ces derniers ressemblent, d'ailleurs, fort souvent à des paquets de cheveux entremêlés et peuvent être composés de globuUtes assemblés en files.
TRICHIURUS (IchtyoL). Genre de Poissons osseux (Téléostéens), de l'ordre des Acanthoptérygiens Trichiuriformes, de la famille des Trichiuridœ, caractérisé par un corps allongé, comprimé, semblable à un ruban. Le dos et le ventre sont munis d'une longue nageoire ; les ventrales n'existent pas. Les mâchoires sont armées de fortes dents; les ouïes, largement ouvertes. On en connaît environ six formes des parties chaudes et tempérées de l'Atlantique. Le Trichiurus lepturus atteint parfois i m. de long. Tout le corps dont on aperçoit à peine les écailles semble couvert d'une lame mince d'argent. La dorsale d'un gria foncé est pointillée de noir. Rochbr.
BiBL. : GuNTHEE, Study of Fislies. — Sauvage, daES Brehm.. éd. franc.
TRICHLORALDÉHYDE (Chim.) (V. Chloral).
TRICHOCÉPHALES (Zool.). Les Trichocéphales sont des Vers intestinaux ovipares, à partie antérieure du corps effilée, à partie postérieure renflée contenant les organes génitaux.
TRICHODACTYLE (Zool.). Nom donné aux nymphes hypopiales des Tyroglyphes (V. ce mot).
TRICHOGLOSSE (Ornith.) (V. Perroquet).
TRICHOGYNE (Bot.). On appelle ainsi l'organe de la conception chez les algues des types supérieurs, principalement chez les Floridées. Il affecte la forme d'un poil, de longueur variable, implanté sur Voogone (V. ce mot) et, par le contact des éléments mâles qui, se détachant des anthéridies (V. ce mol), viennent s'y attacher, se trouve fécondé. Il arrive parfois que le trichogyne se trouve porté par un groupe de cellules d'une nature particulière, le trichophore. Il peut se présenter aussi sur une branche isolée de la plante.
TRICHOMË (Dermat.) (V. Plique).
TRICHOMONAS [Trichomonas Donné). Genre d'Infusoires Flagellés, caractérisé par le corps fusiforme ou subglobuleux, susceptible de s'étirer par adhérence au
porte-objet, muni à son extrémité antérieure de 4 flagellums et de 4 membrane ondulante qui s'étend du point d'insertion des flagellums, en décrivant un tour de spire, jusqu'à l'extrémité postérieure du corps. Ils sont endoparasites dans les cavités digestives ou génitales des animaux. — Espèces principales : T, vaginalis Donné, long de 46 à 25 millim. dans le mucus vaginal de la femme ; T. intestinalis Leuck., trouvé dans les selles diarrhéiques de l'homme, identique avec le Cercomonas intestinalis (V. Cercomonas). D^ L. Hn.
TRICHONISCUS (Zool.) (V. Oniscus).
TRICHOPHYTIE (Dermat.) (V. Tricophytie).
TRICHOPTÈRE (Entom.) (V. Phrygane).
TRICHOSURUS (Zool.) (V. Phalanger).
TRICHOTRACHELIDES (Zool.). Famille de Vers-Nématodes, caractérisée par le corps de moyenne taille, allongé, très effilé antérieurement, la bouche petite, dépourvue de papilles, l'œsophage très long, l'anus à peu près terminal, le pénis simple à gaine tubuleuse ou remplacée par un cloaque susceptible de se dévaginer. Quelques espèces, comme la Trichine, sont ovovivipares ; mais le plus souvent le développement de l'œuf n'a lieu que dans l'eau ou la terre. Ils sont tous parasites des Vertébrés et rarement passent l'état larvaire, comme la Trichine, dans un premier hôte ; le plus souvent il n'y a pas de migration. Les genres principaux sont : 4^ Trichocephalus Gôze. Corps très allongé, formé de deux parties, l une antérieure, très longue, capillaire, renfermant l'œsophage moniliforme, l'autre postérieure, brusquement renflée, cylindrique, contenant le reste de l'intestin et les organes sexuels, et recourbés chez le mâle. Rouche arrondie terminale, nue; anus également terminal. Pénis grêle dans une gaine iqui se renverse en dehors quand il fait saillie. Chez la femelle, ovaire simple. Œufs, en forme de citrons, se développant dans l'eau. Parasites des Mammifères : T. dispar Rud., {T. hominis Schr., Trichuris Rultn.), parasite surtout dans le caecum de l'homme, rare dans le côlon ou l'intestin grêle; mâle long àeH^ à 45 millim., femelle longue de 35 à 40 millim., avec une forme qui rappelle celle d'un «fouet de piqueur». Le Trichocéphale est cosmopolite et se propage à la manière de l'Ascaride, c.-à-d. directement, sans passer par un hôte intermédiaire. Les œufs, en forme de citrons microscopiques, sont expulsés avec les excréments ; ils se développent directement dans le tube digestif de l'homme où ils ont été introduits avec Peau ou avec les aliments. Ce parasite est ordinairement inoffensif, mais, dans quelques cas, il a produit des symptômes graves du côté du système nerveux (phénomènes cérébraux avec mort, paralysie des extrémités, signes de méningite sans lésion méningée, etc.). On combat les symptômes du Trichocéphale par le calomel, la mousse de Corse, le semen-contra, lasantonine, l'ail, etc. T. affinis Rud. vit dans le cœcum des Ruminants; T. crenatus Rud., dans le gros intestin du porc et du sanglier; T, depressiusculus Rud., dans le cœcum du chien et du renard ; T. unguiculatus Rud. , chez le lièvre et le lapin; T. nodosus Rud., propre aux souris et aux rats.
2° Trichosomnm Rud. Genre très voisin du précédent, s'en distingue surtout par le corps filiforme dépourvu de renflement brusque à la partie postérieure du corps. Parasite d'ordinaire dans le tube digestif des animaux vertébrés, parfois dans la vessie, la trachée, etc. Espèces principales : T. tenuissimum Dies., dans le duodénum du pigeon ; T. plica Rud., dans la vessie du renard; T. mûris CrepL, dans le gros intestin de la souris ; T, crassicauda Bellingh., dans la vessie du rat, et dont le mâle vivrait dans l'utérus de la femelle, selon Leuckart.
3^ Trichina O'^en. « Vers très petits, filiformes, dont le corps cylindrique est atténué vers son extrémité antérieure, le tégument lisse, la bouche petite et inerme ; queue du mâle munie de deux appendices latéraux; point
TRICHOTRACHÉLIDES — TRICOPHYTIE
Trichina spiralis.
de pénis ; femelle plus grande que le mâle, avec vulve située dans le premier quart antérieur du corps ; il n'y a qu'un ovaire » (L. Hn.). Chez le Tr. spiralis Owen, le tube intestinal droit présente trois parties, la première à parois minces élargies d'avant en arrière, à section triquètre, qui est l'œsophage ; la seconde à parois formées de cellules distinctement nucléées, correspondant à l'intestin; la troisième plus longue et plus grêle, musculeuse, renflée à son origine et avant sa terminaison anale, et constituant le rectum. Mâle long de 1™'^,50 en moyenne ; femelle longue de 3 à 4 milîim. Il faut remarquer que, au
moment de l'accouplement, la femelle n'est guère plus grande que le mâle ; les œufs fécondés s'accumulent dans l'oviducte, celui-ci s'allonge et se dilate, entraînant un allongement corrélatif de la partie postérieure du corps. Les embryons éclosent dans l'utérus ou oviducte et sont expulsés successivement. — A rétat de larve, la trichine est un ver enroulé en spirale, long del millim. environ, renfermant les trois parties décrites du tube intestinal, sensiblement de longueur égale ; dans la région rectale se voit une sorte de tube qui s'ouvre par un petit pertuis en avant de cette région et au niveau de la fin de l'intestin grêle, et qui n'est autre chose que l'organe génital rudimentaire {Luschka, Ordonez) ; la région rectale s'allonge chez Tadulte, et les organes sexuels s'y développent. — La trichine se rencontre fréquemment dans les muscles du pprc, des rats, de l'homme, du chien et de divers autres mammifères, enkystée dans le tissu conjonctif interfasciculaire des muscles et plus rarement dans le tissu conjonctif et adipeux d'autres régions ; ces kystes sont des capsules chitineuses, stratifiées, ovoïdes de 0"""^,4 sur 0"^'^,25 en moyenne, à peine visibles à l'œil nu, dans l'intérieur desquelles se trouve la larve telle qu'elle a été décrite. Elle peut rester à cet état pendant des années et survivre longtemps à son hôte; elle n'échappe à la calcification et n'acquiert la maturité sexuelle que si l'animal trichine est mangé par un autre individu de la même espèce ou d'espèce différente. Les kystes, parvenus dans l'estomac ou l'intestin du nouvel hôte, s'y digèrent et laissent échapper les trichines, encore à l'état de larves; celles-ci, dès leur naissance, traversent la paroi de l'intestin et, cheminant à travers les vaisseaux sanguins et lymphatiques, vont s'enkyster dans les muscles. L'homme est toujours infecté par le cochon, et celui-ci par les petits ruminants ou en mangeant des fragments de porc trichine. F*our les accidents pathologiques que la trichine provoque chez l'homme, V. Trichinose. D^ L. Hahn.
TRICHURE (Zool.) (V. Trïchocéphale).
TRICHYS(Zool.) (V. Porc-Epic). TRICLINIUM (iin^iq. rom.). Ce mot a eu deux sens ; il désignait : 1« l'ensemble formé par les trois lits que l'on disposait pour les convives autour de la table, et sur chacun desquels il y avait place en général pour trois personnes ; ^^ la salle à manger, dans laquelle se trouvaient la table et les trois lits qui l'entouraient. Les salles à manger romaines étaient habituellement de forme oblongue ; d'après Vitruve, elles devaient être deux fois plus longues que larges. Dans les maisons des riches Romains, il y avait plusieurs tricHnia, pour les différentes saisons de l'année.
TRICOISES (Techn.). Tenailles à ferrer (V. Ferrure), formées de deux pièces unies par un clou ; chaque pièce comprend la mâchoire ou mors, l'œil et la branche; le mors est tranchant et aciéré. Les tricoises servent à soulever le fer pour le séparer du pied, à arracher les clous implantés dans la corne, à couper leurs lames, à les river sur la paroi du sabot. Les menuisiers se servent également de tricoises pour arracher des clous, des chevilles etc.
TRICONODON (V. Amphitère).
TRICONVILLE.Com. dudép. de la Meuse, arr. etcant. de Commercy; 222 hab.
TRICOPHYTIE (Méd.). Maladie déterminée par la présence dans la peau de l'homme ou des animaux domestiques des diverses variétés du Tricopliyton (V. ce mot), variété endothrix d'origine humaine, se développant! dans les poils, variété ectothrix d'origine animale se développant autour de ceux-ci. La variété endothrix, qui siège au cuir chevelu, s'observe presque exclusivement chez l'enfant, et très exceptionnellement, pour ne pas dire presque jamais, chez l'adulte. Elle se traduit par des plaques généralement petites, mais parfois très étendues, sur lesquelles les cheveux apparaissent sur une peau nette et en apparence sains, courts, comme cassés à ras, émergeant à peine de la couche cornée ou rampant dans son épaisseur comme s'ils éprouvaient une difficulté à s'en dégager, gros, plus colorés que normalement, cassant sous la pince qui n'enlève qu'un insignifiant tronçon (toujours nu) de la racine. Ces cheveux sont quelquefois très clairsemés, d'autres fois ils demeurent groupés les uns contre les autres, sans raréfaction. Cette localisation tricophytique peut se propager à la peau du reste du corps sur laquelle elle se manifeste par des anneaux de 1 à 2 centim. q., de couleur rosée, quelquefois en légère saillie, recouverts de squames, avec centre un peu plissé et jaunâtre. L'examen microscopique des cheveux malades montre ceux-ci infiltrés dans leur épaisseur de spores volumineuses, de 5 à 7 «j., disposées en chapelets, tantôt arrondies, tantôt rectangulaires.
Cette forme se distingue de la teigne de Cruby-Sabouraud en ce que dans celle-ci, qui est causée non plus par un tricophyton, mais par le parasite auquel on a donné le nom deMicrosporonAudouini^ les plaques malades sont squameuses, quelquefois comme recouvertes d'une fine matière blanchâtre, pulvérulente {Pityrisiasis alha parasiium), portant à leur surface des cheveux de 5 à 6 millim. de longueur, minces, décolorés, engainés par une matière grisâtre, d'aspect mais nullement épidermique, et formée par l'accumulation de petites spores, de la grosseur de 2 [X, disposées comme en mosaïque, ne pénétrant pas le poil dans lequel s'introduisent seulement quelques très fins filaments mycéliens. Cette dernière forme, qui porte le nom de teigne tondante à petites spores, est à Paris ou à Londres plus commune que la tondante tricophytique décrite plus haut. Elle est totalement inconnue en Italie. Elle est très contagieuse, et c'est à elle que sont dues les épidémies de teigne dans la plupart des milieux scolaires.
A côté de la tricophytie d'origine humaine, il existe des tricophyties d'origine animale, qui déterminent des lésions superficielles ou des lésions profondes. Les premières, qui peuvent siéger sur toute la surface de la peau, se traduisent par des placards de teinte rosée ou livide, qui, guérissant parle centre, se transforment en anneaux à bord interne rouge, et sur la crête desquels on rencontre parfois de petites vésicules groupées, qui par le dessèchement ou le grattage laissent après elles de la desquamation, avec un peu de prurit qui a pu d'ailleurs exister auparavant.il peut y avoir ainsi plusieurs cercles concentriques, et leur guérison par places laisse des segments séparés les uns des autres par des espaces de peau saine. Cette marche du centre vers la périphérie peut se prolonger pendant des mois et même des années, si la maladie n'est pas traitée, au point de recouvrir de grandes étendues de peau au pli de l'aine, à la région postérieure
tRïCOPHYÎIE ~ TRlCbUPîS
du thorax par exemple. Aux mains a aux pieds, l'exteiision se limite souvent d'elle-même sous forme de large collerette épidermîque, enserrant une zone centrale squameuse, et il est bon de connaître cette localisation pour ne pas être exposé à une erreur de diagnostic avec des localisations de même ordre delà syphilis. Dans le doute, on a recours à l'examen microscopique qui montre de longues chaînettes de spores quadrangulaires.
Les tricophyties à lésions profondes proviennent généralement du cheval, et frappent de préférence les garçons d'écurie, les cochers, équarrisseurs, etc. Elles se montrent sous la forme de placards arrondis, surélevés de 1 ceùtim. au-dessus de la surface de la peau, formant une makse rouge compacte, criblée de petits orifices d'où on fait sourdre par là pression des gouttelettes purulentes, comme s'il s'agissait de l'inflammation de glandes juxtaposées, d'oti le nom de périfoUiculites agminées que Leloir avait donné à cette maladie sans en soupçonner l'origine parasitaire. Ces placards, souvent de l'étendue double d'une pièce 5 fr. , siègent de préférence aux avant-bras, aux poignets, aux dos des mains. On peut les voir à la face.
La tricophytie d'origine équine peut se localiser au cuir chevelu et déterminer l'affection qu'on a dénommée kerion (Kerion Celsi), et qui débute, comme la précédente, par une folliculite suppurée aboutissant à des saillies dont le diamètre peut atteindre 10 centim., recouvertes ordinairement de croûtes sous lesquelles on voit des pustules et des amas d'aspect jaunâtre, le tout donnant au doigt une sensation mollasse. Les poils sont extraits sans résistance et ne cassent pas sous l'effort de la pince. Cette torme de tricophytie laisse après elle des cicatrices. La guérison se fait de la périphérie vers le centre.
Le sycosis tricophytique qui provient également dû cheval peut se manifester sous la forme précédente du kerion de Celse, sous la forme de foUiculites agfnînées, ou sous celle de follicuHtes disséminées, qui peuvent revêtir l'aspect de grosses pustules d'où émergent des poils cassés ou altérés, et tuméfier toute la région malade de la façon la plus gênante et la plus douloureuse.
La tricophytie équine parait encore se manifester à la barbe, sous forme de placards exfoliés, sans rougeur, avec poils engainés et cassants.
La tricophytie des ongles semble toujours être d'origine animale. Elle se traduit par des déformations spéciales et des changements de coloration de ces organes.
Le traitement de la tricophytie du cuir chevelu, qui était basé autrefois sur la pratique exclusive de l'épilation, ne comporte plus guère aujourd'hui qu'un usage limité de celle-ci avec des applications de substances légèrement irritantes dont l'application devra être surveillée, afin d'éviter des suppurations tout à fait inutiles et susceptibles de laisser des cicatrices. Il n'existe malheureusement pas de parasiticides capables de pénétrer dans les follicules pileux sans altérer gravement les tissus circumpil aires. Les topiques doivent donc être employés avec ménagement. L'iode est celui qui donne les meilleurs résultats avec le sublimé, le formol, etc.
Le traitement des tricophyties cutanées est aussi facile que l'est peu celui du cuir chevelu . Quelques badigeonnages de teinture d'iode, espacés de façon couvenable, viennent rapidement à bout des diverses formes. L'enlèvement des poils à la pince est à recommander dans le sycosis. Il se fait généralement sans difficulté.
Le traitement de la tricophytie des ongles est ordinairement de longue durée, car il est très difficile de faire pénét'rer la lame cornue par des substances parasiticides. J'ai l'habitude de n'appliquer ces dernières qu'après une macération prolongée de l'ongle sous un doigtier caoutchouté. Si l'infiltration du champignon paraît nettement limitée à un fragment de l'ongle, il est indiqué d'en faire l'ablation. D^ H. Fournier.
TRICOPHVTÔN (Crypt.). Champignon Ascomycète Pévisporiacé, de la tribu des Périsporiées, voisin du genre
Ctenomyces. Ce ôîiaMpignott habite la peau de l'hoïhnié et de certains animaux domestiques, bœuf, cheval, chat, etc. Il est, selon que ses spores entourent le poil ou qu'ils s'infiltrent dans .son intérieur, dit ectothrîx ou endothrik.
TRICORNE. Chapeau à trois cornes ; oii donne parfois inexa:ctement ce nom au chapeau des gendarmes, qui est en réalité un bicorne (V. Coiffure).
TRICOT (Cost.) (V, BoMeterie).
TRICOT. Com. du dép. de l'Oise, aï-r. de Clermont, cant. de Mégnelay; 884 hâb. Stàt. de chemin de fer. Tricot a été autrefois le centre d'une fabrique considérable d'étoffes qui en portent encore aujourd'hui le nom : cette industrie, qui fit là richesse du pays, y est presque éteinte depuis 1840 ; dépendant on y fabrique encore du calicot et des gants. c. St-A.
TRICOTEUSES. Femmes qui assistaient en tricotant aux séances des assemblées révolutionnaires, surtout de la Convention, et du chib des Jacobins ; appartenant à la classe poplaire, elles acclamaient volontiers les Montagnards, et troublaient parfois les séances, malgré le conseil mamtéâ lois donné aux femmes, soit par la Commune, soit par les représentants du peuple, de ne pas s'occuper des délibérations politiques. Ce sont les écrivains royalistes qui ont lancé le nom de tricoteuses, et se sont plu à faire de ces femmes, en bloc, des mégères féroces, àes « furies de la guillotine». h. Monin.
TRICOUPIS (Spyridon), homme d'Etat grec, né à Missolonghi le 20 avr. 1788, mort à Athènes le 24 févr. 1873. Protégé de lordNorth qui le fit venir à Londres, il se rendit en Grèce lors de l'insurrection de 1821, se fit remarquer à l'Assemblée constituante de la Grèce occidentale par ses dons oratoires (iS^^o), fut membre du gouvernement provisoire de 1826, du Congrès national de Trézène (1827), fut Souvent ministre, notamment en 1832 ministre des affaires étrangères et président du conseil ; il représenta la Grèce à Londres de 1835 à 18B8, de 1841 à 1843 et de 1850 à 1861 ; à Paris de 1849 à 1850. Il a écrit un poème en l'honneur des Klephtes (1821) et une Histoire de la révolution hellénique (en ffrec, Londres, 1853-57, 4voL). ^ v ë .
TRICOUPIS (Charilaos), homme d'Etat grec, né à Nauplie le 23 juil. 1832, mort à Cannes le 11 avr. 1895, fils du précédent. Il étudia à Paris, fut attaché (1852), puis secrétaire, de la légation grecque à Londres, représenta à l'assemblée de 1862 (après la révolution) les Grecs étàWis à Londres, négocia la cession des îles Ioniennes à la Grèce, fut élu député, ministre des afifâires étrangères en 1866, président du Conseil (mai-oct. 1875), ministre des affaires étrangères 'du cabinet Canaris qui groupa tous les partis (juin 1877-janv. 1878), président du conseil (mars-juil. 1882 et mars 1882 à avr. 1884).
Il ;était devenu chef de parti, en face de Delyannis, leader du parti patriote, qui poursuivait l'annexion de la Crète et une extension vers le Nord ; ce dernier provoqua par ses armements l'ultimatum des cinq grandes puissances et le blocus des côtés helléniques ; il dut 'se retirer, et Tricoupis forma un nouveau cabinet (mai 1886) ; il suspendit les armements, s'efforça d'améliorer la déplorable situation financière, fit construire des chemins de fer, créa des caisses des écoles ; une reprise àe l'agitation Cretoise détermina le triomphe de Delyannis aux élections d'oct. 1890; Tricoupis fut remplacé par son rival qui voulut le faire mettre en accusation ; effrayé de la crise financière, le roi congédia Delyannis, lequel voulut s'appuyer sur la Chambre; des élections assurèrent au parti de Tricoupis 170 sièges silr 207 (15 mai 1891) ; il redevint premier ministre (21 juin); mais, ne trouvant plus à emprunter à l'extérieur, il dut, après une courte absence du pouvoir (mai-nov. 1893), se résigner à la banqueroute, réduisit à 30 «/o les intérêts de la dette; son conflit avec le prince royal, chef de l'armée, obligea Tricoupis à la retraite (^2 janv. 1895). Son parti succomba aux élections dont la conséquence fut lu guerre désastreuse
contre la Turquie. Tricoupis mourut une semaine avan^ qu'elle n'éclatât.
TRICRÉSOL (Chim.) (V. Phénol).
TRIC-TRAC. Le tric-trac est, parait-il, originaire de Perse et relativement moderne. Cependant il est c,ertain que les anciens jouaient à des jeux analogues, tels que le diagrammnos des Grecs, et le duodena scripta des Romains ; au moyen âge, les Français jouaient au jeu des tables (nom conservé en Allemagne : Bretspiel, et en portugais: 70^0 de tabo las). Eïiûn, les auteurs parlent aussi du jeu des douze lignes ^ qui correspond au tric-trac. Térence dit que Ton doit « dans la vie agir comme au jeu des douze lignes, et corriger au moyen de Fart ce qu'amène le hasard ». Les Anglais appellent le tric-trac back-gammon, les Italiens tavoliere, les Espagnols tablas reaies.
Le tric-trac se joue sur une table dont les rebords sont élevés de 30 centim, ; le fond forme un rectangle divisé en deux compartiments égaux, séparés par une cloison ; de chaque côté des bords de la table sont creusés i 2 petits trous garnis d'ivoire, destinés à marquer les points ; sur le fond noir de la table sont incrustées 24 flèches de deux couleurs (blanches et vertes) et opposées pointe à pointe : les petits trous garnis d'ivoire sont creusés en face de ces flèches. Quinze dames blanches d'un côté, 45 dames noires de l'autre servent aux joueurs; chacun d'eux est muni d'jan cornet dans lequel ils agitent les dés à tour de rôle avant de les jeter au tric-tr^ic. Chaque joueur a en outre 3 jetons pour marquer les points et 2 fiches pour marquer les parties.
Les deux joueurs prennent place vis-à-vis l'un de l'autre et chacun empile ses dames en deux ou trois piles, sur la première flèche à gauche, nommée talon; le hasard décide le joueur qui commencera, et celui-ci lance les deux dés agités dans son cornet : il annonce les points qu'il amène en commençant par le chiffre le plus élevé, puis il prend une ou deux dames et les place sur une flèche éloignée du talon d'autant de flèches que chacun des dés annonce de points (il peut d'ailleurs totaliser ces points et n'annoncer qu'une dame) ; pour les coups suivants, le joueur continue à manœuvrer de la même façon, soit les dames du talon, soit les dames déjà avancées; prendre de nouvelles dames à la pile s'appelle alors abattre du bois ; chaque flèche où se trouve une dame est considérée comme talon; celle où il y a deux dames au moins s'appelle case ; on peut empiéter sur le jeu de son adversaire, et, quand le jeu est plein, s'en aller, c.-à-d. revenir en arrière. Si les deux dés amenés présentent le même point, c'est un doublet, point important: le double-as se nomme beset, le double-deux n'a pas de nom spécial, le double- trois, terne ; le double-quatre, canne; le double-cinq, quine ; le double-six, sonnez.
Les dames, d'abord empilées sur la flèche de gauche du joueur, descendent le jeu à chaque coup de dés, selon des règles combinées, qui concilient ainsi le hasard et le calcul. Le jouear doit disposer ses dames de manière à avoir des vides favorables pour les coups suivants, selon les probabilités ; il remplit ses flèches de manière à battre les cases demi-pleines de son adversaire et défendre les siennes. H y a un grand nombre de combinaisons et de coups particuliers qu'il serait trop long d'énumérer (le grand jan, le petit j an, le contre-jan, le jan de retour, le jan de mézéas, etc.).
Les points se marquent de la manière suivante : 2 points à la pointe de la flèche de l'as (la flèche en face du premier trou) ; 4 points devant la flèche du trois, ou entre les flèches du trois et du quatre ; 6 points devant la flèche du cinq ou contre la séparation devant la flèche du six ; 40 points devant les flèches du huit, du neuf ou du dix ; 42 points, qui font partie, se marquent avec un fichet placé dans le premier trou (le plus rapproché de la pilé des dames). Le joueur qui gagne 42 points de suite, sans que son adversaire en gagne un (ou 42 points d'un coup), marque 2 trous : c'est la partie double ou bredouille ; la