‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 210 sur 633 · TRICOUPIS — TRIDENT · texte numérisé non relu

TRICOUPIS — TRIDENT

première combinaison s'appelle la petite bredouille et la seconde la grande bredouille.

On appelle écoles les fautes commises, spécialement l'oubli de marquer avant de jouer les points gagnés : dans ce cas, c'est l'adversaire qui les marque. On doit jeter les dés assez fort pour qu'ils frappent la bande du tric-trac du côté adverse ; si l'on joue avant de marquer ses points oqi est envoyé à l'école par son adversaire, mais celui-ci peut ne pas marquer les points de l'autre, dans ce cas, s'il le trouve plus avantageux pour son jeu. Le joueur qui marque le trou double ou simple efface lès points de l'autre. Le joueur qui jette les dés marque ce qu'il gagne avant que l'adversaire puisse marquer ce que le jaueur perd dans le même coup. Le joueur qui marque moins de points qu'il n'en gagne est envoyé à l'école pour tous les points oubliés ; celui qui en marque plus est envoyé à l'école pour tous les points ajoutés. Il y a une variété de tric-trac nommé tric-trac à écrire qui ne diffère que par la manière de marquer, et par le nombre de trous à gagner pour terminer une partie (un marqué comporte 6 trous, et la partie se joue en 42 marqués). Enfin il existe un certain nombre de variétés du tric-trac, telles que le revestier et le jacquet.

TRICUSPIDE(Anat.) (V. Cœur).

TRICYCLE (V. Vélocipède).

TRIDACNE (Tridacna gigasLdim.) (MalacoL). Les Tridacnes ou Bénitiers sont des Mollusques Lamellibranches contenus dans une coquille transverse, inéquilatérale, à lunule bâillante ; charnière composée de deux dents comprimées, inégales et intrantes. Le ligament est externe et marginal. La coquille des Tridacnes, souvent de très grande taiJle (4 "1,50), est ornée de côtes et de squammes. Ces Mollusques vivent dans l'océan Pacifique, notamment au voisinage des îles Moluques, à l'état libre ou engagés dans les madrépores.

TRI DhCJy LE {Tridacty lus Oliv.) (Entom.). Genre d'Orthoptères, de la famille des GryUides, caractérisé par les antennes filiformes de 40 articles, le dernier ovalaire, les pattes antérieures élargies et munies de fortes épines, les postérieures allongées, grêles, quadr angulaires, ayant, au lieu de tarses, des appendices mobiles, digités et brèvement unguiculés, les ocelles au nombre de 3, distincts, le thorax plus large que long, l'abdomen terminé par 4 appendices en forme de stylets. Type : Trid. variegains Latr., d'un brillant métallique sur la tête , le thorax et les ailes supérieures qui ne dépassent pas le quatrième segment abdominal. Cet insecte est assez répandu dans le midi de la France où il vit sur le bord des rivières, creusant le sable à la façon des Gnjllo-Talpa.

TRIDÉCYLE (Hydrurede). Form. j Sm.'; IS;

L'hydrure de tridécyle, appelé aussi tridécane, est un carbure saturé trouvé par Pelouze et Cahours dans les pétroles d'Amérique. C'est un liquide incolore ayant pour densité 0,79 et.bouillant entre 248° et 220°. Le tridécane a été préparé par des procédés chimiques. On l'obtient en réduisant l'acide tridécylique, ou encore en faisant agir le perchlorure de phosphore sur la laurylméthylacétone, puis l'iodure de phosphore en présence de phosphore sur le composé obtenu. Comme les autres carbures saturés, le tridécane est peu actif au point de vue chimique. Il ne donne cas de produits d'addition ; avec le chlore et le brome, il forme des dérivés de substitution ; le chlorure de tridécyle est un liquide bouillant à 260°. A. Bouzât.

TRI DENT. I. Géométrie. — Le trident est une cubique, ou courbe du troisième ordre, ayant un point double à l'infini, et dont l'équation est du type y = -^,1] et Y étant

des fonctions entières de x, respectivement du troisième degré et du premier degré. Parmi ces courbes, celle qu'on connaît sous le nom de trident de Newton a pour équa-

tion y =:

^px

-, et se définit assez simple*

TRIDENT — TR[ERARCHIE

ment comme lieu géométrique déduit de la parabole. Cette courbe a été très étudiée; dans de nombreux articles et dans plusieurs traités de géométrie analytique, on trouve la démonstration de propriétés diverses du trident, et l'indication de modes de génération assez variés. C.-A. L. IL Art héraldique. — Fourche à trois dents ou pointes qui est représentée en pal, les pointes en haut.

TRI DON (Edme-Marie-Gustave), littérateur et homme politique français, né à Dijon en 4841, mort à Bruxelles le 29 août 4871. Il fit ses études de droit à Paris et publia en 1864 : les Hébertistes, plainte contre une calomnie de rhistoire, où son ardeur républicaine se manifestait. Le 3 mai 1865, il fonda le Candide, journal professant la philosophie du xvjii*^ siècle et les principes révolutionnaires, qui fit beaucoup de bruit ; supprimée le 27 mai, cette feuille fit condamner son rédacteur à six mois de prison. C'est à Sainte-Pélagie que Tridon fit la connaissance de Blanqui, dont il devint le disciple fervent. A sa sortie de prison il fonda la Critique, qui fut presque de suite supprimée. Affilié à Tlnternationale (1866), Tridon fut arrêté comme ayant fait partie de la Société secrète « du café de la Renaissance », et condamné à quinze mois de prison (1867). Il hérita à la même époque des 60.000 fr. de rente de son père, et continua à servir avec passion la cause de la République et de la Révolution. En 1869, il publia Gironde et Girondins, pamphlet dirigé contre ceux-ci. Impliqué dans le procès de Blois le 19 janv. 1870, Tridon passa en Belgique et fut condamné le 9 août à la déportation simple. 11 revint à Paris après le 4 sept, et fonda avec Blanqui la Patrie en danger, où il attaquait le gouvernement de la Défense nationale. Battu à Paris aux élections pour l'Assemblée nationale (8 fév. 1871), il fut élu député le même jour par les électeurs de la Côto-d'Or, Il démissionna à Bordeaux avec Rochefort, Ranc, etc., après avoir voté contre les préliminaires de paix. Le 28 mars, il revint à Paris et fut nommé membre de la Commune où il fit partie de la minorité modérée. Tombé malade de névrose, il ne fut pas arrêté à Tenlrée de l'armée versaillaise à Paris et passa en Belgique où il mourut peu de jours après son arrivée. TRIDIMYTE (Miner.). Minéral qui fait partie, comme le quartz, de la famille des silices anhydres, mais qui cristallise en petites lames hexagonales, d'aspect incolore et d'éclat vitreux, un peu nacré, se maclant généralement par trois (d'où le nom), parallèlement à la diagonale de l'hexagone. Elle est quelquefois altérée à la surface et alors opaque. Sa dureté est 7, sa densité, qui est celle du quartz fondu, varie de 2,38 à 2,23. Ses caractères sont ceux du quartz, sauf qu'elle est plus facilement attaquable par les solutions alcalines. On la rencontre en druses, ordinairement accompagnée de pyroxène, d'hypersthène, de fer oxydulé, etc., dans les roches volcaniques, surtout dans les trachytes : au Mont- Dore, par exemple, à Saint-Christobal (Mexique) où Rath l'a, pour la première fois, observée en 1866, au Siebengebirge (Prusse rhénane), à Frauenberg (Haute-Franconie), en Hongrie, en Irlande, etc. ; on la trouve aussi mêlée aux différentes variétés d'opales. Elle n'est souvent même que le produit de la calcination de roches siliceuses au contact d'épanchements ignés. La silice amorphe et le quartz pulvérulent se transforment également, par calcination, en un agrégat de lamelles de tridymite. Vasmanite (V. ce mot), quoique très voisine de la tridymite, en diffère essentiellement.

TRIE. Ru du dép. de la Somm^ (V. ce mot, t. XXX, p. 250).

TRIÉ. Ch.-l. de cant. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes; 1.585 hab.

TRIE-ChAteau (C«5/rMm. de Tria), Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont; 896 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Au lieu dit La Garenne, dolmen ou allée couverte remarquable. Avant la réunion de la Normandie à la France, le château de Trie, cons-

truit par Philippe P^ était une des clefs de la frontière. H a donné son nom à une famille féodale. Au xv« siècle, la seigneurie passa aux d'Estoute ville, puis aux Bourbon- Longueville, aux Bourbon- Conti, qui firent reconstruire le château dont subsiste une tour du xvi« siècle. Le dernier prince de Conti donna asile à Trie-Château à J.-J. Rousseau, qui y séjourna une année, de 1767 à 1768, et qui y écrivît la seconde partie de ses Confessions. Eglise du xii^ siècle dont le portail roman fleuri est curieusement sculpté. La mairie est formée en partie par l'ancienne prison seigneuriale, remontant au xii« siècle (mon. hist.). — Patrie du conventionnel Dupuis et du comte de Gobineau, diplomate et écrivain.

TRIE-LA- Ville. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont; 315 hab. Eglise romane à clocher rectangulaire. Hameau de Gomer fontaine {Gomrnerici-fons), dont l'abbaye, fondée en 1207, avait le titre d'abbaye royale et ne fut supprimée qu'à la Révolution- , C. St-A.

TRIEDRE (Géom.). On appelle angle trièdre ou, plus simplement, trièdre, la figure formée par la rencontre de trois plans. L'angle au sommet et chacun des angles à la base d'une pyramide triangulaire sont, notamment, des trièdres. On distingue dans tout trièdre six éléments : trois faces et trois angles dièdres. La somme des angles dièdres ne peut évidemment être plus grande que six droits ; elle ne peut non plus, ainsi qu'on le démontre facilement, être moindre de deux droits. On démontre également que dans tout angle trièdre, à un plus grand angle dièdre est opposée une plus grande face, que deux angles trièdres sont égaux : 1^ lorsqu'ils ont une face égale adjacente à deux dièdres égaux chacun à chacun et semblablement disposés ; 2° lorsqu'ils ont un dièdre égal compris entre deux faces égales chacune à chacune et semblablement disposées ; 3« lorsqu'ils ont leurs faces égales chacune à chacune et semblablement disposées ; 4'' lorsqu'ils ont leurs dièdres égaux chacun à cha<;un et semblablement disposés. Pour les propriétés des trièdres supplémentaires, V. Angle, t. H, p. 1109.

TRI EL. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. de Poissy, sur la r. dr. de la Seine; 2.632 hab. Stat. de chem. de fer. EgHse des xin« et xvi« siècles. Carrières de plâtre; fabrication de bijouterie en doublé.

TRIENS (Numism.) (V. As).

TRIENT. Torrent deSuisse, cant. du Valais, affl. g. du Rhône, sur le passage de Martigny à Chamounix. La partie inférieure est une gorge étroite surmontée de parois de rochers de 100 m. de hauteur, au fond de laquelle le Trient roule ses eaux bouillonnantes. Des galeries en bois y donnent accès aux promeneurs.

TRIÉRARCHIE (Hist. gr.). Nom donné à l'une des liturgies ou prestations les plus importantes d'Athènes (V. Liturgie, t. XXU, p. 248). La trierarchie consistait à équiper un navire de guerre. L'Etat fournissait la coque du navire et les mâts; le triérarque était tenu de fournir les agrès et l'équipage, dont la solde toutefois était payée par l'Etat. La trierarchie durait un an. L'année écoulée, le triérarque devait rendre en bon état le bâtiment qui lui avait été confié et obtenir quittance des fonctionnaires financiers appelés logistes {Xo^iax(xi). La trierarchie proprement dite fut instituée par Thémistocle : tout d'abord, il n'y eut qu'un triérarque par navire. A partir de Fannée 411, la richesse privée ayant beaucoup diminué à Athènes par suite de la guerre du Péloponèse et des désastres de l'expédition de Sicile, chaque navire fut équipé par deux triérarques associés. En 368, on appliqua à la trierarchie le système des Symmories (V. ce mot). Après 340, on en revint au procédé de l'association. Il fut décidé que la possession d'une fortune de 10 talents obligerait à l'équipement d'un navire. Au-dessous de ce chiffre, les citoyens devaient s'associer en nombre suffisant, et chaque associé devait contribuer à la trierarchie dans la mesure

de ses facultés. La triérarchie ne pesait qae sur les plus riches Athéniens. J. Toutaïn.

BiBL. : Bœckh, Staatshaushaltung der Athener. — Gilbert, Grlechische Stasitsaltertûmer ; Leipzig, 1881. — ScHŒMANN, Antiquités grecques (trad. i'r.); Paris, 188i.

TRlÈRË (Mar. anc.) (V. Marine et Polyrémie).

TRI ESTE (allemand, Triest; slovène. Trot; latin, Tergesteum). Ville maritime et port principal de l'Autriche-Hongrie ; située au fond de la baie qui porte son nom, et au N. de FAdriatique; 445.075 hab. au 34 déc. 4890, pour la ville et les faubourgs.

Services publics. Industrie. Commerce. — Trieste forme avec son territoire (V. ci-après) un pays de la couronne, c.-à-d. une des dix-sept régions de FAutriche cisleithane qui conservent leur individualité administrative et politique. \]n statthalter ou gouverneur y réside i le conseil municipal, composé de cinquante-quatre membres, jouit des attributions d'une diète ; son président porte le titre de podestat. La ville possède, en outre, un évêché, un commandement de brigade et une direction de chemin de fer, ainsi que les autorités maritimes qui veillent à la police du port.

Les établissements d'instruction publique sont nombreux : Académie nautique, Haute école de commerce (fondation Revoltella), deux gymnases et deux écoles réaies. Un musée d'antiquités et un musée lapidaire contiennent les monuments et les inscriptions romaines retrouvées à Aquileja; citons encore un aquarium et un jardin zoologiqu^, une bibliothèque publique de 65.000 volumes, un institut hydrographique pour la marine de guerre. Il y paraît 34 journaux, dont 29 italiens, 2 allemands, 4 grec et 2 Slovènes.

En réalité, Trieste doit sa prospérité et son rapide développement au commerce de transit. Sa rade commode, sa situation au fond de l'Adriatique, à l'extrémité d'une ligne ferrée qui la relie directement à Vienne (596 kil.) par Laibach, lui ont valu d'être le port le plus actif de FAutriche-Hongrie (93 Vo du total des échanges par mer en 4890) et lui ont permis

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