‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 214 sur 633 · TRIPOLI · texte numérisé non relu

TRIPOLI

d'autres contrées encore. Celles de Ceyssac, en particulier, renferment une flore où, à côté du charme, deTérable asiatique, de celui de k Crête, on trouve des chênes, des trembles, des noyers. — Dans l'industrie, dans l'économie domestique, le tripoli est employé pour polir le verre, les métaux, les pierres précieuses, etc. Celui qu'on trouve dans le commerce et qui, autrefois, provenait exclusivement des pays d'Orient, se tire aujourd'hui de Bohême, de Saxe, de la Bavière, du Tirol, etc.

TRIPOLI d'Anatolie ou TIREBOLL Ville maritime de Turquie d'Asie, sur la mer Noire, à 80 kil. 0. de Trébizonde; 3.000 hab. Ancienne colonie milésienne qui n'eut jamais grande importance, car les communications avec l'intérieur sont difficiles. La ville moderne commande trois petits golfes parsemés de roches. Le Tarabulu-Sou débouche à quelques kilomètres à l'E. Tripoli a importé en 1899 pour 710.740 fr. et exporté pour 1.084.190 fr.

TRIPOLI DE Barbarie (arabe Tarabolos-el-Gharb). Ville maritime de l'Afrique du Nord, ch.~l. de vilayet de l'empire ottoman, à 1.330 kil. S.-S.-E. de Marseille; 40.000 hab. dont 3.000 chrétiens et 6.000 juifs. Elle est située à l'O. d'une petite baie fermée de ce côté par un promontoire que prolonge une ligne de rochers ; son port est donc abrité des vents d'O. et le serait facilement de ceux du N. qui actuellement le rendent intenable par les gros temps, de même que ceux du N.~E. Construite sur un littoral très bas, dans la belle oasis de la Mechya qui l'encadre de son million de palmiers, Tripoli offre un aspect pittoresque, derrière sa blanche enceinte ; ses maisons s'étagent à partir du rivage avec leurs terrasses ; au bord de la mer est le massif château du pacha, plus haut le quartier turc dresse ses minarets et les coupoles de ses mosquées. L'intéritur est relativement propre ; non seulement l'avenue maritime bordée de maisons européennes, mais même les rues intérieures dont plusieurs à arcades ou voûtées ; les caravansérails sont bons, ainsi que les hôtels européens ; les souks sont animés, moins pourtant que le quartier juif, le Barra, au S.-O. de la ville, très sale, grouillant d'hommes et de vermine. Près du port subsiste un arc de triomphe romain, érigé en l'honneur de Marc-Aurèle. L'eau est rare, fournie par de vieilles citernes, les puits artésiens n'en ayant fait jaillir que de saumâtre ; le sirocco apporte souvent des quantités de sable. — Tripoli fabrique des tapis, des tissus, du cuir de Cordoue ; mais c'est surtout une ville de commerce, le port de la région saharienne et du trafic transsaharien central, tête de ligne des caravanes vers le Fezzan, les salines de Bilma et fe Bornou. La France, l'Italie, l'Angleterre se partagent le commerce extérieur qui est d'une vingtaine de millions de fr., donnant lieu à un mouvement maritime de 450 à 500.000 tonnes (entrées et sorties). La Compagnie transatlantique et la Compagnie Rubattino desservent Tripoli. On exporte de l'alfa, du sel, des cuirs, du bétail, de l'ivoire, des plumes ; on importe des tissus, de la quincaillerie, des denfées coloniales, du sucre, du tabac, des bougies, etc. La population est très bigarrée : outre le fond berbère et arabe, les Turcs et leurs métis les Koulouglis, les Juifs, on voit des chrétiens maltais, italiens, grecs, etc., des gens de Djerba et de Rhadamès, des Tunisiens, des Touareg, des Touban, des nègres de plusieurs races, etc. — Tripoli est l'antique OEa qui formait avec les cités voisines de Leptis et de Sabrata l'antique Tripolis; ce nom est demeuré à la cité centrale qui seule a survécu ; colonie phénicienne, très prospère à l'époque gréco-romaine, elle déclina à la fin du moyen âge ; les Espagnols la prirent d'assaut le 26 juin 1510 ; ils l'occupèrent jusqu'en 1530, puis les chevaliers de Malte jusqu'en 1551, époque oii le corsaire turc Dragut s'en empara après un siège fameux. Devenue repaire des pirates barbaresques, elle fut bombardée par l'Anglais Narborough, par les Français d'Estrées (1685) etGrandpré(1798). La famille des Karamanli s'y rendit à peu près indépendante au XVIII® siècle; les Turcs la reconquirent en 1835. Tri-

poli est défendu par plusieurs forts : Anglais et Hollandais à FE., Espagnol et Neuf sur le promontoire 0., fort Français dans un îlot. A. -M. B.

TRIPOLI DE Syrie (en arabe Tarâboulous) . Ville maritime de Turquie d'Asie, chef-lieu d'un sandjaq du vilayet de Beyrouth, possède 23.000 hab., et son port ou el-Minâ, 7.000 hab. Sur le total on compte 24.000 musulmans, 4.500 de religion grecque orthodoxe et 1.500 maronites. La ville renferme 14 mosquées, 1 synagogue,

11 églises (5 latines, 4 maronites, 1 grecque-unie, 1 protestante). Les sœurs françaises, les frères des écoles chrétiennes, les Américains, ont, soit à Tripoli même, soit à el- Minâ, de nombreuses écoles, ainsi que les autres confessions et les musulmans (en tout 32 écoles avec 2.200 élèves).

Les environs immédiats de Tripoli et particulièrement la plaine entre la ville et le port sont très fertiles et couverts d'oliviers (rapportant 2 millions 1/2 de fr. par an), d'orangers et de citronniers (même rapport), de mûriers et aussi de tabac. Au moyen âge, la culture de la canne à sucre occupait une partie importante du sol. TripoH possède des filatures et des fabriques de savon. Son commerce est de quelque importance. Sa position en fait le débouché naturel de la plaine de Homs, du moyen Oronte, auxquels la relie une route carrossable, et de la portion N. du Liban. En 1898, sa rade a été visitée par 392 vapeurs et 1.531 voiliers. Son importation s'est élevée à

12 millions de fr. (cotonnades et objets manufacturés), et son exportation à 18 millions 1/2 de fr., dont 8 millions de céréales; 1 million 1/2 de laine; 3 millions 1/2 de soie grège ; 1 million de savon. L'abondance d'eau dont jouit Tripoli et que lui apporte le Nahr Qadicha ou Abou Ali lui vaut un climat particulièrement fiévreux en automne. D'après les historiens anciens, la ville tirait son nom de sa division en trois quartiers occupés respectivement par les Tyriens, les Sidoniens et les Aradiens. Il semble qu'elle dût à cette particularité la faveur d'être choisie pour lieu de délibération, lorsque les différentes villes phéniciennes s'unissaient dans une action commune, comme en 351 avant notre ère, où fut décidée la grande révolte de Phénicie. On ignore son nom phénicien. La ville antique existait sur l'emplacement d'el-Minâ, et elle conserva cette position jusqu'après l'époque des croisades. Baignée de trois côtés parla mer, elle était protégée du côté de la terre ferme par une muraille et un fossé. Comme dans toutes ces cités phéniciennes les maisons étaient à quatre, cinq et six étages. Les Grecs puis les Romains embellirent la ville. Détruite plusieurs fois par des tremblements de terre, elle ouvrit ses portes aux Arabes en 638. Le khalife Mouâwiya y transporta des Juifs et des Persans. Pour parer aux attaques des Grecs qui se succédèrent pendant le x^ siècle, le khalife d'Egypte, dont la ville relevait, y entretenait une garnison. L'autorité civile et religieuse était aux mains de la famille Ammar qui fonda une célèbre bibliothèque. Raymond de Saint-Gilles, comte de Provence, en commença le siège en 1104; les assiégeants durent fortifier leur position, le Mont-Pèlerin, sur lequel fut bâtie plus tard la ville actuelle. Le siège dura cinq ans et vit la perte de la célèbre bibliothèque arabe. Tripoli devint la résidence du comte de Tripoli (V. ci-dessous), pendant près de deux siècles. Elle fut prise par le sultan Qilâwoûn en 1289. Ce fut alors que, craignant les agressions venues de la mer, les musulmans transportèrent la ville à quelque distance dans l'intérieur.

Tripoli n'a conservé aucun monument de l'antiquité. Les tours sur le rivage ont été élevées par les musulmans. Dominant la ville, se dresse une forteresse dont quelques parties peuvent remonter à l'époque franque. R. Dussaud.

Comté de Tripoli. — Ce comté, qui forma une des grandes baronnies du royaume latin de Jérusalem, doit son origine à Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, un des principaux chefs de la première croisade. Ce prince, déjà maître de Tortose et de Laodicée (Latakieh), voulut agrandir son domaine en s'emparant de Tripoli ; mais il

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