TRIPOLI - TRIPOLITAINE
mourut pendant le siège de cette ville (28 févr. 1105). Après des compétitions assez graves entre Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne, son neveu, et Bertrand de Toulouse, son fils naturel, venu de France pour recueillir l'héritage paternel, il fut décidé (1109) que Guillaume aurait Arcas et Tortose, tandis que Bertrand garderait le Mont- Pèlerin, auquel s'ajouteraient Tripoli et Gibelet, quand il les aurait conquises. Guillaume ayant été tué peu après, Bertrand se mit en possession de son domaine ; il s'empara vers la même époque, avec l'aide d'une flotte génoise, de Gibelet, puis de Tripoli (10 juin 1109). Elu le même jour comte de Tripoli, il fit hommage au roi de Jérusalem.
Jusqu'en 1201, le comté de Tripoli eut une existence propre, sous la suzeraineté des rois de Jérusalem. Le comte de Tripoli, Raimond III, fils aîné de Boémond III, prince d'Antioche, étant mort en 1200, son frère cadet Boémond usurpa le pouvoir dans le comté au détriment du fils du comte défunt, le jeune Raimond Rupin, qu'il déposséda également, en 1201, de la principauté d'Antioche, iprès la mort de Boémond III, dont Raimond Rupin était le petit-fils et l'héritier. Le comté de Tripoli se trouva alors réuni à la principauté d'Antioche, à laquelle il demeura attaché jusqu'à la ruine totale des établissements latins de Terre Sainte, les princes d'Antioche étant en même temps comtes de Tripoli. Le 26 avr. 1289, Tripoli fut prise par le sultan Kelaoun Malik el-Mansour ; peu de jours après, Nephin et le Boutron (Batrun) succombèrent également : le comté se trouva réduit à deux petites localités voisines de Tripoli et à la ville de Gibelet, dont le seigneur, Barthélémy ou Bertrand, refusait même de reconnaître l'autorité de la comtesse Lucie.
Voici la liste des comtes de Tripoli, au nombre desquels nous ne mettrons pas Raimond de Saint-Gilles qui ne le fut jamais réellement et n'en porta pas même le titre : Bertrand, fils naturel de Raimond de Saint-Gilles (10 juin 1109-21 avr. 1112). — Pons, fils de Bertrand et d'une première femme de celui-ci (1112-36). — Raimond l®^, fils de Pons et de Cécile, veuve de Tancrède et fille de Philippe P^, roi de France, et de Bertrade de Montfort (1136-52). — Raimond II, fils de Raimond l^' et de Hodierne, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem (1152-87). — Raimond III, fils de Boémond III, prince d'Antioche et filleul de Raimond II, qui, mourant sans enfants, lui laissa son comté de Tripoli (1187-1200). — Raimond Rupin, fils de Raimond III, dépossédé presque immédiatement par Boémond IV, prince d'Antioche, mais demeuré néanmoins titulaire des deux seigneuries d'Antioche et de Tripoli (1200-22). — Boémond IV d'Antioche et P^ de Tripoli (1200-32). ■— Boémond V d'Antioche et
II de Tripoli (1233-51). — Boémond VI d'Antioche et
III de Tripoli (1251-74). — Boémond VII d'Antioche et
IV de Tripoli (1274-87). — Lucie ou Lucienne, sœur aînée de Boémond VII, mariée à Narjot de Toucy (1287- 89), laquelle mourut en 1292 dans le royaume de Naples et laissa ses titres à son fils Philippe de Toucy, seigneur de la Terza. Le titre de comte de Tripoli fut, d'autre part, réservé à l'héritier du trône de Chypre.
Les limites du comté de Tripoli, au moment de sa plus grande extension, furent : au N., le Ouady-Mehika et la montagne du Djebel-er-Ras ; à l'E. la vallée de l'Oronte, limite reportée, dès le milieu du xii® siècle, à la crête du Liban et des montagnes des Ansariés ou Nosaïris ; au S. le Nar-Ibrahim ; à l'O., la mer. Les fiefs les plus importants en étaient Gibelet, Archa, Maraclée, le Monestre, le Boutron, Néphin et Gibelakkar. Ch. Kohler.
TRIPOLIS ouTRIPOLITZA. Ville de Grèce, ch.-L du nome d'Arcadie, au S.-O. de la plaine d'Arcadie orientale (cf. Grèce et Arcadie), à 600 m. d'alt., au pied du mont Ménale ; 15.521 hab. dont 10.465 aggl. (en 1896). Marché du Péloponnèse central. On y fabrique des tapis, du cuir rouge, etc. Population laborieuse qui émigré temporairement dans les autres villes grecques. Tripolis est une ville moderne bâtie en 1770 avec les débris des
trois cités antiques de Pallantron, Tégée et Mantinée. C'est le siège de l'archevêché de Mantinée, et les objets découverts par les fouilles françaises de Mantinée y ont été déposés. Le 17 oct. 1824 , Kolokotroni la prit d'assaut, égorgeant les populations turque et albanaise. Ibrahim pacha la reprit le 22 juin 1825 et massacra les chrétiens.
TRIPOLITAINE ou Régence de Tripoli. Région de l'Afrique du Nord dépendant de l'empire ottoman dont elle forme un vilayet. On y confond encore souvent la région voisine de Barca qui en a été détachée en 1869 pour former le mutessariflik de Benghasi, érigé en vilayet en 1879. Cette région et les oasis qui en dépendent ont fait l'objet des art. Barca, Cyrénaïque, Aoudjila (V. ces mots). Ajoutons que le vilayet de Tripoli lui-même comprend des régions naturelles très diverses : Tripolitaine proprement dite et oasis du Fezzan, de Ghadamès et de Rhat dans l'intérieur. Pour la description physique, nous ne nous occuperons ici que de la véritable Tripolitaine, renvoyant pour le reste aux art. Fezzan, Ghadamès, Rhat, Sahara. Rappelons enfin que la description générale, l'histoire des explorations, la flore, la faune sont traités à l'art. Afrique.
La Tripolitaine s'étend le long du rivage le plus méridional de la Méditerranée, depuis la Tunisie à l'O., oiila frontière a été arrêtée en 1886, au Ras Adjir (Cf. la carte de Tunisie), par 9^12^ long. E., jusqu'au vilayet de Benghasi à l'E. ; la limite naturelle serait la vallée de l'oued Fareg, terminaison occidentale de la profonde dépression qui, au S. du plateau de Barca, jalonne un prochain effondrement du sol semblable à ceux qui ont formé et agrandi la Méditerra lée. Mais la limite politique est plus à l'O., à Mouktar, marquée par des tas de pierres, près de l'endroit oîi furent les autels des Philènes, limite historique des possessions carthaginoises et de celles des Grecs de Cyrénaïque. Sans y comprendre le Fezzan et ses annexes méridionales, la Tripolitaine occupe environ 220.000 kil. q., peuplés de 800.000 hab. tout au plus. C'est la région où le désert du Sahara arrive jusqu'à la mer. Le littoral, dont le développement dépasse 1 .000 kil. , est généralement bas et sablonneux, bordé de lagunes. A partir de Ras Adjir, frontière tunisienne, on rencontre : la lagune de Zonara (salines), les ruines de Sabrata, la baie de Tripoli ; puis une zone rocheuse jalonnée par une série de caps ou Ras : celui de Tadjourah qui abritait un repaire de corsaires redoutés ; le Ras-el-Kitab, le port de Lebda {Leptis magna), le Ras Zovouk, le port et le cap de Mesrata où commence la concavité de la Grande Syrte ; les dunes reparaissent et les lagunes ; les principales localités sont Marsa-Zafran, Sorton Medina-Sultan qui fut riche au moyen âge, Naïm, Houdia, colonie juive ruinée, Mouktar. La TripoKtaine orientale, derrière le golfe de la Grande Syrte, est peu connue ; c'est une région basse et déserte ; d'ailleurs, de ce côté, la limite du Fezzan arrive près du rivage. La partie occidentale, hinterland de Tripoli, se relève rapidement en un plateau qui continue celui de la Tunisie méridionale, c'est la région des Troglodytes. Ce plateau, de 300 à 600 m. d'alt., est entaillé de 130 à 160 m. par les vallées des Ouadi, souvent fertiles et revêtues de magnifiques arbres fruitiers ; ces montagnes, à partir du massif tunisien de Douirat, sont successivement dénommées Djebel Nefousa, Djebel Yefren, dominé par un pic de 850 m. et le Kasr-el-Djebel (650 m.). Djebel Ghourian au S. de Tripoli, avec le Tekout (853 m.) ; au N. est le plateau volcanique de Tarhona. Ces montagnes forment le rebord méridional du plateau saharien, la vaste et morne Hammada el-Homra (ait., 500 m.) qui couvre plus de 10 millions d'hect. de ses dalles de grès à peine émaillées de loin en loin par quelques broussailles. Cette hammada rouge sépare la Tripolitaine du Fezzan et isole au S.-O. l'oasis de Ghadamès. Les hauteurs volcaniques du S.-E. de la hammada, Djebel Tor(400 m.), Djebel Soda, montagne noire, appartiennent déjà au Fezzan (V. ce mot). — Il n'y a pas une rivière ni un ruisseau permanent.
TRÏPOLITAINE — TRIPTYQUE
Le climat est très sec, même sur le littoral où il ne tombe pas plus de 200 millim. d'eau par an ; mais les pentes N. de la terrasse en reçoivent probablement le double, et la hammada à peu près rien. La température, modérée par la brise marine, est en moyenne à Tripoli de + 20** ; le samoun ou sirocco, vent du Sahara, l'élève beaucoup. Dans l'intérieur, le désert de la hammada a une température estivale de plus de 40«, avec des nuits très froides. Les pluies d'hiver sont accompagnées de violents orages. Le climat est sain, excepté au voisinage des lagunes. — La flore est pauvre, intermédiaire entre celle des pays de l'Atlas et celle de l'Orient (Cf. Afrique, Algérie, Sahara) ; c'est la limite E. du pistachier algérien et la limite 0. de l'acacia gommier d'Arabie. La flore du Djebel ressemble à celle de la Kabylie. — La faune (V. Afrique) est également pauvre ; pas de grand fauve, quelques chacals et hyènes ; quelques autruches domestiques; les bœufs, qui abondaient dans l'antiquité, sont peu nombreux et petits ; les chevaux ne se trouvent guère que chez les nomades du Nord ; beaucoup d'ânes et de moutons, ceux-ci sont à grosse queue et laineux sur le littoral ; mais dans le désert ils sont maigres, à poil rèche semblable à celui de la chèvre, queue effilée. Les chameaux sont très nombreux. Les principales productions du sol sont les dattes ; on compte 2 millions de dattiers dans les oasis du littoral, dont moitié dans la Mechiya, banlieue de Tripoli, 100.000 à Zenzour, 130.000 à Zaoura, 200.000 à Tadjoura, etc. Les oliviers sont nombreux mais mal soignés. Les figuiers, bananiers, orangers, citronniers, abricotiers, pêchers sont nombreux dans les jardins, au-dessous des palmiers ou sur les pentes des vallées supérieures ; là sont aussi cultivés le blé, l'orge, le maïs, le safran, la garance, le henné, le coton. Ajoutez le ricin, le séné, le lotus, la coloquinte, quelques vignes,' l'alfa dessteppes. Sur les côtes, les Grecs pèchent l'éponge ; on recueille du sel dans les lagunes, du soufre au fond de la Grande Syrte. — Le commerce est concentré à Tripoli (V. ce mot). On exporte les produits locaux, du bétail vers Malte, de la laine, des dattes, de l'huile, des grains, de l'alfa, du henné, des ornements d'argent, etc. ; puis les denrées apportées de l'intérieur par caravanes : plumes, ivoire, séné, gomme, un peu d'or, etc. L'importance commerciale de la Tripolitaine tient à ce qu'elle est la route la plus directe de la Méditerranée vers l'Afrique centrale, le débouché historique le plus important des caravanes qui viennent du Bornou et du Ouadaï (Cf. les art. Sahara et Soudan).
La Tripolitaine se divise en cinq districts : Tripoli, Zaouia à 10. ; Homs, à l'E. ; le Djebel, Ghadamès. Mais le vilayet comprend en outre le Fezzan (souvent administré par un montessarif) divisé en sept districts, Bou Ndjeim, Djofra, Zella, Ouadi-Chiati, Ouadi-Lajal, Hofra (avec Mourzouk), Fogha ; et au S.-O. du Fezzan l'oasis de Rhat. — La population comprend, comme dans les autres pays barbaresques, un fonds d'Arabes et de Berbères plus ou moins arabisés : Maures des villes, Berbères agriculteurs dans la montagne, Bédouins nomades dans le désert; parmi ceux-ci, les principales tribus sont les Ouled-Sliman qui vont jusqu'au Tchad, les Ouled-Krès, au N. du Fezzan (vers Zella), les Ouled-bou-Sif, éleveurs de chameaux renommés, les Tarhona, etc. Dans le Djebel, les p)pulations antiques, que nous appelons berbères, se sont maintenues; comme au temps d'Hérodote, ils creusent leurs habitations à l'intérieur du plateau. Le Djebel-Ghourian mérite parfaitement son nom de montagne des cavernes; entre autres les 0.000 hab. de Zenthan mènent cette existence de troglodytes. Beaucoup de ces Berbères sont comme les Mzabites de la secte ihadite, regardée comme hérétique par les autres musulmans. — Les nègres sont nombreux, descendants d'esclaves soudanais, et leur sang est mélangé à celui des Arabes et des Berbères ; ils habitent des paillotes et la plupart parle le dialecte haoussa. — Les juifs sont environ 10.000 à |
Tripoli et à Zenthan où ils habitent des cavernes comme leurs voisins. Pour l'industrie et le commerce, ils ont des concurrents parmi les Djeraba, gens de l'île de Djerba, et l les Maltais. Les Turcs demeurent étrangers, population de fonctionnaires et de soldats. Les Européens sont peu nombreux : Italiens, Grecs, Français, etc. La garnison turque est évaluée à 15.000 hommes; le produit des impôts et taxes, à 8 millions de fr.
La Tripolitaine est l'antique région syrtique, qui dépendait de Carthage ; les trois cités deSabrata, CEa, Leptis dominaient le littoral. A l'intérieur vivaient dans le Djebel les Troglodytes, plus au S. les Gar amantes. Après la seconde guerre punique, ces pays furent nominalement rattachés à la Numidie (V. ce mot), puis, en 46 av. J.-C, à la province romaine d'Afrique. Septime Sévère en fit une province distincte sous le nom de Tripolitana qu'elle a gardé. Les Romains avaient soumis la Phazania (Fezzan) et Cydamus (Ghadamès). Les Arabes d'Amr conquirent la Tripolitaine dès 644. Elle suivit les destinées de Tunis, reçu sa loi des Aghlabites (80 J -909), puis des Fatimites, fut submergée en 1050 par l'invasion hilblalienne, obéit aux Almohades, fut soumise au xiv® siècle par les Hafsides de Tunis, et après l'occupation de Tripoli par les chrétiens (1510-51), annexée à la Turquie par Dragut. La subordination, purement nominale, fut rétablie en 1835, sur la demande des Tripolitains molestés parles Ouled-Sliman, et en 1840 les Turcs y ajoutèrent le Fezzan, lequel avait été tour à tour indépendant sous les Béni Khattab, subordonné aux rois du Kanem (xii® au xiv^ s.), au Maroc (xvi® s.), et payait tribut à Tripoli. A l'époque contemporaine, les Turcs ont occupé les oasis de Ghadamès et de Rhat pour empêcher la France de s'y établir. Les convoitises italiennes sur la Tripolitaine sont bien connues, mais par l'annexion à la France de la Tunisie (1881), des régions du Tchad (1891-99), et des oasis sahariennes (1899) (Cf. l'art. Soudan), la Régence de Tripoli est tombée dans la dépendance économique de la France. A. -M. Berthelot.
BiBL. : Waille, Bibl.de la Tripolitaine, dans Bull, corrcsp. afric, 1884. - Playfair, The bibliography of the Bavbary States : 1° Tripoli and the Cyrenaica ; Londres, 1892. — Barth, Wanderungen durch die Kûstenlasndern des Mittelmeers ; Berlin, 1849, in-8. — Berrrugger, Domination romaine en Tripolitaine, dans Revue africaine^ 1859. — E. DE La Primaudaie, le Littoral de la Tripolitaine ; Paris, 1865, in-8. — Maltzan, Heisc in den Regentschaften Tunis und Tripoli, 1870, in-8. — Rohlfs, Die Bedeutung Tripolitaniens ; Weimar, 1877, in-8. — G. Charmes, la Tunisie et la Tripolitaine ; Paris, 1883. — Feraud, Annales tripolitaines , dans Revue africaine, 1883.
TRIPOLITZA. Ville de Grèce (V. Trtpolis).
TRIPPEL (Alexandre), sculpteur suisse, né à Schaffhouse en 1744, mort à Rome en 1793. Il reçut son éducation artistique à Copenhague. Parmi ses premiers travaux, on trouve un monument allégorique, la Suisse, et un Christ que lui commanda Lavater. S'étant rendu à Rome en 1776, il y étudia de près l'antique, dont l'influence est marquée dans sa Bacchante, le Sommeil de Diane, Apollon, et le monument du Comle Tschernyschev à Moscou. On a encore de lui les bustes de Gœthe et de Herder (bibliothèque de Weimar) et la statue de Gessner, à Zurich. J. B.
BiBL. : VoGLER, Der Bildhauer A. TWpneL- Schall'house, 1892-93, 2 voL
TRIPTOLÈME (Myth.) (V. Déméter).
TRIPTYQUE (Archit.). Groupe de trois tableaux. Fn général, le triptyque est disposé comme une armoire : les deux tableaux latéraux montés à charnières forment des vantaux qui se rabattent sur le tableau central pour le couvrir. Le revers de ces volets est souvent orné luimême. Les triptyques s'exécutent, soit en peinture, soit en bas-reliefs, et souvent combinent les deux procédés. Ils ont deux usages principaux : ce sont, ou des tableaux portatifs que l'on protège en les renfermant pour les faire voyager, ou des retables d'autels qui ne s'ouvrent que pour les cérémonies. On a fait des triptyques en ivoire.
TRIPTYQUE - TlilSOC
en bois, en métal, souvent émaillés. On peut citer parmi les plus beaux, pour le x^ siècle, l'ivoire byzantin du Louvre, dit triptyque Harbaville; pour le xu^, le retable en émail de Kiosterneubourg, près Vienne, par Nicolas de Verdun ; pour le xm® siècle, les triptyques en orfèvrerie de Metllach, près Trêves, et de Saint-Matbieu de Trêves; et le triptyque français en bois sculpté, peint et doré, de Westminster; pour le xiv^ siècle (1340), le retable de la cathédrale de Sienne, peint par DucciodiBuoninsegna, et les triptyques en os sculptés de la Chartreuse de Pavie et de Poissy (don de Jean de Berri vers 4390, musée du Louvre) tous deux œuvres de Baldassare degli Ubriachi ; pour le XV*' siècle, le triptyque du Buisson ardent donné par le roi René à la cathédrale d'Aix et de nombreux triptyques flamands et allemands peints et sculptés sur bois, exportés parfois au loin : triptyques allemands de Xanten et de Kalcar ; triptyques espagnols de travail parfois allemand, mais remarquables par leurs énormes proportions, àBurgos, Sara gosse, etc. ; triptyques flamands de Sainte-Marie de Bergen (Norvège), Wadstena (Suède), Fromentières (Marne), Ambierle (Loire), Baume-les-Messieurs (Jura), cathédrale de Rennes; à Douai, le grand triptyque peint par Jean Bellegambe, etc. C. Enlart. TRIPUDIUM (Chorégr.) (V. Danse).
TRIQUEBALLE. Voiture servant au transport des fardeaux à courte distance, en particulier au transport des pièces de gros calibre. Cette voiture comporte un avanttrain et un arrièretrain réunis à contreappui. L'arrière-train se compose d'une simple flèche sur laquelle s'assemblent deux empanons réunis à leur extrémité par une traverse sur laquelle se trouve un treuil. Le fardeau à transporter est suspendu sous la voiture. Les roues de derrière sont beaucoup plus hautes que les roues de l'avant-train, la voie est de 4 "^,54, le poids maximum que peut porter la voiture est de 3.600 kilogr. ; son chargement est facile et rapide, mais tout le poids du fardeau porte sur l'essieu de l'arrière-train ; de plus, le fardeau est peu élevé au-dessus du sol, aussi n'emploie-t-on le triqueballe que pour des déplacements de très faible étendue et sur de bonnes routes.
TRIQUERVILLE. Com. du dép. de la SeineJnférieui e, îrr. du Havre, cant. de Lillebonne; 284 hab.
TRIQUETI (Henri, baron de), peintre et sculpteur français, né à Conflans (Loiret) en 4802, mort à Paris le 48 mai 4874. Elève de Hersent, il exposa des toiles de genre et des bas-reliefs, art un peu tombé en désuétude dans lequel il excella. Comme peintre, Triqueti est un romantique observateur (Assassinat du duc d'Orléans ; Femme et enfant faisant V aumône à la porte d'une église, au xvii® siècle ; Homme lisant, dans un intérieur du xv® siècle ; lalentine de Milan et Charles VI; les Enervés de Jumièges, etc.). Comme sculpteur, il eut une préférence pour les sujets bibliques [VEnfant Jésus nourrissant les oiseaux; Moïse sauvé des eaux ; la Vierge tenant /'^n/Wn^Jéfsws, etc.). Triqueti prit une part active aux premières tentatives de renouvellement de l'art industriel moderne (dague en bronze flgurant^//^■5/o^rec?^ /a maison de Guise, cire perdue ; poire à poudre représentant la Chasse de saint Hubert, cire perdue ; vases en bronze ornés de bas- reliefs d'ivoire, etc.). H est l'auteur des portes de bronze de l'église de la Madeleine de Paris ; du tombeau des ducs d'Orléans et de la décoration de la chapelle Wolsey, à W^indsor. — L'œuvre dessiné de Triqueti se trouve à la bibliothèque de l'Ecole des beaux-arts de Paris.
Triqueballe à treuil.
TRIQUEVILLE. Com. du dép. de l'Eure, arr. et cant. de Pont-Audemer ; 444 hab.
TRIRÈME (Ane. mar.) (V. Polyrémie).
TRISAGION (Liturg.) (V. Sancïus).
TRISECTION (Géom.). On appelle trisection l'opération qui a pour objet de partager une grandeur en trois parties égales. Dans le langage mathématique, ce mot a été surtout appliqué à la trisection de l'angle, problème célèbre qui a fait l'objet de très nombreuses lecherches, et dont la solution est impossible par la règle et le compas lorsqu'il s'agit d'un angle quelconque. Cette solution correspond à la résolution d'une équation du troisième degré. Par l'emploi de courbes diverses, ou par celui d'instruments spéciaux, généralement désignés sous le nom de trisecteurs ou de compas trisecteurs, il est aisé de diviser rigoureusement un angle en trois parties égales. Pratiquement, la question n'a aucun intérêt, car on obtient toujours le résultat, à l'aide du rapporteur, avec l'approximation désirable ; et, même sans rapporteur, le simple tâtonnement, au moyen du compas, permet d'arriver rapidement au résultat. Mais les recherches théoriques faites sur cette question n'en présentent pas moins une Valeur sérieuse au point de vue de la science pure ; et plusieurs ont contiibué à faire progresser la géométrie analytique. C.-A. Laisant.
TRISECTRICE (Géom.). On appelle ainsi toute courbe
qui peut être employée pour résoudre le problème de la trisection de l'angle. Elles sont en nombre indéfini, et parmi elles on peut citer le limaçon de Pascal , la quadratrice de Dinostrate, la spirale d'Archimède, etc. Mais c'est la courbe nommée trisectrice de Maclaurin qui mérite plus particulièrement d'attirer l'attention. Elle a pour
et pour équa-
— A a cos w, l'origine étant au
équation cartésienne y
, . a tion polaire p =^
cos (ju
point double que présente la courbe, et où les deux branches se coupent sous un angle de 420«. Sa forme générale est celle d'un folium, et on démontre du reste que le folium de Descartes est une projection orthogonale de la trisectrice de Maclaurin. Cette dernière admet un grand nombre de générations géométriques ou mécaniques qu'on trouve, en général, dans les traités de géométrie analytique.
TRISÈTE (rnseiwmPers,)(Bot.). Genre de la famille des Graminées, tribu des Poées, composé d'herbes vivacesà souche stolonifère et à chaumes dressés. Les feuilles planes ont leur gaine levètue de poils. Les épillets disposés en panicules dressées ou un peu penchées contiennent 2, rarement 4-6 fleurs. Les glu mes carénées, inégales, sont plus courtes que l'épillet. La glumelle inférieure carénée, bifurquée au sommet, porte une arête dorsale, droite ou tordue. Le fruit oblong, lisse, est comprimé latéralement. Le genre Trisète comprend une cinquantaine d'espèces qui habitent les régions arctiques, les zones tempérées boréale et australe et les hautes montagnes des tropiques. On rencontre crunmunément en France dans les prés et le long des chemins le T. pratensis Pers., remarquable par ses épillets jaunâtres, parfois panachés de blanc et de violet. Le T. subspicatum Beauv., plante de la région alpine, offre cette particularité qu'on le trouve également dans les réoions arctiques et antarctiques. W. R.
TRISMUS (Pathol.) (V. Tétanos).
TRISOC (Gén. rue.) (V. Charrue).