‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 22 sur 633 · THURN — THUYA · texte numérisé non relu

THURN — THUYA

le poiat de départ de la guerre de Trente ans. Général de l'armée bohème, il pénétra deux fois jusqu'aux portes de Vienne (juin et nov. J6i9). Après le désastre de la Montagne Blanche (8 nov. 4620), il se réfugia près deBethlen Gabor, puis il prit rang dans l'armée de Gustave-Adolphe, négocia avec Wallenstein ; celui-ci le trompa et le fit prisonnier avec le corps suédois de Silène à Steinau (oct. iG33), puis le relâcha.

THURN ET Taxis (V. Tour et Taxis).

TH U ROT (François), philosophe et philologue français, né à Issoudun en 1 768, mort à Paris en 4832. Il fit ses études au collège de Navarre et à l'Ecole des ponts et chaussées. Pendant la Révolution, il fréquenta la société que recevait M'"« d'Helvétius et se lia avec Cabanis. En 4795, il fut admis à suivre les cours des écoles normales. Dès 4796, il se faisait connaître par une traduction de V Hermès de r Anglais Harris qui commença sa réputation de grammairien. Il enseigna quelque temps la grammaire au lycée des étrangers et, en 4802, fonda avec quelques professeurs l'Ecole des sciences et belles-lettres qu'il dirigea jusqu'en 4807. En 4814, il suppléa Laromiguière à la Sorbonne, et, en 4814, fut investi de la chaire de philosophie ancienne au Collège de France. En 4829, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Philosophe, Thurot est un éclectique sans originalité, qui a particulièrement subi l'influence des Ecossais. Son principal ouvrage philosophique a pour titre De r Entendement et de la Raison (Paris, 4830, 2 vol.). La partie la moins banale de ce livre est celle où Thurot, se souvenant de ses études philologiques, esquisse une théorie des signes. Thurot est avant tout un philologue et, à ce titre, a laissé des travaux utiles : tWpolofiie de Socrate diaprés Platon et Xénophon (Paris, 4806) ; une édition du Gorgius (4815), dont une traduction parut après sa mort (4834) ; des traductions de la Morale (4823) et de la Politique d'Aristote (1826», avec de bonnes préfaces ; une traduction du Manuel d'Epictète(\S^H), une édition des Œuvres philosophiques de Locke (4824-25), enfin un certain nombre de travaux publiés après sa mort sous le titre à'Œuvres posthumes. Th. Ruyssen.

Bi;îl.: Mém. de l'Acad des inscrlp. et belles-lettres, 1833.

THUROT (François-Charles-Eugène), philologue français, né à Paris le 43 févr. 48i3, mort h Paris le 47 janv. 4882. Sorti de l'Ecole normale, il professa à Pau (484 i), Reims, Bordeaux, Besançon, Clermont, et à l'Ecole normale (4864) ; en 4874, il succéda à Villemain à rAcadémic des inscriptions. On lui doit : Organisation de renseignement dans r Université de Paris au moyen âge (4850) ; Etudes sur Àristote{iS6Q); Cicéron, Alexandre d' Aphrodisias et une édition du Manuel d'Epictète (4874).

THURSDAY. Ile d'AustraHe(V. Prl\ce-de-Galles [île du]).

THURSO. Ville maritime d'Ecosse, comté de Caithness, à l'embouchure du Thurso dans la baie de Thurso ; c'est la station terminale du réseau des cbemins de fer d'Ecosse ; 6.220 hab. Le petit port est obstrué par la barre du fleuve ; la rade se trouve à 2 kil. 4/2 N.-O., sur la rive 0. de la baie, à Scrabster. Céréales et dalles de grès. La ville de Thurso est très ancienne et a été jadis un centre de transit entre l'Ecosse et la Scandinavie. Le Thurso, qui a un cours de 55 kil., est célèbre pour ses pêcheries de saumon.

THURY. Corn, du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre, cant. de Saint-Sauveur ; 939 hab.

THURY-EN-VALois.Com.du dép.del'Oiscarr.de Sentis, cant. de Betz; 557 hab. Stat. du cliem. de fer du Nord.

THURY-Harcourt. Ch.-l. de cant. du dép. du Calvados, arr. de Falaise; 4.443 hab. Eglise des xii^^-xv"^ siècles. ChîUeau des xvii^'-xvm*^.

TH U RY-sous-Clermont, TH U R Y-en-Beal vaisis, TH U RYen-Hez. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Mouy ; 224 hab. Après avoir appartenu à Claude de Durand, favori de François 1^^, et à Jacques Delhommeau, la seigneurie de Thury fut vendue à Jean-Dominique Cas-

sini (V. ce nom), le célèbre astronome, qui en prit le nom. Eglise dont la nef est du xii^ siècle et d'autres parties du XIV®. Au lieu dit Château-Thierry, ruines d'une vieille forteresse du xii® siècle. L'ancien château de Thury, autrefois fortifié, était au hameau de Filerval et fut démoli en 4681 pour faire place à une habitation moderne. Les Cassini avaient établi à Thury uq observatoire où ils firent des études importantes. Fabrique de boutons. C. Sr-A.

THURY (vicomte de), ingénieur et agronome français (V. Héricart-Ferrand).

THURY (Cassini de), astronome français (V. C\ssini).

THUSIS. Village suisse dans le cant. des Grisons; 4.098 hab. C'est une des localités les plus anciennes du pays. Elle se trouve sur la grande route qui conduit de Coire (V. ce mot) en Italie, dans une contrée des plus riches en beautés naturelles.

THUSY. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. d'Annecy, cant. de Rumilly ; 979 hab.

THUY. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Pouyastruc; 47 hab.

THUYA (Thuya L.). ï. Botanique et Thérapeutique. — Genre de la famille des Cupressinées, composé d'arbres à rameaux aplatis munis de feuilles en forme d'écaillés. Les cônes se composent de 6-8 écailles cunéiformes ou spatulées. Les écailles de la partie supérieure du cône et souvent celles de la base ne portent pas de feuiUes carpellaires à leur aisselle ; en général, chaque cône ne renferme que deux fleurs. Les graines, au nombre de 4-2 par fleur, sont petites et peuvent être pourvues d'ailes. Le genre Thuya a été divisé en deux sections :

Euthuyaj cône à 8 écailles : 3 espèces, dont l'une vit au Japon et les 2 autres en Amérique. Parmi celles-ci, la plus répandue est le T. occidentalis L., qui s'observe de la Virginie jusqu'au Canada.

Biotay cône à 6 écaill«^s : 4 seule espèce : le T. arientalis L., qui croit en Chine et au Japon ; le T. orientalis présente un grand nombre de variétés considérées par certains auteurs comme autant d'espèces.

Les jeunes branches du T. occidentalis renferment une huile odorante douée de propriétés diurétiques. W. R.

IL Horticulture. — Plusieurs espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins et les parcs pour la beauté ou l'originalité de leur port. Le T. de Chine, espèce de taille moyenne, très ramifiée, dresse ses branches singulièrement aplatiçs, distiques, d'une verdure foncée. Ornement fréquent des jardins, il trouve aussi un utile emploi, planté en ligne, pour masquer les murs, et comme haie, palissade ou brise-vent. Ces abris se laissent tailler et tondre comme une charmille. Il n'est pas très rustique en France, où on l'a vu geler, en grand nombre, lors des hivers très rigoureux. Peu exigeant sur la nature des terrains, il se développe cependant mieux dans ceux qui sont consistants et frais comme les sables gras et les argiles calcaires. Une variété naine de cette espèce dispose spontanément en boule son abondante ramification d'une verdure dorée. Le T. occidental ou du Canada, de forme conique, le T. pyramidal ou de Tartaric, à rameaux plus étalés et plus grêles, et une variété, qu'on peut rapporter à cette dernière espèce, à rameaux retombants jusqu'à terre, sont recherchés pour leur port très pittoresque. Remarquable aussi par ses formes, mais bien plus grand, est le T. géant qui se présente comme un cône gigantesque pouvant atteindre 50 m. de hauteur. Cet arbre superbe est capable de prospérer dans les mauvais sols secs s'ils sont sutiisamment consistants. Son bois est fin et souple. Il pourrait être avantageusement multiplié en bon nombre de stations à boiser. Même remarque pour le T. occidental qui croît à peu près dans tous les sols et jusque dans ceux qui sont marécageux. Les Thuyas fructifient de bonne heure, abondamment et d'une manière soutenue. Les graines extraites des fruits servent à la multiplication de ces plantes. G. Bover.

m. Technologik. — Le bois de thuya, très facile à travailler, est employé, au Canada et au Japon, pour la couverture des maisons, la quille des bateaux, etc. En Europe, l'ébénisterie Tutilise, depuis assez longtemps, comme bois de placage. Il possède une belle teinte rousse, avec des coupes superbement veinées. 11 répand une forte odeur aromatique.

THYARD (Pontus de), poète français (V. Iyard). THYATIRA. Ville d'Anatolie, aujourd'hui Ak-Hissar (V. ce mot).

THYESTE (Myth. gr.) (V. Atrée et Atrides). THYIAS (Myth. gr.). Nymphe, aimée d'Apollon et prêtresse de Dionysos, figurant dans le culte de l'un et l'autre ; formées en cortège, les Thyiades font partie de la suite de Bacchus et sont identiques aux Bacchantes, et aux Ménadës. Une fête de ce dieu à Elis s'appelait Thyia, et concordait avec le retour du printemps. Pausaniasciteune représentation des Tkyiadesauxtemple d'Apollon à Delphes ; sur un vase peint, l'une d'elles est poursuivie par Zéphyre. THYLACINE (Zool.) (V. Dasyure).

THYLLE (Bot.). On donne ce nom, avec Malpighi, à des cellules issues des parois des vaisseaux, dont elles finissent par obturer la cavité. De là leur nom de cellules comblantes {Fillhellen). Elles se forment souvent à la fin de la période végétative ou pour réparer les solutions de continuité des vaisseaux sur les branches coupées. Dans ce dernier cas, elles sont donc en rapport direct avec les phénomènes de cicatrisation (V. ce mot). D'' L. Laloy. THYM {Tfii/musL.). I. Botanique et Thérapeutique. — Genre de la famille des Labiées, composé de plantes herbacées vivaces et de petits arbrisseaux. Les feuilles, petites, entières, ont des nervures très saillantes. Les tleurs, purpurines, roses ou blanches, forment des glomérules tantôt écartés, tantôt rapprochés en épis. Le calice, tubuleux-campanulé, présente 10-13 nervures ; son limbe, bilabié, se compose d'une lèvre supérieure à 8 divisions étalées et d'une lèvre inférieure à 2 divisions linéaires-subulées. La corolle, également bilabiée, a sa lèvre supérieure plane, émarginée, et sa lèvre inférieure 3-lobée. Le lobe médian est égal aux lobes latéraux ou plus long. Les étamines, au nombre de 4, peuvent être égales ou didynames; elles sont ordinairement saillantes.

Les akènes sont lisses.

Le genre Thym comprend une trentaine d'espèces qui vivent pour la plupart dans la région méditerranéenne, surtout en Espagne, en Algérie et au Maroc ; quelquesunes s'observent aussi en Abyssinie et dans les îles Canaries. On rencontre dans toute la France le Serpolet {Thymus Serpyllum L.) et dans le Midi seulement le Thym vulgaire (Thymus vulgaris L.), utilisé de toute antiquité comme condiment et fréquemment cultivé dans les jardins du nord de notre pays. Le T. ciliatus Benth est très répandu en Espagne, en Algérie et au Maroc. Les Thyms contiennent une huile essentielle qui leur donne une odeur agréable et pénétrante ; cette huile possède des propriétés excitantes et diurétiques; on en extrait le thymol i^. ce mot), très employé comme antiseptique.

IL Horticulture. — On cultive le Thym commun comme plante d'assaisonnement et comme plante d'ornement. On

Thym.— Branche florifère.

; — THUYA — THYMÉLEACÉI S

le dispose en touffes isolées et souvent en bordure. Ou le multiplie de ses graines qu'on sème au printemps, mais il est plus fré juent et plus expéditif de l'obtenir par la séparation des touffes, dont on plante les éclats au printemps. Le Thym demande une exposition chaude ; il peut se développer dans les sols les plus secs, l'humidité lui est contraire. H a des variétés à feuilles étroites, à feuilles larges, à feuilles panachées. Le Thym commun est recueilli dans les garigues méridionales. H est vendu et traité comme plante à parfum. Une autre espèce de Thym, Thymus citriodorus Schreb., a une agréable odeur de citron. On la multiplie aussi d'éclats du pied, au soleil, en terre légère. Le T. serpolet, fort commun, n'a pas d'emploi horticole, cependant il pourrait être intéressant d*en tirer parti pour gazonner les terrains secs que l'on voudrait convertir en pelouses. G. Boyer.

THYMALLUS (Ichtyol.) (V. Ombre).

THYMÉLÉACÉES (Thymeleaceœ L.) (Bot.). La famille des Thyméléacées se compose d'arbrisseaux et de quelques plantes herbacées vivaces ou annuelles. Les feuilles alternes ou opposées ne possèdent pas de stipules ; leur limbe non divisé est généralement coriace et luisant. La tige possède des faisceaux libériens périmédullaires. Les fleurs, régulières, hermaphrodites, rarement uni sexuées par avortement, sont solitaires ou bien groupées en grappes, en épis, en ombelles ou en capitules à involucre très développé. Le périanthe, réduit au calice, souvent pétaloïde, se compose de 4-5 sépales concrescents en un tube dont la gorge porte parfois de petites écailles en même nombre que les sépales. Les étamines, en nombre égal aux divisions du périanthe ou en nombre double, ont leurs filets concrescents avec le tube du calice ; les anthères pourvues de 4 sacs poUiniques, s'ouvrent par 2 fentes longitudinales. L'ovaire, libre, est à 1-2 loges renfermant chacune 1 ovule pendant, anatrope ; quelques Thyméléacées ont 5 carpelles concrescents ou un ovaire pluriloculaire à loges uni ovulées. Le fruit, souvent entouré par le calice persistant, peut être un akène, une baie, une drupe ou une capsule. Les graines sont en général dépourvues d'albumen. La famille des Thyméléacées renferme environ 360 espèces rangées en 38 genres groupés eux-mêmes en 3 tribus : Thtjmél'Jes. 1 carpelle ; fruit indéhiscent. Genres : Thymelœa, Daphne, Gnidia, Pimelea, etc. Phalériées. 2 carpelles; drupe. Genre : Gonostylus, etc. Aquilariees. 2 carpelles ; capsule. Genre : Aquilaria, etc. Les Thyméléacées sont répandues sur toute la terre, à l'exception des régions polaires ; on en trouve en Amérique, depuis la Terre de Feu (Drapetes) jusqu'au Canada (Dirca), et dans Tancien continent, depuis la Nouvelle- Zélande (Drapetes) jusqu'en Norvège (Daphne), Les principaux centres de végétation s'observent dans la région méditerranéenne, les steppes de l'Asie, en Australie et dans le S. de l'Afrique, depuis le Cap jusqu'au Natal. Les Thyméléacées sont surtout des plantes désertiques, on en rencontre très peu dans les bois et les terrains cultivés. Les Daphne ont une aire excessivement vaste qui couvre toute l'Europe, de la Norvège à la Méditerranée, et s'étend en Asie jusqu'à l'océan Pacifique, par laChineet le Japon, avec ramifications sur la péninsule indo-chinoise et la Malaisie.

Le Gnidias ont, de même que le Daphne^ une aire très étendue, car on en rencontre dans presque toute l'Afrique, à Madagascar, et dans l'Asie tropicale. Les Drapetes, petites plantes à port de Mousses, s'observent à la Terre de Feu, en Nouvelle-Zélande^ en Australie, en Tasmanie, à Bornéo et dans la Nouvelle-Guinée.

Beaucoup de Thyméléacées élaborent un alcaloïde vénéneux, hdaphnine (V. ce mot), doué de propriétés laxatives, et de ce fait quelquefois employé dans la médecine populaire. Les Daphne produisent une matière tinctoriale jaune. Les fibres libériennes des Daphne, de plusieurs Gnidia, du Dirca palustris, du Funifera utiliSy du Lagetta lintearia, servent à la fabrication de tissus. Le bois aromatique des Aquilaria est rechercUé dans l'ébé-

THYMELÉACÉES -^ THYROÏDE

nisterie. Les fleurs de Gnidia, de Pimelia, de nombreux Daphne^ fournissent des parfums à odeur très agréable.

THYMOL. I. Chimie. - Form. ] ^^^^^ ; ; ^îo^/

Le thymol, qu'on appelle aussi acide thymique, isopropylméthylphénol, paraisopropylmétacrésol, a été extrait en premier lieu de l'essence de tiiym et de l'essence de serpolet. Il a été retrouvé depuis dans plusieurs autres essences : essence de Monarda punctata (labiée de l'Amérique du Nord), de Ptychotis ajovan (ombellifère de rinde). Pour extraire le thymol d'une de ces essences, on agite l'essence avec une solution alcaline concentrée ; l'alcali s'empare du thymol. On décante la liqueur qui contient le thymol et on la traite par un excès d'acide chlorhydrique. Le thymol se sépare ; on le distille en ne recueillant que ce qui passe entre 220*^ et 240<*. Par refroidissement le thymol cristallise; cependant comme il reste facilement en surfusion, il est bon d'amorcer la cristallisation avec une parcelle de produit soUde. — On a pu obtenir le thymol artificiellement à partir de l'aldéhyde cuminique ; on transforme d'abord l'aldéhyde cuminique en cymidine C/^H^^AzH^ : pour cela l'aldéhyde cuminique est traité par l'acide nitrique et transformé en aldéhyde cuminique nitré ; ce dernier, sous l'action du perchlorure de phosphore, se change en dérivé dichloré nitré qui, traité par le zinc et l'acide chlorhydrique, fournit la cymidine. La cymidine est l'alcali correspondant au thymol ; il suffit de faire agir sur elle l'acide azoteux pour la changer en thymol : C^oflisAzH^ + AzO^HO m C^^H^^O^ -H Az^ -+- 2H0.

Le thymol est un corps solide cristallisé dans le système clinorhombique. Son odeur rappelle celle du thym ; mais elle s'en distingue cependant ; sa saveur est piquante. Il fond entre 46^ et 50*^ et bout à 280^. Il est peusoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique.

Les propriétés chimiques du thymol présentent beaucoup d'analogie avec celles du phénol. Comme le phénol, le thymol se combine aux alcalis ; et les combinaisons formées sont assez solubles dans l'eau comme les phénates alcalins. Il peut, comme le phénol, former avec les alcools des éthers mixtes : tel est l'éthylthymol Ç?^l¥^[{^^WO^) (Jungfleisch). L'acide phosphorique anhydre le transforme en métacrésylol avec dégagement de propylène. Le perchlorure de fer agissant comme oxydant le change en dithymol C*'^H260^ corps solide, fondant à 462«. A. B.

IL Thérapeutique (V. Thym).

THYMUS. I. Anatomie. — Le thymus est une glande vasculaire sanguine, existant dans toute la série des vertébrés, développée chez l'homme entre la partie antérieure des deux poumons, contenue dans la cage thoracique et occupant le médiastin antérieur. Il se développe aux dépens de l'épithélium des fentes entodermiques branchiales. Il a d'abord une structure épithéUale ; il devient entièrement lymphoïde plus tard. « Il fait son apparition vers le commencement du deuxième mois de la vie intrautérine et s'accroît ensuite graduellement jusqu'au neuvième. Après la naissance il progresse encore jusqu'à la deuxième ou troisième année. Puis, il s'atrophie peu à peu de telle sorte qu'il est déjà fort réduit à l'âge de quinze ou seize ans et qu'il n'existe plus chez l'adulte qu'à l'état de simple vestige » (Testut). Consistance molle, couleur rosée, longueur verticale : 5 centim. Poids de la naissance, 5 gr. en moyenne.

Conformation extérieure. Le thymus, qui a la forme d'un corps allongé de haut en bas et, généralement, celle d'une pyramide quadrangulaire, possède une extrémité inférieure ou hase qui répond au péricarde et une extrémité supérieure ou sommet, divisée habituellement en deux prolongements conoïdes, les cornes du thymus, d'inégale longueur en général. Le thymus est composé d'un lobe droit et d'un lobe gauche, appliqués l'un contre l'autre par leur face interne. La face antérieure du thymus répond au thorax, depuis son ouverture supérieure jusqu'à la hauteur du troisième espace intercostal. Il repose en arrière

sur la trachée et les gros vaisseaux du cœur et répond latéralement à la face interne des poumons.

Structure. Chaque lobe du thymus, pelotonné sur luimême, présente, lorsqu'on le déroule au scapel ou aux ciseaux, de nombreux lobules venant s'attacher à un cordon central qui occupe toute sa longueur. Les lobules se décomposent eux-mêmes en lobules plus petits ou follicules. Ceux-ci, qui mesurent O"^"^,!^ à 0'^"^,6 de diamètre, se composent de deux couches ou zones, l'une périphérique ou substance corticale, l'autre interne, centrale, appelée substance médullaire. C'est par la substance médullaire que les dilFérents follicules d'un même lobule s'unissent entre eux, alors qu'ils sont indépendants au niveau de leur substance corticale. Cette dernière est constituée par une trame adénoïde, fin réticulum conjonctif analogue à celui des ganglions lymphatiques, et le long duquel se dispose un lacis de capillaires sanguins fournis par une artériole folliculaire centrale. Un grand nombre de cellules rondes, lymphoïdes, remplissent les mailles de ce système réticulé. La substance médullaire présente un réticulum plus délicat, à mailles plus larges, dans lesquelles on rencontre, outre des cellules lymphoïdes, encore des cellules granuleuses, des cellules géantes multinuclées et des corpuscules concentriques (corpuscules de Hassal).

On observe quelquefois des thymus accessoires.

IL Physiologie. — Encore obscure. On a supposé, mais sans preuves suflisantes, qu'il jouait un rôle dans l'élaboration chimique des principes du sang et de la lymphe. On lui suppose, par analogie avec les ganglions lymphatiques, un rôle hématopoiétique : sa structure et ses réactions pathologiques tendent d'ailleurs à le prouver. Il paraît jouer un rôle dans la nutrition générale pendant la période d'accroissement du corps et particulièrement pendant la première enfance, grâce à ses sécrétions internes. Celles-ci, d'après Ghika (Th. de Paris, 4901), seraient en même temps excito-motrice, excito-cardiaque, vaso-dilatatrice, etc. Le thymus est en relation avec le corps thyroïde, l'hypophyse, la rate, l'ovaire, les testicules, les capsules surrénales : il s'hypertrophie lorsqu'un de ces organes est altéré ; c'est une réaction de défense.

IlL Pathologie. — On a signalé une hypertrophie, des hémorragies, l'inflammation franche, la syphilis et la tuberculose du thymus. Il peut être lésé dans tous les états morbides où le sang et les organes hématopoiétiques sont altérés (hémophilie, purpura, adénie, cyanose congénitale); il réagit dans les infections, l'inanition, etc., et cette réaction détermine une rénovation cellulaire qui en fait une véritable moelle osseuse (Ghika). Cet organe est souvent le siège de néoplasmes, carcinomes, myxolipomes, sarcomes. Quant à ces derniers, ils possèdent une évolution lente, s'accompagnent de symptômes de compression qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux présentés par les autres tumeurs du médiastin (L. Hahnet L. Thomas, Arch. gén. de méd., 1879, p. 523). D^ L. Hahn.

THYNNUS (ïchtyol.) (V. Thon).

THYREA. Ville de la Grèce antique, située dans la Cynurie, au centre d'une plaine fertile, sur le versant oriental du mont Parnon, à 2 kil. de la mer. Les Spartiates l'enlevèrent aux Argiens après le célèbre combat singulier de 300 Argiens contre 300 Spartiates, où ces derniers, vaincus, l'emportèrent par la ruse du seul survivant qui, blessé, érigea un trophée tandis que les Argiens étaient allés annoncer leur victoire, puis se perça de son épée. Pausanias a vu les tombes des champions dans la plaine de Thyrea (547). En 431, les Spartiates y installèrent les Eginètes chassés par les Athéniens ; mais ceux-ci détruisirent Thyroa huit ans plus tard. On ignore son emplacement exact, qui devait être proche de Hag-Andreas.

TH Y RÉATIQU ES (Antiq. gr.) (V. Danse, t. XIIÏ, p. 863) .

THYREL DE BoiSMONï (Nicolas), littérateur français (V. Boismont).

THYRO-ARYTÉNoÏDiEN (Musclc) (V. Larynx).

thyroïde, l. Anatomie. — La glande ou corps

thyroïde

thyroïde est une masse glanduleuse située en arc audevant de la partie supérieure de la trachée. Cette glande se compose d'une partie médiane rétrécie, Visthme du corps thyroïde, et de deux parties latérales, plus volumineuses, les lobes du corps thyroïde. Très souvent, de l'isthme se détache un prolongement digitiforme qui monte sur le larynx et qu*on appelle la pyramide de Lalouette. Moins volumineuse chez l'homme que chez la femme, la glande thyroïde est fixée dans sa situation par une capsule fibro-celluleuse qui l'unit aux premiers anneaux de la trachée et au cartilage cricoïde, et se prolonge latéralement sur la gaine des vaisseaux du cou. — Ainsi unie à la trachée et au larynx, cette glande suit tous les mouvements de ces organes.

La structure du corps thyroïde démontre que c'est une glande à vésicules closes. A la périphérie, le corps est enveloppé par une membrane fibreuse, membrane d'enveloppe, qui envoie des cloisons dans l'intérieur et divise ainsi le corps thyroïde en petits cantons appelés lobules, composés d'un parenchyme glandulaire constitué par des vésicules closes. Celles-ci sont constituées par une paroi mince de tissu «îonjonctif, dans laquelle pénètrent des vaisseaux sanguins et lymphatiques, revêtue à son intérieur d'un épithélium cylindrique. Chez l'adulte, et déjà chez l'enfant, le centre de ces vésicules est occupé par de la substance colloïde qui, assez souvent, renferme elle-même des sympexions (V. ce mot).

L'origine et le développement embryonnaire du corps thyroïde expliquent très bien cette structure. Ce corps provient d'une ébauche médiane, et d'une double ébauche latérale du pharynx embryonnaire. L'ébauche médiane se détache du point de rencontre des trois bourgeons de la langue, là où sera plus lard le for amen cœcum ; les deux bourgeons latéraux viennent des quatrièmes pochettes branchiales. C'est ce qui explique que l'on ait pu voir la glande thyroïde réunie à la base de la langue par un cordon fibreux, ligament thyréo-glosse^ et même d'un canal, canal thyréo-glosse. Le bourgeon thyroïdien ainsi issu de l'épithélium du pharynx s'avance et se ramifie à la façon des glandes en grappe. Bientôt, la végétation du tissu conjonctif ambiant étrangle les bourgeons secondaires, elle les pédiculise et finit par les détacher du bourgeon primitif. C'est là l'origine des vésicules closes.

Les artères de la glande thyroïde viennent des thyroïdiennes, les v^m^^vontsejeter dans la jugulaire interne, et les vaisseaux lymphatiques, qui aboutissent aux ganglions péri-trachéens et sus-sternaux, naissent du réseau péri-vésiculaire. Les nerfs proviennent du sympathique cervical et gagnent la glande en suivant les artères.

Les usages de la glande thyroïde ne sont pas encore bien définis. Son ablation donne lieu au myxœdème. Son hypertrophie donne lieu au goitre, et on sait que certaines formes de celui-ci coïncident avec le crétinisme.

Cartilage thyroïde (V. Larynx).

II. Physiologie. — Les anciens anatomistes désignaient cet organe sous le nom de corps thyroïde, pour ne pas préjuger de sa texture et de ses fonctions. Aujourd'hui l'étude histologique et surtout les connaissances physiologiques acquises permettent de lui donner le nom de glande thyroïde et de la ranger dans le groupe si important des glandes à sécrétions internes, avec les capsules surrénales, la rate, le thymus, etc. Sa riche vascularisation, ses variations de volume importantes, avaient fait supposer que cet organe jouait surtout un rôle régulateur de la pression sanguine. Cette opinion vient d'être reprise par de Cyon. On a également admis une certaine relation entre le corps thyroïde et les organes génitaux, la glande se gonflant au moment de la menstruation (Liégeois). Vers 1856, Schiff avait vu que les chiens ne survivaient pas à l'ablation du corps thyroïde, mais l'attention sur l'importance fonctionnelle de cet organe ne fut appelée que par le travail des Réverdin qui montrait que, chez les personnes atteintes de goïive auxquelles on enlevait tota-

lement le corps thyroïde, on observait dans la suite une altération générale et profonde de l'organisme. Le malade indiquait une lassitude extrême, des douleurs et des tiraillements dans les muscles ; puis les bras, les membres, la face, augmentaient de volume, les traits s'effaçaient, la peau devenait rugueuse. Enfin, le tout s'accompagnait de phénomènes nerveux graves : vertiges, syncopes, convulsions. Tous ces symptômes étaient ceux d'une maladie récemment décrite sous le nom de myxœdème ou de cachexie strumiprive par Ord en 1878, mais que l'on n'avait pas rattachée nettement à une lésion fondamentale de la glande thyroïde. Depuis cette époque, de nombreuses recherches expérimentales ont été poursuivies sur le rôle de la glande thyroïde. La destruction totale de la glande thyroïde chez le chien amène fatalement la mort, en déterminant une cachexie profonde et des phénomènes convulsifs. Chez le lapin, l'ablation des deux corps thyroïdes n'est généralement pas mortelle, mais cette anomalie n'est qu'apparente. Ces animaux possèdent deux glandules éloignées du corps principal et qui assurent la survie. Si on les enlève, les accidents décrits se produisent (GleY).Ces glandules parythyroïdiennesQ\\simt^ïiVQdX\Xh chez tous les animaux, mais, au lieu d'être séparées, elles sont souvent incluses dans le corps même de la glande, peut-être jouent-elles un rôle fondamental.

Deux théories ont été émises pour expliquer les accidents consécutifs à la thyroïdectomie totale. Théorie nerveuse : les troubles sont dus à des lésions nerveuses ; mais, comme il suffit de laisser un fragment de la glande ou mieux de greS'er la glande enlevée dans une autre région, pour empêcher les troubles d'apparaître, cette théorie est complètement abandonnée. Théorie vasculaire: la sécrétion interne de la glande thyroïde amène une modification du sang, soit en détruisant des principes toxiques, soit en déversant dans le sang un produit utile. Les expériences de Vassale et de Gley établissant que les accidents nerveux et cachectiques peuvent être amendés par des injections intra-veineuses d'extrait thyroïdien démontrent le rôle utile des produits de sécrétion de la glande ; enfin on a réussi à isoler un produit iodé nettement défini, ïiodothyrine (Baumann), et une autre substance moins bien déterminée, la thyroantitoxine, dont l'action différente expliquerait la duplicité des phénomènes observés : l'iodothyrine favoriserait le métabolisme général, son absence entraînerait la cachexie ; l'antitoxine serait l'antidote des poisons convulsivants sécrétés par l'organisme. Pour de Cyon, le corps thyroïde serait essentiellement un régulateur de la pression ; outre son rôle mécanique de dérivateur de la masse sanguine, il sécréterait une substance agissant sur le système modérateur cardiaque, par l'intermédiaire du pneumogastrique et sur le système vasculaire périphérique, par l'intermédiaire du nerf dépresseur. Par ce double mécanisme, l'organisme réussit à éviter les brusques élévations de tension sanguine et les accidents qui en résultent.

Les fonctions de la glande thyroïde sont donc multiples, l'activité de la glande s'exerçant par des processus différents : destruction de substances toxiques, déversement de produits utiles, soit sur la nutrition générale, soit sur l'appareil circulatoire. C'est en partant de ces données que l'on a été conduit dans ces dernières années à utiliser le suc thyroïdien, c.-à-d. l'extrait de cette glande, puisqu'elle n'a pas de canal sécréteur, dans un certain nombre d'affections. Dans le myxœdème, caractérisé par des troubles de nulrition généralisés et qui parait se rattacher à l'insuffisance de la fonction thyroïdienne, puisqu'on rencontre cette affection chez les sujets atteints de lésions destructives de la glande ou chez ceux qui ont subi l'ablation de cet organe, le traitement thyroïdien était indiqué, et il a souvent donné de remarquables améliorations.

Le liquide thyroïdien paraissant être un excitant de la nutrition cellulaire, on a préconisé son emploi dans l'obésité, produite par ralentissement de la nutrition. Les ré-

thyroïde — TIAHE

sultats ici sont plus discutables, il ne faut pas oublier que la thyroïde exerce une action certaine sur le cœur, or, chez les obèses, le cœur est souvent atteint de dégénères cence graisseuse, et l'emploi d'extrait thyroïdien n'est pas sans danger. Potain a signalé des cas de morts attribuables à un traitement thyroïdien. Signalons encore l'utilisation des propriétés excitantes de la glande thyroïde: dans le traitement des fractures, la consolidation se ferait plus rapidement quand on soumet les blessés à cette médication. Le corps thyroïde peut s'administrer soit par la voie digestive, corps thyroïdes frais ou desséchés, mis en tablettes, en pilules, soit par la voie hypodermique, extrait fait aseptiquement. On préfère la voie digestive îîénéralement. J.-P. Langlois.

III. Pathologie. — La glande tyroidienne peut être le siège de diverses affections dont la plus importante et la plus répandue, le goitre, a été décrite dans un article spécial. Les contusions et les plaies ne présentent pas de caractères bien spéciaux, si ce n'est l'abondance des hémorragies. Le corps thyroïde est sujet, comme toutes les glandes, à des inflammations ou thyroïdites ; les congestions en sont d'ailleurs très fréquentes et presque physiologiques (menstruation, grossesse, etc.). Les thyroïdites peuvent être aiguës ou chroniques et apparaître à la suite d'une plaie, d'une contusion, d'une injection médicamenteuse à l'intérieur de la glande. L'on voit se produire une tuméfaction douloureuse de toute la région occupée par la glande ; l'afFection peut se terminer par résolution ou par suppuration, avec envahissement consécutif du tissu cellulaire du cou. Le corps thyroïde est également le siège de tumeurs, dues soit à l'hypertrophie de la glande, c'est le goitre dont nous n'avons pas à parler ici, ou à l'apparition de néoplasmes bénins (kj^stes hydatiques ou malins (cancer, etc.). Ces tumeurs sont en fait très rares, si on les compare surtout à la fréquence du goitre.

L'extirpation du corps thyroïde (V. Goitre) est une opération entrée dans la pratique chirurgicale. Nous n'en parlons ici que parce qu'elle est suivie, lorsqu'elle est totale, d'accidents singuliers décrits sous le nom de myxœdème. La face et le cou des sujets qui sont atteints de cette singulière affection apparaissent comme bouffis, la peau est épaissie, indurée, sèche. Cette bouffissure donne à la figure un caractère tout particulier d'idiotisme. Les poils et les cheveux deviennent durs et tombent, les ongles se sèchent et se cassent. En même temps l'intelligence est atteinte, le sujet semble plongé dans une somnolence constante ; enfin, il se produit une véritable cachexie. Ces altérations apparaissent dans l'année qui suit l'opération et vont ensuite le plus souvent en s'accentuant jusqu'à la cachexie finale. Cette affection n'est pas uniquement consécutive à l'ablation du corps thyroïde ; elle se rencontre spontanément chez les enfants ou chez les adultes, mais toujours à la suite de Vatrophie ou de la disparition du corps thyroïde. L'on peut, dans une certaine mesure, remédier à ces accidents, en suppléant aux fonctions de la glande absente par l'ingestion d'extrait thyroïdien ou de la glande thyroïdienne en nature. D^ M. Potel.

THYROÏDIEN (Anat.) (V. L4Rynx).

THYROPTÈRE (Zool.) (V. Vespertilion et Myxopode).

THYRSE. L'un des attributs les plus fréquents de Dionysos et des peisonnages de son thiase. Satyres, Bacchantes, Ménades. — Le thyrse n'était pas autre chose qu'un long bâton terminé d'habitude par une pomme de pin, quelquefois par une touffe de feuilles de vigne ou de feuilles de lierre, à laquelle un ruban était suspendu. Il semble que primitivement le thyrse ait été une lance et ait servi d'arme à Dionysos ; sur quelques monuments, on voit pointer un fer de lance au milieu des feuilles de lierre ou de vigne. Le thyrse est figuré comme symbole sur de nombreuses monnaies grecques. J. Toutain.

THYRSITE (Ichtyol.). Genre de Poissons osseux (Té- ^éostéens), de Tordre des Acanthoptérygiens Trichiuriformes et de la famille des Tricfiiuridœ. Ce genre

comprend des Poissons à corps assez allongé, en grande partie nu, c.-à-d. sans écailles, la nageoire dorsale continue, avec des épines d'une force et d'une longueur modérées, portant de deux à six petites épines derrière la dorsale et l'anale, plusieurs grosses dents sur les mâchoires, des dents sur les palatins. Les jeunes de ce genre atteignent des dimensions considérables et sont recherchés dans l'alimentation. Le Thyrsites atun, entre autres, du Cap, de la Nouvelle-Zélande et du Chih, est exporté en grandes quantités à Maurice et à Batavia, comme article courant de commerce. Rochbr.

BrBL. : GuNTtiKR. Study of Fishes.

THYS ouTYSSENS ou THYSSENS (Pierre), peintre flamand, né à Anvers en 4616 ou 4624, mort entre le 2 juin 4677 et le 44 févr. 4679. En 4644, il devint maître de la gilde de Saint-Luc, dont il fut doyen en 4660-61 . Elève d'Artus Deurvvaerder, il imita Van Dyck, et ses meilleurs ouvrages sont confondus dans l'œuvre de ce maître. Il fut peintre de la cour de Léopold i^''. Son chefd'œuvre, V Adoration de l'hostie par le chapelain et les directeurs de la Confrérie du Saint-Sacrement, aujourd'hui à Saint-Jacques d'Anvers, est une remarquable réunion de portraits. Autres ouvrages aux musées d'Anvers, Bruxelles, Gand, Bâle, Munich, Copenhague, Stockholm, etc.

THYSANOURES (Thysanoura Fab.) (Entom.). Classe d'Insectes Aptères, ne subissant aucune métamorphose, caractérisé par le corps allongé, pisciforme, quelquefois globuleux, composé de segments en nombre variant de 8 à 43, et couvert d'écaillés très peu adhérentes ou d'une fine villosité, les yeux composés, la bouche avec palpes, mandibules, labre et lèvre inférieure, les antennes longues, sétacées, les pattes grêles, l'abdomen terminé par trois soies ou une queue simple ou fourchue permettant à l'insecte d'exécuter des sauts plus ou moins grands. Ces Insectes sont très agiles : ils vivent dans les endroits humides, dans l'intérieur des maisons, sous les pierres, les matières végétales en décomposition, etc., et sont répandus partout. Les Thysanoures ont été divisés en deux familles : les Lépismènes et les Podurelles.

THYSSELINUM (Bot.) (V. Peucédan).

TIAHUANACO. Localité de Bolivie, à 44 kil. 0. de La Paz et 20 kil. S. du lac Titicaca, où se trouvent les ruines grandioses de monuments antérieurs à l'histoire. Situées dans le pays des Collas (à tort appelés Aymaras), elles sont isolées de tout vestige d'habitation, ce qui fait conjecturerqu'ilyeutlà un sanctuaire, mais non une ville. Angrand en 4849, Ch. Wiener, puis Stiibel et Uhle (Ruinenstœtte von Tiahuanaco\ Breslau, 4892) les ont décrites. On y distingue deux groupes principaux : l'Acapana du Castillo et le Pumachaca. Le premier comprend un terreplein de 25 m. de haut, revêtu de blocs de trachyte et de grès rouge curieusement travaillés ; au pied est un vaste carré de blocs mégalithiques, à l'O. duquel se dresse la Porte du Soleil, pylône monolithe de porphyre, haut de 3 m., large de 4 m., sculpté sur toutes les faces ; au linteau oriental est figuré un dieu aux yeux pleurants, à tête carrée, auréolée de rayons qui s'achèvent en serpents et têtes de condors.

Le Pumachaca est un monticule analogue surmonté d'une statue écroulée aujourd'hui et jonché de ruines du même genre que celles de l'Acapana. Par terre, dans le village voisin, se retrouvent des débris, des statues, des pierres sculptées ; les mines de Tiahuanaco ont servi de carrière pour édifier les églises des environs et même la cathédrale de La Paz. A. -M. B.

TIALI. Pays du Soudan français, sur la rive g. de la Falémé, à l'O. du Bambouk et au S. du Bondou, dont il dépendait avant la conquête française. Le ch.-l. estBani.

TIARE (Archéol.). Coiffure conique plus ou moins riche qui est un insigne de dignité. La tiare est d'origine orientale et remonte à une haute antiquité : on la trouve sur les bas-reliefs assyriens et chez les Perses ; pour l'époque romaine, on peut citer la célèbre tiare d'or offerte par la

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