‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 220 sur 633 · II. Entomologie (V. Insectes · texte numérisé non relu

II. Entomologie (V. Insectes

TROCHE. Com. du dép. de la Corrèze, arr. de Brive, cant. de Vigeois; 1.429 hab.

TROCHÉE (Métriq. anc). Nommé aussi parfois chorée (V. Choreus), le trochée est un pied composé d'une longue et d'une brève. Il donne aux vers une allure rapide, comme l'indique son nom (gr. xpo)(^aîoç, de Tpey^co, « je cours »)., C'est, ainsi que l'ïambe et le tribraque, un pied du genre double. On le trouve non seulement dans les vers trochaïques, (V. ce mot), mais aussi au dernier pied de l'hexamètre, concurremment avec le spondée, dans les vers logaédiques (V. ce mot), où il est associé au dactyle, dans les vers ïambo-trochaïques (V. Tétramètre), dans certaines strophes des chœurs grecs, où il est uni au dactyle et à l'ïambe et même, en grec, au premier pied du trimètre ïambique, quand le mot qui ouvre le vers est un nom propre. H. Bornecque.

TROCHÈRES. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Mirebeau; 160 hab.

TROC H ET (René-Joachim-Henri du), physiologiste français (V. Dutrochet).

TROCHILÙDÉS, TROCHILUS (Ornith.) (V. Oiseau- Mouche et Pluvian).

TROCHISQUE (Pharm.). On nomme trochisques de petits cônes de substances médicamenteuses. L'objet de la trochiscation est, actuellement, de faciliter la dessiccation des précipités. C'est ainsi qu'on trouve dans la droguerie, à l'état de trochisques, le sous-nitrate de bismuth, l'oxyde blanc d'antimoine... Pour obtenir les trochisques, on met la bouillie humide, constituée par le précipité, dans un entonnoir fixé dans un support de bois muni d'un pied vertical ; et frappant le pied du support sur une table recouverte de papier buvard, on détache ainsi de petites masses coniques qui sont mises à dessécher. Leur petit volume facilite cette dessiccation. Autrefois le nom de trochisques était donné à des préparations internes ou externes auxquelles on donnait la forme d'un cône ou d'un grain d'avoine. Les substances les plus étranges figuraient dans ces préparations : chair de vipère (trochisci viverini), corail, succin, corne de cerf (trochisci de Karabe), Les trochisques pour l'usage interne se rapprochaient des tablettes. Les trochisques pour l'usage externe étaient des caustiques (trochisques escharotiques au sublimé). Actuel-

lement un seul médicament garde la forme définitive de trochisques : ce sont les clous fumants ou pastilles du sérail, ou trochisques odorants. V. H.

TROCHITER. Nom donné à la grosse tubérosité de l'extrémité supérieure de V humérus (V. ce mot).

TROCHLÉE. Surface articulaire en forme de poulie que présente l'extrémité inférieure de l'humérus et qui s'emboîte avec la grande cavité sigmoïde du cubitus (trochlée humérale), et surface articulaire constituée par la portion antérieure des condyles du fémur (trochlée fémorale) destinée à se mettre en rapport avec la face articulaire de la rotule. CD.

TROCHOÏDE. Nom donné autrefois à la cycloïde ou à la cycloïde allongée (V. Cycloïde).

TROCHON (Pierre), comédien français (V. Beaubourg).

TROCHU (Louis- Jules), général français, président du gouvernement de la Défense nationale en 1870, né au Palais (Beile-Ile-en -Mer) le i2 mars 1845, mort à Tours le 7 oct. 1896. Classé dans l'état-majbr à sa sortie de l'école Saint-Cyr, il était lieutenant en 18iO^ capitaine en 1843; attaché au maréchal Bugeaud en Algérie, il fut nommé chef d'escadron en 1846, colonel en 1853 ; aide de camp du maréchal de Saint-Arnaud en Crimée, il devint général de brigade le 24 nov. 1854 et exerça ce commandement jusqu'à la fin de la campagne. Le Vk mai d859, il fut nommé général de division et fit la campagne d'Italie. En 1866, il fut chargé de préparer les études relatives à la réorganisation de l'armée et publia anonymement, en 1867, V Armée française, livre critique qui eut un vif succès, mais le fit tomber en disgrâce.

La rapidité de son avancement s'explique à la fois par la faveur du maréchal Bugeaud, causeur militaire infatigable, dont Trochu adopta toutes les vues avec admiration, et par sa capacité militaire ainsi que sa bravoure ; quelques actes d'indépendance vis- à- vis de l'Empire naissant n'avaient pu arrêter sa carrière ; en 1855, il refusa les fonctions de chef du personnel de la guerre, et, plus tard, n'accepta pas un don de 20.000 fr. de l'empereur à sa belle-sœur devenue veuve. Cette attitude avait pourtant excité la défiance de l'impératrice, et la publication de X Armée française exaspéra l'empereur et son entourage. Aussi Trochu fut-il écarté au moment de l'organisation des corps d'armée, lors de la guerre contre la Prusse (juil. 1870) ; on refusa de l'envoyer à un poste de combat, et on le relégua dans le Midi. Mais les premières défaites ramenèrent le ministère qui voulut d'abord le nommer au commandement du corps d'armée qui devait faire une diversion sur la Baltique ; ce projet n'eut pas de suite, et, le 12 août, Trochu fut nommé au commandement du corps d'armée du camp deChâlons ; cinq jours plus tard, l'empereur le nomma gouverneur militaire de Paris et commandant en chef des forces chargées de défendre la capitale ; il lança alors la première de ses « proclamations aux habitants de Paris » qui devait être suivie de tant d'autres. Le nouveau gouverneur s'occupa avec zèle de la défense des fortifications, de l'armement et de l'approvisionnement : il se heurta de suite à un conflit d'attributions avec le général de Palikao' dont il eut à combattre l'opposition ; il expulsa le 29 août les Allemands domiciliés à Paris. Gambetta proposa alors au Corps législatif de centraliser les pouvoirs entre les mains de Trochu ; le désastre de Sedan hâta cette mesure ; appelé le 3 sept, par l'impératrice, il s'entendit avec le gouvernement de Défense nationale proclamé à l'hôtel de ville à condition d'être nommé président du gouvernement républicain. Investi d'une véritable dictature, il resta pendant le siège de Paris irrésolu, découragé et passif. L'histoire de ses opérations militaires pour lesquelles il disposait de 120.000 hommes de troupes régulières, de 80.000 mobiles et de 330.000 gardes nationaux montre son incapacité ; il se confina dans la défensive dont il s'occupa d'ailleurs avec conscience ; mais il ne se décida à tenter des sorties que sous la pression de l'opinion publique, après la panique de Châtillon (19 sept.)

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