TROCHU — TROGLODYTE
qui amena rinveslissement du S. de Paris ; répugnant à verser le sang, il conduisit mollement les sorties (2i oct. à Montretout, 28 au Bourget, 30 nov. à Charapigny, 19 janv. à Buzenval), les faisant suivre de proclamations décourageantes ou affolées, telles que celle du 20 janv. L'irritation contre lui était devenue générale, le ridicule jeté sur son fameux « plan » était complet ; pour rester fidèle à une de ses déclarations « que le gouverneur de Paris ne capitulerait jamais », Trochu se dépouilla de ce titre en faveur du général Vinoy le 22 janv., et garda seulement celui de président du gouvernement de la Dé~ fense nationale : il décida de rendre les forts, et les pourparlers de Jules Favre aboutirent le 26 janv. ; la capitulation fut signée sous le nom d'armistice. La presse et l'opinion exaspérées attaquèrent violemment le général Trochu qui, dans son catholicisme mystique, semblait attendre le salut d'une intervention providentielle. Gambetta, qui avait si énergiquement contribué à sa popularité, le traita de « discoureur infatigable, militaire irrésolu et présomptueux ».
La campagne de Gambetta avait fait à Trochu une telle réputation en province, qu'il fut élu le 8 févr. 1871 à l'Assemblée nationale par huit départements (Bouches-du- Rhône, Cùtes-du-Nord, Finistère, lUe-et- Vilaine, Vendée, Rhône, Seine- Inférieure et Morbihan) ; il opta pour ce dernier, son département natal. A la Chambre, il siégea au centre droit et vota constamment avec lui ; il prit part à la discussion de la loi militaire et tenta vainement de lutter contre les idées rétrogrades de Thiers, imbu de l'armée napoléonienne : il soutint sans succès la réforme du service obligatoire réduit à trois ans (mai-juin 1872). Le i^'' juil. 1872, il donna sa démission et vécut dans la vie privée jusqu'à la fin de son existence, à Tours ; le 28 févr. 1873, il fut admis à la retraite. U donna un pendant à son livre de 1867 en publiant en 1879 V Armée française ; mais ce livre, beaucoup plus médiocre que le précédent, fut accueilli avec indifférence. Le désintéressement, le courage physique et moral, la valeur militaire du général Trochu sont incontestables ; mais le sort le plaça dans une situation trop haute pour sa capacité, au détriment de la France (V. Franco- Allemande [Guerre]).
TROCHUS. I. Malacologie. — Le genre Troque renferme de très belles coquilles, de forme conique, à spire élevée, à dernier tour caréné ou anguleux, à base plus ou moins concave ou aplatie. L'ouverture est rhomboïdale, le bord externe aigu ; la columelle tordue se termine par une saillie dentiforme ou par un pli ; l'opercule est corné, multispiré et à nucléus central. Le dessus de la coquille est souvent orné de couleurs vives, d'épines ou de tubercules. J-es Troques habitent les mers chaudes, l'océan Indien, l'Océanie, etc.
IL Paléontologie. — Les coquilles fossiles de ce groupe sont difficiles à distinguer des Turbo et Astralium en l'absence de l'opercule. Le genre type date du Crétacé, mais la famille des Trochidœ est représentée dès le Silurien par Trochonema.
TROCY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lizy-sur-Ourcq ; 179 hab.
TRŒLTSCH (Anton-Friedrich von), médecin allemand, né à Schwabach, près de Nuremberg, le 5 avr. 1829, mort à Wurtzbourg le 9 janv. 1890. Il étudia le droit à Erlangen, les sciences naturelles à Munich, la médecine à W^urtzbourg, et, une fois reçu docteur en 1853, s'occupa spécialement des maladies de l'oreille. Reçu privât dozent en 1860, il devint professeur en 186i. Trœîtsch a beaucoup contribué aux progrès de l'otologie, et sa méthode d'exploration de l'oreille par réflexion de la lumière sur le miroir concave est presque universellement suivie. Il créa, en 1894, le premier recueil spécial, Arcto /tir 0/i?^^îi/igi7kiinde, qui continue à paraître. Ouvrages principaux : Die Anatomie des Ohrs in ihrer Anwendang.. . (Wurtzbourg, 1861, in~8; trad. franc., Bruxelles, 1863, in-8); Lehrbuch der Ohrenkrankheiten (Wurtzbourg, 1862,
in-8 ; 7« éd., 1881 ; trad. en franc., Paris, 1870, in-8); Die chirurg, Krankheiten des Ohrs (Erlangen, 1866, in-8, dans Pitha u. Billrotli\s Handbuch; Beitr. zur pathol.^ Anatomie des Ohrs .. (Leipzig, 1883, in-8), etc.
TROÈNE {Ligustriim T.). I. Botanique. — Genre d'Oléacées, formé d'arbrisseaux et d'arbustes des régions tempérées de l'ancien monde, à feuilles opposées, ovales ou lancéolées, à fleurs hermaphrodites réunies en panicules terminales; calice à 4 dents, corolle subinfundibuliforme hypogyne à limbe quadrilobé ; 2 étamines ; ovaire fibre à 2 loges biovulées; baie globuleuse disperme ou monosperme. -— Le L. vulgare L., ou Pruène, Bois noir, commun sur la lisière de nos bois, planté dans les jardins et les parcs, sert en médecine ; ses feuilles, ses fleurs et sonécorce, astringentes, sont employées en décoction contre les ulcérations de la bouche, les aphtes, etc.; elles renferment une matière jaunâtre, la ligustrine, analogue à la syringine ; ses baies noires, du volume d'un pois, persistantes en hiver, sont très amères et drastiques et peuvent déterminer une inflammation très grave de l'intestin; elles fournissent à la teinture une couleur bleuâtre. D^ L. Un.
II. Horticulture. — Le Troène commun supporte très bien la taille, et on l'utilise comme le buis, dans les jardins, en bordures, qui sont fournies mais qui perdent plus ou moins complètement leurs feuilles en hiver. Taillé ou livré à lui-même, cet arbrisseau n'est pas sans agrément et peut entrer dans la composition des bosquets où il se fait remarquer, au printemps, par l'odeur pénétrante de ses fleurs blanches. Le Troène du Japon est plus ornemental. Son feuillage se rapproche de celui du lilas, mais il est persistant et plus ferme. Cette belle espèce, qui prend les proportions d'un petit arbre, se couvre, en été, de fleurs blanches très parfumées, en grappes terminales. On en fait souvent des bosquets purs ou mélangés. Il n'est pas difficile sur la nature du sol et, dans le Midi, on le voit prospérer en sols calcaires, maigres et secs. On en a de curieuses variétés tricolores ou à feuilles panachées de blanc, de jaune. On cultive encore en pleine terre le Troène à feuilles ovales, qui a aussi des variétés à feuillage panaché ; en serre tempérée, le Troène du Népaul, qui fleurit en hiver. Les Troènes se multiplient surtout de graines et de greffes, quelquefois de boutures. G. B.
TROÈNE. Rivière du dép. de VEure (V. ce mot).
TROESNE. Rivière du dép. de VOise (V. ce mot).
TROESNES. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Château Thierry, cant. de Neuilly-Saint-Front ; 2S6 hab. Stat. de chem. de fer.
TROGLODYTE (Ornith.). Nom scientifique du petit Passereau désigné vulgairement sous le nom de Berrichon, Berruchet, etc., et qui constitue pour les naturalistes le genre Troglodytes ou Anorthura (le premier nom étant préoccupé). Ce genre prend place dans le groupe des Becs- fins (V. Bec), et doit être considéré comme type d'une famille à part voisine des Fauvettes (Lusciniidœ). Le Troglodyte mignon (Anorthura troglodytes) est, avec les Roitelets, un des plus petits Oiseaux d'Europe. Le bec est très grêle, fin, s:ms échancrure; les ailes très courtes, arrondies; la queue courte et toujours relevée. Le plumage est d'un brun foncé, rayé tinement de noir, passant au roux sous le ventre. Cet Oiseau est sédentaire, et le mâle fait entendre dès le premier printemps sa voix sonore. Il se plaît au voisinage de l'homme, se tient dans les jardins et place son nid en boule le long d'un mur, d'un pont ou d'un rocher, d'où son nom de troglodyte. La femelle pond de douze à quatorze œufs blancs piquetés de brun et de rouge. Son vol est bas et court. Il se nourrit d'insectes et habite toute l'Europe. D'autres espèces le remplacent en Asie, jusqu'au Japon, et dans l'Amérique du Nord {A. hyemalis). Le sous-genre Thriothorus comprend des espèces propres à l'Amérique centrale et méridionale jusqu'au Chili. Les genres Tesia (de l'Asie centrale), Donacobius,