TROGLODYTE — TROIE
Tro^osita mauritanica L.
Campylorhynchus, Cyphorhinus (de l'Amérique chaude), prennent place dans la famille, représentée en Océanie par le genre Tatare qui a des caractères un peu différents . E . Trouessart .
TROGLODYTES (TpwyXoSuTai). Nom par. lequel les auteurs grecs anciens désignent des peuples moins civilisés qui habitaient des cavernes. Agatharchide et Strabonles placent sur les deux bords de la mer Rouge, peuples pasteurs que Bruce a retrouvés dans ces parages, parquant leurs troupeaux dans des grottes. Outre ce groupe de Troglodytes les mieux décrits, Strabon et d'autres en signalent en Libye, à l'E. des Garamantes; ce sont les Berbers des Matmata et du djebel tripolitain qui continuent de creuser leurs maisons et de véritables villes dans l'intérieur du plateau calcaire. D'autres auraient vécu en Maurétanie, au N. du Caucase, ceux-ci peuple de cultivateurs. TROGON, TR060NIDÉS (Ornith.) (V. Couroucou). TROGONTHERIUM (Paléont.) (V. Castor).
TROGOSiTA (Fabr.) (Ent.). Genre de Coléoptères Tétramères, de la famille des Trogositides, caractérisé par le corps très aplati, la tête grande, presque carrée, les antennes courtes, le corselet rétréci à la base, Fabdomen recouvert entièrement par les élytres.
Type : T. mauritanica L., commun dans les magasins, les greniers,'surtout dans le midi de la France, où sa larve porte le nom de Cadelle et est accusée de vivre aux dépens des grains. Il est plus probable qu'elle fait la chasse aux autres insectes destructeurs du blé et s'en nourrit.
TROGU E-POMPÉE, historien latin du i«^' siècle av. J.-C. Trogue-Pompée (Pompeius Trogus) était d'origine gauloise. Son grand-père avait été fait citoyen romain par Pompée; son père avait été secrétaire de César. Lui-même vécut sans doute à Rome ; il mourut probablement sous le règne d'Auguste. On ne sait rien de lui, sinon qu'il avait composé un grand ouvrage historique en 44 livres, sous le titre de : Liber Historiarum Philippicarum. Le sujet essentiel de cet ouvrage était l'histoire de la monarchie macédonienne; l'auteur en étudiait les origines, les progrès, l'apogée, la décadence et la ruine. En outre, il avait rattaché à cette histoire l'histoire de tous les Etats et de toutes les nations qui avaient été en rapport avec la Macédoine. Aussi les Hisiorice Philippicce étaient-elles en fait une véritable histoire universelle. Cet ouvrage est aujourd'hui perdu. Il nous en reste : 4^ un Abrégé rédigé par Justin (V. ce nom); 2** les Sommaires {P7Vlogi) des 44 livres, analogues aux Epitome de Tite-Live ; 3^ quelques courts fragments cités par des auteurs de basse époque comme Vopiscus ou des Pères de l'Eglise, tels que saint Jérôme et saint Augustin. Nous savons aussi par Pline l'Ancien que Trogue-Pompée avait écrit une Histoire des animaux {De Animalibus), J. Touïain. BiBL, : Heeren, Commentationes de Trogi Pompeii ejusque epitomatoris Justini fontibus et auctoritate^ dans Mémoires de la Société de Gœttingen^ t. XL.
TROGUÉRY. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Lannion, cant. de La Roche-Derrien ; 505 hab.
TROGU ES.Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. deChinon, cant. de L'Ile-Bouchard ; 410 hab. Stat. de chem. de fer.
TROI E. Ville légendaire de la Troade. — Troie ou Ilion (Troja, llium) doit toute sa célébrité à la guerre fameuse que les Grecs lui livrèrent, qui se termina par sa destruction complète et qu'ont chantée les poèmes homériques (V. Homère). Elle était située à l'extrémité N.-O. de l'Asie Mineure, dans une presqu'île limitée au N. par FHellespont, au S. par le golfe d'Adramyttium. Elle s'élevait, à environ 8 kil. de la mer, sur une éminence qui domine la plaine où se réunissent deux petits cours d'eau descendus du mont Ida, le Scamandre et le Simoïs. Vers le S.-E., une colline escarpée, contrefort de l'Ida, portait
la citadelle de la ville, appelée Pergame (népYafjLov, Pergamum); là se trouvaient les principaux temples de la cité, ainsi que les palais du roi Priam et de ses fils Hector et Paris. La ville était entourée de murailles très puissantes, dont la construction était attribuée par la légende à Apollon et à Poséidon. Ces murailles étaient flanquées de hautes tours et percées de portes. L'une de ces portes est appelée par Homère les Portes Scées (Sxatal ^tuXai). C'est la seule qui soit mentionnée. Troie était habitée probablement, à cette époque reculée, par une population d'origine thrace qui s'était mêlée aux anciens possesseurs du sol. Les récits de la Guerre de Troie, tout parés qu'ils soient de couleurs épiques et de détails légendaires, ne sont pas sans renfermer quelque fond historique. On s'accorde en général à y retrouver l'écho d'une des luttes que les plus anciens colons grecs, qui abordèrent sur la côte mysienne, eurent à soutenir contre les peuples qui occupaient alors ce pays. Cette lutte se termina sans doute à l'avantage des assaillants; car toutes les traditions sont unanimes à rapporter que Troie fut complètement détruite par le feu. Les écrivains grecs plaçaient la chute de Troie en 4484 ou 4483 av. J.-C.
La forme sous laquelle se présente le récit légendaire est la suivante. L'ancêtre mythique des Troyens est Bardanus (V. ce nom), lequel, d'Arcadie ou de Samothrace, serait venu sur le continent asiatique et aurait acquis des Phrygiens le territoire où il fonda la ville de Dardanus. On ajoutait qu'ayant épousé, en Arcadie, Chrysé, fille du roi Pallas, il en aurait reçu le Palladium (V. ce mot) qu'il emporta en Asie. Plus tard, on lui fait épouser Bateia, fille de Teucrus ou Teucer, héros éponyme de la Troade, réputé fils du fleuve Scamandre et de la nymphe Idœa (du mont Ida) ; une autre version fait venir de Crète Teucer qui aurait apporté en Troade le culte d'Apollon Smintheus (V. Apollon). De Dardanus et Bateia naquit Erichthonius, lequel épousa Astyoché et fut le plus riche des rois, grâce à son troupeau de 3.000 juments. Son fils, Tros, régna sur les Phrygiens, épousa Callirrhoé et fut père d'ilus, Assaracus et Ganymède; ce dernier fut enlevé par Zeus, qui aurait indemnisé le père en lui donnant des chevaux divins ; cette seconde légende confirme la réputation de la Troade comme pays d'élevage hippique. Ilus bâtit la Troie homérique ; d'après un récit, il y aurait déterré le Palladium, statue de trois coudées ; une autre version veut qu'Ilus soit venu de Paphlagonie, chassé par Tantale ou Pélops ; on montrait son tombeau en Troade. D'ilus et Adraste (ou Eurydice) naquit Laomédon, lequel fit bâtir l'enceinte de Troie par Poséidon aidé d'Eaque, et fut tué par Héraklès ; bafoué par le roi, le héros revint avec six navires, tua Laomédon et de ses fils n'épargna que Priam. Celui-ci, çère de 50 fils, allié des Phrygiens contre les Amazones, vit la ruine de Troie. Elle fut provoquée par son fils Alexandre ou Paris, qui enleva la belle Hélène, femme de Ménélas, prince achéen de Lacédémone. Cet enlèvement fut la cause de la guerre de Troie. Les héros de la Grèce achéenne et éolienne s'assemblent à Aulis, sous la direction d'Agamemnon, et s'y embarquent pour la Troade ; les plus fameux de ces héros sont : Achille, les deux Ajax, Diomède, Idoménée, Nestor, Ulysse, Protésilas,Philoctète. Troie est défendue par Hector, Enée, Paris, secourue par les Lyciens, les Thraces, et même les Ethiopiens. Vlliade conte comment la dixième année du siège l'abstention d'Achille faillit amener la défaite des assiégeants achéens ; la mort de Patrocle fait reprendre les armes au héros phtiote qui tue Hector.
Il abat également la reine des Amazones, et Memnon l'Ethiopien, allié des Troyens, tombé sous la flèche de Paris, est vengé par Philoctète. La catastrophe finale est le résultat de la ruse d'Ulysse et de Calchas : ils décident les Grecs lassés à un stratagème, la construction du cheval de Troie, colosse de bois creux où se cachent les plus fameux héros ; leurs compagnons feignent de se rembarquer et secachentdans l'tle de Ténidos. Le» Troyens
TROÎE
se laissent persuader par l'espion Sinon (et malgré l'avis de Laocoon) d'introduire le cheval dans leur enceinte pour le consacrer à Athéna ; la nuit venue, les héros grecs sortent des flancs du cheval, ouvrent les portes aux autres Grecs et s'emparent de Troie qu'ils incendient ; Priam et sa famille périssent dans le carnage. Les survivants se retirent avec Enée au S. delà Troade où subsista quelque
temps une principauté régie par les Eiiéades. Plus tard, les auteurs latins admirent qu'Enée avait émigré en Ita lie. Le récit de la guerre de Troie se complète par celui des malheurs qui assaillent les vainqueurs au retour. On trouvera dans les art. Epopée, Homère et Cyclique (V. aussi Grèce, pp. 305, 324 et 335), les indications relatives à la littérature épique du cycle troyen ; plus tard, on s'at-
Echelle I: ISo.ooof
Plaine de Troie.
tacha surtout à la catastrophe finale; le récit de Virgile et ceux de Darès le Phrygien alimentent la littérature du moyen âge. Quant aux innombrables détails brodés par l'imagination hellénique sur ce thème et aux récits intercalés dans la légende centrale, on en aura l'idée en se reportant aux noms des divers héros qui y figurent, Achille, Agamemnon, Ajax, Enée, etc. Sur l'interprétation de ces récits par les historiens, V. Grèce et Epopée. L'opinion actuelle incline à croire qu'il y eut réellement un siège de Troie et que les luttes retracées par les poètes épiques sont au moins aussi anciennes que l'estimaient les auteurs grecs.
A l'époque historique, une ville existait dans ces mêmes parages. Il n'est point facile de déterminer la date, même approximative, de sa fondation. D'après Strabon, cette
ville, qui portait le nom de Nouvelle-Ilion {Nouum Ilium) , aurait été fondée au temps où la domination lydienne s'étendait sur toute la partie occidentale de l'Asie Mineure, c.-à-d. vers la fin du vu® ou le commencement du VI® siècle av. J.-G. D'autre part, Hérodote raconte que Xerxès, avant de franchir l'Hellespont, « voulut monter à Pergame, l'antique citadelle de Priam, pour la contempler ; il y offrit un sacrifice de mille bœufs à la Minerve d'Hion ». Mais l'historien grec ne mentionne point de cité en cet endroit. Au iv® siècle, Xénophon, dans ses Helléniques, parle de la Nouvelle-Hion comme d'une viUe qui existait de son temps. Enfin, en 334, Alexandre, à peine débarqué sur le sol asiatique, se rendit dans cette ville pour visiter le tombeau d'Achille; Hion était alors habitée par une population éolienne. Dès lors, on peut