‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 226 sur 633 · TROMBONE — TROMPE · texte numérisé non relu

TROMBONE — TROMPE

lacune. Quelques artistes montent d'un ou deux tons de plus et font entendre les fondamentales graves des deux ou trois premières positions, c.-à-d. le k, le la bémol et le sol contre -grave. L'étendue du trombone alto et du trombone basse est la même, une quarte au-dessus, ou une quarte, quelquefois une quinte en dessous.

Le trombone est un instrument fort ancien. Dès la fin du XV® siècle, il apparaît parfaitement constitué et absolument semblable à ce qu'il est de nos jours. Pendant tout le XVI® siècle et au siècle suivant en Allemagne, il a été en très grande vogue et d'un usage constant pour accompagner les voix dans les chœurs. Le cornet à bouquin lui servait alors de soprano, bien qu'on ait fait aussi des trombones plus petits que le trombone alto, instruments dont Bach s'est quelquefois servi sous le nom de Tromba da tirarsi. En France et en Italie, lorsque la musique polyphonique cessa d'être en faveur, le trombone tomba en désuétude, tandis que l'Allemagne l'appliquait à l'accompagnement du choral. Cependant on trouve encore quelquefois des trombones en France, sous le nom de Sacquebute (qui est son véritable nom français), dans la musique de la Grande Ecurie, sous Louis XIV, et dans quelques ballets royaux. Sans doute aussi, les basses des trompettes dans les opéras de Lully étaient jouées sur ces instruments. Quelques églises s'en servaient aussi en place de serpent. Mais au siècle suivant il était oublié, et ce fut Gluck qui dans Alceste le fit de nouveau entendre en France, d'où il n'a pas cessé depuis d'être employé couramment.

Le son du trombone est majestueux, imposant et terrible. Sa puissance est telle qu'il domine aisément le plus grand orchestre oti il donne l'idée d'une force et d'une grandeur surhumaines. C'est surtout dans le /bri^ que ces qualités dominatrices se déploient. Dans les nuances douces, il prend une grandeur religieuse ou une teinte lugubre fort caractérisée, surtout quand les trois trombones jouent en harmonie et non à l'unisson. En un mot, des nuances assez variées lui sont accessibles pour peu que le compositeur ne le mette en évidence que dans des situations où sa majesté native ne soit pas hors de propos. 11 faut savoir ménager cette voix terrible et grandiose, et ne pas la déshonorer en l'apphquant à des airs de vaudeville ou à de vulgaires contredanses, ce qui se fait trop souvent. L'usage courant du trombone à l'orchestre est relativement récent. Les anciens maîtres considéraient cet instrument comme une ressource accessoire plutôt que comme un moyen régulier d'expression : un peu comme les compositeurs modernes considèrent les instruments de Sax. Bach ne s'en sert que pour doubler les voix dans les chorals. Haydn paraît l'avoir presque ignoré, et Mozart ne l'emploie qu'au théâtre, et encore assez rarement. C'est Beethoven qui, le premier, en fit usage dans la musique symphonique où il s'en servit quelquefois par paires. Mais il n'en a pas fait usage dans toutes ses symphonies : loin de là, car ce n'est que de nos jours que les compositeurs ont vraiment considère les trombones comme un instrument d'orchestre ordinaire. On ne peut pas assurément désapprouver cet emploi, d'autant que certains grands maîtres, Berlioz et Wagner par exemple, en ont tiré mille ressources importantes. Mais peut-être, à être trop souvent entendu, le trombone a perdu quelque chose de la puissance extraordinaire qu'il avait autrefois. Les prodigieux eifets qu'il produisait dans les œuvres classiques, où son emploi était extrêmement ménagé, ne se retrouvent pas à un égal degré dans beaucoup de compositions contemporaines. H. QurrTÂRD.

TROMBOUZAN. Rivière du dép. delà Loire (V. ce mot).

TROMELIN (Ile) (V. Fais).

TR DM H OIT (Sophus), météorologiste danois, né à Husum (Slesvig) le 2 juin 1831, mort à Blankenhain (Thuringe) le 17 avr. 1896. Il se consacra tout entier, à partir de 1882, à l'étude des aurores boréales, construisit, dans ce but spécial, avec le concours du gouvernement

norvégien, un observatoire à Koutokeino, en Laponîe, en même temps qu'il couvrit le reste du pays de tout un réseau de stations secondaires, puis, quinze années durant, parcourut les principales régions de l'Europe septentrionale, toujours en quête d'observations nouvelles. Il a publié, dans une demi-douzaine d'ouvrages, écrits en danois, les résultats de ses travaux, qui comptent parmi les plus précis et les plus récents que l'on possède sur la matière et qui, tout en jetant un nouveau jour sur Lien des points restés inexpliqués, sont venus confirmer en partie les théories de De la Rive et de Nordenskjold (V. Aurore boréale, t. IV, p. 707). L. S.

TROMMELL (Métall.) (V. D^bourbage et Minerai).

TROWIP (Martm-Harpertz), amiral hollandais, né à La Brielle en 1597, mort au combat naval de Katwyk en 1653. Fils d'un capitaine de frégate, il prit la mer dès l'âge de onze ans et s'éleva rapidement aux plus hauts grades par son indomptable courage et sa rare intelligence. Lieutenant- amiral en 1637, il infligea aux Espanols une série de défaites partielles, et les écrasa complètement, en 1639, à la bataille des Dunes. Lorsque la guerre éclata entre la Hollande et l'Angleterre en 1652, Tromp, après avoir subi un échec, força l'escadre anglaise de Blake à se réfugier dans la Tamise (10 déc). Il battit ensuite Deane à plusieurs reprises, et fut tué au milieu de son triomphe. E. H.

TROWIP (Corneille-Martin), amiral hollandais, né à Rotterdam en 1629, mort à Amsterdam en 1691, fils du précédent. Il servit avec beaucoup de distinction sous les ordres de son père, mais fut tenu à l'écart des grands commandements à cause de son attachement à la maison d'Orange. Rétabli dans ses grades par Guillaume III, après la mort tragique des frères de Witt, il essaya vainement de débarquer sur les côtes de France, mais remporta des succès marquants sur la fl^otte suédoise à Gothland et à Rùgen. E. H.

BiBL. : Brandt, Vie des marins illustres de la, Néerlande {en hoUand.); Amsterdam, 1692. ~ Vie de Tromp, amiral de Hollande; La Haye, 1694. — Richer, Vie de l'amiral Tromp ; Paris, 1784.

TROM PE. I. Musique. —C'est le nom véritable de l'instrument communément appelé cor de chasse, La trompe, dans sa forme actuelle, est faite d'un tube enroulé plusieurs fois sur lui-même, et parait avoir été inventée pour l'usage de la chasse, vers la fin du xvii® siècle. A cette époque, les trompes étaient d'un diamètre beaucoup plus grand qu'elles ne le sont aujourd'hui et comportaient moins de circonvolutions, car on avait une certaine peine, avec les procédés industriels du temps, à tourner régulièrement ces tuyaux. Cependant, comme l'usage en était incommode, on arriva progressivement aux proportions modernes. La trompe est un cor en ré qui a toute l'étendue usuelle de l'instrument de ce nom. La voici avec la notation qu'on lui applique (la note marquée d'une astérique est beaucoup trop haute) :

Sons réels :

Ce qui s'écrit ainsi :

— fQ~^^ I r — ~^"i

-- -iSh

La sonorité de cet instrument est extrêmement volumineuse et bruyante. Elle réclame impérieusement le plein air où elle produit alors fort bon effet. On ne s'en sert point à l'orchestre, car les cors ordinaires, en cuivrant tant soit peu le son, le remplacent suffisamment lorsque le compositeur, dans quelque fantaisie pittoresque, a voulu imiter les fanfares de chasse qui sont en usage. H. Q.

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