IV. Zoologie (V. Eléphant et Insectes
V. Physique. — On utilise dans les laboratoires sous le nom de trompes à eau de petits instruments en verre ou en métal alimentés par de l'eau sous pression et qui servent à faire le vide ou à aspirer des gaz. L'eau pénètre en A dans un ajutage conique qui va en se rétrécissant, puis il sort et rencontre aussitôt un autre ajutage conique qui va en s'élar^issant ; il pénètre dans cet ajutage en entraînant avec lui une gaine d'air, en sorte qu'en G il sort de l'eau mélangée de nombreuses bulles de gaz. En mettant la tubulure B en relation par un tube de caoutchouc épais, avec un récipient quelconque, on pourra y faire le vide (à 4 centim. de mercure environ) en quelques minutes si le volume est voisin de 4 litre. Pour que cet instrument fonctionne bien, il faut disposer d'une pression d'au moins 40 m. d'eau.
Les trompes à mercure (fig. 4) fonctionnent autrement et sont destinées aussi à faire le vide dans les appareils, mais un vide beaucoup plus parfait que ceux que l'on obtient avec les autres instruments ; par contre, l'opération est très longue, aussi commence-t-on souvent avec une machine pneumatique quelconque et n'emploie-t-on la trompe à mercure que lorsque la pression n'est plus que de quelques millimètres de mercure ; on peut arriver à n'avoir plus, avec cet instrument, qu'une pression de quelques millièmes de millimètre de mercure.
Le principe de l'appareil est celui-ci : on fait tomber goutte à goutte du mercure dans un tube capillaire; chaque goutte qui tombe est séparée de la goutte précédente par une petite bulle d'air qu'elle chasse devant elle, de sorte que l'air est peu à peu expulsé de l'endroit où le mercure tombe goutte à goutte ; il suffit de mettre cette partie en communication avec l'appareil oii l'on veut faire le vide ; au début, chaque bulle de gaz vient sortir au dehors, sur la cuve à mercure B ; mais bientôt chaque bulle en descendant diminue assez de volume, car sa pression augmente dans ce parcours, pour ne plus obstruer complètement le tube, elle remonte alors à la rencontre de la bulle suivante et, réunie à celle-ci, elle a un volume suffisant pour sortir. A mesure que le vide se fait, les bulles doivent se réunir de plus en plus nombreuses avant de pouvoir sortir. La figure ci-jointe montre en A le réservoir contenant le mercure. Ce mercure se rend par un tube de caoutchouc à un robinet à trois voies R et de là en H
Fig. 1. — Trompe à mercure.
dans un espace où le vide a été fait et où les traces d'air que peut entraîner le mercure se dégagent ; de là le mercure se rend en T où il tombe goutte à goutte.
Quand il n'y plus de mercure en A, on abaisse ce réservoir jusqu'à la position (4), et tournant autrement le robinet R, on peut faire écouler une partie du mercure de B dans le réservoir A situé alors en contre-bas ; quand on a repris ainsi assez de mercure, on remet R dans sa position primitive, ainsi que A. Au début, quand le vide n'a pas été fait approximativement avec une autre machine, le réservoir A doit être mis en 2 pour que le mercure puisse couler en T.
On adapte en E les appareils où l'on veut faire le vide. Cette trompe comporte un manomètre en U situé près de E et une jauge de Mac Leod en J (V, Jaugeage) pour apprécier la pression quand celle-ci est très faible.
VI. Architecture. -— Section de voûte sphérique, cylindrique ou conique, formant saillie et dont les pierres sont taillées en encorbellement ou en porte-à-faux et supportent ainsi une construction, assez souvent une tourelle, au-dessus du vide et en dehors du mur de soutien. Les trompes ont été fort employées par les architectes du moyen âge et jusqu'à la fin du xvii® siècle pour porter des tourelles appliquées en encorbellement sur des tours carrées ou sur des parements de murs, mais sont assez peu usitées de nos jours.
L'exemple emprunté à Viollet-le-Duc {Dict. d* architecture, t. IX, pp. 312-43), et que reproduit la fig. 2, offre cette particularité intéressante de deux corbeaux, l'un, appelé trompillon, à la partie inférieure de la trompe conique et formant la clé de cette trompe; l'autre, situé au-dessus de la trompe et déchargeantrencorbellement delà saillie tronquée que forment, à leur partie supérieure, les deux murs dans lesquels est ménagée la trompe. Les trompes ont reçu divers noms, pouvant s'appliquer souvent à une même trompe, ainsi : trompe dans l'angle, trompe qui occupe un angle rentrant ; trompe en niche ou trompe sphérique, trompe concave comme une coquille et souvent décorée d'une coquille; trompe sur le coin, trompe qui porte l'encoignure droite d'un bâtiment au-dessus d'un pan coupé à rez-de-chaussée ; trompe dans Vangle et en tour ronde, tromçe dont l'appareil est disposé en manière d'éventail et qui rachète une tour ronde élevée à l'angle de deux murs, etc. Ch. L.
VII. Art héraldique. — Cor de chasse replié sur lui même en un tour complet.
Fig. 2. — Trompe conique.