‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 233 sur 633 · TRONCHET — TRONE · texte numérisé non relu

TRONCHET — TRONE

une grande partie du code, notamment en matière de puissance maritale, de successions, de communauté entre époux. Comme œuvres imprimées, il n'a laissé que des consultations juridiques, en très grand nombre, et des rapports législatifs. Ses manuscrits renferment un tableau de rétablissement du mahométisme et Caton d'Vtiquey tragédie. C. Cheuvrkux,

BiBL. : GoussARD, Discouvs SUT TroTichet i Paris, 1845, in-8. — Bonnet, Souvenirs de 1183 sur le barreau de Paris. — De Royer, Moniteur du 4 nov. 1853.

TRONCHOY, Corn, du dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres, cant. de Neuilly-FEvêque ; 132 hab.

TRONCHOY, Corn, du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. d'Hornoy; 337 hab.

TRONCHOY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Tonnerre, cant. de Flogny; 262 hab.

TRONCHY. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Chalon-sur-Saône, cant. de Saint-Germain -du-Plain; 417 hab.

TRONÇON (Archit.). Morceau coupé formant un fragment ou une partie d'un ouvrage d'architecture, ainsi : un tronçon de colonne. On donne ce nom de tronçon aussi bien à une colonne tronquée, que l'on pose en guise de stèle sur la sépulture d'une personne morte à la fleur de l'âge, qu'à des assises d'inégale hauteur, posées parfois en délit et formant le fût d'une colonne, réservant le mot de tambour aux assises d'égale hauteur et posées sur leur lit que l'on emploie le plus souvent dans la construction des colonnes. Ch. L.

TRONÇON. Rivière du dép. àllle-et- Vilaine (V. ce mot) .

TRONCQ (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. de Louviers, cant. du Neubourg; 151 hab.

TRONDES. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. et cant. (N.) de Toul; 598 hab.

TRONDHJEM (Fjord de). Ce fjord s'ouvre dans la partie centrale de la côte 0. de la Norvège, par 63° 39' lat. N.; c'est un des plus profonds du royaume et la mer voisine est encombrée d'Ilots et de rochers. Il commence par un canal entre le feu de Bejan et celui du cap Agdenœs ; il détache ensuite le Skjœrenfjord vers l'E., forme un détroit de 3 à 7 m. de large et s'étend bientôt en une large nappe d'eau orientée du S. -0. au N.-E. (longue de 45 kil., large de 25 kil.); elle abrite le port de Trondhjem et forme la presqu'île de Frosten au N.-E.; après un nouvel étranglement, le fjord s'élargit et forme l'Yterrôfjord (du nom de l'île d'Yterrœ qui a 37 kil. q.) ; le port de Levanger est situé à l'E. de ce bassin; enfin la partie la plus septentrionale du fjord est le Stenkjœrfjord avec la ville de Stenkjaer à l'extrémité. La longueur totale du fjord est de 135 kil. et son bassin occupe 20.000 kil. q. Il reçoit rOrklà (153 kil.), la Gula, le Nid (sur le delta duquel se trouve la ville de Trondhjem) ; tous les tributaires viennent par la rive S. du fjord. Relié par des chemins de fer au golfe de Christiania (au S.) et au golfe de Botnie (à l'E.), le fjord de Trondhjem est sillonné de bateaux à vapeur ; le littoral est pittoresque, vert et bien cultivé.

TRONDHJEM (Province de). Une des six provinces de Norvège, formée des districts de Nordre Trondhjem (ch.-l. Levanger) et de Sôndre Trondhjem (ch.-l. trondhjem) et des deux provinces septentrionales du district de Romsdal (Nordmôre et Romsdal). Située sur la mer du Nord, la province est bornée par le district de Nordland, par la Suède, par les prov. de Bergen et de Hamar. Superficie : 51.070 kil.q.; population : 281.172 hab. (le district du Sud a une superficie de 18.621 kil. q. avec 123.563 hab. et le district du Nord 22.700 kil. q. avec 81.134 hab.). La prov. de Trondhjem comprend surtout des contrées rocheuses et montagneuses ; dans le Sud s'élèvent le Dovrefjeld avec ses chaînons et l'on ne trouve de plaines un peu étendues que le long du fiord. La côte est très tourmentée et ses falaises rocheuses et nues s'élèvent âprement et directement au-dessus des vagues.

Les principaux fjords qui découpent le front de mer de là province et s'enfoncent dans l'intérieur des terres sont ceux de Romsdal, Thingvold, Halse, Vinje, Hevne, Trondhjem, Namsen, Folden, Bindal. En outre, la contrée est abondante en eaux : lacs nombreux et rivières (telles que Rauma, Driva, Orlda, Gula, Nea, Stôrdal, Vœrdal, Snaasen, Namsen. Les étroites vallées ne se prêtent pas beaucoup à l'agriculture et produisent plutôt des légumes. Les habitants se livrent à l'élevage du bétail ; la chasse aux ours est très fréquente ; la pêche est une des ressources du pays. Les mines de cuivre, de fer sont exploitées. Le commerce, soit par mer, soit avec la Suède, estimportant (bois, chevaux, poissons, produits du bétail),

TRONDHJEM. Ville maritime de la Norvège centrale, ch.-l. du district de Sôndre-Trondhjem, sur la rive S. du fjord, au fond de la baie où se jette le Nid, tête de ligne du chem. de fer sur Christiania et Ostersund ; 28.792 hab. Troisième port de Norvège (après Christiania et Bergen). Mouvement maritime : à l'entrée 368 navires, à la sortie 374. Importation (de provenance anglaise pour les 3/4) : blé, farines, charbon, sel; épices, fer. Exportation : bois de construction, cellulose, harengs salés, soufre, pois-' sons, cuivre. Fonderies de métaux, constructions maritimes, fabriques de machines, distillerie, manufacture de tabac, etc. Ecole de grammaire datant de 1774, Société scientifique de Norvège datant de 1760 (50.000 vol.), muséum d'histoire naturelle, musée d'antiquités. La ville est bâtie sur une presqu'île bordée par la mer et par la r. g. du Nid ; deux ponts la réunissent au faubourg de Bakkelandet sur lar. dr.; le faubourg d'Ihlevolden occupe l'isthme qui la rattache à la terre; le port (qui était autrefois l'embouchure du fleuve, mais a été récemment amélioré par des travaux) est défendu par l'îlot fortifié de Munkholm au milieu de le baie. Deux grandes rues (Munkgaden et Kongensgaden) traversent la ville dans sa hrgeur et dans sa longueur et se croisent sur la place centrale. Dans la partie S. de la ville, la célèbre cathédrale de Trondhjem, oti sont couronnés les rois de Norvège ; fondée en 1093 pour les reliques de saint Olaf, agrandie en 1151, 1248 et 1300, brûlée à cinq reprises du xiv*»auxvm^ siècle, elle reste le plus beau monument de la Scandinavie (magnifique chœur du xui® siècle, châsse de saint Olaf). Sur une hauteur qui domine la ville s'élève le castel Christiansen. — La ville, fondée par le roi Olaf Tyggvason en 996, s'est appelée Nidaros jusqu'au XVI® siècle : berceau de la royauté norvégienne, elle a été agrandie au xi® siècle par Olaf le Saint; depuis 1151, elle fut le siège des archevêques de Norvège; incendiée en 1328, 1432, 1531, elle eut à souffrir de la peste de 1350. La paix de Rôskilde (1658) la donna aux Suédois qui la perdirent la même année (21 déc.) et la reprirent en 1718 ; la terrible inondation de 1791 détruisit plusieurs quartiers.

BiBL. : K. ScHULz, Reischaandbog for Trondhjem og Omegn; Trondhjem, 1889. — Minutoli, Der Dom zu Droritheirn; Berlin, 1»53.

TRONGET. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Moulins, cant. du Montet; 1.201 hab. Stat. de chem. de fer.

TRÔNE. I. Archéologie. — Siège royal ou princier. Ce meuble est un insigne de dignité et consiste en un fauteuil d'une architecture particulièrement riche, souvent élevé sur une estrade et abrité sous un dais. On possède de très nombreuses figures de trônes dans les peintures, sculptures, tapisseries, sceaux et monnaies, et quelques rares spécimens des meubles eux-mêmes.

Le trône de Dagobert (travail romain), conservé à la Bibliothèque nationale, est un fauteuil en X, en bronze incrusté d'argent avec griffes et têtes de lions à ses extrémités ; un dossier en forme de fronton ajouré y fut ajouté au xiii^ siècle. Le type du fauteuil en X à têtes de lions semble avoir été très répandu jusqu'à la fin du xiv® siècle, si nous nous en rapportons à l'iconographie.

TRÔNE — TROP/EOLÉE

Le trône des rois d'Angleterre, conservé à Westminster, est un fauteuil carré en bois avec bras, dossier en forme de fronton et siège supporté sur deux lions rugissants. Ce type de fauteuil à dossier élevé et dessinant un fronton n'est pas rare non plus dans l'iconographie.

La plupart des trônes qui nous restent sont des chaires pontihcales placées au fond de l'abside des églises : le plus vénérable de ces fauteuils est celui de l'évêque Maximien à Ravenne, tout en ivoire comme une chaire curiale; il date du vi® siècle et se compose d'une quantité de petits panneaux à bas-reliefs; beaucoup d'autres trônes pontificaux sont en marbre, et la plupart appartiennent à Fart roman. On peut citer ceux de Saint-Laurent et de Saint-Clément à Home, celui de Saint-Ambroise de Milan, avec bras ornés de lions, celui de Cividale en Frioul ; en France, ceux d'Avignon, Espondeilhan (Hérault), Vaison, Saint-Vigor près Bayeux ; en Espagne, celui de Girone ; en Angleterre, ceux de Beverley, Hexham, Norwich, Peter borough. Quelques autres sont gothiques : on peut citer pour le xiii® siècle ceux de Toul, Anchin (musée de Douai), Cantorbery, et pour le xv^ siècle celui de Saint- Seurin de Bordeaux. Les sièges pontificaux en bois reliés aux stalles et couronnés comme elles d'un dais pyramidal sont plus fréquents. On en conserve beaucoup des XV® et xYi® siècles; on peut citer ceux des cathédrales d'Ulm, Amiens, Auch, Rodez, Albi, etc. C. Enlart. IL Théologie (V. Ange, t. II, p. 1089). TRON N E. Rivière du dép. de Loir-et-Cher (V. ce mot). TRONQUAY (Le). Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Balleroy ; 983 hab.

TRONQUAY (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. des Andelys, cant. de Lyons-la-Forêt ; 66^ hab.

TRON S. Village de Suisse, cant. des Grisons ; 985 hab. La ligue Grise y fut fondée au commencement du xv^ siècle. On montra longtemps le vieil érable sous lequel les délégués du peuple se rassemblèrent.

TRONSANGES. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Cosne, cant. de La Charité ; 346 hab.

TRON SON. Rivière du dép. de la Charente (V. ce mot). TRONSON-DucouDRAY (Guillaume- Alexandre), homme politique français, né à Reims le 18 nov. 1750, mort à Sinnamary (Guyane) le 27 mai 1798. D'abord commerçant, puis avocat au parlement de Paris, il fut en 1793 désigné pour défendre Marie-Antoinette. Son plaidoyer lui valut d'être arrêté par ordre de la Convention. A peine remis en liberté, il s'empressa de passer à l'étranger. Rentré en France après le 9 thermidor, il devint député de Seine-et-Oise au Conseil des Anciens (an IV), fut un des meneurs des Clichiens et un des principaux adversaires de la politique du Directoire. Le coup d'Etat du 18 fructidor lui fut fatal. Il fut condamné à la déportation et mourut bientôt à la Guyane. On a de lui : Instructions rédigées pour mes enfants et mes concitoyens (Paris, 1798, in-8); OEuvres choisies (Paris, 1829, in-8).

BiBL. : H. Blondeau, Notice sur Tronson-Ducoudray ; Paris, 1825, in-8. — Ed. Blanc, Notice biographique, en tète des Œuvres choisies.

TRONTO. Fleuve côtier d'Itahe, prov. d'Aquila et d'Ascoli Piceno, passe à Amatrice, AscoU et se jette dans l'Adriatique à Porto d'Ascoli ; il a 90 kil. de long.

TRON VILLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. de Chambley; 236 hab.

TRONVILLE-en-Barrois. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Bar-le-Duc, cant. de Ligny-en-Barrois ; 809 hab. TROO. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de Vendôme, cant. de Montoire, sur le Loir ; 754 hab. Habitations et souterrains creusés dans le roc ; ruines d'un château et de murs du xii® siècle ; maisons des xv® et xvi® ; belle église des xi® et xii®, et ruines d'une église priorale refaite au xiv®. Tombelle de 14 m. de haut.

BiBL. : A. DE Salies, Monographie de Troo; Le Mans, 1879, in-8.

TROOST (Cornélis), peintre-graveur hollandais, né à Amsterdam en 1697, mort à Amsterdam en 1750. On Ta

nommé le Hogarth hollandais, à cause des pastels du musée de La Haye, qui reproduisent des scènes d'un vaudeville du temps. Mais il est surtout fin portraitiste, supérieur à son maître Arnold van Boonen. — OEuvres à Amsterdam, La Haye, Haarlem, etc. E. D.-G.

TROOST (Louis- Joseph), chimiste français, né à Paris le 17 oct. 1825. Sorti de l'Ecole normale supérieure en 1851, reçu docteur es sciences en 1857, il a d'abord professé la chimie au lycée Bonaparte, puis est devenu, en 1868, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, et, en 1874, a été appelé à la chaire de chimie générale de la Faculté des sciences de Paris. En 1884, il a été élu membre de l'Académie des sciences en remplacement de Wurtz. Ses travaux ont porté plus particulièrement sur la densité des vapeurs, sur la mesure des températures élevées, sur les alliages métalliques qui se forment avec l'hydrogène, soit par combinaison, soit par dissolution Outre de nombreux mémoires où s'en trouvent consignés les résultats et qui ont paru dans les Annales de chimie et de physique, dans le Bulletin de la So~ ciété chimique, dans les Comptes rendus de V Académie des sciences y etc., il a publié : Recherches sur le lithium et ses comwsés (Paris, 1857) ; Précis de chimie (Paris, 1863 ; o® édit., 1874) ; Traité élémentaire de chimie (Paris 1865 ; 12^ édit., 1899), ouvrage classique ; Un laboratoire de chimie au xviii® siècle (Paris, 1866). L. S.

TROSLY-Breuil. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. d'Attichy; 698 hab. Stat. de chem. de fer. TROSLY-LoiRE. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Coucy-le-Château ; 831 hab.

TROP>EOLÉE (Tropœoleœ iass.){Bot.). LesTropieolées sont des plantes herbacées annuelles ou vivaces à l'aide d'un tubercule ; elles contiennent un principe sulfuré de même nature que celui produit par les Crucifères (V. ce mot). Les tiges, glabres, s'étalent sur le sol ou bien grimpent en s'accrochant par leurs feuilles. Les feuilles primordiales sont opposées et possèdent deux stipules. Les autres feuilles ont, au contraire, une disposition alterne et manquent généralement de stipules. Le pétiole, fort long et pouvant faire fonction de vrille, s'insère au centre de la face inférieure du limbe qui offre ainsi une nervation peltée; le limbe peut être lobé ou bien plus ou moins profondément découpé en segments entiers ou incisés. Les tleurs, irrégulières et hermaphrodites, longuement pédonculées, naissent isolément à l'aisselle des feuilles. Le calice, coloré, persistant, se compose de 5 sépales inégaux, unis entre eux à leur base ; le sépale postérieur se prolonge en un éperon creux. La corolle comprend 5 pétales libres, de coloration jaune, rouge ou brune; les 2 pétales supérieurs, insérés sur la gorge de l'éperon, sont plus développés que les 3 pétales inférieurs qui parfois avortent complètement (Chymocarpus Don). Les étamines, inégales, au nombre de 8, ont leur insertion sur le réceptacle; leurs filets, subulés, libres, portent des anthères introrses, dressées, biloculaires et à déhiscence longitudinale. L'ovaire, libre, est à trois loges, ne renfermant chacune qu'un seul ovule ; le style, central, filiforme, a son sommet divisé en 3 branches. Le fruit est formé de 3 akènes ou de 3 baies. Les graines ne possèdent pas d'albumen.

Les Tropseolées, considérées par Bentham et Hooker comme un simple genre de la famille des Géraniacées- Pélargoniées, sont élevées au rang de famille par Eugler et Prantl, ainsi que par Le Maout et Decaisne; ces derniers botanistes ont divisé cette famille en deux genres : Tropœolum L. et Chymocarpus Don. — Les Tropaeolées vivent dans les régions montagneuses de l'Amérique ; on en observe 35 espèces disséminées depuis le Mexique jusqu'au Chili et 3 espèces locaflisées dans la partie septentrionale du Brésil. Beaucoup de Tropseolées sont cultivées comme plantes d'ornement (V. Capucine), d'autres servent à l'alimentation, soit par leurs fleurs et leurs jeunes fruits

TROP.EOLÉE — TROPHKUE — 426 —

consommés en guise de câpres (Tropœolum majus L. et Tropœolum minus L.), soit par leurs tubercules riches en fécule {Tropœolum tuUrosum "^mz et Pav.). W. R.

BiBL. : Benthaai et Hooker, Gênera, plantarum, I, pars 8. — Engler et Pbantl, Pflanzenfamilien, III, 4" fasc. — Le Maout et DECAiSxSfE, Flore élémentaire des jardins et des champs.

TROPE. I. Rhétorique. — On nomme tropes les différentes modifications que subissent les mots dans leur signification propre et primitive. Ils se distinguent des figures, appelées proprement figures de mots, en ce que « la figure de mots ne touche point à la pensée, tandis que le trope altère d'une manière plus ou moins profonde la pensée attachée aux mots, et c'est dans cette altération même qu'il consiste. Ils diffèrent des figures de pensée en ce sens que si l'on change les mots dans une phraséologie tropique, la figure s'évanouit, et que dans la figure de pensée elle demeure » (Chaignet). Les tropes n'affectent qu'un seul mot; mais la modification du sens ne se fait pas sentir dans le mot isolé ; elle n'est perçue que dans la suite du discours, grâce aux relations logiques que l'esprit établit entre le mot figuré et le mot propre auquel il se substitue ; ii y a d'ailleurs dans toutes les langues des tropes consacrés par l'usage. Les principaux tropes sont : V antonomase, V antiphrase, la catachrèse, Veuphémisme, Vhyperbole^ la litote (V. ces mots), et la métaphore, la métonymie, la métalepse, la synecdoque, dont nous donnons brièvement la définition. Par la métaphore on transporte la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans l'esprit; le sommeil étant comparé à un tombeau, on dira être enseveli dans le sommeil. La métonymie emploie un mot à la place d'un autre avec lequel il est généralement associé par le rapport de cause à effet, de contenant à contenu, etc. : aimer la bouteille pour le vin. La métalepse est une sorte de métonymie par laquelle on prend l'antécédent pour le conséquent, ou réciproquement : ils ont vécu pour ils sont morts. La synecdoque, enfin, substitue à un mot qui a une plus grande étendue un mot qui a une étendue moindre, par exemple : le singulier au pluriel, l'espèce au genre, la partie au tout, et réciproquement : dix mille âmes pour dix mille habitants, les mortels pour les hommes. On doit à Du Marsais un Traité des tropes. M. Î^eaudouin.

IL Musique ancienne (V. Musique, t. XXÎV, p. 606).

BiBL. : Chaignet, la Rhétorique et son histoire ; Paris,

TRO PEINE (Chim.). Oïl désigne sous le nom de tropéines toute une classe de corps formés J)ar union de la tropine avec les acides, cette unioh étant faite avec élimi-. nation d'eau. L'atropine, alcaloïde de la belladone, li'est qu'une tropéihe particulière ; la tropéine tropique fot'iiiée par union, avec élimination d'eaU, de la tropine et de l'acide tropique :

CisHi W + Ci^H^^AzO^ =: C^4H23Az06 + ^HO.

Les tropéines sont très nombreuses. Citons : là nitrotropéine, la benzoyltropéine , le cynnamyltropéine, le salicyltropéine, etc. JPresqaè tous les alcalis des solanées, excepté la nicotine et la solanine, sont des tropéines.

TROPÉOLÉE (M.) (V. tROP.«OLÉE).

TROPÉOLINE (Cliim.). Les tropéolines constituent une série de matières colorantes formées par les sels albalins d'acides aromatiqiies diazosiilfonés. Un grand nomtre de ces matières colorantes ont des nuances analogues à celles des fleurs de capucine (Tropœolum 7najus) : c'est là l'origine du mot tropéohne.

TROPHÉE. L Antiquité. — Au sens strict dii iiiot, le trophée (grec xpoTtaiov, latin tropœum ou tropheum) était un monument de victoire, élevé avec les armes prises siir l'ennemi, à l'endroit même ou avait commencé la dérouté (tpoTCrl), et en l'honneur d'un dieu à qui l'on attribuait le succès, Zeus Tropaios chez les Grecs, Jupiter Férétriu§ chez les Romains. Prihiitivemeiit, le trophée était uii tronc d'arbre, ou un simple pieu, auquel oii suspendait les armé^

conquises, et au pied duquel on entassait des débris du butin. Plus tard, ce fut souvent un véritable monumeril. Déjà, chez les Grecs, il est question de trophées eii pierre ou en bronze, comme celui que les Eléens, après leur victoire sur les Lacédémoniens, avaient élevé dans l'Altis d'Olympie. On peut considérer aussi comme des trophées ces statues de Niké, la déesse de la Victoire, qui étaient

Trophée de victoire (bas-relifef du Temple db Mars, à|Mérida).

nombreuses dans les grands sanctuaires, et dont plusieurs sont conservées. Mais c'est à Rome sUHout qiie se généralisa la coutume de consacrer par des monuinents de l'art les sUccès militaires. C'est la i'aisbn d'être dé ces arcs de triomphe, de ces énormes colonnes^ où sont figurés en bas-relief les incidents méniorables d'uhe bataille ou de toute une guerre. Cependant, jusque sur ces somptueux monuments, la ti^adiictiôn primitive s'est cdiiservée. Sur les bas-reliefs, au milieu des défilés ou des scènes de combat, sont représentés fréquemment dés trophées d'armes à l'ancienne mode : un tronc d'arbre, couvert d'iirie cuirasse, surmonté d'un casque, avec ùiié épée et un bouclier; souvent, au pied de l'arbre. Un amoncellement de butin, iitté Victoii*e, dés prisonniers enchaînés. Des trophées de ce genre apparaissent, non seulement sur les bas-reliefs historiques, mais sur des urnes eh niétal repoussé, sur des pierres gravées, sur des mohnaies. On décdt'ait àiissi de trophées en pierre certains édifices : témoin les trophées, dits de Marius, qui provieunent des niches d'un réset^voir de VAqua Jutia, et qui orheiit aujourd'hui, à Rome, la balustrade du palais des Conservateurs. P. Monceaux.

II. Art décoratif. — Motif de décoration, qui se compose d'armes groupées, reliées par des flots de rubans, et suspendues à une patère. Sculpté ou peint, cet orneniënt est une imitation libre des véritables trophéeë antiques. Déjà, dans certains bas-reliefs romains, seinarquait la teridaiice pùrenient ornementale ; chez les moderUès, le trëphée est devenu, de plus en plus, un simple rnbtif de décoration. Par exteriSiôn, on donne même îë nom de trophée à uU groupe quelconque d'attributs : trophée de chasse, d'iiisti-uménts de musique, etc. P. M.

TROPHIQUE (Anat. et PhysioL). Le système nerveux ne préside pas seulement à la motilité ou à la sensibilité, il joue encore Uri rôle énorme dans la nutrition des tissus. La section ou la maladie d'un nerf entraîne des troubles graves dans le dételoppemènt du membre auquel il se rend; souvent même les troubles de nutrition précèdent les troubles de la sensibilité et de la motilité ; c'est ainsi que, dans certaines névrites, la faiblesse constatée dans uri gi'oupe musculait-e est due directement à Tatrophlè des fibres musculaires, bien que ces dernières soient encore capables de se contracteb sous l'influence de la voldnté. Les troubles trophiqûes ne sont pas locahsés au système musculaire, la peau est souvent le siège d'affections, qui sont attribuables à des lésions nerveuses : telles les taches blanches, les vitiligo sur certaines régioiis du corps ; de nombreuses maladies cutanées n'ont pas d'autres causes. Si les névrites peuvent occasionner ces troubles, les lésions des fcentres nerveux les |)rbvbqueroht mietlx ëfacbt'e, et dans tout l'axe gris cérébro-spinal ëxiâtéiit des cëiitres ti-ophiques,

TROPHIQUE — TROPIQUE

dont les lésions amènent des troubles profonds dans la nutrition des tissus, en communications nerveuses avec ces centres, troubles qui, le plus fréquemment, se caractérisent par de l'atrophie, mais qui parfois aussi se manifestent par de l'hypertrophie des muscles innervés. C'est principalement les lésions des cornes antérieures de la moelle qui amènent ces troubles. Doit-on admettre cependant qu'il existe des centres trophiques véritablement distincts des autres centres médullaires? Il est plus probable que les fonctions si complexes du système nerveux dérivent les unes des autres et s'exercent dans un même groupement cellulaire. L'action trophique a pour conditions essentielles le maintien de l'action nerveuse par l'arrivée constante aux cellules des excitations pai'ties de la périphérie, cette activité provoque le tonus des tissus, indispensable à leur nutrition régulière ; le fait paraît démontré au moins pour certains cas. C'est ainsi qu'il suffit de couper les racines postérieures de la moelle, c.-à-d. les voies sensitives, en laissant intactes les racines antérieures ou motrices, pour amener l'atrophie. Quand les troubles trophiques ne sont pas accompagnés ou précédés par des troubles de la sensibilité, il faut admettre que les lésions portent surtout dans ce cas sur les voies centrifuges (névrites partielles) ou encore sont provoquées par une irritation directe des centres nerveux (sclérose, etc.) (V. Moelle, Nerf). J.-P. Lânglois.

TROPHONÉVROSE eagïale (Pathol.) (V. Aplâsie

LAMINEUSE PROGRESSIVE).

TROPHONIOS, divinité béotienne, sans doute identique à l'origine avec Zeus Cfithoriios (souterrain), détaché ensuite de la personnalité du dieu suprême pour devenir Un héros du riionde infernal. Il rendait des oracles au sein de la terre ; son sanctuaire était à Lêbadée cil il formait avec Déméter et Perséphdné un groupe dont le culte était administré par Hercyna, nymphe du ruisseau qui coulait aux poHes de la ville, elle-même divinité chtonienrie, identique à Orcina {Orcus = enfer). Pour d'autres, Trophonios né serait autre qu'Un Hermès souterrain, celili (}ui disposé des trésors enfouis et qui en fait J)art aux hoinhies. L'oracle de Lébadée passait pour être une émanation de celai d'Apollon à Delpheâ; il était en grand renom dès les guerres médiques. On lé consultait de préférence dans les cas de maladie, ce qui fit que Trophonios et Hercyna furent confondus avec Asclepios et Hygie. Le côté mystérieux de ce culte ne fut pas sans susciter les railleries des comiques et même les censures des philosophes ; cependant la superstition fut la plus forte, et la Descente chez Trophonios fit partie des pt-atiques les plus habituelles de la dévotion païenne jusque sous l'empire romain. On en peut voir le cérémonial détaillé chez Pausanias (IX, 3&et40). J.-À. Hild.

TROPHOSPERMË(Bot.).Synonymedepte^wi^«j(V.ce mot).

TROPIDONOTUS (ErpétoL). G^mv^ àQ Serpents coluhriformes, de la famille des Potamophilidœ. Les Tropidonotus ont la queue assez longue, la tète nettement séparée du cou, le corps revêtu d'écaillés fortement carénées ; les dents de la mâchoire supérieure forment une série non interrompue. Le type du genre est le Tropidonotus natrix, le dos et le haut des flancs sont d'un vert roussâtre foncé, avec des taches brunes irrégulières. Le dessous du corps est orné de taches disposées en damier, noires, alternant avec des taches quadrilatères jaunes; deux taches triangulaires d'un noir profond sont placées derrière un collier, jaune chez les mâles et blanchâtre chez les femelles. Cette forme habite l'Europe, l'Asie et le N.-O. de l'Afrique. Elle recherché les lieux humides, lés bords des étangs et des ruisseaux; pendant la mauvaise saison, elle se rapproche des habitations ; elle s'établit aussi dans les tas de fumier, dans la paille et dans les poulaillers. Elle Vit en bonne intelligence avec les animaux de basse-cour.

BiBL. : Sauvage, dans Brehm, éd. fi-aiïç. — Duméril et BiBRON, Erpét. génér.

TROPIDORHYNCHUS (Ornith.) (V. Philédon).

TROPINE. Form. S ^quiv C-H-AzO^

. Atom e^H^^Aze.

La tropine s'obtient par dédoublement avec fixation d'eau de l'atropine (alcaloïde de la belladone), sous l'influence de l'acide chlorhydrique :

&m^hli0^ -f- 2H0 = C^sH^oQe ^ Ci^H^^AzO^

Atropine Acide tropique Tropine

On chauffe en vase clos, pendant plusieurs heures, à une température voisine de 130*^ la tropine avec de l'acide chlorhydrique fumant. On sépare par distillation la tropine de l'acide tropique. La tropine est un corps cristallisé, fondant à 60^ et distillant sans décomposition audessus de 229". Elle est soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther ; l'évaporation de ses solutions alcoolique et aqueuse ne permet pas de l'obtenir cristallisée ; il faut, pour atteindre ce but, évaporer la solution éthérée.

Au point de Vue chimique, la tropine est ilrt corps basique ; sa solution aqueuse bleuit le tournesol. Elle s'unit aux acides pour former des sels en général bien cristallisés. Le picrate de tropine est constitué par de belles aiguilles de couleur jaune. Le chlorhydrate s'unit au chlorure de platine pour former un chlorure double se présentant en grands cristaux rouge ôraUgé dérivant du système cubique. Mise en contact avec l'iodure de méthyle, la tropine donne l'iodhydrate d'éthyle-tropine, masse blanche cristalline qui, transformée en chlorhydrate, puis traitée par loxyde d'argent, donne l'étliyle-tropine, substance amorphe, douée dé propriétés basiques énergiques. Chauffée aux environs de iSO*' avec un inélange d'acide chlorhydrique fumant et d'acide acétique cristallisable, la tropine perd de l'eau et se transforme eh une nouvelle base, la tropidirie, C^^H^^^z .•

Ci6Hi5Az20 - 2H0 H-C^^H^^Az.

La tropidine est un liquide bouillant à 163°, miscible avec l'eau. Elle possède de fortes propriétés basiques ; elle se combine avec les acides pour former des séls. En mêlant les solutions concentrées de chlorhydrate de tropidine et de chlorure de platine, on obtient le chldrure double, sous forme de beaux cristaux prismatiques dimorphes. La tropine tie s'unit pas seulement à l'acide chlorhydrique pour former l'àtropinë, elle s'unit encore avec d'autres acides, donnant naissance à toute utie classe de composés qu'on appelle les tropéines. A. BouzAt.

TROPIQUE (Astroîl. étGéogr.). Onapîielle tropiques, en astronomie, aetix cercles de la sphère céleste parallèles à l'équateur et situés symétriquerhént de part et d'autre de celui-ci, à la distance de 23«27'27''',24. Leur nom, qui signifie, en grec, retourner*; leur vient de ce que le soleil, qui, le jour des solstices, parait les parcourir dans sa rotation diurne, s'en éloigne ensuite t)our revenir vers l'équateur, et l'on dénomme plus particulièrement tropique du Cancer celui qui est dans l'hémisphère boréal, tropique du Capricorne celui qui est dans l'hémisphère austral, ces deux dernières appellations correspondant respectivement aux deux signes du zodiaque (V. Cancer et Capricorne), dans lesquels le soleil entre aux solstices d'été et d'hiver. — En géographie et par analogie, on donné également les noms de tropique du Cancer et dé tropique du Capr^icorne à deux cercles qu'on suppose tracés de part et d'autre de l'équateur et qui se confondent, le premier, avec le parallèle 23** 27' 27^^24 N., le second avec le même parallèle S. Ils délimitent h zone tropicale où zone tor ride, qui offre cette particularité que toiis ses points voient passer le soleil au zénith un jour par an : c'est le jour du solstice d'été pour leà points situés sous le tropique du Cancer. Enfin, on appelle année tropique ou solaire l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux retours consécutifs du soleil à l'équinoxë dû priritëm|)s (365j5H8^^4B%5) , révolution tropique le temps que met la lune pour revenir à une ihêhie longitude (^i7J7H3"^4s7)

TROPIQUE - TROTTI — 428

TROPIQUE (Acide). Form. | Ji";;;;;; S/oe':

L'acide tropique, qu'on appelle aussi acide phénylhydracrylique a ou acide phényllpropanoloique, est un produit de dédoublement de l'atropine. Il se forme quand on chauffe de l'atropine avec de l'eau de baryte vers QQ^, on vers 430° avec de l'acide chlorhydrique fumant :

Atropine Ac. tropique Tropine

Il se fait à la fois de l'acide tropique et de la tropine. L'acide tropique constitue des cristaux lamellaires, incolores, peu solubles dans l'eau, très solubles dans l'alcool et dans l'éther. Chauffés, ces cristaux fondent à 448°; mais ils se décomposent avant de se volatiliser. L'acide tropique est un acide monobasique ; ses sels sont en général bien cristallisés. Le sel d'argent est peu soluble. En traitant ce tropate d'argent par l'iodure d'éthyle, on obtient le tropate d'éthyle, masse sirupeuse incristallisable. Soumis à l'action du perchlorure de phosphate, l'acide tropique se change en chlorhydrine tropique, substance qui se présente en fines aiguilles incolores, fondant à 85°. Quand on traite pendant longtemps de l'acide tropique par de l'eau de baryte, il se déshydrate et donne naissance à un composé nouveau, l'acide atropique, isomère de l'acide cinnamique : C18H1006 — C^SH^O* + 2H0.

Ac. tropique Ac. atropique

Si, au lieu d'employer l'eau de baryte, on emploie l'acide chlorhydrique à la température de 440°, la réaction qui se produit est tout à fait analogue ; au lieu d'acide tropique, il se fait seulement un autre isomère, l'acide isatropique : C^^H^O^. Inversement, en hydratant l'acide atropique, on obtient l'acide tropique. L'hydratation se fait par l'action de l'acide hypochloreux, qui donne l'acide chlorotropique :

(;;i8H804 ^ CIO, HO = Ci8H9C10^

et par l'action de l'amalgame de sodium en présence de l'eau sur l'acide chlorotropique, ce qui donne l'acide tropique :

CiSH^ClO^ + H2 — C^SHiooe + HCl.

La synthèse des acides atropique et tropique a été faite par plusieurs procédés : le problème de cette synthèse est le même pour les deux acides, puisqu'il est facile de passer de l'un à l'autre. L'acide atropique peut se former par fixation des éléments de l'oxyde de carbone sur l'acétophénone C^^H^O^ (Ladenburg) :

CiGH802 + 2C0=:Ci8H804.

Il suffit de traiter par l'acide cyanhydrique, puis par l'acide chlorhydrique à l'ébuUition. On peut encore obtenir synthétiquement l'acide atropique en versant lentement de l'acide chlorhydrique concentré dans un mélange de cyanure de potassium et de méthylbenzoyle, ce qui donne la cyanhydrine de méthylbenzoyle ; cette dernière, traitée par l'acide chlorhydrique à 430°, donne l'acide chlorhydratropique qui, soumis à l'ébuUition avec de la lessive de soude, perd de l'acide chlorhydrique et se transforme en acide tropique. A. Bouzat.

TROPLONG (Raymond-Théodore), jurisconsulte français, né à Saint-Gaudens le 8 oct. 4795, mort à Paris le 2 mars 4869. Il fut substitut à Sartène (4849), à Corte et à Bastia (4820), à Alençon (4822), avocat général à Bastia (4823) et à la cour de Nancy (4825), où il passa président de chambre (4832). Conseiller à la Cour de cassation en 4835, membre de l'Académie des sciences morales (4840), pair de France en 4846, il devint premier président de la cour d'appel de Paris (4843). L'avènement du régime impérial lui valut la présidence du Sénat (4852), et la succession de Portails, la première présidence de la Cour de cassation . Esprit essentiellement autoritaire ,Troplong défendit, en toute occasion, de sa parole et de sa plume, le gouver-

nement impérial, au rétablissement duquel il avait conclu, en qualité de rapporteur, devant le Sénat (6 déc. 4852). Son œuvre la plus remarquable est la belle série de traités publiée sous le titre général de ': Droit civil français suivant V ordre des articles du code, depuis et y compris le titre de la vente (Paris, 27 vol. in-8). Le succès obtenu par cette vaste publication fut considérable. L'auteur s'y révèle à la fois érudit, brillant écrivain, penseur de grande envergure. Les préfaces qui précèdent chaque volume font honneur au philosophe et à l'historien. On a pu reprocher toutefois à cet ouvrage une certaine absence de méthode et plusieurs inexactitudes doctrinales qui lui ont fait perdre, devant les tribunaux, beaucoup de son autorité. Troplong a laissé encore : J)e rinfluencedu christianisme sur le droit civil des Romains (Paris, 4843, in-8) ; Du Pouvoir de VEtat sur V enseignement, diaprés V ancien droit public (4844, in-8); De la Propriété (1848, in-8), etc., sans parler de nombreux articles parus dans les revues de droit, et de quelques écrits politiques. C. Cheuvreux.

BiBL. : TissERON, le Sénat — Moniteur universel. — Revue contemporaine, 30 nov. 1860.

TROPPAU (tchèque Opawa). Ville d'Autriche, ch.-l. delà prov. de Silésie, sur l'Oppa; 27.940 hab. presque tous Allemands. On y fabrique du sucre, des liqueurs, des machines, des toiles, des lainages, etc. Du 20 oct. au 20 déc. 4820, siégedile congrès de Troppau où les monarques européens s'entendirent pour réprimer les tendances libérales au nom de la Sainte Alliance. L'ancienne principauté de Troppau est depuis 4745 divisée entre la Prusse et l'Autriche.

TROPPMANN (Jean-Baptiste) , assassin célèbre, né à Cernay (Haut-Rhin), exécuté à Paris le 49 janv. 4870. Mécanicien habile, il se lia à Roubaix avec un autre mécanicien, JeanKinck, qui possédait une petite fortune. Il décida de dépouiller son ami et de passer en Amérique. A l'aide de combinaisons embrouillées, il l'emmena en Alsace ou il l'empoisonna. Puis il attira la veuve Kinck et ses six enfants à Paris, les emmena dans un endroit désert de la commune de Pantin où il les assassina et les enterra dans une fosse creusée à l'avance. Le crime était découvert le 20 sept. 4869 et produisait dans toute la France une immense sensation. L'assassin était arrêté le 23 au Havre où, sous le nom de Fisch, il cherchait à négocier son passage en Amérique. Il révéla bientôt son véritable nom, et après avoir essayé de rejeter le crime sur Kinck père, qui était naturellement introuvable, il avoua pleinement son forfait. Il comparut devant la cour d'assises de la Seine le 28 déc. 4869 et, condamné à mort, fut décapité.

BiBL. : D'- Bertrand, Etude médico-légale sur Troppmann; Paris, 1870, in-4.

TROQUE (Malacol.) (V. Trochus).

TROSCART (Bot.) (V. Triglochin).

TROSLY-Breuil. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. d'Attichy ; 698 hab. Fabr. de jouets d'enfants.

TROSLY-LoiRE. Com. du dép. de l'Aisne, arr. deLaon, cant. de Coucy-le-Château ; 834 hab, Sucrerie.

BiBL. : Martin-Marville, Trosly-Loire ou le Trosly des conciles; Noyon, 1869, in-B".

TROT (Zootechn.) (V. Allure).

TROTTI (Il Cavalière Giovanni-Battista, surnommé Malosso), peintre italien, né à Crémone en 4555, mort après 4644. Elève de Bernardino Campi, il abandonna de bonne heure la manière de son maître et s'attacha spécialement à l'étude du Corrège et de Sojaro. Les qualités distinctives de la peinture de Trotti ont été influencées directement par cette discipline ; la gentillesse, l'éclat, la gaieté de son style en procèdent ; ses têtes de femmes sont particulièrement gacieuses. Ce que l'on reproche à Trotti, c'est sa couleur claire, à la manière de la porcelaine, et la monotonie de la pose chez ses personnages. On possède de lui, dans l'église Saint-Dominique à Crémone, une Décollation de saint Jean- Baptiste, et à

TROTTI --- TROUILLOT

la cathédrale de la même ville un Christ en croix avec des saints (excellent tableau à la manière vénitienne) et dans réglise Saint-François, à Plaisance, une Conceptioîi ; à la Brera de Milan, une Descente de croix. Trotti a peint de belles fresques, d'une couleur vigoureuse, dans le palais Giardino à Parme et d'autres à San Abbondio (sur des dessins de Giulio Campi). L'atelier de Trotti compta beaucoup d'élèves qu'il forma.

TROTTI DE La Chétardje, écrivain français (V. CiiÉtardie).

TROTTOIR. L Voirie (V. Route, Rue, Voirie).

IL Trottoir roulant. — Le ti^ottoir roulant ou plateforme mobile est un chemin de fer circulaire composé d'un train unique, qui a la même longueur que la voie elle-même et qui est animé d'un mouvement continu. Il permet le transport simultané, à une allure modérée, d'un nombre à peu près infini de personnes entre deux points quelconques de son parcours. La première application en a été faite à l'exposition de Chicago, en 4893. Elle a été renouvelée, avec un plein succès, à l'exposition de Berlin, en 1896, et à celle de Paris, en 1900. La plateforme qui fonctionnait à cette dernière exposition et qui ne différait pas, du reste, comme principe, des deux précédentes, mais qui présentait un développement beaucoup plus considérable, faisait le tour du quartier limité par le Champ -de-Mars, la Seine, l'esplanade des Invalides et l'avenue de la Motte-Piquet (longueur totale, 3.400 m.). Elle se composait, en réalité, de trois trottoirs régnant, juxtaposés, sur toute la longueur du circuit : un trottoir fixe et deux trottoirs mobiles. Le trottoir fixe avait 4 m. de largeur. Il occupait la circonférence extérieure. Le premier trottoir mobile était médian : il avait O'^jSO de largeur et se trouvait animé d'une vitesse moyenne de 4'^^\25 à l'heure. Le deuxième trottoir mobile, de 2 m. de largeur et d'une vitesse de marche de 8^^\5, formait le pourtour intérieur. La personne qui voulait se faire transporter passait d'abord du trottoir fixe au premier trottoir mobile, en faisant un pas dans le sens du système et en s 'aidant, au besoin, de piquets fixes plantés tous les 6 mètres, puis, du premier trottoir mobile au second, de façon identique. La différence de vitesse à peine égale, pour chaque passage, à celle d'un homme à pas, rendait très facile et sans danger aucun cette petite gymnastique, à laquelle, pendant cinq mois, les visiteurs de l'Exposition ont pris grand plaisir. Le mécanisme de marche était, d'ailleurs, fort simple. Les deux trottoirs mobiles étaient formés d'une série de trucks aux extrémités arrondies, qui s'emboîtaient successivement l'un dans l'autre et, grâce à cette disposition, pouvaient passer, sans que le plancher cessât d'être continu, par des courbes de 40 m. de rayon maximum. Sous chaque élément était un rail faisant corps avec lui et relié à celui qui lui faisait suite par une articulation à axe vertical, de façon à pouvoir prendre les mêmes sinuosités que le plancher luimême. Ces rails roulaient sur des galets moteurs disposés de 22"^,66 en 22^^\66 et ayant 0«^,36 de diamètre pour le trottoir de faible vitesse, 0^,70 pour le trottoir le plus rapide ; un courant électrique leur communiquait le mouvement de rotation. L'adhérence était produite par le poids de la plate-forme, calculé en conséquence, et, afin que le contact se fit toujours à une même pression, afin aussi de rattraper le manque d'horizontalité qui pouvait exister dans les rails, les galets moteurs étaient montés sur des bâtis à ressort. La stabilité était complétée pour chaque trottoir par deux autres séries de petits galets, qui étaient fixés, ceux-là, au plancher et qui roulaient sur deux rails fixes encadrant la voie principale et en ayant la forme générale. L'ensemble, porté par des traverses en bois, était élevé sur un viaduc métallique, dont les piles étaient également en bois de façon à amortir les vibrations. L'énergie électrique était fournie par une station centrale d'électricité qui envoyait un courant, à 5,000 volts, à une sous-station de transformation, où il

était reçu par un moteur asynchrone, à courants triphasés de 600 kilowatts, actionnant une dynamo à courants continus à 500 volts qui alimentaient les 450 galets de chaque trottoir. Malgré le nombre considérable de visiteurs qui employèrent le trottoir roulant, la recette (0 fr. 50 par personne) ne put couvrir les frais d'établissement, qui avaient été considérables, et la société d'exploitation est tombée en déconfiture.

TROU. I. Anatomie (V. Crâne).

IL Fortification. — Trou de loup (V. Défense).

TROUAN-le-Crand. Com. du dép. de l'Aube, arr. d'Arcis-sur-Aube, cant. de Ramerupt; 190 hab.

TROUAN-le-Petit. Com. du dép. de l'Aube, arr. d'Arcis-sur-Aube, cant. de Ramerupt ; 412 hab.

TROUBADOUR (V. Provençale [Littérature]).

TROU BAT. Com. du dép. des Hautes- Pyrénées, arr. de Ragnères-de-Bigorre, cant. de Mauléon-Barousse : 214 hab.

TROU BAT (Jules- Auguste), littérateur français, né à Montpellier en 4836. 11 fit ses études au lycée de cette ville. A l'âge de vingt-deux ans, en 4868, à la suite de l'attentat d'Orsini, il fut condamné à trois mois de prison pour apologie de fait qualifié crime. Libre, il vint à Paris, collabora au iournal l'Artiste, et, en 4861, devint, sur la recommandation de Champfleury, secrétaire de Sainte- Reuve : il resta auprès de lui jusqu'à sa mort, en 4869. De 4871 à 1875, il remplit les fonctions de secrétaire à la librairie Michel Lévy et, en même temps, publia, avec préface et commentaire, les œuvres posthumes de Sainte- Beuve. En 4879, il fut nommé bibHothécaire du palais de Compiègne et, en 4887, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. Il a pubhé, outre les Souvenirs et indiscrétions, faussement attribués à Sainte-Beuve : Plume et Pinceau (1878); le Blason de la Révolution (1883); Petits étés de la cinquantaine (1886) ; Notes et Pensées ( 1 888); Souvenirs du dernier secrétaire de Sainte- Beuve (4889). A. Bayet.

TROÙBEZKOL Famille princière russe, originaire de Lithuanie (ville de Troubtchevsk, gouvernement de Tchernigov); elle paraît descendre du grand-duc de Lithuanie, Olgerd, père de Jagellon, roi de Pologne. Les principaux membres sont : 4^ le prince Dimitri Troubezkoï, intrépide défenseur de la patrie contre les Polonais au xvii*^ siècle ; il refusa d'être élu tsar après l'expulsion des Polonais et laissa nommer, le 24 févr. 4643, Michel Romanov, qu'il appuya toujours; 2« Alexis NiJdtitchTrovihez' koï qui conclut avec l'hetman des Cosaques, Chmielnitzki, le traité de 4659 qui termina la guerre civile dans l'Ukraine ; 3*' le prince Basile Sergiéevitch Troubezkoï, né en 4773, mort en 4841 , aide de camp de. l'empereur Alexandre pendant les campagnes de l'Empire, et membre du Conseil de l'Empire ; 4« le prince Serge Troubezkoï, mort en 1 861 , l'un des chefs de la conspiration de 1825 ; exilé en Sibérie, il fut gracié à l'avènement d'Alexandre II ; 5^ le prince Pierre Troubezkoï, qui prit part à la guerre de Pologne en 4834, fut gouverneur de Smolensk, nommé lieutenant général en 4844, membre du Sénat à Saint- Pétersbourg.

TROUBLE (Pêche) (V. Truble).

TROUHANS. Com. du dép. de la Gùte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Saint-Jean-de-Losne ; 743 hab.Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

TROU HAUT. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Saint-Seine-l' Abbaye ; 245 hab.

TROUILLAS. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. de Perpignan, cant. de Thuir ; 4.472 hab. Vignobles du Mas-Deu (ancienne commanderie de Templiers).

TROUILLE (Techn.) (V. Tourteau).

TROUILLOT (Georges), homme politique français, né à Champagnole (Jura) le 7 mai 4854. Avocat renommé à Lons-le-Saunier, il se jeta de bonne heure dans la politique, collabora à divers journaux républicains, fonda V Union républicaine du Jura, etc. Elu député de l'arr.

TROUILLOT — TROUPEAU

de Lons-le-Saunier, en 4889, il prit une part active aux débats d'affaires et, au point de Vue purement politique, fut l'adversaire décidé de toute scission entre les diverses fractions du parti républicain, et notamment d'une alliance des modérés avec la droite. Il fut un des principaux facteurs de la chute du cabinet Méline qui pratiquait cette politique (14 juin 4898) et devint, dans le cabinet Brisson, ministre des colonies (28 juin-4«^ nov. 4898). Il avait été réélu à une très grosse majorité le 8 mai 4898. Rapporteur du grand projet de loi sur le droit d'association (4900), il prit une part importante aux débats passionnés qu'il suscita en 4904.

TROULEY-Labarthe. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Rabastens ; 444 hab. TROUPE (Enfants de) (V. Enfant, t. XV, p. 4046). Troupes d'adminiftration. — Sous la désignation générale de troupes d'administration, on groupe, par opposition aux armes combattantes (infanterie, cavalerie, artillerie, etc.), les différentes troupes non combattantes chargées d'assurer, en temps de paix et en temps de guerre, les services d'état-major, du recrutement, de l'intendance, des subsistances, de l'habillement, du campement, des hôpitaux. Elles comprennent: 4<* les 24 sections de secrétaires d^ état-major et du recrutement (V. Secrétaire, t. KXIX, p. mï) ; 2« les 25 sections de commis et ouvriers militaires d'administration (V. Ouvrier, t. XXV, p. 745) ; les 25 sections d'infirmiers militaires (V. Infirmier, t. XX, p. 782). Ces dernières sont aussi quelquefois rangées à part. Les sections de secrétaires ont à leur tête les commandants des bureaux de recrutement, les sections de commis et ouvriers et d'infirmiers des officiers d'administration (V. Administration, t. I, p. 602, et Officier, t. XXV, p. 285). L'effectif total de paix des troupes d'administration est de 46.000 sous-officiers et soldats et de 445 officiers seulement; chaque section n'a, en effet, qu'un ou deux officiers, et le plus grand nombre des officiers d'administration n'exercent aucun commandement.

TROUPEAU (Econ. rur.). On donne, d'une manière générale, le nom de troupeau à une réunion plus ou moins nombreuse d'animaux, mais sans désignation spéciale ; ce terme s'applique particulièrement aux groupes d'ovidés. L'administration de ces derniers nous intéresse spécialement ici ; elle est surtout subordonnée au choix du berger (V. ce mot) ; ce dernier a entre les mains un capital de très grande valeur qu'il ne peut mettre à profit que s'il aime son métier, s'il est probe et intelligent ; le propriétaire ne saurait trop l'associer à ses intérêts et stipuler à son profit, en plus du salaire fixe, une part dans tous les produits. « Son propre intérêt est ainsi garant de son activité » (Sanson) ; il faut lui laisser aussi le choix de ses chiens de conduite et de garde (V. Chien). Les troupeaux sont administrés de deux façons, en envisageant comme revenu principal, en plus de la production de la laine, soit la production de béliers à vendre ou à louer pour la lutte, soit la production de sujets à vendre aux engraisseurs ou aux bouchers après un engraissement opéré sur l'exploitation même ; les premiers troupeaux {troupeaux de souche, établissements de béliers) ne se présentent, tout au moins en France, qu'à titre exceptionnel. Les seconds, de beaucoup les plus nombreux, comprennent des béliers (mâles faisant la lutte), des brebis, mères ou portières (femelles en état de produire), des agneaux et agnelles (jeunes de l'année), des antenois et antenoises (sujets de seconde année), et, enfin, des moutons (mâles émasculés) ; les uns et les autres doivent être renouvelés, autant que possible, aussitôt qu'ils ont atteint leur maximum de croissance (exception est à faire pour les béliers d'élite), en maintenant le troupeau à son effectif normal ; le berger soigneux connaît tous les individus de son troupeau, il est bon cependant, pour la vérification du renouvellement, de marquer tous les sujets d'un numéro d'ordre dès

après leur sevrage : le numérotage sur les oreilles, par entailles et trous, suivant une clé convenue d'avance, est le plus pratique ; de plus, il est bon d'immatriculer tous les sujets sur un livret spécial avec toutes les indications particulières qui les concernent.

La question de l'entretien du troupeau a encore une importance capitale ; sous ce rapport, une distinction serait à établir, suivant que le troupeau vit exclusivement (Répubhque Argentine, Algérie, Europe méridionale) au dehors, ou qu'il est soumis, par suite des rigueurs du climat, à un régime mixte ; ce second mode d'entretien, le plus complexe, concerne les troupeaux de l'Europe tempérée, et, en particulier, les troupeaux français presque en totalité ; il comprend une période d'été passée au pâturage et une période d'hivernage.

i"" Pâturage, Les pâturages élevés sur terrain sec et perméable conviennent avant tout pour le mouton (sol crayeux de la Champagne, terrains oolithiques de la Bourgogne, plateaux calcaires des Causses, calcaires alpins, plaines à sous-sol calcaire de la Beauce, du Gâtinais, etc.) ; les pâtures de montagne et des hautes causses viennent ensuite; à l'automne et au premier prin- ' temps, on peut aussi faire pâturer, quelquefois utilement, dans certains terrains légers, les chaumes de céréales et les prairies. Il est impossible de fixer à priori le nombre de moutons à mettre sur les pâturages ; on a d'ailleurs, sur ce sujet, dans chaque région, des données locales fournies par l'expérience, et cette dernière indique que, au pâturage, comme à la bergerie, c'est l'alirnentation au maximum qui est la plus profitable. « Il faut que chaque individu s'y remplisse la panse deux fois par jour en y séjournant environ trois heures chaque fois » (Sanson). L'aménagement bien entendu du pâturage permet aussi d'augmenter beaucoup les ressources ; il est bon de ménager des réserves et de ne pas trop surcharger les différentes divisions ; de plus, il est à conseiller d'attribuer, d'après Lefour : 4« aux agneaux, les pâtures les plus rapprochées, ayant une herbe courte et épaisse, d'une digestion facile ; ces prairies doivent encore être situées sur un sol sain, pas trop sec cependant ; 2*^ aux béliers et aux mères, un pâturage rapproché et assez riche et salubre, pour les mères surtout ; 3° aux agneaux gris et aux antenais, des prairies passables, assez éloignées, sur terrain sec, ayant une herbe courte et nourrissante, on y mettra également les moutons qui auraient besoin de se refaire ; 4° aux moutons en période de croissance, les moins bons pâturages et les plus éloignés ; enfin aux moutons en période d'engraissement et aux brebis n'ayant pas porté, les prairies grasses et humides. Le nombre des têtes par troupeau est naturellement subordonné à une foule de conditions ; il ne doit pas descendre au-dessous de 450 ni s'élever, dans nos pays où la division du sol, même dans les régions pastorales, est poussée très loin, au delà de 400 à 500- L'époque du pâturage varie évidemment suivant le climat ; dans le S. de l'Europe et dans les régions septentrionales à température douce (Angleterre), les moutons ne rentrent que peu de temps à la bergerie ; dans le centre de l'Europe et dans la plus grande partie de la France, la période d'hivernage est plus prolongée ; dans tous les cas, le pâturage ne commence sérieusement qu'au printemps, en mars, et, plus fréquemment, en avril ; il dure jusqu'au milieu et même à la fin de novembre ; il doit être conduit avec le plus grand soin par le berger qui, pendant le milieu de la journée, doit faire reposer et même conduire son troupeau sous des abris naturels ou sous des hangars. Ce sujet nous conduit à parler de la transhumance des troupeaux, mode d'entretien très suivi dans l'Europe méridionale et, en particulier, dans le S.-O. et le S.-E. de la France, où les étés sont chauds et secs ; il consiste à faire émi^rer, à une certaine époque, les troupeaux vers la montagne où ils trouvent, moyennant une faible redevance, la nourriture que leur refuse la plaine ; ce système a été condamné par quelques au-

TROUPEAU — ÏROUY

teurs comme provoquant, par suite de la destruction du gazonnement, des inondations, et comme nuisible à T amélioration des troupeaux et à l'agriculture des plaines. D'autres auteurs, Sanson entre autres, ont fait remarquer que la conservation des gazons n'est nullement incompatible avec le pâturage bien conduit, et que, d'autre part, la transhumance, là où elle est en usage, est le seul moyen économique et zootechnique d'assurer l'existence des troupeaux pendant l'été, elle ne saurait donc être condamnée, au moins de façon absolue.

2** Hivernage. Cette période passée à la bergerie (V. Mouton et Bâtiment) constitue souvent une dure épreuve pour les troupeaux qui, par une économie mal comprise, sont alimentés de façon trop parcimonieuse, en maintenant tout juste les sujets en vie ; ceux-ci dépérissent fréquemment, ils éprouvent un arrêt notable dans leur croissance et sont prédisposés à de graves maladies (V. Charbon). L'observation absolue des règles indiquées précédemment (V. Alimentation, Mouton) s'impose pour la réglementation du régime alimentaire à la bergerie, régime qui doit être aussi copieux et aussi riche que possible ; mieux vaut toujours réduire la population de la bergerie que de nourrir le mouton de façon insuffisante et irrationnelle (Cf. aussi les art. Lait, Feomage, Laine, Toison, etc.). J. Troude.

BiBL. : Aîinales de VInst. nat. atgron.; Paris, 1897 etsuiv. ~ Daubenton, Instructions -pour les bergers et pour les propriétaires de troupeaux. — Daireaux, iindûstrie pastorale dans la République Argentine ; Pans, 1889.— Magne, la Connaissance générale du mouton. — Malingié, Considérations sur les bêtes à i!azne ; Paris, 1881. — Mentzel, Elevage du mouton. ~ Nathuzius, î)er Schafzucht. — Sanson, Traité de zootechnie; Paris, 1878, t. V. ~ Du môme, le Mérinos amélioré; Paris, 1866. — H. Stewart, The Sheperd's Manual; Chicago, 1897. — Wolff et Damseaux, Alimentation rationnelle des animaux domestiques ; Paris, 1«76.

TROUPIALE (Ornith.) (V. Agelaius).

TROUSSE. L Chirurgie. — On appelle trousse la réunion dans une boîte ou une pochette d'une série d'instruments. La trousse des médecins contient les instruments d'urgence les plus usuels. On connaît des trousses de gynécologie, d'oculislique, d'otiatrique, etc.

IL Mines (V. Fonçage et Puits).

trousse-Galant (Pathol.) (V. Choléra nostras).

TROUSSEAU (Armand), célèbre cUnicien français, né à Tours le d4 oct. 1801, mort à Paris le 25 juin 1867. Elève de Bretonneau à Tours, il vint terminer ses études à Paris, fut reçu docteur en 1825, agrégé en 1826, et, en 1828 chargé parle gouvernement d'étudier les épidémies du Midi, il prit part aux travaux de la commission de la fièvre jaune ; en 1831, il fut reçu médecin des hôpitaux et suppléa Récamier à FHôtel-Dieu. En 1837, l'Académie de médecine lui décerna son grand prix pour le Traité pratique de la phtisie laryngée, de la laryngite chronique et des maladies de la voix (Paris, in-8 ; trad. en allem. et en angl.). En 1839, il passa à l'hôpital Saint- Antoine, puis obtint, après un brillant concours, la chaire de thérapeutique à la Faculté, passa en 1850 à la chaire de chnique de 1 Hôtel- Dieu qu'il illustra, et devint, en 1856, membre de l'Académie de médecine. En 1848, Trousseau a joué un rôle politique et a été membre du £orps législatif. Ouvrages principaux : Traité élémentaire de thérapeutique..., avec H. Pi doux (Paris, 1835-39, 2 vol. gr. in-8; 8^ éd., 1868-70; trad. en angl., ital. et esp.); Nouvelles recherches sur la trachéotomie pratiquée dans le croup (Paris, 1851, in-8); Bu tubage de la glotte et de la trachéotomie (Paris, 1851, in-8); Sur la fièvre typhoïde (Paris, 1856, in-8); Clinique médicale de r Hôtel-Dieu de Paris (Paris, 186i , 2 vol. in-8; 3® vol. publié après sa mort; 9® éd., 1898, 3 vol. in-8); très nombreux articles dans les Archives gén. de méde cine et les autres journaux médicaux.

Hôpital Trousseau. — Hôpital de Paris fondé en 1660, rue de Charenton, pard'Aligre, et d'abord affecté vers 1670 au service des enfants trouvés et des orphelins,

puis consacré sous le nom d'Hôpital Sainte-Marguerite, en 184H, aux enfants malades des deux sexes, âgés de deux à quinze ans. En 1854, il reçut le nom de Hôpital Sainte-Eugénie et ne prit sa dénomination actuelle qu'en 1880, époque de sa laïcisation. H a été remplacé par trois nouveauxhôpitaux d'enfants, plus petits, construits d'après les données de l'hygiène moderne : ce sont les hôpitaux Trousseau, Bretonneau QiHérold. — Le nouvel hôpital Trousseau, ouvert en avr. 1901, est situé rue Michel- Bizot ; il a une superficie de près de 2 hect. et a coûté 2.140.000 fr. Il possède 234 lits. D^ L. Hn.

TROUSSENCOURT. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Breteuil ; 423 hab.

TROUSSEQUIN, TRUSQUIN (Techn.). Outil qu'emploient les menuisiers pour tracer des lignes parallèles au bord d'une planche. H se compose d'une planchette que traverse à frottement une tige carrée portant latéralement une pointe. Pour s'en servir on enfonce plus ou moins la tige et on fait glisser la planchette le long du bord de la planche. — On désigne encore sous le nom de troussequin une pièce de bois cintrée qui s'élève sur le derrière d'une selle, comme les arçons s'élèvent sur le devant (V. Selle). Les Arabes, les Cosaques et les Turcs ont des selles à troussequins très élevés.

TROUSSEY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Commercy, cant. de Void ; 562 hab.

TROUSSURES. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. d'Auneuil ; 171 hab.

TROUVANS. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baumeles-Dames, cant. de Bougemont ; 94 hab.

TROUVÈRE (V. France, § Littérature, Jongleur et Ménestrel).

TROUVILLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure arr. du Havre, cant. de Bolbec ; 585 hab. '

TROUVILLE-la-Haule. Com. du dép. de l'Eure arr de Pont-Audemer, cant. de Quillebœuf ; 640 hab. '

TROUVILLE~sur-Mer. Ch.-l. de cant. du dép*. du Calvados, arr, de Pont-Lévêque, à l'embouchure et sur la rive dr. de la Touques, qui le sépare de Deauville (V. ce mot); 6.264 hab.(aggl. 5.637). Terminus d'un embranchement du chem. de fer de l'Ouest. Un service de paquebots le rehe au Havre, àHonlleur et à Caen. Située au S. de l'estuaire de la Seine, Trouville est une des plus grandes et des plus élégantes villes françaises de bains de mer, l'un des centres des groupements mondains en juillet et août.

Le port de Trouville-Deauviile, auquel mène un chenal extérieur de 500 m. de long, s'étend sur plus de 8 hect. ; il est fort bon. Le mouvement général de la navigation a été en 1899, de i .782 navires et 139.282 tonneaux. Il n'est fréquenté que par des navires étrangers, presque tous anglais, et par quelques caboteurs et barques de pêche. On importe de la houille, des ciments, des matériaux, du cidre, du bétail. La magnifique plage de sable de Trouville- Deauviile, encadrée de hautes falaises et dominée par des collines verdoyantes dont les pâturages arrivent jusqu'à la mer, fut mise à la mode par quelques artistes qui attirèrent des baigneurs dans ce village de pêcheurs. En été, la population dépasse 15.000 personnes, et au moment des courses de Deauville, en août, Trouville prend l'aspect des quartiers mondains de Paris. On y trouve réunis le confort et le. luxe. Les fontaines et les maisons sont alimentées par l'abondante source de la Pierre-Azis. Les principaux édifices sont : le casino, avec son grand salon magnifiquement décoré ; le chalet Cordier, avec sa collection artistique ; le vaste hôtel des Roches-INoires etc BiBL. : AuBER, Notice sur Trouville-les-Bains, 1851 iiSROT DE Mero.xb, TrouvUle et ses environs 186^ — Arnouo, Notice sur le port de Trouville, dans Ports maritimes de France, t. ÎI, p. 1376. - Direction générale des douanes, année 1899, 1900. — Ch. Lenthéric Côtes et ports franc, de la Manche, dans Revue des Deux Mondes, 15 .]uil. et l^f août 1901.

TROUY. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourses cant de Levet ; 683 hab.

TtlOWBRIDGË — TRÔYES

TROWBRIDGE. Ville d'Angleterre, comté de Wilts; 11.717 hab. en 1891. Eglise gothique du xv* sièele. Draps et toiles.

TROX (Entom.). Genre de Coléoptères Pentanières, de la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides arénicoles, caractérisé par les antennes de dix articles, les mandibules dépassant le chaperon, les yeux entiers, le corps ovale, très convexe, le corselet bossue et sillonné, les élytres recouvrant entièrement l'abdomen dont les segments sont au nombre de cinq et le pygidium caché. Les Trox vivent dans les matières animales desséchées, sous les vieux haillons, au pied des arbres, etc. Type : T. perlatus L., d'un noir brillant.

TROY. Ville des Etats-Unis, New York, sur la r. g. de l'Hudson, au confluent du Mohawk ; 60.651 hab. en 1900. Les forces hydrauliques alimentent ses industries de lingerie, blanchissage, métallurgie, papeterie, etc.

TROYA (Carlo), historien italien, né à Naplesle 7 juin 1784, mort le 28 juil. 1858. A la restauration, il était avocat de la maison royale, dont son père avait été médecin ; il fut nommé gouverneur de la Basilicate. Malgré les soucis de sa charge, il trouva le temps de devenir le plus érudit et le plus subtil des savants italiens de son temps L'érudition dantesque lui est redevable de bien des progrès, surtout à cause des deux mémoires sur le Veltro allegorico di Dante Alighieri, et le Veltro allegorico dei ghibellini. En 1839, il pubhaDe^ 'popoli barhari avanti la loro venuta in Italia ; puis, en 1841, Discorso sulla condizione dei romani vinti dai Longobardi, son travail le plus important et aussi le plus discuté; en 1855, il publia en 5 vol. les 995 documents de son célèbre Codice diplomatico longobardo.

BiBL. : Marco Tabarrini, Necrologia di Carlo Troya, dans Archivio storico italiano, N.-S., t. VII, part II, pp. 185-189.— Gaetano Trevisani, Brevinotizie délia vita e délie opère di Carlo Troya, — Terenzio Mamiani, Elogio di Carlo Troya letlo alla R. Accademia délia Crusca il 2 setlembre 1860,

TROYE. Com. du dép. de FAriège, arr. de Pamiers, cant. de Mirepoix ; 178 hab.

TROYES. Ch.-l. du dép. de l'Aube, dans une large plaine d'alluvions, où la Seine se divise en plusieurs bras et reçoit deux petites rivières, la Vienne à gauche, la Barseàdroite. Alt.,110m.; 52.998 hab. (50.676 aggl.). Troyes (V. le plan, carte du dép. de Y Aube) est une grande station de la ligne Paris-Mulhouse, avec embranchements sur Saint-Florentin, Sens, Châlons, Saint- Dizier et Châtillon-sur-Seine. Troyes possède la préfecture, une cour d'assises, les tribunaux civil et de commerce, une chambre de commerce, un lycée, une école normale d'instituteurs et d'institutrices, un évôché, un grand et un petit séminaire ; elle est le siège de plusieurs sociétés, horticole, d'apiculture, académique de l'Aube, médicale, amis des arts, etc. ; elle a un musée et une riche bibliothèque (85.000 vol.).

Le canal de la Haute-Seine divise Troyes en deux parties : à droite s'étend la ville basse, la plus ancienne, habitée jadis par le clergé et la noblesse, aujourd'hui principalement par la classe ouvrière ; à gauche s'étend la ville haute, où l'on peut distinguer deux quartiers : le quartier du S.-C, où se trouvaient autrefois les tanneries, filatures et autres ateliers industriels et où sont concentrés aujourd'hui les établissements de commerce ; le quartier du N.-C, sorte de ville neuve où sont disséminées, au milieu de petits enclos, les habitations des rentiers et des riches industriels. Dans la ville neuve, les rues ont été tracées régulièrement, les maisons sont construites en briques ou en pierre ; mais dans tout le reste de l'agglomération troyenne les maisons ont un aspect misérable ; on emploie encore comme matériaux le bois, qui forme pour ainsi dire le squelette delà construction, et un torchis de boue argileuse mêlée de paille .hachée ; les murs, très minces, sont blanchis à la chaux et résistent mal à l'incendie. Un des quartiers du centre de la ville a conservé

la physionomie du moyen âge : dans la curieuse ruelle des Chats, sombre, étroite, jadis fermée par une grille, les maisons ont encore leurs pignons de bois, leurs toits avancés, leurs hautes bornes de pierre ; une rigole traverse dans toute la longueur cette rue mal pavée. Les remparts de Troyes ont été démolis et remplacés par de larges et belles promenades plantées d'arbres, les mails. Des tramways électriques suivent les principales rues et relient la ville aux faubourgs et à la commune limitrophe de Saint e-Savine.

La principale industrie est celle de la bonneterie, qui occupe près de 10.000 ouvriers. Les bonnetiers troyens, travaillent dans de grandes usines appartenant à des sociétés ou à de riches industriels ; ceux des bourgs voisins, notamment de la forêt d'Othe, opèrent encore souvent à domicile, dans des conditions désavantageuses. Pour permettre aux ouvriers de rivaliser avec leurs concurrents étrangers, on a créé une école pratique de bonneterie, avec cours de mécanique et de dessin. On exporte dans l'Amérique du Nord des bas et des chaussettes de coton, dans l'Amérique du Sud des lainages et des bas de fantaisie, en Suisse des tricots de laine, etc. Troyes renferme encore des fabriques de métiers à bas, de métiers circulaires pour la bonneterie, d'aiguilles à bonneterie, des ateliers de constructions mécaniques ; la charcuterie troyenne est renommée pour ses andouillettes. Dans le voisinage de la ville sont des jardins maraîchers et de grandes pépinières. Le commerce local dépasse 200 millions de francs.

Monuments. — Troyes a conservé de nombreux monuments du passé, dont les plus remarquables sont les églises. La cathédrale de Saint-Pierre, de pur style ogival, a été commencée en 1208 et terminée vers d640 (V. fig., art. Baudkot, t. V, p. 882). L'église collégiale de Saint-Urbain,

La grille de THôtel-Dieu, à Troyes.

coiiimencée pendant le pontificat d'Urbain IV (1261-64), est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture ogivale ; on y admire les hautes fenêtres encadrées d'archivoltes finement découpées et les deux porches latéraux soutenus par des piliers de pierre de 50 centim. de diamètre ; l'édifice est élégant et léger. L'église de la Madeleine, construite au xii® siècle, agrandie au xvi«, ren-

Page 1