‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 234 sur 633 · TROYES · texte numérisé non relu

TROYES

ferme un beau jubé en pierre sculpté par Jean Gualde, sous le règne de Louis XII . Les autres églises ont été achevées, à l'époque de la Renaissance, par une école

Jubé de l'église de la Madeleine, à Troyes.

d'architectes et de sculpteurs troyens fondée par un Florentin, Dominique Rarbiere; il faut citer celles de Saint- Nicolas, Saint-Pantaléon, Saint-Martin-ès-Vignes, Saint- Nizier, Saint- Jean et Saint-Rémi.

Histoire. — Troyes occupe remplacement de l'ancienne capitale des Tricasses, appelée par les Romains Augustohona, La ville primitive, la Cité, n'occupait qu'une île entourée par la Seine ; elle devint capitale de cité sous Auguste et fut embellie de monuments que les habitants démolirent bientôt, faute de pierres, pour élever une enceinte fortifiée. Pendant la période des invasions, les évoques troyens gouvernèrent habilement la ville, et l'un d'eux, saint Loup, réussit à en détourner Attila, après sa défaite des Champs catalauniques. A la fin du ix® siècle, les Normands s'emparèrent de Troyes, l'incendièrent et détruisirent la cathédrale. A la même époque, Troyes fut choisie comme capitale par les comtes de Champagne, qui y firent élever plusieurs monuments, creuser un canal pour alimenter les tanneries et dessécher les marécages. La Champagne fut réunie au domaine royal par Philippe le Rel en 1285, mais la capitale conserva presque tous ses privilèges. Pendant la guerre de Cent ans, les grandes compagnies et les troupes anglaises ravagèrent le pays, sans prendre la ville. En 4417, Jean sans Peur voulut faire de Troyes la capitale du royaume de France ; d'accord avec la reine Isabeau de Ravière, il y transporta le siège du gouvernement, avec une Cour, un Conseil, un Parlement et une Chambre des comptes. C'est là que fut signé, en 1420, le célèbre traité qui donnait la couronne de France au roi d'Angleterre. Les Anglais et les Rourguignons occupèrent la viile jusqu'à l'arrivée de Jeanne d'Arc, qui s'en empara avec l'aide des habitants en 1429.

Pendant le moyen âge, Troyes se composait de deux villes : la Cité, habitée par le clergé et la noblesse, et la ville haute, centre industriel et commercial. Dans le voisinage étaient les bourgs de Croucels, Saint-Martin-ès- Vignes, aujourd'hui réunis à la ville, et de Sainte-Savine. On comptait 15.000 hab. sous Charles VI, 23.000 sous Louis XTI. La ville était administrée par un maire élu, assisté de 8 échevins et d'un conseil de ville de 24 bourgeois ; elle était défondue par un fossé et une muraille crénelée garnie de tours. Elle fut dévastée à plusieurs reprises par la guerre, la famine, les épidémies, et il y eut jusqu'à 6.000 mendiants. Néanmoins, l'industrie était prospère : dans la ville haute existaient 400 ateliers de tanneurs et 3.000 métiers de drapiers ; le papier et les ouvrages d'orfèvrerie s'exportaient dans tout le royaume.

Des foires importantes se tenaient à Troyes deux fois par an, à la Saint- Jean et à la Saint-Rémi, sous la direction du maître des foires ; elles disparurent au xvi^ siècle.

Les Troyens souffrirent beaucoup des guerres de François P^ et de Henri II ; il fallut plusieurs fois payer des contributions très lourdes, vendre les objets d'art, jusqu'aux reliquaires des églises. A l'époque de la Réforme, plusieurs milliers d'habitants se convertirent au calvinisme; les massacres des guerres de religion et la révocation de l'édit de Nantes en firent disparaître un grand nombre. Le xvii^ siècle fut une époque malheureuse : la famine et les impôts causèrent plusieurs émeutes sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, les privilèges municipaux furent abolis et la mairie devint une charge héréditaire. Le xviii® siècle a été, au contraire, une période calme, troublée seulement par la querelle des jésuites et des jansénistes ; il y eut un peu d'agitation en 1787, lorsque le Parlement de Paris fut exilé à Troyes.

Pendant la période révolutionnaire, les Troyens adoptèrent avec ardeur les idées nouvelles et les réformes ; plus tard, ils acceptèrent facilement le despotisme de Napoléon et les institutions impériales. En 1814, Troyes fut un des principaux points d'appui de la défense du territoire ; des combats acharnés furent livrés dans la Champagne, mais la ville ne fut pas attaquée.

Le xix^ siècle a été une période de tranquillité, pendant laquelle s'est développée l'industrie de la bonneterie. Les premiers statuts des bonnetiers de Troyes datent de 1554 ; l'industrie bonnetière fut prohibée en 1700, autorisée de nouveau en 1754. Vingt ans plus tard, on comptait 700 métiers à Troyes et plusieurs centaines encore dans les environs. L'industrie textile a été pendant longtemps florissante: en 1785, il y avait 2.700 métiers'à toiles et l'on exportait pour 1.750.000 livres de toiles. L'industrie des toiles a souffert beaucoup des traités de commerce signés avec l'Angleterre ; néanmoins elle a subsisté jusqu'à nos jours.

EvÉQUEs DE Troyes. — Saint Amateur, vers 340; Optatien, 346-47; Léon Héraclius; S. Melaine; Aurélien; S. Ours, 426; S. Loup l^^^ 426-79; S. Camélien, 511-25; S. Vincent, 533-41; Ambroise, 549; Gallomagne, 573-82 ; Agredus, 585-86 ; Loup II ; Evode, v. 631 ; Modégisil; Ragnégisil; S. Leucoin; Rertoald; Abbon, 666-73; Waimer, 675-78; Vulfred; Ragembert ; Aldebert ; Gaucher ; Ardoin ; Censard, v. 722 ; S. Robin, 766 ; Amingus; Adelgaire, v. 787 ; Rertulf ; Elie, v. 829-36 ; Adalbert, 837-45 ; S. Prudence, 846-61; Foucher, 826-69; Ottulf, v. 880; Rodon, V. 890; Riveus, v. 895; Otbert, v. 910 ; Ansegise, v. 965 ; Walon, 971 ; Ayric; MilonI«% 980-82; Manasséï^^ 991 ; Renaud I«^ Fromond P^'; Mainard, 1034-49 ; Fromond H, 1050; Hugues P^ 1075; Gauthier; Hugues H, 1075-82; Milon II, 1083-1121; Renaud H, 1121-22; Alton, 1122-45; Henri P^ v. 1169 -Matthieu, 1169-80 ; ManasséH, 1181-90; Rarthélemy; 1190-93; Garnier, 1193-1205; Hervée, 1207-23; Robert, 1223-33; Nicolas, 1233-69 ; Jean I^^, 1269-98 ; Guichard, 1299-1314; Jean d Auxois, 131417; Guillaume I^^ 1317-24; Jean IH, 1324-26 ; Jean IV, 1326-41 ; Jean V, 1342-53; Henri H, 1354-70; Jean VI, 1370-75; Pierre P^ 1375- 1377; Pierre H, 1377-95; Etienne de Givry, 1395-1426; JeanVH, 1426-50; Louis ^^ 1450-83; Jacques Raguier, 1483-1518; Guillaume H, 1519-27; Odard Ilennequin, 1528-44; Louis II, 15i5-50 ; A. Caraccioli, 1551-61 ; C. de Beauffremont, 1562-93; R. de Breslay, 1604-41; F. Malier du Ilous.ay, 1641-78; D. François P^ Routhillier de Chavigny, 1678-97; D. François II Routhillier de Chavigny, 1697-1716 ; Jacques-Rônigne Rossuet, 1716-42; M. Poucet de La Rivière, 1742-58; J.-R.-M. Champion de Cicé, 1758-61 ; C.-M.-J. de Rarral, 1761-90; Augustin Sibille, évoque constitutionnel, 1791-93; M.-A. de Noé, 1802; L.-A. de La Tour du Pin-Montauban, 1802-8; E.-A. de Roulogne, 1809-25;

Bœufs se rendant au labour (Musée du Louvre), de Troyon.

Page 1