TR\GON - TSAR
munie de deux plis cutanés ; il existe un ou plusieurs forts aiguillons barbelés sur la queue : les mâchoires sont garnies de dents assez petites, rangées par séries régulières.
Le Trijgon pastinaca de nos côtes, la Pastenague redoutée des propriétaires de parcs à huîtres, où elle occasionne souvent d'énormes dégâts, se tient au voisinage des côtes. C'est un animal dangereux, pouvant faire avec l'aiguillon de sa queue de très graves blessures, lorsqu'il est attaqué ou effrayé. Quand les pêcheurs en ont pris un, ils s'empressent de lui couper la queue. Rochbr.
BiBL. : Sauvage, dans Brehm, éd. franc.— Gunther, Study of Fishes.
TRYGONIDÉS (Paléont.). Ces poissons ont apparu à l'époque crétacique supérieure, au mont Liban, par le genre Cyclobaltis, caractérisé par le disque ovale ou circulaire, la queue très courte sans nageoire ni épine, de gros tubercules épineux sur le dos, les dents petites et aplaties. De l'éocène du N. de l'Italie, Monte Bolca et Monte Postale, on connaît des espèces que l'on rapporte aux genres actuels Urogymnus et Urolophis et au genre éteint Alexandrium, ce dernier caractérisé par le disque arrondi avec long piquant dorsal dentelé. Le genre actuel Trygon est connu du miocène de Virginie : Cope sépare de ce dernier genre, sous le nom de Xiphofrygon, des espèces de l'éocène et de Wyoming qui ont les dents à couronne triangulaire. E. Sauvage.
BiBL. : Smith Woodward, Cat. fossil. Fishes British Muséum, 1889, t. I. — Zittel, Traité de paléontologie, 1893, t. III.
TRYGVASON, roi de Norvège (V. Olaf).
TRYON DE MONTALEMBERT (V. MoNTALEMBERt).
TRYPETA(Entom.). Genre de Diptères athéricères, tribu des Muscides, correspondant au genre Tephrite de Latreille (V. ce nom).
TRYPHIODORE (Tpucpio8o3po;), grammairien et poète épique grec du v*^ ou du début du vi^ siècle de notre ère, cité par Suidas, naquit en Egypte. Il est l'auteur d'une sèche et froide rapsodie, d'environ sept cents vers (exactement 691), intitulée Prise d'Ilios ('Uiou aXwatç). Cette paraphrase, très médiocre, du superbe récit de Virgile (Enéide, II, v. i-559), ne possède d'autre mérite qu'une certaine élégance banale de forme. — Il avait écrit aussi, selon Suidas, une Odyssée lipogrammatique ÇO^àGGeia. Xi;uoypà|xp,aToç) en vingt-quatre chants, dans chacun desquels manquait une des vingt-quatre lettres de l'alphabet grec, œuvre aujourd'hui perdue, ainsi que deux autres qui lui furent attribuées sous ces titres : ttippodaméia (Ta xaO' 'l7:7:o(5à[jLeiav) et les Marathoniens (MapaO(x>viaxà). On a joint souvent Tryphiodore à Quintus de Smyrne. La Prise d'Ilios a été éditée par Merrick (Oxford, 4741 ), Bandini (Florence, 1765), Northmore (Londres, 4804), G.-II. Schaeier (Leipzig, 1809, in-foL), Wernicke (Leipzig, 1819), etc. Tryphiodore a été traduit en français par Scipion Allut dansles Nouveaux mélanges de poésie grecque (1779), dans la Bibliothèque grecque de Didot, et par Dehèque (Annuaire de l Associa lion des études grecques, année 1 872}. Cf. aussi Fabricius, Biblioiheca grœca, t. I. Le meilleur texte se trouve dans l'édition Lehrs (Paris, 1839), bibliothèque Didot, au même volume qu'Hésiode. V. Glaciiant.
TRYPHON (DioDOïE, dit) usurpa le trône de Syrie en 146 av. J.-G. durant le règne de Démétrius II Nicator ; appuyé par Jonathan Macchabée, il régna d'abord au nom d'un enfant, Antiochus, fils de Balas, puis le mit à mort et se proclama roi (142) ; il fut vaincu et tué par Antiochus Sidetes en 139.
TRYPHON d'Alexandrie, grammairien grec du temps d'Auguste, fils d'Ammonius d'Alexandrie. Suidas parle longuement de ses œuvres oîi il parle des dialectes d'Homère, Simonide, Pindare et autres lyriques, et sur les dialectes des Hellènes, Argiens, Eoliens, Doriens, Syracusains. On conserve sous son nom deux petits écrits (Pathé lexeôs, et Péri tropôn).
TRYPHONINUS (Claudius), jurisconsulte romain, fit partie du consilium de Septime Sévère avec Papinien et Messius. On connaît de lui des notes sur les Digesta de ScÊevola, son maître, des Dlsputationes en vingt et un livres, qui paraissent être du temps de Garacalla et Geta.
BiBL. : Les fragments de Tryplionintis, utilisés par les compilateurs du Digeste, sont groupés par 0. Lenel, Palingenesia; Leipzig, 1889, t. II, pp. 351-378, et les Notœ sur Scœvola, p. 378, note 3.
TRYPSINE. La trypsine est un des trois ferments que l'on trouve dans le suc pancréatique, c'est un ferment protéolyti([ue, c.-à-d. capable d'attaquer la molécule albuminoïde. La trypsine agit donc comme la pepsine; toutefois, elle présente avec cette dernière de notables différences. Alors que la pepsine n'exerce son action qu'en milieu franchement acide, la trypsine agit surtout en milieu alcalin ou simplement neutre. Mais ce qui distingue surtout la trypsine de la pepsine, c'est que le dédoublement de la molécule albuminoïde, au lieu de se limiter au stade peptone, comme pour la pepsine, est poussé beaucoup plus loin, les peptones étant décomposées à leur tour en corps beaucoup plus simples appartenant aux corps amidés ou à la série aromatique, tels que la leucine, la tyrosine, la lysine, la lysatine. La présence de ces derniers corps dans les produits de la digestion pancréatique a une importance toute particulière, si l'on songe qu'ils paraissent aujourd'hui constituer les noyaux fondamentaux de la molécule albuminoïde. Grâce à la trypsine, on peut ainsi arriver jusqu'à la base du système si compliqué de cette molécule. Le suc pancréatique d'un animal à jeun est très peu actif, et il faut donner un repas d'albuminoïde pour obtenir, soit par la fistule, soit après sacrifice de l'animal, un suc riche en trypsine. C'est que la cellule pancréatique ne sécrète pas directement de la trypsine, mais une substance presque inactive, la protrypsine. Cette dernière, sécrétée continuellement, ne se transformerait en trypsine que sous l'influence d'un ferment venu de la rate et qui, lui, n'est élaboré que sous l'influence de l'alimentation. La trypsine n'a pu être isolée dans le suc pancréatique. On obtient simplement un mélange des trois ferments. J.-P. Langlois.
TRYSTRAM (Jean -Baptiste-Louis-François), homme politique français, né à Ghyvelde (Nord) le 9 j an v. 1821. Il fonda à Dankerque une maison de commerce qui devint une des plus importantes du département. Membre de la chambre de commerce et républicain, il fut nommé le 21' sept. 1870 sous-préfet de Dunkerque, démissionna le 1er ^yj.^ 1871, après l'amnistie. Il fut élu en oct. 1871 conseiller général du Nord et président de la chambre de commerce ; il consacra ses efforts à l'amélioration des deux ports de la ville. Elu, en 1876, député de Dunkerque, il fut des 363, fut réélu en 1878 (après l'invalidation de son concurrent d'abord nommé) ; en 1881, il fut renommé ; en 1885, il échoua (au scrutin de liste avec toute la liste républicaine du Nord) ; élu en 1886 à une élection partielle (dans le Nord), il fut de nouveau battu en 1889 par un boulangiste (Lalou). En 1882, un siège sénatorial supplémentaire fut accordé au Nord (après la mort d'un inamovible, l'amiral Peyron), et Trystram fut élu (13 mars); il a été réélu en lb97. La grande écluse du port de Dunkerque a reçu, par décret de sept. 1896, le nom d'écluse Trystram, en récompense des services rendus pour l'agrandissement du port.
TSABIT, District du Sahara (Y. Touat).
TSACONIE (V. Tz agonie).
TSAÏDAM (V. Zaïdam).
TS AI-TIEN, empereur de Chine (V. Kouang-Su).
TSANG. Province du Tibet (V. ce mot).
TSAR. Titre russe dont la plus ancienne orthographe est C'sar (du latin Cœsar). Ce fut d'abord le nom donné aux empereurs romains d'Orient par les Slaves ; leur capitale Gonstantinople était dite Tsarigrad, la ville de l'empereur. Ce mot devint vite un nom commun qualifiant les rois ou empereurs : dans la Bible slave, le mot basileus
TSAR - TSCHUDÏ
est toujours traduit tsar, tandis que Caisar (Kaisar) est écrit Kesar, Au x^ siècle, le prince bulgare Syméon prit ce titre de Tsar, lequel se perpétua chez ses successeurs ; en 1346, le roi de Serbie, Etienne Donchan, l'adopta à son tour. Les princes slaves de Russie s'intitulaient Kniaz ou Veliki Kniaz, que nous traduisons par prince et grand prince ou grand-duc. Ce dernier titre fut celui des princes de Moscou, vassaux des khaqans mongols. Les khans qui rejetèrent l'obédience de la Horde d'Or (V. cet art., Mongols et Russie) se donnèrent souvent le titre de tsar ; il y eut ainsi des tsars de Kazan, de Sibir, d'Astrakan. Lorsque la ruine des khaqans de Saraï l'eut affranchi de la suzeraineté mongole, Ivan III, grand-duc de Moscou, prit à leur exemple le titre de tsar dans ses relations avec l'étranger. Ivan IV le Terrible se fit couronner tsar en 1547, et c'est seulement à dater de ce moment que ce titre devint le principal des souverains moscovites. Ils qualifiaient de César l'empereur romain, c.-à-d. allemand, et les Européens traduisirent tsar en empereur, imperator. Conformément à sa méthode, Pierre le Grand voulut adopter cette forme occidentale et, le 2 nov. 1721 , après le traité de Nystad consacrant son triomphe sur la Suède et son entrée parmi les grandes puissances européennes, il se fit appeler Imperator; dès 1710, il avait pris ce titre dans l'acte confirmant les chartes de Livonie etd'Ehstonie. Bien que dans l'usage le souverain de Russie soit appelé tsar, son titre officiel est « empereur et autocrate de toutes les Russies », et le mot tsar équivaut plutôt à celui de roi, puisqu'il s'intitule tsar de Pologne ; au protocole, les titres sont énoncés comme suit : « empereur et autocrate de toutes les Russies, tsar à Moscou, Kiev, Vladimir, Novgorod, Astrakhan, de Pologne, de Sibérie, de la Chersonèse Taurique, seigneur de Pskov, grand-duc de Smolensk, de Lithuanie, Volhynie, Podolie et Finlande, prince d'Ehstonie, Livonie, Courlande, ...» La Russie a absorbé toutes les monarchies dont les souverains s'intitulaient tsar : Astrakhan, Kazan, Sibérie, Tauride et enfin la Géorgie, morcelée entre les tsars chrétiens de Karthalinie, Kachétie et ïmérétie. — De 1547 à 1721, l'épouse du tsar fut appelée tsaritza, son fils tsarévitch, sa fille tsarevna. Actuellement la titre de tsarévitch ou cesarevitch est seulement celui du prince héritier dont la femme est dite tsarevna. Les princes et princesses de la famille impériale jusqu'au second degré sont qualifiés de grands-ducs avec le titre d'altesse impériale ; tous les autres princes du sang sont sérénissimes ; les descendants directs d'un empereur, altesses. — Dans le langage usuel, l'empereur de Russie est appelé gosondar, maître ou seigneur ; le peuple le nomme toujours tsar. — L'expression de tsar blanc, souvent employée, remonte aux Mongols, pour lesquels Fadjectil blanc accolé aux mots khan ou tsar exprimait l'indépendance.
TSARKOIÉ Sélo. Ville de Russie (V. Tzarkoié Sélo).
TSASAGTOU-Khan ou DJASSAKTOU-Kha.n. District de Mongolie (V. ce mot).
TSCHA. Com. du territoire de Belfort (V. Chaux).
TSCHEN ou TSIEN (MétroL). En Chine, nom d'une pièce de monnaie et d'un poids, tout à la fois, qui vaut un dixième de taël, c.-à-d., en monnaie, 0^^,747 et, en poids, à 3s^,7 environ. Le tsien (sapèque des Français) est la monnaie la plus courante (V. Chine, t. XI, pp. 99 et 100).
TSCHERWIAK (Gustav), minéralogiste autrichien, né à Littau, près d'Olmiitz (Moravie), le 19 avr. 1836. Il a été conservateur (1862-68), puis directeur (1868-77) du cabinet impérial de minéralogie, à Vienne. Il est, depuis 1868, professeur de minéralogie à l'Université de cette ville. Il s'est acquis par ses remarquables travaux sur les feldspaths, les amphiboles, les chlorites, les pyroxènes, les météorites, etc., une renommée universelle. Les résultats s'en trouvent dans une série de mémoires originaux qu'il a publiés, principalement dans ses Miner alogische Mitteilungen (Vienne, ann. 1871 et suiv.), continuée par Werk
(ann. 1889 et suiv.). Il a, en outre, donné à part : Die Glimmergruppe{Lei]^z\g,i811-lS) ; Die Skapolithreihe (Leipzig, i88'd);Die mikroskopische Beschaffenheit der Meteoriten (Stuttgart, 1885); Lehrbuch der Minéralogie (5« éd.. Vienne, 1897), etc.
TSCHIRNHAUSEN(Ehrenfried-V\^alter,comtede), physicien et géomètre allemand, né àKieslingswalde, près de Gœrlitz, le 10 avr. 1651, mort à Dresde le 11 oct.1708. Il étudia d'abord les mathématiques à Leyde, servit comme volontaire en 1672 et 1673 dans la guerre de la Hollande contre la France, puis visita les principaux pays d'Europe et retourna se fixer à Kieslingswalde. Il s'y appliqua plus particulièrement à perfectionner les lentilles et les miroirs et, en 1682, vint présenter à l'Académie des sciences de Paris de nouveaux « verres brûlants » de son invention, les caustiques de Tsckirnhausen, qui lui valurent d'être élu membre de la savante compagnie. Par la suite, il fonda en Saxe trois grandes fonderies de verre et, en Silésie, une petite fabrique de verres d'optique, d'où sortit une lentille biconvexe de 1 pied de diamètre et de 32 pieds de foyer. On lui doit, d'autre part, la porcelaine de Meissen, dont il communiqua le secret à Bdettger. Il s'est aussi occupé de mathématiques et a donné, tant au recueil de l'Académie de Paris, qu'aux Ac^a eruditorum, d'intéressants mémoires sur la forme des miroirs, le problème des tangentes, la quadrature du cercle, la réduction des équations, etc. 11 a enfin publié un essai philosophique qui a eu son heure de célébrité : Medicina mentis (Amsterdam, 1687 ; 2« éd., Leipzig, 1695).
BiBL. : Weissenborn, Lebensbeschreibung des Graf W. von Tschirnhsius ; Eisenach, 1866.
TSCHUDI (Jlgidius et aussi Gilg), le plus célèbre des chroniqueurs suisses, né à Claris le 5 févr. 1505, mort le 28 févr. 1572. Il appartenait à une ancienne famille dont on peut suivre les ancêtres jusqu'au ix^ siècle. Il reçut une instruction très complète à l'école latine de Zwingli, alors curé de Glaris, puis à Bâle sous les soins de Glaréan (V. ce nom). Il suivit Glaréan à Paris où il se trouvait lors de la terrible épidémie de peste de 1519. Il dut bientôt revenir à Glaris. C'était alors l'époque ardente des démêlés entre catholiques et réformés : Zwingli venait de commencer son œuvre, et le canton de Glaris était profondément divisé. Tschudi resta fidèle à la religion de ses pères, mais en faisant tous ses efforts pour que les deux confessions vivent en bonne intelligence. A Page de vingt-trois ans, en 1528, il est désigné par la landsgemeinde comme bailli du district de Sargans. Il sut mainnir la neutralité de ce district pendant la campagne de Cappel, mais, après la défaite des réformés, il favorisa le rétablissement de la messe. Il devint ensuite bailli de Rorschach, puis de Baden. Il mit à profit tous ses séjours et ses voyages dans les diverses parties du pays pour réunir les éléments de sa Chronique suisse. En 1558, Tschudi devint landammann de Glaris, bien que ce canton fût devenu aux deux tiers réformé. Toutes ses dernières années furent consacrées à ses deux grands ouvrages, la Gallia comata et la Chronique suisse. Ces ouvrages restèrent manuscrits dans le château de Grepnang jusqu'au milieu du xiii® siècle. Le premier est une sorte de dictionnaire archéologique, très érudit pour l'époque, et qui traite de la Gaule, puis de l'Helvétie et de la Rhétie : Tschudi y travailla toute sa vie. Une partie, celle qui concerne la Rhétie, avait déjà été publiée, en \ 538, à Bâle, par undeses amis, mais il retravailla complètement cette œuvre de jeunesse, La Chronique helvétique est un recueil énorme de documents, pactes, conventions, etc., copiés dans les archives, les couvents et les bibhothèques. Le premier volume fut édité en 1734, à Bâle, par Iselin ; il va de Tan 1000 à 1415. Le second volume, qui suivit de près, va jusqu'en 1476. Le troisième, qui ne parut qu'en 1828, va jusqu'en 1564, mais il n'est pas de la main de Tschudi. On lui doit encore des travaux sur les antiquités romaines, un armoriai de 4.000 anciennes faïuiHes suisses, peint <}e
sa main, un travail de 600 pages in-fol. sur la géographie de l'ancienne Gaule et de nombreux ouvrages de controverse religieuse contre les réformés.
Les historiens ses contemporains eurent connaissance de ses manuscrits et y puisèrent largement. Ses successeurs, Jean de Muller en particulier, les mirent à profit plus encore, et il a mérité le nom de « Père de l'histoire suisse ». Un de ses biographes, Eugène Secretan (Galerie suisse, 1®^ vol.), fait observer qu'il en est plutôt le grand-père. Il a sa part de responsabilité dans la formation des légendes relatives aux origines de la Confédération (V. à ce sujet Rilliet, les Origines de la Confédération suisse). E. KuHNE.
BiBL. : FucHS, Biographie de Tschudi; Saint-Gall, 1805, 2 vol.
TSCHUDI (Jean- Jacques de), voyageur et naturaliste suisse, né à Glaris le 25 juil. 1818, mort à Jakobshof (Autriche) le 7 oct. 1889. Dès sa jeunesse, Tschudi fut passionné pour les sciences naturelles, et particulièrement pour la zoologie. Il fit ses études aux universités de Zurich, Neuchâtel, Leyde, Paris, puis plus tard à Berlin et Wùrtzbourg. A vingt ans, le jeune homme s'embarqua sur un navire français qui devait faire le tour du monde, mais ce vaisseau, arrivé au Callao, fut vendu au gouvernement péruvien, et le voyage se trouva subitement interrompu. Tschudi en profita pour explorer le Pérou à fond. Il y employa cinq années, donnant son attention tout spécialement à l'ethnographie et à l'histoire naturelle. De retour en Europe, il passa plusieurs années à classer sa collection et les renseignements recueilHs et à consigner les résultats de ses explorations. En 1857, nouveau voyage au Brésil, au Chili, en Bolivie et au Pérou. En 1860, la Confédération l'envoie en mission extraordinaire au Brésil. Dès 1866, de Tschudi est ministre plénipotentiaire de la Suisse à Vienne : il y resta jusqu'en 1883, année où il se décida à la retraite. Ses principaux ouvrages, qui ont tous trait à l'Amérique du Sud, sont les suivants : Esquisses de voyage au Pérou (1838-42, 2 vol. ; Saint-Gall, 1846) ; Antiguedades peruanas, en collaboration avec don Mariano de Rivero (Vienne, 1851) ; la Langue des Kechuas (2 vol.) ; .4 travers les Andes (1860); la Province de Minas Geraes (1863) ; Beisen durch Sûd-Amerika (Leipzig, 1866-69, 5 vol.). La plupart de ces ouvrages, qui font autorité, sont écrits en allemand. E. Kuhne.
TSCHUDI (Frédéric de), savant et homme politique suisse, né à Glaris le 1^^ mai 1820, mort à Saint-Gall le 24 janv. 1886, frère cadet du précédent. Il fit des études de théologie, puis il entra jeune dans la politique du cant. de Saint-Gall. 11 fut longtemps membre du gouvernement de ce canton et eut une grande influence sur l'instruction publique. De 1877 à sa mort, il a représenté le cant. de Saint-Gall au conseil des Etats. On lui doit de nombreuses publications relatives à l'agriculture et à la vulgarisation des bonnes méthodes : Lectures agricoles, les Insectes nuisibles et les Oiseaux, etc. ; mais le livre qui a fait connaître son nom est son Thierleben der Alpenwelt, un important ouvrage sur le Monde des Alpes, qui a été traduit dans un très grand nombre de langues. 0. Bourrit en a fait une traduction française (Genève, 1858, 3 vol.). E. K.
TSELFAT. Mont du Maroc, sur la r. g. du Sebdou, à 50 kil. N.-O. de Fez.
TSENG-TSEU ou plutôt TSENG- S EN, philosophe chinois, né en 506 av. J.-C, disciple de Confucius. Il se fit remarquer par son assiduité, il interrogeait souvent le sage et mettait par écrit son enseignement. Confucius le considérait comme possédant à fond sa doctrine. On cite de Tseng-tseu de beaux exemples de piété filiale, et il donna d'admirables préceptes sur cette vertu. Tsengtseu est l'interlocuteur de Confucius dans le Hiao-King, « le Mvre delà piété filiale ». Certains auteurs lui attribuent cet ouvrage; selon d'autres, il nous a été transmis j par un disciple dont le nom est resté inconnu. L'ensei- | gnement de Tseng-tseu sur la grande science a été con-
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signé dans le Ta-hio. Cet ouvrage a été mis en ordre par Tchou-hi, célèbre commentateur et philosophe du xii® siècle qui Fa tiré du Li-Ki, La première partie contient les paroles de Confucius, la seconde partie, en dix chapitres, donne l'explication de Tseng-tseu. Le Ta-hio est le premier des quatre hvres ou Sse-chou. Tseng-tseu a été placé en 1267 parmi les quatre assesseurs de Confucius. Son titre honorifique est Tsoung-ching, « celui qui honore 1 a sainteté ». A . Thom a.s .
BiBL. : Ta-hio, trad. en anglais par Legge {!«'' vol. The chinese classics); trad. en français : par le P. Couvreur (dans les quatre livres Ho-Kien-fou, 1893) ; par Pauthier [Confucivs et Mencius ; Paris, 1862, in-12) ; parle Père Noiîu [Livres classiques de la Chine ; Paris, IISQ). —HiaoKing, trad. en anglais par Legge (vol. III, Sacred Books of the East), trad. en français, par Léon Rosny f Paris, 1889^ et par le P. Cibot (Mémoires concernant les Ctiinois, vol. IV, pp. 28-76).
TSEN6-Y0NG (Marquis), diplomate chinois, né en 1839, mort en 1890. Il avait pour nom personnel Kee- Tze et était le fils aîné de l'ancien vice-roi du Tchi-li, le marquis Tseng Kouo-fan, qui lui laissa en mourant son titre de marquis. Après avoir étudié l'anglais et avoir même fait paraître quelques articles remarqués sur la Chine dans des revues anglaises, il fut envoyé en Angleterre et en France, à la fin de l'année 1878, en qualité de ministre plénipotentiaire. Accrédité à Paris le 10 janv. 1879, il succédait à Kouo Song-tao, le premier ministre chinois accrédité en Europe^ et se répandait aussitôt dans la société parisienne qui vit bientôt en lui un partisan des idées de progrès. Dès l'année suivante, en 1880, il était délégué en Russie pour trancher la question relative à la rétrocession du territoire de Kouldja; après de longues négociations, où il sut déployer tout son talent de diplomate, il parvint à signer le traité qui mit d'accord la Chine et la Russie (V. Chine, t. XI, p. 112). Quelques années plus tard, en 1884, quand survinrent les événements du Tonkin, ce fut encore lui qui défendit très habilement les vues de son gouvernement auprès de notre ministre des affaires étrangères (V. Annam, t. III, p. 28). Il quitta Paris en 1884, fut remplacé d'abord par Li Fong-pao, ministre intérimaire, et par Shu King-Chen, accrédité le 27 juil. 1885. De retour à Peking, il devint aussitôt premier vice-président du ministère de la guerre, passa ensuite à celui de la marine qui venait d*être créé, entra au Tsung-li'Yamen (V. ce mot), puis fut nommé, en 1887, vice-président du ministère des finances avec contrôle spécial sur le département des monnaies et, en 1889, directeur du collège de Peking ; c'est dans ce dernier poste qu'il mourut, en 1890, universellement regretté de tous les étrangers avec lesquels il avait été en contact. Indépendamment des nombreuses fonctions qu'il occupa et des missions délicates qu'il eut à remplir, le marquis Tseng avait des connaissances linguistiques très étendues, et, ce qui est très méritoire en Chine, passait pour un des plus distingués caUigraphes de l'Empire du Milieu. A. Thomas.
TSERNI (Georges) (V. Karageorges).
TSE-TCHENG, auteur dramatique chinois (V. Kao
TONG KfA).
TSÉ-TSÉ (Mouche) (V. Glossine).
TSETSEN-Khan. District de Mongolie (V. ce mot).
TSHBEN ou TSCHEN (Métrol. chin.) (V. Tschen).
TSHIEN-Han-chou. Ouvrage chinois qui contient l'histoire de la dynastie des premiers Han (206 av. J.-C à 24 ap. J.-C), composé par Pan-kou, historiographe à la cour de l'empereur Ming-ti. Cet écrivain fut compris dans la disgrâce de Teou-hien, prince du sang. Pankou fut mis en prison et il y mourut (92 de J.-C). Sa sœur Tchao continua l'œuvre de son frère. Cet ouvrage contient 120 livres divisés en quatre parties : la première comprend la biographie des empereurs des premiers Han ; la deuxième, des tables chronologiques ; la troisième, les lois, l'économie politique, l'astronomie, la géographie, la littérature ; la quatrième, les mémoires ou les biographies des personnes qui se sont distinguées sous la dynastie des
TSHIEN