‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 243 sur 633 · AU · texte numérisé non relu

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premiers Han, et des notices sur les peuples étrangers. Cet ouvrage est le deuxième de la grande collection chinoise des Tching-sse ou histoires dynastiques contenant vingtquatre histoires, et s'étend depuis les origines de la Chine jusqu'en 1644. Chacune de ces histoires a été composée en g<^néral peu de temps après la chute de la dynastie, et comprend beaucoup de pièces oificielles ou contemporaines.

TSHIN-YUE-Jen, médecin chinois (V. PienTshiao).

TSIAFAJAVONA. Montagne àe Madagascar {N . ce mot).

TSIAFAKAFO. Montagne de Madagascar (V. ce mot).

TSIAM. Peuple de l'Indo-Chine (V. Chiâm).

TSIBIHINA. Fleuve de Madagascar (y. ce mot, t. XXII, p. 904).

TSIGANES (Ethnogr.) (V. Bohémiens).

TSI-KUMA-Gawa. Fleuve du Japon (V. ce mot).

TSIMANAIVlPlSOTRA.Lacdeil7ac%fl5mr(V.cemot).

TSIMIA. Village de Madagascar, sur la rivière Tsiribihina, à environ 310 kil. O.-S.-O. de Tananarive. Cette localité doit toute son importance à ce qu'elle a été le siège du roi du Menabe, avant l'occupation française.

TSi-NAN-Fou. Ville du N.-E. de la Chine, ch.-l. de la province de Ghan-toung, à 7 kil. du Hoang-ho, qui coule dans l'ancien lit du Tatsing-ho, et à 370 Idl. S.-E. de Peking ; sa population est d'environ 200.000 hab., parmi lesquels on compte à peu près 20.000 musulmans et 12.000 Chinois catholiques. Cette ville, dont le périmètre mesure près de 50 kil., est protégée, outre une muraille de 12 kil. de tour, par une triple enceinte de remparts en terre avec des fossés profonds ; c'est l'une des cités chinoises les plus propres et les plus régulièrement construites. L'industrie principale consiste dans la fabrication des soies et dans la taille des pierres précieuses. Le port de Tsi-nan-fou estLokao, sur le fleuve Jaune.

TSING ou plus exactement TA-TSING (c.-à-d. la Très Pure). Dynastie mandchoue actuellement régnante en Chine et la vingt-deuxième de cet empire. Elle succéda à celle des Ming en 1644 et comprend jusqu'à ce jour neuf empereurs. Les événements principaux de cette dynastie ont déjà été rapportés à Fart. Chine (V. ce mot, § Histoire, \X. XI, p. 103), et plusieurs de ses souverains, ont également fait l'objet d'articles spéciaux auxquels le lecteur devra se reporter.

Choen-tche (1644-1662), proclamé empereur par les Mandchoux qui venaient de s'emparer de Peking, n'avait que sept ans ; ce furent ses quatre oncles qui formèrent le conseil de régence et gouvernèrent sous la présidence du prince Tse-tching-oang. Ce prince parvint à soumettre assez facilement la plupart des provinces du Nord et du Centre, mais les provinces maritimes lui opposèrent une sérieuse résistance. Quand il mourut, en 1651, Choentche, déclaré majeur, prit en main les rênes du gouvernement et dut continuer la lutte sur mer contre les Chinois rebelles. Le pirate Tching-tching-kong, qui combattait pour le prince de Koueï, le dernier représentant de la famille des Ming, désolait de plus en plus les côtes et restait imprenable ; cependant, le prince de Koueï ayant été fait prisonnier dans le Yun-nan par le fameux général Ousan-koueï et peu après mis à mort, Tching-tching-kong cessa d'infester les côtes, se replia sur Formose, en chassa les Portugais, s'y établit en 1662 et y mourut. La politique de Choen-tche fut celle d'un sage ; il laissa persister tous les anciens usages et n'apporta dans son vaste empire que deux modifications importantes : la première consista à placer à la tête de chacun des six ministères deux présidents au lieu d'un seul, l'un chinois, l'autre mandchou ; la seconde fut de contraindre tous ses sujets à se raser le devant de la tête, à la manière tartare, et à porter les cheveux tressés en une longue natte pendante, en signe de soumission ; ces deux usages se sont perpétués jusqu'à nos jours, mais le second ne s'implanta que difficilement, et beaucoup de Chinois préférèrent mourir plutôt que d'obéir à cet ordre. La plupart des souverains de l'Asie envoyèrent des ambassades à la cour de Choen-

tche ; la Russie et la Hollande suivirent même cet exemple en 1656, mais les envoyés de ces deux puissances, ayant refusé de se conformer au cérémonial de la cour chinoise, ne furent pas reçus. On prétend que Choen-tche avait un goût très marqué pour les sciences et qu'il aurait placé à la tête du tribunal des mathématiques le P. Adam Schall, jésuite allemand, auquel on devrait l'étabhssement de l'astronomie européenne en Chine. Sur la fin de son règne, Choen-tche s'éprit de la femme d'un des grands de sa cour ; quand elle mourut, il en conçut un si profond chagrin qu'il prit aussitôt l'habit des bonzes et se livra avec eux aux pratiques superstitieuses. Atteint de la petite vérole, il mourut, après quelques jours de maladie, à l'âge de vingt-quatre ans.

Kang-hi (1662-1722), tils de Choen-lche (V. Kang-Hi).

Yong-tcheng (1723-1735), quatrième fils de Kang-hi, débuta en faisant emprisonner son frère aîné qui commandait une armée en Tartarie et en qui il crut voir un rival ; il exila ensuite un autre de ses frères nommé Yesaké, ambitieux sans valeur, ainsi que le missionnaire portugais Morao, son chef de parti, et, plus tard, les fit périr tous les deux. Cet empereur est surtout connu pour la persécution violente qu'il fit aux prêtres catholiques ; ayant appris que Sou-nan, son oncle maternel, avait embrassé le christianisme, il le dépouilla de ses titres et l'envoya avec sa famille en disgrâce ; seuls quelques missionnaires, dont la présence était nécessaire à Peking, purent rester dans cette ville ; tous les autres furent relégués à Macao. Laborieux, très actif, Yong-tcheng tint les rênes du gouvernement d'une main ferme ; il se montra bon pour son peuple en maintes occasions, notamment en 1725, aprèsdes pluies torrentielles qui détruisirent entièrement les récoltes, et, en 1730, après un tremblement de terre qui causa les plus grands ravages ; pour encourager l'agriculture, il accorda le titre de mandarin du huitième degré au laboureur le plus estimé de chaque canton. Il mourut néanmoins, peu regretté de ses sujets, le 7 oct. 1735. Ce prince publia une instruction aux gens de guerre, intitulée les Dix Préceptes, et commenta les seize maximes de VEdit sacré de Kang-hi. Les Dix Préceptes ont été traduits en français par le P. Amiot ; les maximes et le commentaire l'ont été en anglais par William Milne.

Kien-long (1735-1796), fils de Yong-tcheng (V. Kienlong) .

Kia-king (1796-1820), fils de Kien-long (V. Kiaking).

Tao-kouang (1821-1850), deuxième fils de Kia-king, né en 1782, succéda à son père. Son règne fut des plus agités ; en 1828, il se rendit maître d'un soulèvement qui s'était produit dans les provinces d'Ili, sous l'instigation d'un officier du Turkestan, ce qui eut pour résultat de rattacher plus intimement le Tibet à l'empire ; de 1831 à 1833, il dut lutter contre une nouvelle insurrection qui éclata à Formose et parmi les montagnards du Kouang-toung. Mais l'événement le plus important de son règne fut la guerre qu'il soutint contre l'Angleterre, à partir de 1839, au sujet de l'importation de l'opium, et qui se termina par le traité de Nanking, du 29 août 1842 (V. Chine, t. Xï, p. 106) ; le traité de Wanghia, conclu avec les Etats-Unis, le 3 juil. 1844, et celui de Wam-pou, conclu avec la France, le 24 oct. de la même année, permirent à ces deux puissances d'établir en Chine de nouveaux consulats et d'y faire librement le commerce. En 1847, on vit apparaître à Peking un nommé Toung Siuyouang, chef de la secte des adorateurs du Dieu unique, qui fut aussitôt arrêté ; le 20 mars 1848, Hong Siu-tsouen, qui devint plus tard le chef des insurgés chinois connus sous le nom de Taïping, ayant obtenu sa liberté, tous deux s'installèrent dès îors dans la province de Kouang-si et préparèrent, avec l'aide de plus de trente associations secrètes, l'insurrection qui devait entraîner la Chine dans une longue suite de guerres intestines ; cette insurrection n'éclata que sous le règne suivant (V. Chine, t. Xï,

p. 403). Tao-kouang qui, au début de son règne, avait chassé les missionnaires catholiques de Peking, se montra, sur la fin, assez tolérant pour les chrétiens ; les relations commerciales y gagnèrent et donnèrent d'heureux résultats. Ce prince réorganisa les ministères et fit paraître, à partir de 4845, un annuaire impérial ainsi que plusieurs encyclopédies et grandes collections littéraires et scientifiques. 11 mourut le 25 févr. 4850.

Hien-founy (4850-4864), fils de Tao-konang (V. Hienfoung).

Toung-tche (4864-1875), fils de Hien-foung (V. Toungtche).

Kouang-su (4875), fils du prince Tchoun, succéda à son cousin (V. Kouang-su). A.Thomas.

BiBL. : P. Mailla, Histoire générale de la Chine; Paris, t. XL — E].-H. Parker, Campaigns ofKang-hi, Yungcheng and Kien-lung. dans China reuiew, t. XVI, pp. 105, 276, 321, 340. ~ W. Williams, The Middle Kingdom; Londres, t. II, pp. 179-188, — X..., The Emperor Taoukwang^ dans Chinese repository^ t. X, pp. 87-98. — John Ross, The Mandchus ofthe reigning dynasty of China^ their rise and progress; Londres,' 1891.

TSIN-KIOU-TcHAou, mathématicien chinois du xiii® siècle, auteur d'une compilation d'ouvrages anciens, les Neuf Chapitres de F Art du calcul, écrite vers 4240, et où apparaît, pour la première fois, le système des chiflres des savants chinois. Plus original dans V Exposition de la monade céleste, la plus ancienne algèbre chinoise, il y écrit les difi'érents termes d'une équation à une inconnue par leurs coefficients situés les uns au-dessus des autres (les négatifs distingués par leur couleur), les places des termes manquants étant occupés par des zéros. Au coefficient du terme du premier degré est juxtaposé le symbole de l'inconnue [youen), et le terme constant à supposer dans le second membre de l'équation est écrit audessous (V. TcHou-cni-Ki). T.

BiBL. : BiERNATSKi, dans Journal de Crelle^ 1866, pp. 59 et suiv. — Matthiesen, Grundzûgo der antUien and modernen Algebra, 1878.

TSIN-TCHEOU. Ville du N.-O. de la Chine, dans la prov. de Kan-sou, située dans la haute vallée du Tsingho, à 290 kil. S,-E. de Lan-tcheou ; 460.000 hab. ; temples et pagodes renommés. Les produits principaux du commerce sont le thé, le tabac, l'indigo, la laque, les céréales et les plantes médicinales ; le tissage et la broderie des soies occupent également beaucoup d'artisans ; le fer, le plomb et l'argent sont exploités aux environs.

TSING-TCHEOU-Fou. Ville duN.-E. de la Chine, dans la prov. de Chan-toung, chef-lieu de département, au pied des monts Kiou-kouen-chan, à 450 kil. de Tsi-nan-fou ; 72.000 hab. Cette ville, ancienne capitale de la province, défendue par une muraille d'enceinte de 45 kil. de tour, est un chef-lieu important de l'islamisme dans la Chine orientale ; on y compte environ 42.000 Chinois mahométans. L'industrie de la soie est très développée à Tsingtcheou ; le commerce du poisson et des céréales y est également considérable ; la houille est exploitée dans les environs, principalement dans le district de Po-chan, oii se trouvent des verreries importantes. Près de Tsingtcheou, a 40 kil. à l'O., on rencontre les tombeaux des chefs des tribus qui occupèrent autrefois une partie du Chan-toung; ces tombeaux, hauts monticules de terre, portent de très anciennes et curieuses inscriptions.

TSINTSACES (Ethnogr.) (V. Macédoine).

TSIOUAN-TCHEOU-FOJ. Ville maritime du S.-E. de la Chine, dans la prov. de Fou-kien, chef-lieu de département, à l'embouchure du Chouang-ki, au fond d'une baie magnifique, à 150 kil. S. de Fou-tchéou. C'est une ancienne capitale déchue, à cause de l'ensablement de son port ; les Arabes, qui venaient y trafiquer, changèrent son nom en celui de Zaïtoun ou Ville des Oliviers, sous lequel elle est également connue ; elle était alors l'un des principaux marchés des sucres de la région ; son commerce d'opium et de cotonnades américaines était aussi très renommé. Aujourd'hui tout le commerce s'est reporté dans

- ^^4^ - TSING - TSUGA

la baie d'Amoï, et c'est le petit havre de Ngan-haï qui sert de débouché maritime à Tsiouan-tcheou'^; le fer, le thé et le sel sont les trois principaux produits locaux.

TS ITS I KA R. Ville de la Mandchourie, la plus importante de la prov. de Holoung-kiang après la capitale Aïgoun, sur le Nonni, aftî. g. du Soungari, près delà frontière mongole et sur les routes qui relient Peking au fleuve Amour, à 4.020 kil. de Peking et à 400 kil. de la frontière russe. La population, qui est d'environ 30.000 hab., se compose de Mandchoux, de Chinois et de musulmans ; ces derniers, très nombreux, sont divisés en deux classes et résident dans deux quartiers distincts :.,les émigrés habitent, à l'E., celui de Toung-hoeï; les exilés, à l'O., celui de Si-hoeï. Tsitsikar est un lieu d'exil pour les condamnés politiques de la Chine ; on y envoie aussi des criminels qui doivent défricher et cultiver les terres. Cette ville est le centre administratifpour tous les Boutkhanes ou Mandchoux encore groupés en tribus; chaque année, au mois de juin, ces indigènes apportent un tribut de 5.500 peaux de martres zibelines et reçoivent, en échange, des céréales de toutes sortes : c'est l'occasion d'une foire très importante où accourent les négociants chinois et où se fait le commerce des fourrures. A.Thomas.

TSIU-soN-zi. Lac du Japon (V. ce mot).

TSONG-LI-Yamen (V. Tsung-Li-Yamen).

TSOSl. Ville maritime du Japon, située dans la prov. de Simosa, à 60 kil. N.-E. de Tsiba, à l'embouchure et sur la r. dr. du Toné-gawa. C'est un lieu de pêche très important : il s'y fait surtout un commerce considérable de sardines.

TS0UN6-IVIIN6. Ile de la Chine orientale, dépendante de la province de Kiang-sou, à l'embouchure du Yangtsé-kiang, au N. du port de Chang-hai, dans la mer de Chine. Sa superficie est d'environ 4.000 kil. q. et sa population de 2 millions d'hab. Les premiers habitants qui pénétrèrent dans cette île, vers l'an 703, furent des bannis du continent et des pêcheurs ; un peu plus tard, des colons libres, auxquels se joignirent quelques pirates japonais, vinrent s'y installer et s'adonnèrent à l'agriculculture. L'ile, arrosée par de nombreux canaux, est très fertile et produit du blé, du riz, de l'orge, du coton ; on y élève aussi des buffles et des porcs ; mais la population, beaucoup trop nombreuse, se trouve néanmoins réduite à une profonde misère ; elle est groupée surtout dans la ville de Tsoung-ming-hsien, sur la côte S., et dans un certain nombre de bourgades, dont la plus importante est Siu-ho-tching. Les insulaires avaient l'avantage, pendant la première moitié du siècle, de vivre complètement indépendants de l'administration chinoise ; aujourd'hui encore, l'impôt annuel ne dépasse pas, chez eux, 0,45 cent, par tète. Ces insulaires, dont on vante le caractère doux et la politesse, peuplent toutes les terres nouvelles qui se forment dans l'estuaire du Yang-tsé-kian^. A. Thomas.

TSOURNATA (Mont) (V. Piîvde).

ISOU-SHIMA. Ile du Japon (V. ce mot).

TSUGA [TsugaCâvr.) (Bot.). Genre de Conifères Abiétinées, composé d'arbres et d'arbrisseaux toujours verts qui vivent dans l'Amérique du Nord et en Asie. Les Tsuga ont le port des Sapins et présentent de nombreuses affinités avec les Epicéa. Leurs feuilles aplaties, non aciculaires, ont un couit pétiole cylindrique légèrement tordu; à la face inférieure du limbe se trouvent en général deux stries blanches parallèles à la nervure. Les fleurs mâles, groupées en épis axillaires ou terminaux, se composent d'étamines dont les sacs polliniques s'ouvrent obliquement ou transversalement ; les grains du pollen sont fréquemment dépourvus d'ailes. Les fleurs femelles sont disposées en épis solitaires, à l'extrémité des pousses de l'année. Les écailles carpellaires, plus développées que leur bractée mère, persistent après la chute des graines. Les cônes, pendants, ont une forme globuleuse. Les graines, ailées, renferment un embryon à 3-6 cotylédons.

Le genre Tsuga comprend 6 espèces, toutes cultivées

TSUdA - TUBAGE

en Europe : le T. du Canada (T. canadensis Carr.), le T. de Douglas (T, Douglasii Carr.), le T. de la Caroline (T. caroliniana Engel), le T. de l'Himalaya (T. dumosa Loud et le T. du Japon (T. Sieboldi Carr.) et le T. de Hooker {T, Hookeriana Murr.). Le T. du Canada est un arbre de 20-30 m. qui habite toutes les provinces du N.-E. des Etats-Unis et constitue d'immenses forêts sur les Montagnes Rocheuses. Le T. de Douglas, qui se rencontre depuis rOré^on jusqu'au Mexique, est un des géants des forêts américaines, car il peut atteindre 90 à 400 m. de hauteur. Le T. de la Caroline est un petit arbre de 12-45 m., assez semblable au T. du Canada. Le T. de l'Himalaya vit dans le Népaul et s'élève jusqu'à 3.500 m. sur l'Himalaya, c'est un arbre de 20-25 m. Le T. de Siebold est un arbuste de 7-8 m. ; il est originaire du Japon. Le T. de Hooker, qui rappelle par son port le Cèdre Diodora, habite la Californie. Les Tsuga doivent être plantés dans des terrains frais et meubles, à l'abri des grands vents.

On les multiplie par graines, par boutures et par greffes et en placage sur le T. du Canada, le plus rustique de tous. Ces arbres fournissent des bois de construction estimés, les troncs du T. de Douglas, en particulier, servent à la mâture des navires. L'écorce du ï. du Canada est utilisée pour le tannage des cuirs ; les jeunes branches du même arbre servent à préparer une sorte de bière, dite bière de pin ou bière Spruce. W. Russell.

BiBL. : MouiLLEFERT, Traité des arbres et des arbrisseaux, 1877-82.

TSUNG-LI-i^AMEN ou mieux TSONG-LI Ko Kouo Che Wou Yamen. Ministère des affaires étrangères de la Chine. H est d'origine récente : c'est seulement après la guerre franco-anglaise que les ministres, réunis sous la présidence du prince de Houeï, décidèrent sa formation qui fut décrétée par l'empereur Hien-Foung, le 49 janv. 4864; le même décret nomma ses premiers membres : le prince Kong, frère de l'empereur, Koueï-liang, grand secrétaire, et Wen-siang, vice-président du ministère de la guerre. L'année suivante, quatre ministres leur furent adjoints et, en 4869, de nouvelles nominations ayant encore été faites,

le nombre des membres du Yamen fut porté à dfx. Jusqu'en 4876, il ne s'opéra plus aucun changement, mais la mort de Wen-siang étant survenue à cette époque, les deux derniers membres du Kiou Ki Chou ou Grand Conseil, qui n'en faisaient pas partie, y furent alors admis, ce qui éleva le nombre des membres à onze ; if devint en même temps plus fermé et, par suite de l'admission de tous les membres du Grand Conseil, s'identifia quelque peu avec ce dernier. Le Yamen n'est pas un ministère au même titre que les autres établis en Chine ; il dort être considéré plutôt comme une sorte de Cabinet spécial ou de Grande^ Chancellerie formée par la réunion de membres appartenant déjà à d'autres ministères : ses attributions ne se bornent pas non plus à conduire la politique extérieure de l'empire; sa compétence s'étend également sur toutes les administrations et institutions, telles que les Douanes, l'Université de Peking, etc., dans lesquelles les étrangers peuvent se trouver intéressés. Les travaux du Yamen sont exécutés par des secrétaires qui, dans le principe, étaient détachés du personnel du Grand Conseil : il y a six secrétaires en chef ou tsong-pan et un certain nombre d'autres secrétaires appelés chang-king. TUA. Rivière du Portugal {Y. ce mot)* TUÂOU (Myth.) (V. Enfers, t. XV, p. 4048). TUBA (Mus.). On désigne, sous le nom général de tuba ou bass-tuba,, un instrument grave en cuivre, de la famille des saxhorns, qui, dans les orchestres symphoniques, est chargé de donner de la rondeur et de la puissance aux basses de cuivre. Il a remplacé dans ce i^ôle l'ophicléide qui rendait à peu près les mêmes services, mais qui était infiniment plus difficile à bien jouer. Sous ce nom de tuba, on désigne des instruments analogues, mais de systèmes et de diapasons bien différents, chaque facteur ayant inventé le sien et prétendant à la priorité. Wieprecht, en Allemagne, construisit, vers 4835, un instrument grave à cinq cyhndres, en mi bémol, dit bass-tuba, alors nouveau, et qui, plus ou moins modifié, est encore en usage dans ce pays. Voici son étendue, la plus grave qui existe à l'orchestre,, mais avec cette restriction que la dernière octave est à peine appréciable :

8« bassa

Comme les compositeurs n'emploient guère de sons plus graves que le sol ou le fa graves, et encore assez rarement, il n'est pas nécessaire d'^avoir un instrument d'un diapason aussi bas. Cependant Wagner s'en est servi, sous le nom de contra-bass tuba. En France, on le remplace par un saxhorn-basse ordinaire dont le tube est un peu plus large et qui est muni de quatre, cinq ou six pistons. En outre, cet instrument se fait en ut et non en si bémol comme ceux des musiques militaires. Wagner a employé dans la Tétralogie un quatuor d'instruments qu'il appelle aussi tubas; deux bass-tubas en si bémol et tenor-tubas en mi bémol au diapason de nos saxhorns barytons et altos. Ces instruments ne différeraient en rien des saxhorns, si le compositeur n'avait prescrit de les faire jouer par des cornistes et avec une embouchure de cor, c.-à-d. de forme conique et non hémisphérique. Ce détail d'exécution rapproche un peu leur timbre de celui des cors : il devient susceptible, comme ce dernier, de mieux se fondre dans l'ensemble instrumental, et particulièrement de s'allier avec les cordes, sans trancher trop violemment. Le maître a tiré d'admirables effets, tout nouveaux et souvent imités depuis, de cette instrumentation spéciale.

Dans quelques partitions du commencement du xix® siècle, dans le Joseph de Méhul par exemple, et aussi dans les musiques composées oour les fêtes de la Révolution,

on rencontre quelquefois un instrument particulier dénommé tuba corva. Il ne donne que ces trois notes :

et semble avoir été l'exacte copie de ces grandes trompettes que l'on voit représentées, dans les pompes triomphales ou religieuses, sur les monuments romains. H. Quittard. TUBAGE. I. Mines (V. Sondage).

IL Artillerie (V. Bouche, § Bouche à feu), III. Thérapeutique. — Le tubage du larynx consiste à introduire et à maintenir temporairement dans le larynx, au niveau de la glotte et entre les deux cordes vocales inférieures, un tube métallique, pour faciliter l'accès de l'air dans les voies aériennes. Recommandée dès 4858 par Bouchut, cette opération ne fut introduite dans la pratique qu'en 4884 par O'Dywer, qui employait de longs tubes pénétrant jusque dans la trachée. Le tubage est indiqué dans les sténoses temporaires du larynx, et particulièrement dans le traitement du croup, en cas de dyspnée et d'accès de suffocation : il permet de retarder l'asphyxie menaçante. En France, il n'a guère été pratiqué

TUBAGE — TUBERCULE

que depuis la découverte du sérum antidiphtérique, auquel il donne le temps d'agir, et on le préfère à la trachéotomie dont il n'a pas les inconvénients et à laquelle on ne recourt qu'en cas d'urgence. \S^ V. -Lucien Hahn.

TUBAL-CAIN. Personnage delà mythologie hébraïque, créateur de la métallurgie ; c'est, d'après la version jéhoviste de la Genèse, un fils de Lamech. La version séthite en fait le père de Noé.

TUBE. I. Technologie (V. Tuyau).

II. Chimie.— Les tubes dont on^fait usage dans les laboratoires de chimie, principalement pour l'analyse des gaz et des substances organiques, portent, suivant leur forme et leur destination, différents noms: tubes en U, tubes en V, tubes de Liebig, tubes condensateurs, tubes à combustion, tubes gradués éprouvettes, pipettes, etc. On trouvera les plus employés d'entre eux décrits et représentés à l'art. Analyse, t. II, pp. 918 et suiv., et à l'art. Gaz, t. XVIIl, pp. 637 et suiv.

III. Physique. — Tube capillaire (V. CAPiLLARrrÉ). Tube de Geissler (V. Geissler).

Tube de Mariotte (V. Compressibilité).

Tube de Torricklli (V. Atmosphère).

IV. Hydraulique. — Tube de Pitot. — Le tube de Pitot (4732) est destiné à mesurer la vitesse d'un courant liquide. C'est un tube vertical, recourbé horizontalement à sa partie inférieure qui se termine par un entonnoir. On dirige celui-ci face au courant. Alors la pression du liquide pénétrant dans l'entonnoir oblige le niveau hbre à s'élever dans le tube jusqu'à une hauteur proportionnelle au carré de la vitesse ; le coefficient de proportionnalité est déterminé par un tarage spécial. Malheureusement, il se produit dans le tube des oscillations qui rendent les lectures difficiles ; en outre, la présence de l'entonnoir ne permet d'obtenir que la vitesse moyenne d'un ensemble de filets liquides. Darcy a perfectionné le système en réunissant par le haut deux tubes de Pitot dépourvus d'entonnoirs et disposés de manière à déboucher dans deux directions opposée?. On mesure la différence de niveau dans les deux tubes,^ ll'on admet que cette différence est proportionnelle au carré de la vitesse. En exerçant une aspiration au sommet du raccord, on produit une dépression qui fait monter simultanément le liquide dans les deux tubes, sans altérer la différence de niveau, et l'on rend ainsi la lecture plus facile. L. Lecornu.

V. Anatomie. — Tube digestif (V. Digestif [Appareil] et Intestin).

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