LUS
TUBINGUE (alL Tilbingen). Ville du Wurttemberg, au confluent du Neckar avec FAmmer et la Steinlach ; 13.976 hab. en 1895. Vieille ville à rues étroites, accrue de deux faubourgs, celui de l'E. renfermant l'Université. Eglise de 1469-83 renfermant les tombeaux de plusieurs comtes ou ducs de Wurttemberg ; château de Hohentiibingen, achevé en 1540, en style Renaissance. L'Université, fondée en 1477 par le comte Eberhard le Barbu, réformée en 1535, reçut l'année suivante une faculté de théologie protestante qui devint la première d'Allemagne, surtout lorsque H.-C. Baur y eut fondé Vécole de Tubingue (V. Baur). En 1817, on annexa à l'Université de Tubingue une université catholique fondée en 1812 à Ellwangen. L'Université compte actuellement 65 professeurs et plus de 1.300 étudiants; elle a une bibliothèque de 300.000 vol. et 3.500 manuscrits, formée aux dépens des couvents sécularisés. Le comté de Tubingue, cité à partir de 1078, fut acheté en 1342 par le comte palatin Ulrich de Wurttemberg. La ville fut démantelée par les Français en 1688. A.-M. B.
BiBL. : Klùpfel et Eifert, Gesch. und Beschreibung der Stadl und Universitat Tûbingen, 1849, 2 vol. ~ Klùpfel, Die Universitmt Tûbingen ; Leipzig, 1877.
TU BŒUF. Com. du dép. de l'Orne, arr. de Mortagne, cant. de Laigle ; 111 hab.
TUCHAN. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne; 1.388 hab.
TUCQUEGNIEUX. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. d'Audun-le-Roman ; 239 hab.
TUCUMAN. L Ville {Sa7i Miguel de Tucuman), — Ch.-l. d'une province de la République Argentine, à 3 kil. du rio Tala; 34.297 hab. Chemin de fer. Située au milieu de vastes bois d'orangers et de jardins et plantations, elle renferme des sucreries, distilleries, tanneries, fabrique des dentelles, des couvertures, etc. Fondée en 1565 par Diego de Villarsel, Belgrano y défit les Espagnols en 1812, et l'indépendance de l'Argentine 3^ fut proclamée, en 1816, dans une maison dont la salle historique a été conservée. C'est la grande -ville du Nord.
IL Province. — La plus petite province de la République Argentine, au S. de celle de Salta, au N. et à l'E. de cellede Gatamarca; 23.424 kil. q.; 240.000 hab. enl899. Sol plat à TE., accidenté à rO.;au S.-O. s'élève le massif de gneiss de l'Aconquija (4.650 m.), très pittoresque avec ses torrents aux lits encaissés et ses admirables forêts d'ébéniers, d'acajous, de cèdres, de myrtes et de lauriers. La sierra de Tucuman prolonge ce massif vers le N. Les eaux de la province aboutissent au rio Tala qui prend ensuite le nom de rio Dulce ; de nombreux canaux irriguent la plaine qui est très fertile en canne à sucre, maïs, tabac, raisins, fruits. Les prairies plantureuses nourrissent de
TUCIJMAN — T¥F
beaux chevaux, mulets et bœufs. Le climat est doux et chaud, avec une moyenne de + 1 9*^,4, une chute d'eau annuelle de 900 millim. La population, où dominent les métis, est intelligente et laborieuse, passionnée pour la politique. A. -M. B.
TU DE. Rivière du dép. de la Charente (V. ce mot). TUDEILS. Com. du dép. de la Corrèze, arr. deBrive, cant. de Beaulieu ; 621 hab.
TU DELA (Tutela ou Tullonium). Ville d'Espagne, prov. et à 84 kil. S. de Pampelune (Navarre), sur la rive dr. de l'Ebre, au confl. du Quelles; ait., 253 m.; 10.000 hab. Stat. de chem. de fer. Evêché (suffr. de Burgos); commerce de réglisse, d'alfa des montagnes et des Bardefias Reaies, d'huile provenant de véritables forêts d'oliviers, de vins abondants et estimés; élevage de taureaux de course très vantés. Sa situation est pittoresque, au pied d'une muraille de rochers, avec une vue superbe sur le massif du Moncayo. C'est une ville très ancienne qui, conquise sur les Maures par Alfonse 1^^' d'Aragon en 1115, a conservé une vieille enceinte, un vieux château fort et, au milieu d'un dédale de rues étroites et malpropres, une belle cathédrale gothique au porche curieusement sculpté. L'Ebre y est traversé par un vieux pont dont les dix-sept arches sont toutes différentes les unes des autres. Patrie de Benjamin de Tudèle et de Miguel Servet (brûlé à Genève en 1553). Victoire des Français de Lannes sur les Espagnols de Castanos le 23 nov. 1808. A quelques kil. en aval, à Boca del Rey, un barrage important détourne les eaux de l'Ebre dans le canal Impérial. J.-G. K.
TUDELLE. Com. du dép. du Gers, arr. d'Auch, cant. de Vic-Fezenzac ; 109 hab.
TUDESCHIS (Nicolas de) (V. Panormitanus). TUDORi La dynastie anglaise des Tudor se rattache à une ancienne famille galloise qu'on fait remonter jusqu'au prince Cadwaladr (mort en 11 72). Elle compta Maredudd ap Cinan, personnage considérable de la cour de Llevvelynap Jorweth, Ednyfed Fyclian, seigneur d'Anglesey, dont le fils Gronw fut le père du premier Tudor, Tudor-Hên, bienfaiteur du monastère de Bangor, en 1299. Parmi leurs descendants, Owen Tudor est le plus connu. Entré au service de Henri V, il se distingua à Azincourt, fut clerc de la garde-robe de Catherine de Valois, veuve de ce prince, et sut plaire assez à la reine douairière pour devenir d'abord son amant, puis l'épouser secrètement vers 1429. Tudor fut enfermé à Newgate en 1436 et réussit à s'échapper. Lorsque Henri VI prit en mains le gouvernement, il protégea Tudor qui combattit dans ses armées, fut fait prisonnier à la bataille de Mortimer's Cross (4 févr. 1461) et décapité à Hereford. De la reine Catherine il avait eu deux filles et trois fils. — L'un, Edmund d'Hadham, né vers 1430, mort en 1456, fut créé comte de Richmond en 1453. — Un autre, Jasper d'Hatfield, né vers 1 431 , mort en 1495, devint comte de Pembroke en 1453 et duc de Bedford en 1485. Les Tudor montèrent sur le trône avec Henri VII, fils d'Edmund d'Hadham et de sa femme Marguerite Beaufort (V. Henri VH, Marie F® Tudor, Dudley [Lady Jane], Marguerite Tudor, Henri VIïÎ, Edouard VI et Elisabeth Tudor). R. S.
TU- DUC, empereur d'Annam (V. Awnam).
TUDY (L'Ile-). Com. du dép. du Finistère, arr. de ftuimper, cant. de Pont-l'Abbé; 1.110 hab. Bains de mer. Fabr. de conserves alimentaires et de sardines à l'huile.
TUE-BREBIS (Bot.) (V. Pinguicula).
TUE-CHIEN (Bot.) (V. Colchique).
TUE-DIABLE (Pêche). Engin consistant en une masse de plomb en forme d'olive très allongée ; à l'une des extrémités on pose un morceau de fer-blanc figurant la queue fourchue d'un poisson ; le plomb est recouvert de fils de soie de couleur brillante ; à l'aide d'une florence on fixe des hameçons disposés en sens inverse ; on empile à l'ex-
trémité, soit une bricole, soit une grappe de petits hameçons. L'emploi de cet engin est restreint aux eaux bouillonnantes des chutes pour la pèche du saumon. TUE-LOUP (Bot.) (V. Aconit).
TUETEY (Alexandre), archiviste et historien français, né à Saint-Pétersbourg le 11 sept. 1842. Elève de l'Ecole des chartes, dont il sortit en 1863. Attaché au catalogue des manuscrits de la Bibliothèque nationale de 1860 à 1863, il entra en 1864 aux Archives nationales. Parmi ses publications, consacrées d'abord à l'histoire de la Franche-Comté, puis à l'histoire de la France, on relève : Etude sur le droit municipal au xiii® et au XIV® siècle en Franche-Comté et en particulier à Montbéliard (Montbéliard, 1864, in-8) ; les Ecorcheurs sous Charles F// (Montbéliard, 1874, 2 vol. in-8); les Allemands en France..., 1581-88 (Montbéliard, 1884, 2 vol. in-8) ; la Sorcellerie dans le pays de Montbéliard au xvii^ siècle (Dole, 1886, in-8). Il a édité le Journal d'un bourgeois de Paris (i40D-i449)y dans la Société de l'histoire de Paris (t. III des Documents, 1881); le Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris(i400-i4i7), dans la Société de l'histoire de France (1885-88, 2 vol. in-8). On lui doit la mise en lumière de documents d'archives, registres et chartes, d'une grande importance pour la fin de l'histoire du moyen âge et le commencement de l'histoire des temps modernes, notamment les Testaments enregistrés au Parlement de Paris sous le règne de Charles VI (Paris, 1880, in-4), dans la Collection de documents inédits sur V histoire de France. Il a pris une part active aux travaux historiques de la ville de Paris, où il a publié deux volumes dans la collection des Registres des délibérations du Bureau de la ville de Paris (1883 et ann. suiv., 8 vol. in-4 : t. II, comprenant la période de 1527 à 1539, et t. V, de 1558 à 1567). Son œuvre principale est le Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française (Paris, 1890-1900, 5 vol. gr. in-8); l'Assistance publique à Paris pendant la Révolution, documents inédits (Paris, 1895-97, 4 vol. gr. in-8).
E.-D. Grand.
TU F. Le mot tuf est une expression générique qui sert à désigner toute une série de pierres tendres et poreuses, produites par voie de sédiment ou d'incrustation et provenant de matières pulvérulentes remaniées et tassées par l'eau : tuf calcaire, tuf basaltique, tuf porphyritique, etc. On les trouve, le plus souvent, en couches, sous la terre végétale.
Le tuf calcaire se rencontre principalement dans les terrains tertiaires. Dû aux eaux d'infiltration chargées de carbonate de chaux qui, venant sortir lentement à l'air libre, et abandonnant leur excès d'acide carbonique Font laissé, après évaporation, en dépôt, il forme des dépôts très légers, caverneux, de consistance terreuse et voisins, ordinairement, d'algues, de mousses ou d'herbes, lesquelles obligent les suintements à s'étaler en multipliant les surfaces d'évaporation. En outre, ces végétaux interviennent directement dans la précipitation du calcaire par leur avidité pour l'acide carbonique. Les tufs calcaires présentent, en général, comme conséquence de leur mode de formation, de nombreuses empreintes de plantes, de larves, de coquilles terrestres. Les exemples en sont nombreux dans le bassin de la Seine. Le gite de la Celle, notamment, près de Moret, est bien connu. Il repose sur les alluvions anciennes du fond de la vallée et comprend, de haut en bas, sous une épaisseur de 8 à 15 m., une couche de tuf concrétionné à Ficus carica, un tuf à Zonites, à Hélix, à Clausilia, une marne rosée à ïïelix et à Cyclostoma, enfin un tuf homogène fin avec marne verdâtre, à ossements de Sus, de Castor et de Cervus. Un autre tuf calcaire très célèbre est celui de Cannstadt, en Wurttemberg, dont la flore se compose de chênes, de peupliers, d'érables, de noyers et autres arbres vivant encore dans la contrée.