‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 249 sur 633 · TUF — TUILE · texte numérisé non relu

TUF — TUILE

Des coquilles terrestres et des ossements à'Elephas primigenius y sont associés. Citons encore les tufs de Roquevaire, près de Marseille, avec empreintes de palmier nain, ceux des environs de Montpellier, deMassa-Maritima, en Toscane, de Lipari. Ceux de Tlemcen, en Algérie, sont également fort remarquables, et Ton en rencontre jusque dans le Sahara, jusque dans le désert de Tripoli. Les uns et les autres sont l'indice de sources puissamment alimentées, et ils se montrent exclusivement dans les régions soustraites à Tenvahissement des glaciers, sur des points où habitaient alors les éléphants. Ils attestent l'humidité d'un climat dont les conditions étaient jadis communes à l'Afrique septentrionale et à la France. Les tufs ne se présentent pas, d'ailleurs, toujours à l'état terreux, friable. Fort souvent leur consistance est assez grande pour permettre de les employer aux constructions. Le tuf de la Franche- Comté est dans ce cas, mais non celui des environs de Paris, insuffisamment résistant. Le tuf wurttembergeois est brunâtre et à structure cariée. Il est très tendre lorsqu'il sort de la carrière et se laisse alors débiter avec la plus grande facilité. A l'air, il durcit. C'est là du reste un caractère commun à tous les tufs, et on ne les utilise qu'une fois bien secs. Quoique peu résistant, le tuf à bâtir est très recherché, principalement pour les voûtes, les clochers, etc. Sa densité est, en effet, très faible: d,o à 2. Il offre de plus, grâce à la proportion très forte d'aluminium qu'il renferme, une grande résistance à la gelée.

Les tufs éruptifs comprennent les diverses variétés d'agglomérats à grain fin qui résultent de la projection de matériaux éruptifs dont la consolidation a eu lieu soit à l'air libre, soit sous l'eau. Dans le voisinage des centres d'éruption, ils se distinguent par de fréquentes alternatives de lits à éléments très fins avec d'autres plus grossiers correspondant aux diverses phases de l'activité volcanique, et il est d'autant plus difficile d'en déterminer les éléments qu'ils sont plus anciens, par suite des altérations subies par les microlithes et autres menus débris. Les tufs éruptifs se distinguent en tufs felsitiques ou cendres feldspathiques ; parmi lesquels on doit ranger les argilophyres ou argilolites, si souvent mêlés aux épanchements de felsophyres; en tufs basaltiques, qui sont formés de fragments de basalte projetés et cimentés ensuite soit par des carbonates et de la limonite, soit par des zéolites, plus rarement par de l'opale ou de la calcédoine ; en tufs palagonitiques, qui paraissent être le produit, plus ou moins altéré après coup, d'explosions successives et qui sont développés surtout en Sicile et en Islande, où ils sont constitués par des fragments de verre basaltique, que cimentent diverses substances dérivées du verre lui-même par transformation hydrochimique ; en tufs porphyritiques, qui se rencontrent principalement dans les terrains houillers, à la formation desquels ils ont eu un grand rôle ; en tufs orthophyriques, qui sont les tufs porphyri tiques du Morvan, et qui se composent de fragments très brisés de quartz, d'orthose, d'oligoclase, de mica noir, cimentés par une pâte calcédonieuse ; en tufs bréchiformes ou pépériies, les uns de projection, les autres d'intrusion, dont le caractère dominant est la juxtaposition de fragments anguleux de basalte, vitreux et scoriacé, à des minéraux de profondeur, hornblende basaltique et mica noir. Les cinérites ne sont, de leur côté, qu'une variété de tuf à grain très fin, blanc ou gris, se débitant généralement en minces plaquettes, et paraissant formé de cendres feldspathiques agglutinées, qui ont dû tomber dans les lacs. La couche solide de 15 à 45 m. d'épaisseur qui recouvre, depuis dix-huit siècles, la cité d'Herculanum, n'est elle-même qu'un tuf qui s'est constitué dans des conditions analogues par 'la consolidation des masses de cendre vomies par le Vésuve et accompagnées dans leur chute ou peu de temps après par la pluie, qui les a transformées en boue. On conçoit, du reste, qu'il existe, suivant la nature des débris constituants, la quantité d'eau qui les a cimentés, et toutes les circonstances

de leur chute et de leur dessiccation, des variétés très diverses de tufs boueux. Certains ressemblent aux plus beaux marbres. Enfin la chute des cendres sur le fond de la mer peut aussi donner naissance à des dépôts de même nature, les tufs sous-marins, qui contiennent des coquilles. Ainsi se sont constitués les importants amas de tuf ponceux de l'Italie, que des soulèvements postérieurs ont amenés à la surface du sol.

TUFFÉ. Ch.-l. de cant. du dcp. de la Sarthe, arr. de Mamers; 1.544 hab.

TUGDUAL DE Kermoysan, ingénieur militaire français (V. Kermoysan).

TU GELA. Fleuve du Natal (V. ce mot et Transvaâl, § Histoire).

TU6ENDBUND. Association patriotique fondée à Kœnigsberg en 1808, afin de réformer le peuple allemand par l'éducation, de relever l'armée et de propager le patriotisme ; le but non avoué était de combattre la domination française. Répandue dans toute la Prusse, l'association fut dissoute par le roi le 31 déc. 1809. Elle subsista, mais devint suspecte aux réactionnaires après 1815 et disparut.

BiBL. : VoiGT, Gesch. des Tugendbunds ; Berlin, 1850.

TU GERAS. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Jonzac, cant. de Montendre; 421 hab. Stat. du chem. de fer de l'Etat.

TUGNY-ET-PoNT. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Saint- Quentin, cant. de Saint-Simon; 511 hab.

TUl (Rio). Fleuve du Venezuela (V. ce mot).

TUILE (Constr.). Terme générique désignant toute tablette de faibles dimensions et surtout de peu d'épaisseur, de matière, de forme et de décoration variées, employée dès l'antiquité la plus reculée pour couvrir les édifices. Quelques renseignements généraux, donnés au mot Couverture, § Couvertures minérales, t^Xlil, p. 233, doivent être rappelés et complétés ici. En dehors de tuiles spéciales de marbre, de verre, de bois ou de métal, dont on s'est servi à différentes époques et dont on se sert encore de nos jours dans des cas particuliers, le seul mot tuile indique surtout maintenant une tablette d'argile, le plus souvent rectangulaire ou demi-circulaire, pétrie, séchée et cuite à la façon de la brique, soit par des procédés rudimentaires, soit par les procédés industriels les plus perfectionnés, et dans des enclos et des bâtiments, tuileries et briqueteries, off"rant une grande analogie. Après les anciens peuples de l'Asie Mineure, qui portèrent l'art de la céramique à un haut degré de perfection et qui employèrent des tuiles en terre cuite émailllée dont on a retrouvé de nombreux vestiges, les Grecs et les Romains se servirent surtout de tuiles absolument plates ou de tuiles plates avec rebord et de tuiles courbes ou creuses, demi-cylindriques ou demi-coniques, ces dernières em- • ployées comme tuiles faîtières placées à la rencontre et au sommet de deux versants de toiture, ou à la rencontre de deux rangées de tuiles plates afin d'en recouvrir les joints, ou encore pour former des couvertures faites entièrement de ces tuiles creuses dont les rangées, off'rant alternativement leur convexité et leur concavité, se recouvraient mutuellement. Le moyen âge employa de même les tuiles plates et les tuiles creuses, il se servit aussi des tuiles vernissées ou émaillées et de tuiles faîtières ornées, dont le cours était terminé, à chaque extrémité et à l'intersection de deux ou plusieurs cours de tuiles faîtières, par un motif, également de terre cuite, allongé, richement orné et décoré, nommé épi, et dont les musées de céramique conservent de fort curieux spécimens. Parfois aussi les gouttières étaient faites de tuiles creuses d'assez grande longueur et façonnées à cet efl^et, tandis que, dans l'antiquité grecque et romaine, des tuiles, de forme spéciale et souvent d'un gracieux dessin, formaient chéneau ouantéfixes (V. ces mots). De nos jours, en France, les tuiles les plus fréquemment employées sont de deux espèces, les tuiles plates, rectangulaires, de différentes di-

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