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principautés indépendantes les unes des autres et qui relèvent toutes de la Chine. Trois administrateurs chinois : le vice roi de Sse-tchouen, le légat impérial de Si-ning et celui de I.ha-sa se partagent la surveillance de ces principautés qui ont une certaine autonomie. La Chine n'in tervient que dans les cas graves, donne l'investiture aux principales autorités tibétaines, entretient une armée de 4.600 hommes, prélève un impôt foncier, et tous les cinq ans les chefs de ces principautés envoient une ambassade porterie tribut à la Chine. Elles sont : 4«Le royaume du Talélama qui comprend environ la moitié de la population du Tibet (1 .500.000 hab.) et un peu plus de la moitié du territoire. Le talé-lama ayant un pouvoir spirituel, le gouvernement temporel est confié à un vice-roi Gya-ts'ab qui règle toutes les affaires avec les quatre Ka-lon ou ministres. Son territoire est divisé en districts administrés par des préfets (Dzong-pon) qui cumulent les fonctions administratives, judiciaires et financières. Il y a une milice composée de tous les hommes reconnus capables de porter les armes. Une petite troupe de soldats réguliers demeure à Lha-sa. Les impôts sont prélevés principalement en nature, peu le sont en argent. — 2^ Le Pang-tchen-rin-po-tch'e de Ta-chi-lhounpo, qui étend son autorité sur 400.000 âmes environ. — 3*^ La principauté du grand lama de Sa-kya-gon-pa, qui a reçu sa souveraineté temporelle de khan mongol Koubilaï. Ces trois principautés sont sur la surveillance du légat de Lha-sa, ainsi que les principautés de Tch'a mdo, de Ri-bo-tch*é, d'Hor-tsi et de Po-Youl ; dans ces deux derniers pays, la majorité de la population est bon-po, ainsi que le roi de Dja-ya.
Les géographes chinois comptent quatre-vingts princes indépendants dans le Tibet oriental. Le prince de I)é-rgyé ne laisse passer les marchands chinois sur la grande route que moyennant finances. Le roi de Ta-tsien-lou est le seul ayant de l'autorité sur le clergé de ses Etats. Le viceroi de Sse-tchouen a sous sa dépendance ces deux principautés ainsi que les autres petites principautés comprises entre la Chine et la vallée du fleuve Bleu, une ligne partant au S. de Kimazang allant vers le N.-E. rejoindre la limite du Sse-tchouen et du Kan-sou. Au N. de cette ligne et des monts Tang-la, les principautés ou tribus dépendent du légat de Si-ning. Il a sous son autorité le roi laïque de Nan-tch'en-gya-po, duquel dépend la région depuis le Dam-tao jusqu'à la frontière du Tsa-dam mongol et jusqu'aux limites du bassin du Do-tchou. LesNgolog, appelés Si-fan par les Chinois, sont des pillards ; ils demeurent sous des tentes et sont absolument indépendants de la Chine. Les Pa-nag, qui habitent au pied du Koukou nor, se rapprochent comme type des Mongols; ils ont les yeux bridés, la taille plus ramassée ; ils demeurent aussi sous des tentes et sont soumis à la Chine.
Le plateau Khatchi, qui s'étend en grande partie sur la prov. du Tsang et un peu aussi sur la prov. mongole du Koukou nor, est habité par des nomades; les Sok, à TE., sont des Mongols, les Hor-pa, à l'O., sont peut-être de race turque. Le mot Hor-pa, qui signifie barbare, est donné aussi à des peuplades tibétaines et même quelquefois à des Mongols. On y mentionne aussi les Kambas : les uns sont cultivateurs; d'autres qui sont nomades vont jusqu'au Cachemire. On compte parmi eux beaucoup de moines mendiants. Dans la vallée de Lou-tsé-kiang habitent les Arrou et les Lissou, les premiers sont agriculteurs, les seconds sont des brigands. Citons encore les Mélam qui parlent un dialecte mélangé de mots étrangers.
Géographie économique. — La culture est peu développée au Tibet; sa mauvaise condition physique et son état social en font un des pays les plus pauvres de la terre. On y cultive surtout l'orge, qui vient à 4.500 m. d'alt., et un p«u de blé. Les instruments agricoles sont grossiers ; la charrue, d'origine indienne, tirée par un yak, ameublit à peine la terre. Les pâturages et les troupeaux sont la principale ressource. On élève surtout le mouton et le yak. Le mouton fournit de la viande, des four-
rures et de la laine pour l'exportation. Le yak est ranimai de somme, son poil sert à fabriquer des étoffes grossières qui s'emploient pour faire des tentes, sa viande est savoureuse et on exporte la peau ; la femelle donne du lait excellent avec lequel on fait du fromage et du beurre qui constituent le fond de l'alimentation. Les animaux sauvages sont aussi pour les Tibétains une source de profits. Chasseurs, ils poursuivent les yaks sauvages et les hemiones pour leur peau, celle de la panthère est très estimée par les Tibétains élégants ; les cornes de l'antilope sont employées par les médecins chinois comme un fortifiant ; le porte-musc, dit gla-va^ fournit son parfum.
L'industrie est peu développée au Tibet : Lha-sa et Dérgyé sont les deux centres les plus importants pour les armes et les objets de cuivre. L'orfèvrerie a un certain cachet artistique, mais les Tibétains, ne sachant ni tailler ni monter les pierres précieuses, sont obligés d'employer des ouvriers du Népal. L'industrie du lainage est très importante ; on tisse des étoffes de diverses sortes, depuis des grosses couvertures de laine jusqu'à une étoffe de laine très fine, souple et chaude dont le principal centre est à Gyang-tsé. On sait bien teindre les étoffes. Les arts religieux sont très développés ; ils sont exercés par les lamas, ils fondent des clochettes couvertes de petits dessins. Les statuettes de cuivre doré, de bronze et d'argent sont d'un fini peu commun ; ils fabriquent des bâtons odoriférants. Les lamas impriment aussi les livres, peignent des fresques sur les murs des couvents.
Quoique les Tibétains aiment à trafiquer et acheter pour revendre, ils ne tiennent pas de magasin à demeure, les marchands sont des Chinois, des Népalais, des Cachemiriens. Les transactions se font dans les bazars des villes et dans les foires; à certaine époque de l'année, les pasteurs descendent de leurs montagnes pour vendre leurs bestiaux et leur laine ouïes étoffes qu'ils ont tissées. Il y en a qui font jusqu'à 600 kil. pour vendre leurs produits à Nag-tchou-dzong.
Le commerce extérieur est fait par les grands seigneurs laïques ou religieux qui ont des agents nommés ts'ongpon ; ceux-ci demeurent dans les centres commerciaux, surtout à Tong-Kor, Dar-tsé-do, Li-Kiang et Lé. Ils surveillent les magasins, reçoivent les caravanes. Le Tibet tire delà Chine du thé (7 millions de kilogr. représentant une valeur d'environ 4.800.000 fr.), des toiles et du fil de coton, des étoffes de soie, des k'a-tag, sortes d'écharpes en soie que les Tibétains s'offrent par politesse, de la porcelaine, de la quincaillerie, des sabres et des fusils, des chevaux du Yun-nan, des ânes. L'Inde envoie au Tibet des draps, des indiennes, des ustensiles de ménage, des armes, delà coutellerie, de l'indigo, du corail, des pierres précieuses et toutes sortes de marchandises européennes. Le Népal expédie du riz en grande quantité, ainsi que de la bijouterie.
Le Tibet exporte en Chine des étoffes de laine, des fourrures, des plantes médicinales, du musc en très grande quantité ; outre ces marchandises, elle envoie dans Tlnde du borax, du sel, de l'or, de l'argent. Il se fait très peu de commerce avec le Turkerstan, qui fournit des chevaux kirghises et de l'Ili, des feutres, des peaux de martre et de loutre. Avant la révolte des musulmans, le marché de Li- Kiang était très important, mais le voisinage de nos colonies d'Indo-Chine peut faire refleurir le commerce du Yun-nan et ouvrir des relations commerciales avec le Tibet. Nous pourrions tirer de cette région des peaux, des fourrures, des bestiaux, de l'or et du musc, et en échange nous leur fournirions des pierres précieuses, des bijoux, des montres, des horloges, etc.
Routes. — Les routes principales qui sont suivies par les caravanes et qui viennent des pays limitrophes à Lha-sa sont : celle de Lha-sa à Si-ning qui mesure 1.860 kil. Les yaks vont de Lha-sa à Nag-tchou en vingt jours, de Nag-tchou à Si-ning en quatre-vingt-huit jours, soit cent