TUILERIE — TULIPES
d'arbres, quinconces, pelouses, parterres de fleurs, labyrinthe ou dedallus, trophée avec fontaine, ornés de sculptures, grotte ornée de poteries émaillées à laquelle travailla, avec deux de ses parents, Bernard de Palissy (V. ce nom), souvent appelé à cette époque ili® Bernard des Thuilleries et qui avait installé aux Tuileries même, dans le soubassement d'une partie du palais, trois fours pour la cuisson de ses figures et ornements de terre émaillée. Sous Louis XIII, le jardin des Tuileries reçut en plus un chenil, une volière, un étang peuplé de cygnes, et ce ne fut que sous Louis XIV, grâce à Colbert et à Le Nôtre (V. ce nom), que le jardin prit le caractère que, malgré beaucoup d'altérations dont la plus importante fut le passage créé en face le pont de Solférino, il a gardé jusqu'à ce jour : celui de jardin à la française orné d'oeuvres d'art. Le jardin des tuileries est ainsi devenu un véritable musée de groupes et de figures sculptés dus aux Coysevox, aux Coustou, aux Van Clerc, aux Lepautre et à tant d'autres, dont quelques-uns du siècle dernier, et ce grand attrait d'une promenade ainsi embellie, de la place de la Concorde à la rue nouvelle des Tuileries, se poursuit maintenant, sur l'emplacement de l'ancienne façade des Tuileries, de la cour du palais jusqu'à Varc de triomphe du Carrousel, cette remarquable adaptation par Percier et Fontaine d'un arc de triomphe romain à la gloire de Napoléon P^ et de son armée. En effet, dans cette nouvelle partie du jardin des Tuileries, l'architecte Edmond Guillaume (V. ce nom) fit disposer des œuvres de statuaires modernes, Delaplanche, Lanson, Maindron, Matharin Moreau, Mercié, etc., au milieu de vases et de plantations maintenues basses, ce qui permet d'avoir ce coup d'œil féerique de verdure et de monuments , depuis le pavillon du Louvre jusqu'à l'arc de triomphe de la place de l'Etoile. Ch. Lucas.
BiûL. : Ad. Berïy et H. Legrand, Topographie historique du vieux Paris, Région du Louvre et des Tuileries; Paris, 1866-68, 2 demi-fol., pi.
TU IRA. Fleuve de Colombie (V. Darien).
TUISTO, personnage de la mythologie germanique qui, d'après Tacite, était regardé par les Germains occidentaux comme Fauteur de leur peuple; né de la Terre, il était père de Mannus, dont les trois fils auraient donné naissance aux trois races des ïngsevons, Herminons et Istsevons. On admet que Tuisto est le dieu double, à la fois mâle et femelle, que l'on rencontre au début de plusieurs cosmogonies. Son fils Mannus est le premier homme.
TUKOPlA(Océanie) (V. Toukopia).
TU LAS NE (Louis-René), botaniste français, né à Azay- * le-Rideau (Indre-et-Loire) le 12 sept. 1845, mort aux îles d'Hyères le 22 déc. 1885. Il étudia le droit et fut reçu avocat, puis se consacra à l'étude de la botanique et, entre autres, à celle des champignons parasites. En 1842, il devint aide-naturaliste au Muséum ; en 1854, il fut élu membre de l'Académie des sciences, puis en 1872 renonça à ses fonctions, et peu après se retira à Cannes. Ses ouvrages les plus importants sont : Histoire et monographie des Champignons hypogées, en collaboration avec son frère Charles (Paris, 1851, in-fol., pi.) ; Selecta fungorum carpologia, en collaboration avec Charles (Paris, 1862-66, 3 vol. in-4, 61 pi.); un grand nombre de monographies dans Annales du Muséum, Annales des sciences naturelles, Flora brasiliensis, etc. Entre autres découvertes, il a fait celle du polymorphisme des Champignons qui est d'une importance capitale et a fait époque dans la science. D^ L. Hn.
TULCAN. Ville de l'Equateur, prov. de Carchi, sur la frontière de Colombie, à 2.200 m. d'alt.; 5.000 hab.
TULCEA ou TOULTCHÂ. Ville de Roumanie, ch.-l. d'un dép. de la Dobroudja, sur la r. dr. du bras méridional du Danube, à l'origine du delta; 17.257 hab. Port fluvial fréquenté, 7 éghses, 2 mosquées. — Le dép. a 8.450 kil. q. et 123.192 hab. en déc. 1899.
TULDEN ou THULDEN (Theodorus van), peintre et
graveur hollandais, né à Bois-le-Duc en 1607, mort à Bois-le-Duc en 1676. Il était apprenti chez Blyenberch à Anvers en 1621-22; il fut aussi élève et, plus tard, collaborateur de Rubens. Maître de la gilde en 1626-27, il fut appelé en 1632-34 à Paris, où il exécuta pour les Mathurins vingt-quatre scènes de la Vie de saint Jean de Matha, qu'il a gravées lui-même, et divers grands tableaux. Il épousa, en 1635, à Anvers, la fille de H. van Balen, filleule de Rubens. En 1638-39, il était doyen de la gilde. En 1642, il illustra de belles eaux-fortes la Pompa introïtus du cardinal-infant Ferdinand. En 1648, retourné en Hollande, il fit pour la décoration de la Maison-du- Bois, près de La Haye, les Forges de Vulcain,m de ses meilleurs ouvrages. En 1656, il envoya de Bois-le-Duc des dessins, signés : Anno i656, habitante Silvœ Ditcis, pour quelques-unes des magnifiques verrières de Sainte-Gudule de BruxeUes. Il était encore dans sa ville natale en 1662 et y mourut en 1676. Pendant un séjour à Fontainebleau (1647), il avait gravé en 58 planches les Travaux d'Ulysse, décorations détruites sous Louis XV, qu'y avait exécutées Niccolô delF Abbate d'après les dessins du Primatice. 11 a traité avec talent tous les genres, y compris le portrait et même les paysanneries à la Teniers. Peter Neeffs le Vieux et Steenwyck le chargeaient volontiers d'étoffer de figures leurs tableaux d'architecture. OEuvres aux musées d'Anvers, Gand, Bruxelles, Paris, Grenoble, Copenhague, Berlin, Vienne, Madrid, etc.
TULÉAR. Ville et port de Madagascar, le meilleur et le plus sûr de la côte S.-O. Il est formé par un récif madréporique, qui s'étend parallèlement à la côte sur une longueur d'environ 22 kil. qui laisse un chenal de 8 kil. de large et un fond de 14 m. Tuléar est le siège d'un commerce actif. Les Bares, tribu limitrophe, y viennent vendre leurs bœufs; les Mahafales, des légumes secs, des patates, du maïs et du manioc qui sont exportés à La Réunion, à Maurice et au Cap. D^' Rouire.
TULETTE. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Montéliraar, cant. de Saint-Paul-Trois-Châteaux ; 1.541 hab. Moulinage de soie.
TULfPE [Tulipa T.). I. Botanique. — Genre de Liliacées, voisin des Lilium (V. Lis), dont il se distingue surtout par la forme de son périanthe campanule ou subinfundibuliforme. Le bulbe du T. Gesneriana L. et de ses nombreuses variétés ornementales est mangé cuit en Italie et passe pour posséder des propriétés stimulantes et résolutives; celui du T. sylvestris L. indigène est réputé émétique ; on le mange cependant cuit, ainsi que celui du T. Marschalliana Schnlt., chez les Kalmouks. D^'L. Hn.
II. Horticulture. — On cultive surtout dans ce genre la Tulipe OEil-de-Soleil, Tulipa Oculus-Solis Saint-Am. ; la Tulipe turque, vulgairement Flamboyante, Dragonne, mont Etna, Perroquet, T. turcica Roth. ; la T. odorante, vulgairement Duc de Thol, T. sway^o/^ns Roth; la T. des fleuristes, T. gesneriana L. Cette dernière espèce, longtemps cultivée avec passion par les amateurs, a donné lieu à une foule de variétés à fleurs simples ou doubles. Les tulipes se cultivent en pleine terre ou en pot. Elles demandent, comme un grand nombre de plantes bulbeuses, une terre meuble, légère et substantielle, enrichie de terreau, d'engrais très décomposé ou d'engrais chimiques.
On plante les bulbes en octobre et novembre, à une profondeur de 10 centim. et à 20 centim. d'écartement. Lorsqu'elles montrent au dehors leurs feuilles roulées en cornet, il est bon de les garantir sous une toile contre la neige ou les fortes pluies qui nuiraient à la floraison. A la fin de l'hiver et pendant la floraison, on bine, on sarcle, on recouvre le sol d'un paillis sec et, s'il est nécessaire, on arrose. La plantation se fait isolément sur les platesbandes, ou en lignes, ou bien on dispose les bulbes par planches complètes ou en corbeilles. Lorsqu'on groupe les tulipes, on tient compte de la taille, de la couleur, de Fépoque de l'épanouissement des fleurs, de manière à obtenir de ces plantes tout l'effet décoratif désirable. Leur floraison