TULIPE — TULLE
a lieu en mars, avril et mai. Dès qu'elles sont défleuries, on coupe les hampes, si l'on ne veut point obtenir de graines, afin de laisser plus de vigueur aux bulbes que la fructification épuise toujours plus ou moins. En juin ou juillet, lorsque les feuilles ont jauni, on relève les bulbes et on les laisse se ressuyer à l'ombre. On en détache ensuite la tige, les racines, les vieilles tuniques et on les conserve dans un local sec et aéré où on les classe dans un casier. En faisant la toilette des bulbes, on en sépare les caïeux. Ceux-ci, classés et conservés séparément, sont plantés dès septembre pour éviter qu'ils ne se dessèchent trop et meurent. On peut aussi les conserver avec les bulbes et ne les en séparer qu'au moment de la plantation des bulbes. Les caïeux se plantent à part, à une distance de 5 à 10 centim., suivant leur grosseur et à une profondeur un peu inférieure à celle des bulbes. Ils fleurissent pour la première fois, suivant l'état de leur développement, au premier ou au second printemps, ou seulement au bout de trois ou quatre ans. Chaque été, lorsque leurs feuilles ont jauni,, on les relève comme les bulbes et on les conserve dans le même local, en les classant par variétés de couleurs, de taille, etc. Les tulipes peuvent aussi se multiplier de graines. Les semis permettent d'obtenir des variétés nouvelles. Les graines se sèment en octobre, dans un terrain substantiel et bien sain. Les jeunes bulbes se développent lentement. On peut ne relever les bulbes issus de semis qu'au troisième été suivant. Les tuhpes de semis fleurissent au bout de la quatrième ou cinquième année, et leurs fleurs n'offrent pas d'abord leurs brillantes couleurs, mais leur éclat s'accentue avec le temps. Les tulipes se prêtent à la culture en pot. Certaines variétés, comme les tulipes Duc de Thol, sont surtout estimées pour cette culture, à cause de leur taille relativement courte. On remplit les pots de bonne terre bien drainée que l'on maintient humide pendant la végétation des bulbes. On cultive aussi les tulipes dans les appartements. Les pots ordinaires sont alors remplacés par des vases élégants en poterie ou en verre, remplis de terre, d'eau pure souvent renouvelée ou de mousse humide. G. Boyer.
TULIPIER {Liriodendron L.). L Botanique. — Genre de Magnoliacées, très voisin des Magnolia (V. ce mot), dont « il a l'organisation florale, avec cette différence que les anthères y sont nettement extrorses, et que les fruits deviennent des samares caducs » (Bâillon). Le L. tulîpifera Trew, bel arbre de l'Amérique du Nord, cultivé en Europe dans les jardins, en est la seule espèce. Son écorce, odorante, à saveur chaude et amère, renferme un principe actif, la liriodendrine, et constitue, en Amérique, un succédané du quinquina; elle jouit, en outre, de propriétés antirhumatismales, antihystériques et antiputrides, toniques et diaphorétiques, et se prescrit en poudre (2 à 8 gr.), en décoction (35 gr. pour 500 gr. d'eau bouillante), en teinture, en vin, etc. Aux Antilles, on s'en sert pour aromatiser des Hqueurs. D^ L. Hn.
IL Horticulture. — Le tulipier est rustique dans toute la France. Il atteint les proportions d'un grand arbre dans les sols profonds et frais. Il se fait remarquer par son port majestueux, son beau feuillage et ses fleurs originales. Sa place est marquée dans les parcs et sur les grandes pelouses. On le multiplie de graines, semées en automne, en terre légère. On abrite le jeune plant contre le froid et on le repique la deuxième ou la troisième année. G. B.
TULLE. Le tulle est un tissu léger et transparent fait avec quelques brins très fins de fil, de coton ou de soie et formant un réseau rond ou carré à mailles tantôt hexagonales et arrondies (tulle ordinaire), tantôt hexagonales et allongées (tulle Malines), tantôt carrées (tulle genre Bruxelles ou faux Bruxelles). C'est de la dentelle, mais de la dentelle à la machine, de la « dentelle d'imitation », et son réseau peut toujours se distinguer de celui de la « vraie dentelle » ou dentelle à la main (V. Dentelle) en ce que les mailles en sont d'une parfaite régularité et peuvent s* élargir facilement, tandis que, dans la
plupart des dentelles à la main, elles sont arrêtées au moyen d'un nœud. Le premier tulle fut fabriqué par le rév. William Lee, en 4586, àGalveston, près de Nottingham, au moyen d'un métier à bas. Cette industrie nouvelle ne commença cependant à se développer qu'au milieu du xviii^ siècle. En 1846, elle fut importée en France, à Calais et à Saint-Pierre-les-Calais. On eut, à la même époque, l'idée d'exécuter à la main sur les tulles ainsi fabriqués à la machine des broderies imitant la dentelle faite tout entière aux fuseaux ou à l'aiguille. Puis on perfectionna l'outillage, en substituant aux métiers à bras des métiers à bobines, — d'où le nom de tulle bobin ou bobinoty — et en les dotant de la mécanique Jacquart. On arriva, de la sorte, à obte- ^^^^
nir directement, par l'emploi de fils supplémentaires, non plus seulement le tulle simple, mais aussi les dessins et, de nos jours, les dentelles ainsi tissées à la machine, les imitations, sont de tout point semblables aux dentelles à la main. Les « alençons », les « valenciennes », les « chantillys », les « malines », les « bruxelles », les « bruges » que fabriquent, à très bon marché, les grandes manufactures de Saint-Pierre-les-Calais, de Lyon et de Nottingham, présentent même, à Fœil, sur les dentelles véritables, si chères (V. Dentelle), une supériorité : elles ont une régularité que la machine seule peut donner.
Le tulle 'se compose d'un fil de chaîne vertical et '^de deux fils de trame obliques se croisant de gauche à droite, puis de droite à gauche, d'une lisière à l'autre. Les fils de chaîne sont enroulés sur des cylindres, les fils de trame sur de petites bobines très plates recevant chacune 400 m. de fil et au nombre de 4.200 à 3.000, quelquefois 4.000, par métier. Un cadre en fer reçoit toutes ces bobines, maintenues par un ressort qui leur permet de se dévider lorsque le fil est tiré avec précaution, et chaque fil de chaîne, posé verticalement, est entouré par l'une d'elles, qui passe à l'autre rangée de peignes pour entourer le fil voisin, et ainsi de suite d'un bout à l'autre du métier, obliquement, jusqu'à la lisière. Efle est ensuite renvoyée, en sens contraire et toujours obliquement, jusqu'à l'autre lisière.
Deux ouvriers tullistes, qui se relaient par fractions de cinq à six heures environ, sont attachés à chaque métier. Ils sont payés, à Calais, au rack. C'est une mesure anglaise qui correspond à 4.920 mouvements du métier ou « molines » et qui représente, à raison de huit mouvements par maille, 240 mailles, soit, suivant la finesse ou « gauge » du métier, 50 à 65 centim. de tissu. Le prix du rack varie, du reste, entre 0;fr. 70 pour les articles communs et 4 fr. 80 pour les articles les plus riches, et comme il faut, pour l'exécution, de vingt à vingt-cinq minutes, un ouvrier tulliste gagne, par semaine, de 50 à 420 fr. : en moyenne, 70 fr. La fabrication du tulle comporte, du reste, comme celle des autres tissus, pour les opérations préparatoires et accessoires, l'emploi d'un certain nombre d'auxiliaires : d'abord le metteur en carte, qui transpose pour le métier les modèles choisis par le fabricant et qui, lorsqu'il s'agit d'imitations de valenciennes, de malines ou autres dentelles riches, est souvent un véritable artiste, gagnant de 7.000 à 40.000 fr. par an ; puis le pointeur, qui traduit en chiffres l'esquisse du metteur et qui reçoit un salaire fixe de 20 à 40 fr. par semaine ; le perceur de cartons, qui transforme en trous les chiffres du pointeur, avec l'aide d'un petit garçon de douze à quinze ans, le laceur de cartons, et qui reçoit, lui aussi, un salaire fixe se tenant entre 45 et 50 fr. par semaine ; le wapeur, qui
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dévide la soie et la dispose sur les rouleaux ; la wheeleusCy qui charge les bobines et qui gagne, comme le wapeur, 30 fr. par semaine; les plieuses, les raccommodeuses, les dévideuses et les échantillonneuses, qui touchent de i8 à 25 fr. par semaine.
Saint-Pierre-les-Calais et Lyon sont, avons-nous dit, en France, les centres principaux de Tindustrie des tulles. Les produits calaisiens se distinguent notablement des produits lyonnais. Les premiers sortent des métiers tout finis. Les seconds, au contraire, appellent, après le travail mécanique, une main-d*(Buvre considérable qui consiste à entourer d'un fil de soie les dessins indiqués sur le tissu. Saint-Quentin a aussi des fabriques de tulle importantes, surtout de blondes (V. ce mot). Enfin, Caudry, dans le Nord, a la spécialité du tulle de coton uni. Particulièrement prospère jusqu'à ces dernières années, l'industrie française du tulle, — qui a tué complètement, soit dit entre parenthèses, celle des dentellières, occupant encore, il y a un demi-siècle, dans le seul dép. du Calvados, plus de 50.000 personnes, — a subi, à la fin de l'année 4900, du fait de la grande grève des tullistes, une crise désastreuse, dont, un an après, les effets se font encore sentir. En Angleterre, Nottingham, le berceau du tulle, est demeuré le grand centre de fabrication. 0)1 y fait principalement le rideau de tulle, les tulles pour manteaux et vêtements de dessous, les voiles, les fichus. La Belgique fait surtout les tulles unis clairs, pour la broderie et les applications, l'Espagne les mantilles.
En 1900, les exportations de tulles ont eu une valeur de 74.461.000 fr., savoir : tulles unis de coton, 1.966.200 fr.; tulles bobinotspour rideaux, 391.000 fr.; dentelles de coton à la mécanique, 29.450.000 fr.; rideaux de tulle, 684.000 fr.; tulle de soie uni, 19.250.000 fr.; dentelles de soie à la mécanique, 19.705.000 fr. Les importations ont eu une valeur de 11.206.000 fr. seulement, savoir : tulles unis de coton, 213.500 fr.; tulles bobinots pour rideaux, 9.000 fr.; dentelles de coton à la mécanique, 8.882.500 fr.; rideaux de tulle, 16.000 fr.; tulle de soie uni, 2.048.000 fr.; dentelles de soie à la mécanique, 37.000 fr. — Les dentelles à la main ne figurent la même année que pour 748.000 fr. dans les exportations et 8.155.000 fr. dans les importations.
TULLE (Tutela, villa Tutelensis, Tuella, Toila, Tulla [en patois], Tu elle [en vieux français], 1346). Ch.-l. du dép. de la Corrèze, sur la rivière de ce nom, en aval de son confluent avec la Solane, et sur le chem. de fer de Brive à Ussel; 17.374 hab. (V. le plan, carte de la Corrèze). Bâti originairement au fond d'une vallée très étroite, qui s'évase cependant en aval de la ville. Tulle ne s'est étendu qu'à partir du xviii® sur les mamelons qui l'entourent. Son point de départ est le castrum élevé sur un contrefort du Puy Sainte-Clair, mentionné pour la première fois en 930. Ce castrum, relié par une chaussée avec la station romaine de Tintignac, qui fut jusqu'au V® siècle le centre principal de la région bas -limousine, est toujours demeuré distinct du burgus mentionné dès 1115, et de la villa nommée en 1255.
Monuments. — La cathédrale Saint-Martin fut commencée au xii^ siècle; son clocher qui, au moment de la Révolution comptait dix-huit cloches, est du xiii® siècle ; sa flèche est du xiv® (73 m. au-dessus du sol). Elle est entourée d'une partie de l'ancien cloître abbatial, commencé également au xii® siècle et achevé au xiii«. Ce cloître a été restauré de nos jours, ainsi que la chapelle du chapitre. L'église Saint-Pierre actuelle, de forme octogone, avec voûte centrale en coupole, est l'ancienne chapelle du couvent des Carmes (xvii® siècle). La chapelle Saint- Jean-Baptiste n'est devenue éghse paroissiale qu'en 4860. Le grand séminaire, construit en 1697 et années suivantes, a été rebâti de 1851 à 1871. L'hôtel de ville est dans l'ancienne demeure du baron de Poissac. Le palais de justice a été édifié aux environs de 1830. Quant à la
préfecture (style Louis XIII), elle date des premières années de la troisième République. Maison de Loyac (xvi® s.); ruines des fortifications du moyen âge et des murailles du xviii^ siècle.
Institutions. — Tulle, situé dans la vicairie de Naves, semble être devenu, à la fin du ix® siècle, la résidence du vicomte délégué par le roi Eudes. Au vi^ ou vii^ siècle, l'importance de la ville s'était accrue par la fondation de l'abbaye Saint-Martin. En 1317-18, cette abbaye fut transformée en évêché par Jean XXII. Le diocèse, ressortissant à la métropole de Bourges, comprenait une cinquantaine de paroisses prélevées sur les archiprêtrés de Vigeois, Brive, Gimel et Brivezac. Etendu en 1790 à tout le dép. de la Corrèze, le diocèse de Tulle fut supprimé en 1802 (par incorporation à celui de Limoges) et relevé en 1822. Sous l'ancien régime, l'évêque portait le titre de seigneur- vicomte de la ville, comme successeur des anciens abbés. L'hôpital actuel, installé depuis 1793 dans l'ancien couvent de la Visitation, a succédé, dans la seconde moitié du xvii^ siècle, à une maladrerie qui remontait au xiv® siècle. La chapelle, commencée en 1556, passa aux Pénitents blancs en 1645 ; c'est aujourd'hui l'église paroissiale Saint- Jean. La sénéchaussée de Tulle ne semble pas remonter au delà de 1523. Le présidial, créé en 1635-37, avait dans son ressort 140 paroisses. — L'élection de Tulle datait du milieu du xiv® siècle et couvrait originairement tout le Bas-Limousin ; au xvii^ siècle, elle ne comptait plus que 171 paroisses, 28.000 feux, 32 oflQciers, et produisait 283.972 fr. ; au xviii® siècle, on la subdivisa en huit subdélégations. Elle ressortissait à la cour des aides de Clermont. Sous Charles VII les Etats provinciaux se réunirent six ou sept fois à Tulle (concurremment avec Uzerche et Ussel), et de nouveau au xvi« siècle. La commune de Tulle n'est pas antérieure à 1566, date à laquelle elle reçut du roi quatre consuls et un maire. Mais, dès le xin^ siècle, semble-t-il, Tulle possédait des franchises écrites qui furent reconnues et jurées par l'évêque en 1495. — Les archives départementales et communales sont pauvres, de même la bibliothèque et le musée. La Société des lettres, sciences et arts, fondée en 1878, publie très régulièrement son Bulletin.
Histoire. — Tulle, ville principale du Bas-Limousin, eut beaucoup à souffrir des Anglais qui l'assiégèrent en 1346, 1369 et 1374, et des troupes huguenotes qui s'en emparèrent en 4577 et 1585. La peste, qui l'avait déjà désolée en 1348, reparut en 1552. La Révolution y fut bien accueillie
Industrie et Commerce. — La manufacture d'armes, créée à la fin du xviii® siècle, faubourg de Souillac, par Martial de Fénis de Lacombe, magistrat du présidial, au profit d'un sieur Martial Pauphile, pour fournir des armes à la marine, prit vers 1720 le titre de manufacture royale, qui ne lui fut cependant octroyé qu'en 1777. En 1779, l'Etat en prit la direction. Actuellement le personnel oscille, suivant les besoins, entre 2.000 et 4.000 ouvriers. — Il faut signaler également quelques distilleries, une fabrique de bougies, des ateliers pour la construction des voitures et, tout récemment, pour celle des bicyclettes et des automobiles. — Une des conséquences de l'établissement de ces diverses industries, ce fut l'institution par édit royal d'une bourse ou juridiction consulaire en 1710, et surtout l'accroissement de la population. Tulle qui, en 1698, ne comptait que 5.000 âmes, en possédait 7.000 vers 1750, 9.362 en 1801 et 11.895 en 1851. AlfredLERoux. EvÊCHÉ DE Tulle (Tutellensis). — L'évêché ason origine dans l'abbaye bénédictine de Saint-Martin de Tulle, fondée au vil® ou au vin® siècle par saint Calmin et qui fut érigée en évêché, suffragant de Bourges, par le pape Jean XXÏI (13 août 1317). Le chapitre abbatial, devenu épiscopal, continua à être soumis à la règle monastique jusqu'en 1514, époque à laquelle il fut sécularisé par Léon X. A la Révolution, l'évêché de Tulle fut compris dans l'arrondissement ecclésiastique du S.-O., avec Bordeaux comme
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métropole. De 1802 à 1823, l'évêché de Tulle fut réuni à révêché de Limoges.
EvÊQUES. — Arnaud P^' de Saint- Astier, 18 août 1317f 1333 ; Arnaud II de Clermont, 10 sept. 1333-t juin 1337 ; Hugues P^ Roger, 18 juil. 1342-20 sept. 1342, nommé cardinal ; Gui, 25 sept. 1342-f 1343 ; Bernard ou Bertrand de La Tour, l®*" oct. 1344-v. 1345, transféré à Saint-Papoul ; Pierre P^ d'Aigrefeuille, 19 fév. 1347-48, transféré à Vabres ; Archambaud, 11 févr. 1348-t V. 26 févr. 1361 ; Laurent d'Albiars, 25 oct. 1361-t 1370 ; Jean P^ cardinal Lefèvre, 8 août 1369- 30 mai 1371 ; Bertrand P^' de Cosnac, 4 juil. 1371-76, transféré à Poitiers ; Bernard, 30 janv. 1376--1- 1376 ; Pierre II de Cosnac, 27 août 1376-t 1402 ; Bertrand II de Botinand, 13 sept. 1407-f 1416 ; Hugues IlCombarel, 29 nov. 1419-21, transféré à Béziers ; Martin de Saint- Sauveur, 1421-22 ; Bertrand III de Maumont, 12 janv. 1422«t V. 1425 ; Jean H de Cluys {de Closis), 6 févr. 1426-t 1444 ; Pierre de Comborn (?) ; Hugues III d'Aubusson, 1451-f sept. 1454 ; Louis P^' d'Aubusson, 1454f 1471 ; Denis de Bar, 25 mars 1472-95 ; Clément de Brillac, 1495-f v. 1515 ; François P'' de Lévis, 15i5-f déc. 1535; Jacques Amelin, 9 mai 1536-f mai 1539 ; Pierre III du Chastel, 1539-44, transféré à Mâcon ; François II de Faucon, 1544-20 oct. 1550, transféré à Orléans ; Jean III de Fonsec ou Fonsèque, 1553-59 ; Louis H Ricard de Gourdon de Genouillac de Vaillac, i^'' juin 1561-t 1583 ; Flotard Ricard de Gourdon, 1583-t mars 1586 ; Antoine de La Tour, avr. 1587-94; Jean IVde Visandon, 18 oct. 1594-v. 1597 ; Jean V Ricard de Gourdon de Genouillac de Vaillac, 9 oct. 1599f 13 janv. 1652; Louis III de Rechignevoisin de Guron, 1®^' nov. 1653-71, transféré à Comminges ; Jules Mascaron, 5 janv. 1671-79, transféré à Agen; Humbert Ancelin, 4 oct. 1680-1702 ; André-Daniel Beaupoil de Saint-Aulaire, 16 avr. 1702-f 1720 ; Louis-Jacques de Chapt de Rastignac, 29 déc. 1720-19 oct. 1723, transféré à Tours ; Charles Du Plessis d'Argentré, 26 oct. 1723-t 27 oct. 1740 ; François IH de Beaumont d'Auticliamp, 11 juin 1741-f 20 nov. 1761 ; Nicolas-Bonaventure Thierry, déc. 1761-62 ; Henri-Joseph-Claude de Bourdeilles, 12 déc. 1762-août 1764 ; Charles- Joseph- Marie de Rafaélis de Saint-Sauveur, 27 janv. 1765-90, f 28 avr. 1791 ; Jean-Joseph Brival, évêque constitutionnel, 13 mars 1791-93 ; Claude-Joseph-Judith-François- Xavier de Sagey, 1®^' mai 1823-oct. 1824 ; Augustin de Mailhet de Vachères, 24 avr. 1825-t 15 juin 1842 ; Jean- Baptiste-Pierre-Léonard Berlheaud, 22 juil. 1842-78 ; Henri- Charles-Dominique Denechau, 1^^ avr. 1879.
E.-D. Grand.
Hommes célèbres. — Etienne Baluze, historien (f 1 718); Pierre Jarrige, jésuite (f 1670), fameux par ses démêlés avec son ordre; Jean-Fi'ançois Melor (f 1738), économiste; Béronie, grammairien (f 1820); le général Vialle (f 1816) ; Félix Vidalin, ingénieur hydrographe (f 1887) ; le mathématicien Alexis Ventéjo (f 1897); Maximin Deloche, archéologue et numismate (f 1900).
BiBL. : Bertrand de Latoub, Institutio ecclesiœ Tutelensis, 1633 cl 1636. — Jîaluze, Historiœ Tutelensis libri III ; Paris, 1717. — R. Fage, le Vieux Tulle, 1888. — Du même, la Vie à Tulle auxxvn" et xyin" siècles, da.n^ Bulletin de Titiie, 1898 et suiv.~ J.-B. Jutglar, Album-notice de Tulle et les environs, 1899. — S. Clément- Simon, Hist. du collège de Tulle depuis son origine jusqu'à la création du lycée ; E*aris, 1892. ~ R. Fage, un Chapitre inédit de riiisi. du collège de Tulle, 1190-92, dans Bail, de Tulle, 1892. — Clément-Simon, Tulle et le Bas-Limousin pendant les guerres de religion, 18S7 (sic p7'o, 1889). — R Fage, la Prise de Tulle et son occupation par Tarmée du vicomle de Turenne, 1891. — V. de Seilhac, Scènes et portraits de la Révolution en Bas-Limousin {et spécialement à Tulle); Paris, 1878. — Du même, Hist. politique du dép, de la Corrèze (et spécialement de Tulle), 1888. — Abbé PouLBRiÈRE, Histoire du diocèse de Tidle, 1884. ~ Melon DE Pradou, Notice sur l'hôpital de Tulle, dans Bull, de Tulle, 1882. — R. Fage, Note pour servir à Vhist. de l'impyHmerie à Tulle {ibid., 1879), — Du môme, le Point de Tidle {ihid., 1882). — Divers auteurs, la Manufacture
d'armes de Tulle [ibid., 1881, 1887, 1894, 1897). — Max. Deloche, la Confrérie de Saint-Jacques et la Procession de la Lunade à Tulle (ibid., 1892). — Clément-Simon, les Premières Franchises de la ville de Tidle (ibid., 18% et suiv.). — Champeval, Cartul. de l'abbaye Saint-Martin de Tulle, dans Bull, de Brive, 1887-1900. — Hugues, Invent, des archives comm. de Tulle., 1891.
ËvÊCHÉ de Tulle. — Annuaire historique de la Soc. de Vhist. de France, ann. 1847, pp. 170-173, ia-12, et les listes chronologiques de Gams, Mas-Latrie et Eubel (rectifications pour les xiii" et xiv« siècles).
TULLIA [Gens). Famille romaine. — A la fin de l'époque royale et pendant les premiers temps de la République, il y eut à Rome une gens Tullia patricienne. Le roi légendaire Servius Tullius n'a aucun rapport avec elle. Ses membres les plus connus sont : M. Tullius, l'un des deux duumvirs à qui avait été confiée la garde des fameux Livres Sibyllins, et qui fut mis à mort par Tarquin le Superbe ; — M, Tullius Longus, consul en 500 av. J.-C. ; — Sex, Tullius, centurion renommé pour sa bravoure. Cette famille paraît s'être éteinte de bonne heure. — Les Tullii, que l'on trouve à la fin de la République, et dont le plus célèbre fut le grand orateur Cicéron, étaient plébéiens et originaires d'Arpinum. Outre Cicéron et sa famille (V. Cicéron), il n'y a guère à citer, parmi ces Tullii, que M. Tullius Décida, qui fut consul en 81 av. J.-C. , etL. Tullius, un ami d'Atticus, que Cicéron choisit comme légat pendant son proconsulat de Cilicie. — Pour Tullia, fille de Cicéron et son mari Furius Crassipes, V. ci-dessous Tullie. J. Toutain.
TULLIANUM (Antiq. rom.) (V. Mâmertine [Prison]).
TULLIE, fille de Cicéron et de Terentia, née en 79 ou 78, morte à Tusculum en 45 av. J.-C. En 67 elle fut fiancée à C. Calpurnius Piso Frugi, qu'elle épousa en 63 probablement et perdit en 57. L'année suivante, elle se remaria avec Furius Crassipes, mais elle se sépara bientôt de lui. Enfin, en 50, Tullie se remaria pour la troisième fois avec P. Cornélius Dolabella, jeune patricien de dix-neuf ans, l'un des plus corrompus et des plus décriés parmi les Romains de ce temps. Cette union fut loin d'être heureuse. Les deux époux se séparèrent en 46. Cicéron avait pour sa fille la plus vive affection. Il parlait d'elle très souvent dans ses lettres. J. Toutain.
TULLINS. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Isère, arr. de Saiiit-Marcellin ; 4.740 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Commerce de noix pour l'exportation. Tissage de soie. Fabr. de papiers. Vestiges d'anciennes fortifications; ruines d'un château des Dauphins.
TULLUS HosTiLius, le troisième roi de Rome d'après la légende. — Les annalistes romains racontaient qu'au sage et pacifique Numa Pompilius (V. Numa) avait succédé un roi guerrier, Tullus Hostilius. Sous le règne de ce prince, la guerre éclata entre Rome et Albe la Longue, la capitale du Latium. Lorsque les deux armées furent en présence, les Romains et les Albains décidèrent qu'au lieu d'en venir aux mains, ils videraient leur querelle par un combat singulier. Trois champions furent choisis de part et d'autre : les trois Horaces pour Rome, les trois Curiaces pour Albe (V. Cqriatia [Gens]). Rome fut victorieuse, et les Albains durent reconnaître sa suprématie. Un peu plus tard, Tullus Hostilius, convaincu de la perfidie des Albains et de leur chef, Mettius Fufetius, détruisit Albe de fond en comble et en transporta les habitants à Rome. Quelques familles albaines furent admises, dit-on, dans le patriciat romain. Tullus Hostilius fit aussi la guerre aux villes de Veies, de Fidènes, de Tusculum, d'Anagnia ; il dut lutter contre les Sabins. Enfin la tradition romaine lui attribuait la fondation de la Curia Hostilia, où le Sénat tenait souvent ses séances, et l'institution des fêtes religieuses consacrées à Saturne et à Ops, les Saturnalia et les Opalia. J. Toutain.
TULLY. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. d'Ault; 662 hab. Fonderies de cuivre et de fonte malléable. Ateliers de serrurerie.
TUMACO. Ville maritime de Colombie, prov. de Cauca, sur l'océan Pacifique, à l'embouchure du rio Mira, en face
TUMACO — TUMEUR
d'un îlot. Commerce assez actif avec Panama et Gayaquil.
TUMEUR (PathoL). Jadis on englobait sous ce nom toutes productions anormales : hernies, oedème, anévrismes, c'est encore le langage vulgaire; mais, scientifiquement parlant, une tumeur est une production anormale d'un tissu nouveau, une néoformation, un néoplasme, qui tend à persister, à s'accroître ; il se produit sous l'influence d'un trouble dans l'activité nutritive des tissus : ce qui élimine tous les processus d'origine inflammatoire, tels qu'abcès, etc. « Toute tumeur, a dit Millier, est formée d'un tissu analogue dans l'organisme normal, soit à l'état embryonnaire, soit à l'état de complet développement ». Les néoplasmes ont donc avec les tissus normaux une analogie de structure ; on comprend donc que tout progrès dans l'histologie normale a eu une heureuse influence dans l'histoire anatomo-pathologique des tumeurs. Autrefois, on croyait que la substance amorphe pouvait s'organiser et créer de toutes pièces des tumeurs. Cette théorie n'est plus admise, les blastèmes n'existent pas ; la vérité, « c'est que toute cellule vient d'une cellule ». On peut donc dire que toute tumeur est composée des mêmes cellules qui constituent les tissus normaux, c'est une anomalie du développement cellulaire.
Classification. On a classé les tumeurs de diverses manières en tumeurs bénignes et tumeurs malignes ; mais on sait qu'un néoplasme longtemps resté bénin peut devenir malin ; il est préférable de classer les tumeurs d'après leur constitution histologi que. On a ainsi: les tumeurs du type épithélial, qui sont les adénomes, épithéliomes, carcinomes ; — les tumeurs du type vasculo-connectif qui sont les plus nombreuses : sarcomes, myxomes, fibromes, lipomes, endothéliomes, chondromes, ostéomes, lymphadénomes ; — les tumeurs du type musculaire: myomes à fibres lisses, myomes à fibres striées ; — les tumeurs du type nerveux : gliomes, névromes ; — les tumeurs complexes : kystes dermoïdes, tumeurs kystiques, tumeurs solides.
Siège, Les tumeurs peuvent se développer sur toutes les parties du corps, et chaque espèce affecte une prédilection pour certaines parties de l'organisme : ainsi le cancer du sein, de l'estomac, lipomes du cou, ex chondromes des doigts, les fibromes de l'utérus, les kystes de l'ovaire, etc.; leur volume est extrêmement variable, depuis ces petits fibromes sous-cutanés à peine perceptibles jusqu'à ces énormes tumeurs fibreuses de l'utérus qui pèsent plusieurs kilogrammes.
Structure des tumeurs. Tout néoplasme est composé des éléments de son tissu type qui prédomine, puis il renferme, comme tous les organes normaux, des vaisseaux sanguins, avec du tissu conjonctif; presque toutes ces artères et veines situées dans l'épaisseur du tissu néoplasique sont les anciens vaisseaux des tissus envahis ; certaines tumeurs sont en communication avec les lymphatiques (ce qui explique les propagations à distance). Fait singulier : aucune tumeur ne possède de nerfs se distribuant à ses éléments ; le système nerveux n'a donc aucune action directe sur les néoplasmes ; ceci explique qu'il n'y a aucun parallélisme entre la nutrition générale et la nutrition locale d'une tumeur : ainsi un individu porteur d'un lipome énorme pourra maigrir considérablement sans que son lipome diminue. C'est par l'envahissement des parties périphériques saines ou par l'accroissement interstitiel et prohfération des éléments constitutifs que s'accroissent les tumeurs. Les néoplasmes peuvent subir toutes sortes de transformations : colloïde, muqueuse, télangiectasique, kystique. — Touto tumeur a tendance à s'accroître aux dépens des tissus sains, mais, suivant l'espèce, se comporte différemment. Ainsi certains néoplasmes sont encapsulés : les adénomes, fi^bromes et certains sarcomes ; ils refoulent donc les organes, les compriment ou les englobent, mais ne mêlent pas leurs éléments à ceux des tissus sains. Les carcinomes et la plupart des épithéliomes sont, au contraire, envahissants dès leur origine, ils infiltrent et dissocient
les tissus, les tumeurs s'accroissent rapidement et développent loin de leur point d'origine des colonies cellulaires identiques au néoplasme initial, ils aboutissent à la généralisation. Aussi a-t-on pu classer les tumeurs en : 4° tumeurs bénignes qui ont comme caractères principaux d'être encapsulées, à contours nets, souvent mobiles, respectant le tissu lymphatique et se comportant comme une lésion locale ; 2^ tumeurs malignes, primitivement ou secondairement diffuses, se détachant mal des tissus voisins, adhérentes, s' ulcérant, infectant les voies lymphatiques ou sanguines avec tendance à la généraUsation. Dans ces tumeurs malignes, toute intervention chirurgicale, quelque large qu'elle soit, est presque toujours suivie d'une reproduction du néoplasme, soit dans la cicatrice même, soit à distance. Des tumeurs restées longtemps bénignes peuvent tout d'un coup se comporter comme des néoplasmes de mauvaise nature, sous l'influence de l'âge, du siège de la tumeur; le pronostic doit donc toujours être réservé, et, en réalité, on peut dire qu'il n'y a pas de bénignité ni de malignité absolue des tumeurs.
Etiologie. On a émis deux hypothèses pour expliquer l'origine des tumeurs : le parasitisme ou la simple aberration histologique ; enfin, il est indubitable que certaines tumeurs naissent et se développent en vertu de causes générales qui nous échappent. La théorie parasitaire invoque l'analogie des tumeurs avec les maladies infectieuses, leur processus d'infection et de généralisation, les phénomènes d'auto-infection. Les progrès incessants delà bactériologie arriveront probablement à prouver la vérité, au moins pour certains néoplasmes, du parasitisme comme cause efficiente des tumeurs. En outre, comme pour toute autre affection, il y a diverses conditions qui favorisent le développement des tumeurs : il y a un état constitutionnel prédisposant, c.-à-d. un terrain favorable à la germination du néoplasme, puis une influence déterminante, une cause locale : ainsi un cancer du sein se développant à la suite d'un traumatisme chez une femme prédisposée. La multiplicité des tumeurs bénignes n'est pas rare chez le même individu ; l'hérédité est indiscutable, les cas ne sont pas rares de familles où tout le monde meurt du cancer. En passant d'une génération à une autre, il y a transmission héréditaire fréquente de tumeurs de type différent. Ainsi une mère cancéreuse pourra avoir des en fants qui auront un épithéliome, un lipome tout aussi bien qu'un carcinome et réciproquement, il peut y avoir coexistence de tumeurs bénignes et malignes sur le même sujet : il y a donc en réalité une certaine parenté entre tous ces néoplasmes, tous étant le résultat d'une même aptitude constitutionnelle, ce que Verneuil a appelé la diathèse néoplasique. Il en résulte que le fait d'être issu de parents atteints de tumeurs prédispose leur descendant à en être atteint lui-même ; cependant les néoplasmes observés chez les enfants n'ont pas toujours la même structure que chez les ascendants. On peut observer des associations de tumeurs : lympho-sarcome, fibro-adénome, etc. Incontestablement, l'inflammation de même que les traumatismes prédisposent aux tumeurs en laissant un tissu de vitalité moindre.
Le pronostic des tumeurs est extrêmement variable, il dépend tout d'abord de la qualité du néoplasme (malin ou bénin), de l'âge du malade, du terrain sur lequel il se développe. Le diagnostic se fait par l'examen clinique et histologique ; quant au traitement, il est essentiellement d'ordre chirurgical et consiste dans l'ablation de la tumeur ; il est à espérer que dans un temps assez proche la sérothérapie deviendra un agent des plus efficaces de la cure radicale et non sanglante des néoplasmes, qui jusqu'à présent ne donne dans l'intervention chirurgicale que des résultats momentanés pour toutes les tumeurs malignes, grâce à la désespérante récidive.
D^ L. PiNEL Maisonneuve.
Tumeur blanche (V. Arthrite et Tuberculose).
Tumeur de F estomac (V. Estomac).
TUMEUR — TUNGSTÈNE
Tumeur du poumon (V. Poumon).
BiBL. : Verneuil, Sem. méd.^ 1884. — Bard, Arch. de physiologie^ 1886. — Billroth, Pathol. chif. générale, 1887. — Brocâ, Traité des tumeurs. — Guérin, art. du Tra^ité de chirurgie de Duplay et Reclus,
TUMUC-HuMAG. Monts de la Guyane (V. ce mot).
TU MU LU S. I. Archéologie préhistorique (V. Arghiïegture).
IL Antiquités grecque et romaine. — On entend par ce mot latin, en archéologie, un tertre artificiel, présentant l'aspect d'un mamelon circulaire ou elliptique, d'un cône ou plus souvent d'un tronc de cône. Rien n'étant plus naturel et plus facile que de construire un tumulus, on conçoit que les tertres de ce genre se rencontrent un peu partout et qu'on ne puisse songer à les attribuer tous à une même époque ni à une môme civilisation. L'ancien monde et le nouveau en offrent d'innombrables exemples ; tantôt ils sont isolés, tantôt ils se pressent par centaines et par milliers dans une région; tantôt leur diamètre ne dépasse pas 1 m., tantôt il atteint 70 m. et davantage. La hauteur des tumulus ne varie pas dans de moindres proportions. La plupart des tumulus sont funéraires et recouvrent des corps inhumés ou incinérés. Mais il y en a aussi qui ont servi de postes d'observation ou qui ont été élevés pour marquer des limites : tels sont les petits tumulus, dits botontini, qui sont signalés par les agronomes romains. Enfin, plusieurs grands tumulus, explorés avec soin, n'ayant fourni ni ossements, ni objets travaillés, il faut admettre qu'on en a parfois élevé pour commémorer des événements ou des hommes illustres morts au loin ; dans ce dernier cas, les tumulus sont des cénotaphes. Parmi les tumulus funéraires, les uns ne renferment qu'une ou plusieurs sépultures, les autres recouvrent une construction intérieure en pierres, telle que dolmen, chambre funéraire avec couloir, tour, etc. Les constructeurs des grands tumulus funéraires se sont proposé de mettre le mort et les objets de prix qui l'accompagnaient dans la tombe à l'abri des violateurs de sépultures; à cet eflfet, ils ont souvent placé la chambre funéraire non pas au centre du tumulus, mais sur un des côtés. Il arrive fréquemment, qu'outre la sépulture principale, un tumulus en recouvre beaucoup d'autres, distribuées au hasard à quelques pieds au-dessous de la surface. Cela tient, tantôt à ce qu'on a enseveli des serviteurs et des clients auprès de leur maître, tantôt à ce que des hommes, morts longtemps après l'érection d'un tumulus, ont été ensevelis sur les pentes du tertre, comme dans un cimetière consacré par la protection d'un héros.
Les archéologues d'autrefois pensaient que les grands tumulus ou les rangées de petits tumulus marquaient l'emplacement de champs de bataille; vers 4860 encore, on faisait valoir les nombreuses tombelles d'Alaise (Doubs) à r appui de l'identification de cette bourgade avec l'Alesia de César. Aujourd'hui, l'on sait que les accumulations de tumulus trahissent, au contraire, le séjour de tribus qui ont demeuré longtemps dans une même région, ou qui ont choisi cette région comme une sorte de champ sacré. Toutefois, certains tumulus isolés sont bien des polyandres^ cil l'on a enseveli les morts tombés dans une bataille : tel est le tumulus qui s'élève encore dans la plaine de Marathon. Dès l'époque homérique, il est question de grands tumulus, qui passaient pour recouvrir la dépouille de héros ou d'Amazones. Les désignations de tumulus d'Ajax, d'Achille, de Patrocle, de Batieia, etc., s'attachent encore aux grands tertres voisins de Troie, où Cal vert et Schliemann ont pratiqué des fouilles insuffisantes. En Lydie, on a le tumulus d'Alyatte, en Etrurie celui de Por-^ senna, près d'Albano celui desHoraces et des Curiaces, en Irlande celui de Diarmid, etc. Il est rare que des documents dignes de foi permettent de restituer à un tumulus le nom du personnage historique auquel il a servi de sépulture : tel est le cas du tumulus de la reine Thyra dans le Jutland, élevé vers 950 ap. J.-C. Quant aux désignations populaires, elles n'ont pas plus d'autorité que
celles de Butte de Gargantua ou de Tombe de la Fée, données en France à nombre de tumulus.
Voici quelques indications sur les groupes les plus remarquables de tumulus dans l'ancien monde. Ils sont extrêmement nombreux dans la Russie d'Europe et la Sibérie; à ce groupe se rattachent ceux du Caucase, du Turkestan et de la Perse du N. Plusieurs de ceux qu'on a explorés dans la Russie méridionale, et particulièrement en Crimée (tumulus de Koul-Oba, de Tchertomlyk, des Sept- Frères, de la Grande BUznitza), ont fourni des objets archéologiques de premier ordre et sont justement célèbres dans la science. Nous avons déjà cité les grands tumulus de la côte d'Asie Mineure et de la Lydie. En Grèce, il y a ceux de Marathon, de Vourva et de Velanideza. Un groupe très important, comprenant des milliers de tumulus, s'étend sur la Bulgarie et la Roumélie actuelle. En Italie, les tumulus sont surtout nombreux en Etrurie ; à Corneto seulement, on en compte plus de six cents. Les grands tumulus sont protégés, à la base, par un soubassement en maçonnerie, particularité que 1 on constate en Lydie (tumulus d'Alyatte) comme à Corneto, Le fameux tumulus dit de la Cucumella, à Vulci, est le type des tumulus dont le centre est occupé par une ou deux tours, de destination d'ailleurs inconnue. Parmi les groupes de tumulus semés à travers l'Allemagne et l'Autriche, il faut surtout signaler ceux de la nécropole de Hallstatt (Basse- Autriche), qui a donné son nom au premier âge du fer (le hallsiattien), ceux de la Bavière et du Wurttemberg. En Danemark et en Suède, l'usage d'élever des tertres funé^ raires s'est conservé jusqu'en plein moyen âge; quelquesuns sont de dimensions colossales. En France, ii y a des groupes considérables de tumulus en Alsace, en Franche- Comté, en Bourgogne (fouilles de Ring, de Castan, de Flouest), dans les Pyrénées (fouilles du général Pothier, de Piette) et en Bretagne (fouilles de L. et R. Galles, de Closmadeuc, de Paul du Chatellier), où s'élèvent les célèbres tumulus du Mané Lud, du Mané Hrœck, de l'îlot de Gavr'inis, etc. La Suisse possède des tumulus (fouilles de Keller), où l'on a trouvé des objets grecs du v® siècle av. J.-C. Dans les îles Britanniques, les tumulus, dits harrows, sont fréquents depuis l'époque de la pierre pohe jusqu'à la conquête romaine, en particuher dans le Wiltshire. En Espagne, le seul groupe exploré avec soin est dans la vallée du Guadalquivir (fouilles de Bonsor). En Afrique, on les trouve depuis le Maroc jusqu'en Tri politaine ; ils sont souvent surmontés d'un dolmen ou contiennent un dolmen à l'intérieur. Salomon Reinach.
BiBL. : Perrot et Chipiez, Histoire de Varl dans Vantiquité, t. IV, V, VI. — J. Naue, Die Hûgelgrâber zwischen Ammer-und Staffelsee; Stuttgart, 1887. — Sagken, Bas Grabfeld von Hallstatt; Vienne, 1868. — Greenwell et RoLLESTON, British Barrows; Oxford, 1877. — Bertrand, la Gaule avant les Gaulois; Paris, 1891, 2° éd. — KoNDAKOv, Tolstoï, S. Reinach, Antiquités de la Russie méridionale; Paris, 1891. — J. Martha, VArt étrusque; Paris, 1889. — Sur les tumulus du nouveau monde (dits Mounds aux Etats-Unis), V. Nadaillac, V Amérique préhistorique ; Paris, 1883.
TUNA. Rivière de Porto-Rico (V. ce mot).
TU NAGE (Génie). Quand un terrain est marécageux ou fortement détrempé et qu'on veut y faire passer des troupes et des voitures, on couche sur ce terrain des claies qu'on maintient solidement à l'aide de piquets : c'est cette opération qu'on appelle le tuîiage.
TUNBRIDGE. Ville d'Angleterre, comté de Kent, sur la r. g. de la Medway; 40.423 hab. en 4894. Château. Nœud de voies ferrées; fabrication de poudre, travail du bois. — A 6 kil. S. est Tunbridge- Wells, station balnéaire très fréquentée, constituant un bourg municipal partagé entre les comtés de Kent et Surrey ; eaux ferrugineuses, fabrication de jouets.
TUNGSTATE (Chim.) (V. Tungstène).
TUNGSTÈNE. Form. j ^qmv.. l"" = 'f'
( Poids atom . Tu = 484.
Le tungstène est un métal qu'on a appelé aussi quel-
TUNGSTÈNE -^ 464 —
quefois wolfram. On l'a obtenu en réduisant l'acide tungstique ou le chlorure de tungstène. L'acide tungstiquepeut être réduit par le charbon et par l'hydrogène. La réduction par le charbon donne toujours un métal mélangé de carbures ; pour avoir le métal pur, il faut s'adresser à la réduction par l'hydrogène : c'est ainsi que Berzélius a opéré. On fait passer un courant d'hydrogène bien pur sur de l'anhydride tungstique chaufifé dans une nacelle de porcelaine ; la réaction s'opère à la température du rouge vif. Woehler a remplacé l'anhydride tungstique par le chlorure de tungstène : il a fait passer un mélange de vapeurs de chlorure de tungstène et d'hydrogène dans un tube chauffé au rouge. Riche a réduit le chlorure de tungstène par le sodium. Moissan a obtenu le tungstène en réduisant l'anhydride tungstique par le charbon dans le four électrique : il se fait de la fonte de tungstène que Ton affine ensuite par fusion en présence d'un excès d'acide tungstique. On peut aussi préparer directement le tungstène pur en chauffant au four électrique un mélange d'acide tungstique et de charbon ; on a soin de mettre un excès d'acide tungstique et d'opérer à une température assez élevée pour que cet excès d'acide tungstique soit volatilisé, mais insuffisante pour que la fusion du métal soit complète et que le carbone du creuset puisse intervenir dans la réaction. L'analyse spectroscopique du métal obtenu par ce procédé a montré sa grande pureté. — Delépine a préparé le tungstène en réduisant l'anhydride tungstique par le zinc ; le zinc étant un métal commun, cette réaction présente un intérêt théorique et un intérêt pratique particuliers. Il suffit de chauffer le mélange au rouge jusqu'à ce que le zinc ne distille plus. Le produit de la réaction convenablement traité donne du tungstène très pur : l'analyse a montré que 100 parties du corps contiennent 99,9 parties de tungstène. On peut d'ailleurs remplacer l'anhydride tungstique par du tungstate d'ammonium et employer du zinc commercial. Le tungstène n'ayant pas été porté dans la réaction à une température assez élevée pour entrer en fusion se présente sous forme d'une poudre noirâtre, prenant l'éclat métallique sous l'influence d'une compression énergique. Sa densité a été trouvée égale à 18,7 ; la densité du tungstène fondu préparé par Moissan a la même valeur. Les deux corps sont bien identiques. Le tungstène brûle dans l'oxygène, à la température du rouge, en donnant de l'acide tungstique. Il brûle dans le chlore à une température voisine de SOO'' ; il se combine de la même façon au brome ; l'union avec l'iode est plus difficile. Le fluor l'attaque à la température ordinaire avec incandescence, en donnant un fluorure volatil. L'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique, l'acide fluorhydrique, attaquent peu le tungstène fondu : le meilleur dissolvant de ce corps est un mélange d'acide fluorhydrique et d'acide azotique.
Les chlorures de tungstène sont au nombre de quatre : le dichlorure Tu^CP, le tétrachlorure Tu^Cr*, le pentachlorure Tu^CP et l'hexachlorure Tu^CF. L'action du chlore sur le tungstène donne un mélange de pentachlorure et d'hexachlorure. Le dichlorure est une poudre grise et amorphe sans grande importance : il peut être obtenu par décomposition du tétrachlorure sous l'influence de la chaleur. Le tétrachlorure est une poudre cristalline brunâtre qui se forme dans la réduction incomplète du pentachlorure ou de l'hexachlorure sous l'influence de l'hydrogène. On peut aisément séparer par distillation fractionnée le pentachlorure et l'hexachlorure qui se forment dans l'action du chlore bien sec sur le métal chauffé au rouge. D'après Rescoe, le pentachlorure est formé de longues aiguilles noirâtres donnant une poudre vert foncé ; il fond à 248^* et distille à 276*^ ; sa densité de vapeur prise à 4i0^ a été trouvée égale à 186 fois celle de l'hydrogène. L'hexachlorure est constitué par des cristaux violet foncé; il fond à 275°, bout à 347° et possède à la température de 440^ une densité de vapeur égale à 153 fois celle de l'hydrogène. — Les bromures et les iodures de tungstène ont été moins étudiés que les chlorures.
On connaît trois oxydes de tungstène ; leurs formules sont : Tu02, Tu^O^ et TuO^ Le premier TuO^ est appelé bioxyde de tungstène ; TuO^ est l'anhydride tungstique ; Tu^O^ est un oxyde intermédiaire dont la formule peut être écrite TuO"^TuO^ et qui peut être considéré comme du tungstate de tungstène. Le bioxyde de tungstène se prépare par voie sèche en réduisant ï 'anhydride tungstique au moyen de l'hydrogène à une température convenable. C'est une poudre brune ou rouge ; il faut avoir soin de la laisser refroidir dans l'hydrogène sans quoi elle s'oxyde et'repasse à l'état d'anhydride tungstique. Par voie humide on prépare le bioxyde de tungstène en réduisant l'acide tungstique au moyen du zinc. On obtient ainsi un précipité brun qu'on dessèche dans l'hydrogène. Sous l'influence des oxydants, le bioxyde de tungstène se transforme avec la plus grande facilité en anhydride tungstique. Il se dissout dans les alcalis en dégageant de l'hydrogène et donnant naissance à un tungstate :
TuO^ + KO, HO = TuO^KO -{- H.
Le tungstate de tungstène Tu^O^ est un corps de couleur bleue qui se produit dans certaines réductions de l'anhydride tungstique. Il a peu d'importance.
Le plus important des composés oxygénés du tungstène est l'anhydride tungstique TuO^. On retire cet oxyde des tungstates qui existent dans la nature : le tungstate de calcium, qu'on a appelé la scheelite, et surtout le tungstate ferrosomanganeux, connu sous le nom de wolfram. De nombreux procédés ont été indiqués pour obtenir l'anhydride tungstique à partir du woUram. On peut traiter d'abord le wolfram par l'eau régale pour enlever le fer et le manganèse, puis dissoudre le résidu dans l'ammoniaque de façon à former du tungstate d'ammonium. Ce tungstate évaporé, puis calciné à l'air, laisse de l'anhydride tungstique. On obtient ainsi une poudre jaune dont la densité est voisine de 6. Sa couleur se fonce de plus en plus et tend vers l'orangé sous l'influence de la chaleur : par refroidissement, elle reprend sa teinte primitive. L'anhydride tungstique est insoluble dans l'eau et dans les acides ; mais il se dissout dans les alcahs pour donner des sels. Ces sels forment deux séries principales : la série des tungstates qui dérivent de l'acide tungstique, la série des métatungstates qui dérivent de l'acide métatungstique. L'acide tungstique TuO^HO se forme quand on précipite à chaud une dissolution de tungstate de potassium ou de sodium par l'acide chlorhydrique. C'est une poudre amorphe, de couleur jaune. Il est insoluble dans les acides ; il se dissout dans les alcalis en donnant les tungstates. Parmi ces derniers, on distingue les tungstates acides et les tungstates neutres. Les tungstates acides, qu'on a appelés aussi paratungstates, sont'les plus nombreux ; ils se forment quand on traite un tungstate neutre par un acide quelconque. Les tungstates neutres des métaux alcalins et du magnésium sont les seuls tungstates solubles : leur solubilité est d'ailleurs faible. Ils donnent avec les différents sels métalliques des précipités de couleur variable. — On prépare l'acide métatungstique en décomposant le métatungstate de baryum par l'acide sulfurique ou le métatungstate de plomb par l'hydrogène sulfuré. Les métatungstates prennent naissance dans l'action d'un excès d'acide tungstique sur les tungstates. Ils sont presque tous solubles et cristallisables ; quelques-uns sont très solubles.
Delépine et Hallopeau ont mesuré la chaleur de formation du bioxyde de tungstène et de l'anhydride tungstique au moyen de la bombe calorimétrique de Berthelot. Ils ont fait brûler le tungstène et le bioxyde de tungstène dans de l'oxygène comprimé à 20 atmosphères. Le tungstène devait être réduit en poudre fine et allumé avec un peu de camphre. Les résultats trouvés sont les suivants : Tu + 03= TuO^ + 196^^1,44 ou 3 X 65^=^\4 à vol. constant.
Tu + 0^ = TuO^ + 197^^^ 3 à pression constante.
TuO'2 + 0=r Tu03 -f- 64'^»^9 à pression constante. Tu + 02 — Tu02 + 2 X 66«^i,2 à pression constante.
TUNGSTÈNE ~ TUNIQUE
Ces nombres placent le tungstène immédiatement après l'hydrogène dans un tableau contenant les différents corps rangés par ordre de chaleurs d'oxydalion décroissantes. En eôet : H^ +- 0 = H^O liq. + 69^^^ Ce sont ces expériences qui ont donné à Delépine l'idée d'obtenir le tungstène en réduisant l'anhydride tungstique par le zinc, la chaleur d'oxydation du zinc étant de84^'*^8. Le tungstène a une application importante : introduit dans les fers et les aciers, même en petite quantité, il leur donne de la dureté. On obtient directement les fontes riches en tungstène qui servent ensuite à la préparation des aciers au tungstène en réduisant au haut fourneau le minerai de fer contenant du wolfram. A. Bouzàt.
TUNGSTIQUE (Acide) (V. Tungstène).
TUNICELLES (Liturg.). Ce sont deux vêtements que l'évêque porte sous la chasuble, aux messes solennelles seulement. Leur forme est celle de la dalmatique du diacre et de la tunique du sous-diacre (V. ces mots). L'une et l'autre sont de soie sans doublure et de la couleur prescrite pour la solennité : blanc, rouge, vert, noir, violet. L'usage de ces deux pontificaux est relativement moderne. Ils rappellent à l'évêque les deux ordres qu'il a reçus autrefois : le sous-diaconat et le diaconat. Les prières que l'évêque doit réciter en s*en revêtant disent que la tunicelle symbolise la joie et le contentement du cœur ; la dalmatique, le salut et la justice (V. Pontifical).
TU NI Cl ERS (TunicataLdimk) (Zool.). Classe d'animaux marins, à symétrie bilatérale, présentant à l'état adulte la forme de sacs ou de tonneaux et enveloppés d'une tunique gélatineuse ou cartilagineuse, morphologiquement semblable à un testa ou à la coquille bivalve des Lamellibranches et constitué par une masse fondamentale homogène, non azotée, analogue à la cellulose et que Berthelot a nommée tunicine. Au-dessous de la tunique se voit le manteau, musculaire, et recouvrant les organes internes, offrant de plus deux ouvertures, une antérieure, fermée par des muscles ou des valves, par où pénètrent l'eau et les aliments, une postérieure, susceptible également de se fermer, qui est l'orifice de sortie. La respiration des Tuniciers est branchiale, et la bouche est placée au fond de la cavité respiratoire très large et reliée à l'ouverture d'entrée par un canal cilié (sillon ventral), au-dessous duquel se voit une sorte de baguette excavée et ciliée, Vendostyle, dont le rôle n'est pas encore connu. A la bouche ifait suite l'oesophage cilié qui conduit à un estomac généralement infundibuliforme, suivi lui-même d'un tube intestinal qui, après plusieurs circonvolutions, débouche soit dans la cavité respiratoire, non loin de l'orifice de sortie, soit dans un cloaque dorsal, soit directement au dehors sur la face ventrale. La circulation est en partie lacunaire, et l'appareil circulatoire se réduit à un cœur simple, tubuleux, placé à côté du tube intestinal et à deux gros vaisseaux qui en partent et par leurs contractions alternativement de sens inverse fonctionnent à la fois comme artères et veines. Le système nerveux est représenté par un ganglion placé entre les orifices d'entrée et de sortie et par des nerfs très fins qui suivent la ligne médiane dorsale.
Les Tuniciers sont hermaphrodites, et la reproduction est ou sexuelle ou agame. Dans le premier cas, les testicules et les ovaires forment une masse glandulaire située de chaque côté du corps, l'ovaire central, muni d'un oviducte entouré par le testicule qui présente plusieurs canaux déférents. Les conduits débouchent dans le cloaque et les produits sont expulsés, soit à l'état d'œufs, soit à l'état de larves (V. Ascidiens et Appendicularia). La reproduction agame se fait par bourgeonnement externe ou interne, d'où résulte la formation de colonies ou d'agrégation d'individus, dont le rôle dans la génération, assez complexe, est étudié aux divers groupes. Jadis on plaçait les Tuniciers à côté des Mollusques stfbs le nom de Molliiscoïdes. Aujourd'hui l'étude des larves les fait ranger avec V Amphioxus (V. ce mot) dans l'embranchement des
GRANDE encyclopédie. — XXXI.
Protovertébrés ou mieux Protochordés {V. ce mot). Ils se divisent en trois classes : 4** Appendicularia (V. ce mot); — 2° Ascidiens (V. ce mot) ; — 3<^ Thaliacés. Ce sont des Tuniciers nageurs transparents, de la forme d'un ,'cylindre ou d'un tonnelet, à viscères réunis en nucléus, offrant deux orifices terminaux et opposés et d'une branchie lamelleuse ou rubanée. On peut considérer les Thaliacés comme dérivés des Ascidies fixées, par un retour à la vie pélagique. Ils comprennent trois ordres, les Pyrosomes, les Salpes et les Doliolidœ (V. ces mots). D'' L. Hn.
TUNICINE Form 1 ^^^^^ (Cm^'O^Y'
La tunicine est un polysaccharide qui a été découvert par Schmidt et étudié surtout par Berthelot. Elle a d'abord été confondue avec la cellulose ordinaire ; c'est Berthelot qui l'en a distinguée. Tandis que la cellulose ordinaire est extraite des cellules et des fibres végétales, la tunicine est contenue dans l'enveloppe, de certains animaux: les Tuniciers et les Ascidies. Aussi l'appelle-t-on souvent cellulose animale. Pour préparer la tunicine, on la sépare des matières qui l'accompagnent en profitant de ce qu'elle est très stable et insoluble dans la plupart des réactifs. On fait bouillir pendant plusieurs heures des enveloppes d'Ascidies avec de l'acide chlorhydrique concentré ; puis on lave à l'eau ; on fait bouillir avec une dissolution de potasse marquant S^** Baume ; on lave encore à l'eau et on sèche le produit. On obtient ainsi une substance solide, blanche. Au point de vue chimique, la tunicine se distingue de la cellulose par une stabilité beaucoup plus grande. Tandis qu'une solution alcaline concentrée et chaude attaque rapidement la cellulose, la tunicine peut être chauffée à 220° avec la potasse fondue sans subir d'altération. L'acide chlorhydrique concentré produit une transformation de la cellulose; il n'agit pas sur la tunicine même à l'ébullition. Le fluorure de bore enlève immédiatement à la cellulose l'eau qu'elle contient; il ne carbonise pas la tunicine. La cellulose se dissout dans l'oxyde de cuivre ammoniacal ; cet oxyde a peu d'action sur la cellulose. Tous ces caractères établissent nettement l'existence de la tunicine comme principe distinct. Comme la cellulose et les autres hydrates de carbone, la tunicine peut dans des conditions convenables s'hydrolyser pour reproduire un sucre. L'hydrolyse de la tunicine se produit sous l'influence de l'acide suif urique. On délaye de la tunicine sèche dans de l'acide sulfurique concentré et froid : elle s'y liquéfie peu à peu. On verse le liquide goutte à goutte dans un grand excès d'eau ; on fait bouillir pendant une heure. La tunicine se transforme dans ces conditions en glucose-c?. La tunicine se trouve très souvent mélangée dans les enveloppes d'animaux à une cellulose azotée, la chitine.
TUNIQUE. I. Vêtement romain (V. Costume).
II. Vêtement ecclésiastique. — Vêtement sacré du sous-diacre à l'autel. Sa forme est celle de la dalmatique, un peu plus courte. Le symbolisme qu'on lui attribue est la joie : Tunica jucunditatis et indumento lœtitiœ induat te Dominiis, dit l'évêque au sous-diacre, en lui remettant la tunique.
III. Equipement militaire. — La tunique est la redingote de l'armée. Très en faveur chez nous comme vêtement de grande tenue jusque dans les premières années de la troisième République, elle a paru devoir être un instant détrônée par le dolman à brandebourgs, qui laisse davantage aux soldats la liberté des mouvements (V. Dolman). Mais ce dernier vêtement est à son tour aujourd'hui délaissé, et presque toutes les troupes ont maintenant une tunique courte, à une seule rangée de boutons et à peine ajustée, qui n'est, en somme, qu'une veste allongée et que les officiers portent par-dessus le ceinturon, les sous-officiers et les soldats par-dessous. Quant à l'ancienne tunique collante à deux rangées de boutons et à jupe longue, on ne la retrouve plus que dans la grande tenue des officiers généraux de l'armée de terre et dans la tenue de ville des officiers de marine.
La place Bab-es-Souika, à Tunis.