TURCS - TURENNE
mufti Kémal Pacha Zadè, auteur de l'histoire de la campagne de Mohacz ; Sinaii-tchaouch, qui composa l'histoire des campagnes de 1542-44, et consigna par écrit le récit des guerres maritimes de Khaïr-eddin Barberousse ; le polygraphe Hadji-khalfa ; Naïma (de 1592 a 1659); le nichandji Abdi Pacha (de 1648 à 1682), Nassouh Pacha Zadè (jusqu'en 1670), ont écrit le récit de la croissance et de la grandeur de l'empire. Après eux viennent : Râchid (de 1660 à 1721), le defterdar Mohammed Pacha (de 1650 à 1704), Tchélébizâdè (1722-28), Sami, Chakir et Soubhi (de 4730 à 1743), Izzi(de 1744 à 1751), Wassif (de 1752 à 1773), Envéri(del759 àl769), Ibrahim- Mélek-Efendi de Temcsvar (de 1683 à 1744), Edib- Efendi (règne de Sélim III), Khalil-Nouri-bey (de 1794 à 1799), Pertev-Efendi (1802-5), Assim-Efendi(t 1819), Ghani-zadè (f 1825), Omer-Efendi-zadé Suléïman, Essad- Efendi Sahhaf-zadè (règne de Mahmoud II), Djevdet Pacha (jusqu'en 1825), Omar Lutfi-Efendi.
La prose a été longtemps embarrassée par l'abus de l'imitation du style persan; on en était même arrivé à ce point qu'il était élégant et de bon ton d'accumuler des synonymes arabes et persans de telle sorte que, dans la phrase, il n'y avait plus de turc que le verbe ; c'est dire que, pour comprendre un pareil style, il fallait être également versé dans les deux langues classiques dont l'osmanh empruntait les dictionnaires. L'ouvrage le plus célèbre en ce genre est le Humayoun-nâmè (livre impérial), traduction de ÏAnvari-Sohéili de Hussein Vaèz, dédiée à Sohman I®^ par Ali-Tchélébi, professeur à Angora. Cependant, de rares auteurs avaient cherché à écrire plus simplement, comme Sinan Pacha, ministre de Mohammed II; le poète Fuzouli, Kotchou Bey, auteur d'une lettre à Mourad IV sur les réormes administratives ; l'historien Naïma, l'auteur badin Abou-Bekr Kiani de Tokat ; mais il faut descendre jusqu'au règne de Mahmoud H pour voir les réformes s'étendre à la rédaction, sous l'impulsion d'Akif Pacha, alors ministre des affaires étrangères et de l'intérieur. C'est à lui qu'on doit l'adoption d'un style relativement simple, d'où Ton chercha à exclure tous les mots arabes qui n'étaient pas entrés dans la langue par suite de nécessités scientifiques, et tous les mots persans qui n'étaient pas indispensables à la rhétorique des poètes ; cette rénovation fut continuée par des hommes d'Etat qui étaient en même temps des écrivains, Réchid, Fuad et Djevdet, et par un littérateur qui fut le maître de toute la jeune école, Chinassi (f 1871), qui eut pour disciples Ziya Pacha (f 1880) et Kémal Bey ; elle trouva un puissant moyen de vulgarisation dans la presse, oh les rédacteurs furent obligés de l'adopter sous peine d'être ininteUigibles à leurs lecteurs; aussi vit-on, surtout vers la fin du xix® siècle, la phrase se faire de plus en plus courte, à l'imitation du français, et quelques signes de ponctuation (point, virgule, parenthèses, tiret) adoptés par les typographes, aider la phraséologie ottomane à sortir de sa lourdeur et de sa raideur.
Parmi les auteurs qui se sont signalés à la fin du XIX® siècle, on peut nommer : Ahmed Midhat, Muallim Nadji, Tevfik de Salonique, Abdulhakk-Hâmid. La Uttérature populaire, assez considérable et peu connue, renferme un petit chef-d'œuvre, les contes facétieux de Nasreddin Kkhodja, qu'on a traduit en français sous le titre de Sottisier. ' /
L'imprimerie a été introduite en Turquie par un renégat hongrois connu sous le nom musulman d'Ibrahim, en 1727, sous l'impulsion du grand vizir Damad-Ibrahim, premier ministre du sultan Ahmed III. Les premiers ouvrages qui sortirent des presses furent le dictionnaire arabe de Vankouli, l'histoire des guerres maritimes de Hadji-Khalfa, l'histoire des Afghans du jésuite polonais Kruzinski, traduite du latin par l'auteur lui-même, une histoire des Indes occidentales, de Tamerlan, de l'Egypte, de Bagdad, une grammaire turque, un traité de tactique militaire, le Djihan-Numa (géographie) et le Takvimitévarikh (tables historiques) de Hadji-Khalfflî, ôt enfin les
grands ouvrages historiques de Naïma, de Râchid et de Tchélébi-zadè. Le journalisme débuta, en 1832, par la puMication d'un journal ofliciel, appelé Takvimi-vékâi (Table des événements), reproduction du Moniteur ottoman qu'avait fondé, l'année précédente, le Français Alexandre Blacque. Le Djeridéi-havâdis (F emlle des nouvelles) fut créé en 1843 par un négociant anglais, N. Churchill. Les principaux journaux en langue turque qui s'impriment actuellement à Constantinople sont : le Tarik (la Voie, ancien Vakyt « le Temps »), le Terdjumani-Hakikat (l'Interprète de la vérité), Vlkdam (î'En- avant), le Sèruèt (la Prospérité), le Seâdèt (le Bonheur), etc. ; un journal en turc de Crimée (le Terdjuman « Interprète ») paraît à Baghtché-Séraï ; en outre, la plupart des chefslieux de province publient un journal officiel. La presse est soumise à des obligations très étroites : le propriétaire d'un journal est tenu de se munir d'une autorisation impériale qui lui est délivrée sous forme de firman et qui constitue un véritable privilège ; en outre, chaque numéro est examiné par la censure préventive.
Le théâtre, établi à Péra par l'Italien Gaetatio Mêle, sous Mahmoud II, vers 1838, a, par la représentation de pièces italiennes et françaises, vulgarisé le goût des spectacles scéniques et créé une nouvelle branche de la littérature ; les nuits du ramazan ne sauraient se passer de pièces turques, données sur des scènes improvisées, et dont beaucoup sont des traductions ou des adaptations de pièces françaises (drame ou vaudeville). La meilleure des traductions est l'adaptation qu'a faite des comédies de Molière, pour ce théâtre, le grand vizir Ahmed Véfik Pacha, qui fut un instant président de la Chambre des députés. La guerre russo-turque a créé tout un cycle de pièces patriotiques et militaires. Les principales productions de l'opérette parisienne ont été traduites en turc, et ont produit quelques bonnes imitations avec musique orientale, telles que Leblebidji (le Marchand de pois chiches torréfiés) Horhor, Pembè-kyz (la Fille rose), les Fourberies d'Arif, qui sont dans le genre des opéras-comiques de Lecocq. Cl. lîUÂRï.
BiBL. : Linguistique. — H. Vàmbéry, Cagataische Sprachstudien; Leipzig, 1867; Etymologisches'Wôrlcrbuch der turko-tatarischen Sprachen; Leipzig, 1878. — Pavet de Courteille, Dictionnaire turh-oriental ; Paris, 1870. — Vilh. Thomsen, Inscriptions de VOrkhon déchiffrées; Helsingfors, 1896. — nAMMER-PuRGSTALL,Gesc/iic/ite der Osmanischen Dichtkunst; Pest, 1888, 4 vol. — Bianchi, Belin, ci. Rxj art f Bibliographie ottomane, dans le Journal asiatique. — Ataou'z-zia Tevfik-bey, Numounèï-Edèbiyat (en turc), compte rendu dans le Journal asiatique de 1881, par Cl. Huart. — G. Jacob, Tûrkische Litteraturgeschichte in Einzeldarstellungen ; Berlin, 1900 et suiv. — E.- I.-W. GiBB, A History of ottoman poetry ; Londres, 1900.
TURDIDÉS (Ornith.). Nom d'une famille de Passereaux ayant pour type le genre Merle (Turdus) et comprenant en outre les genres Zoothera, Mimus, Cinclocerthia, Myiophonus, Chœtops, Bessonornis, Copsychus, etc. (V. Merle, Moqueur, etc.).
TURDINE. Bivière du dép. àuRhône (V. ce mot).
TURENNE {Torinna). Com. du dép. de la Corrèze, arr. de Brive, cant. de Meyssac, sur le chem. de fer de Limoges à Figeac et Toulouse ; 1.543 hab. — Mines de fer, de plomb et de cuivre dans les environs. Maisons des XIII® et XIV® siècles. Eglise paroissiale des xvi®-xvii® siècles. La ville s'est bâtie autour d'un mamelon escarpé, au sommet duquel se voient encore les ruines d'un ancien château fort des xni®-xiv® siècles. Connu d'abord comme chef-lieu de vicairie, Turenne devint, dans la seconde moitié du x® siècle, le chef-lieu d'une vicomte, sise tout entière entre la Vézère et la moyenne Dordogne. Grâce à la vaillance de ses seigneurs, cette vicomte s'arrondit assez rapidement aux dépens du Quercy et même du Périgord, et atteignit sa plus grande extension vers 1442. Au milieu du xvii^ siècle, elle s'étendait sur 30 Heues de longueur, et 12 ou 13 de largeur; mais bientôt démembrée par aliénations volontaires, elle ne mesurait plus que 8 lieues de longueur sur 7 de largeur lorsqu'elle fut ven-