TURGOT — TURIN
Odessa, 1884, in-8. — Du même, Esquisse de l'œuvre de Turgot (en russe) ; Odessa, 1886, in-8. — Nourisson, Trois révolutionnaires; Paris, 1885, in-8. — Léon Say, Tterpot ; Paris, 1887, in-16. — S. Feilbogen, Smith und Tiirgot; Vienne, 1892, in-8. — Ch. Gomel, les Causes financières de la Révolution française, t. !"•■ ; les Ministères de Turgot et de Necker ; Paris, 1892, in-8, — Ch, Seignobos, dans Revue cours et conf., 1897-98. •— Ernest Renan, Twgoty dans Revue de Paris^ l*»- juil. 1901.
TURGY. Com. dudép. de TAube, arr. de Bar-sur-Seine, cant. de Chaource ; 466 hab.
TURIN (ital. Torino). Ville de l'Italie septentrionale, ch.-l. de la prov. de ce nom, capitale du royaume de Sardaigne jusqu'en 4860 et du royaume d'Italie de 4860 à 4865, située au pied des Alpes, dans une plaine fertile, au confluent du Pô et de la Dora Riparia, par 45*^ 4' 8'' de lat. N. et 5«24'34" de long. E., à 239 m. d'alt. La ville doit sa prospérité à son heureuse situation au débouché du col du Mont-Cenis, et à un endroit où le Pô devient navigable, sur la route directe de Paris à Rome. Aussi, malgré le transfert de la capitale à Rome, malgré le percement du Saint-Gothard, qui a favorisé Milan à son détriment, conserve-t-elleune importance qu'atteste le mouvement croissant de sa population. Elle comptait 230.483 hab. en 4884 et 355.800 en 4898. C'est à ce point de vue (après, Rome, Naples et Milan) la quatrième ville du royaume.
Services publics. Industrie. Commerce. — Turin est restée un grand centre administratif. Non seulement elle est le siège d'une préfecture, d'une cour d'appel, d'une cour de cassation, et d'un archevêché, mais elle peut être considérée comme la capitale militaire de l'Italie. C'est à Turin qu'ont été placés, avec le chef-lieu du 2® corps d'armée et une forte garnison, l'Académie militaire (équivalente à notre Ecole polytechnique), l'Ecole d'application d'artillerie et de génie, l'Ecole de guerre et un important arsenal. Son Université, fondée en 4442 et restaurée en 4632 par Victor- Amédée, est une des plus importantes d'Italie (2.448 étudiants en 4896). Son Académie des sciences est renommée. Sa Bibliothèque nationale contient 242.933 imprimés et 4.438 manuscrits. Ses archives d'Etat'^ont conservé les correspondances diplomatiques des rois de Sardaigne, L'industrie turinoise a pris, malgré quelques malaises passagers, un grand développement pendant ces dernières années ; elle consiste surtout dans la fabrication des étoffes de soie, dans TutiUsation du vin (vermouth, liqueurs, etc), dans la bijouterie et dans l'épicerie. Le commerce est favorisé par de nombreuses lignes de chemin de fer qui mettent la ville en communication avec les principales cités de l'Italie du Nord et de la France, notamment avec Modane et Paris, Novare et Milan, Alexandrie, Gênes et Rome. Un réseau serré de tramways à vapeur la relie aux localités voisines.
Aspect de la ville. Principaux monuments, — Turin présente un aspect à part parmi toutes les villes d'Italie construites par des prêtres suivant un plan systématique, elle est percée de rues se coupant à angle droit et aboutissant, soit à des places monumentales, soit à des boulevards ou corsi plantés d'arbres, soit aux quais du Pô. Cette disposition donnerait à la ville un aspect froid et monotone sans le voisinage des Alpes, dont on aperçoit les sommets à l'horizon, et sans la proximité du Pô, dont la rive opposée est couverte de collines verdoyantes que couronnent des églises et des villas.
On peut distinguer, à Turin, trois parties : 4*^ l'ancienne ville délimitée au N. par le Corso Regina Margherita, à ro. par le chemin de fer, au S. par le Corso Vittorio Emanuele, à l'E. par le Pô. Le centre en est la Piazza Castello, que domine le palais Madame^ reconstruit en style baroque par Juvara (4748), qui borde le Palais Royal (4660), construction assez lourde dustyle Louis XIV, et que prolonge la Via Pô, large artère bordée d'arcades, qui aboutit au fleuve, et s'élargit à son extrémité pour former la monumentale place Victor-Emmanuel. Au S. de la Piazza Castello, le palais Cariçnano, ancienne rési-
dence du Parlement subalpin (4848-65), dresse sa double façade de brique (4680) et de marbre (4874) ; en face s'élève une statue équestre de Charles- Albert ; à côté, et au S. la Piazza San Carlo, bordée d'arcades, contient
Château de Valentino, à Turin.
une magnifique statue équestre d'Emmanuel-Philibert, qui passe pour le chef-d'œuvre de Marochetti. Ces deux places sont le type de toutes celles qu'on rencontre dans la ville intérieure, et qui présentent presque toutes la même forme régulière, avec une statue au centre : place Carlo Felice, avec la statue de Maximo d'Azeglio ; place de la Constitution (Piazzo dello Statuto), avec le monument commémoratif du percement du Mont-Cenis ; place Solferino, avec la statue équestre du duc de Gênes ; place Charles-Emmanuel II, avec celle de Cavour par Dupré (4873) ; place Carignano, avec celle du Gioberti ; place de VHôtel'de-Ville, avec celle d'Amédée VI ; place Victor-Emmanuel II, avec celle de ce roi. Si Ton ajoute à cette liste de statues celles du général La Marmora, de Daniel Manin, de Garibaldi, de César Balbo, des généraux Bava et Pepe, l'on voit qu'il n'est aucun des artisans de l'unité italienne dont les places de Turin n'évoquent le souvenir. Quelques églises, pour la plupart de style baroque, rompent la monotonie des rues ; la plus remarquable est la cathédrale Saint- Jean-Baptiste, avec la chapelle du Saint-Suaire, reconstruite au xvii® siècle par Guarini. Leurs dômes ou clochers sont tous dépassés par la flèche de la Mole Antonelliana (464 m.), édifice moderne du plus disgracieux effet, converti en 4889 en musée historique.
2° Au S. de la vieille ville, un quartier ouvrier et moderne s'est élevé à côté de la gare centrale. Il est heureusement bordé à l'O. par un quartier de villas avoisinant la place d'Armes, à l'E. par le jardin du Valentino, qui étage ses gazons et ses ombrages sur les rives du Pô. Au N. un faubourg est en construction sur les bords de la Dora Riparia.
3** De l'autre côté du Pô, relié au centre par un pont monumental qui date de Napoléon P^ un faubourg borde la route de Moncalieri ; il est orné d'une église en style grec {la Madré di Dio), et dominé par une colline (Monte dei Cappuccini) de laquelle on embrasse tout le panorama de la ville, de la plaine et des Alpes. Sur la même chaîne de collines, à 6 Ml. au N.-E., se dresse, au sommet d'une éminence conique, l'église de la Superga, sépulture des princes de la maison de Savoie. Cette église, construite par Juvara de 4748 à 4734, est reliée à la ville par un tramway à vapeur. Dans les environs de Turin se trouvent également les château? royaux de Stupinigi, de La Mandria, de Rivoli et de Moncalieri.
Histoire. — Ancienne capitale de la peuplade gauloise des Taurini, Turin fut conquise en 248 par Annibal, et sous Auguste devint une province romaine qui porta le nom à'Augusta Taurinorum. Tombée en 570 sous la domination des Lombards, elle appartint ensuite aux margraves de Suse, et échut en 4060 à la maison de Savoie. Les Français s'en emparèrent en 4506 et la conservèrent jusqu*en 4562, date à laquelle le duc PhiHbert la reprit et en fit sa capitale. En 4640, les Français du d^ic d'Bap-*
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