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Viernyi (Semire.tchié)
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Novymarghe-
lane (Ferghanah)
Krasnovodsk
(Transcaspie) . . .
Merv (Trans-
caspie)
(Namangan, Ferghanah). Au soleil, le sable est chauifé jusqu'à 70°. Les mêmes écarts s'observent dans la partie montueuse du Turkestan. Sur le lac Kara-Koul, par exemple, on constata une fois, au mois de mars, — 43° à l'ombre et 23° au soleil.
Hygiène. En général, le climat du Turkestan est sain. Dans les parties basses du pays domine cependant la fièvre qui trouve un terrain propice dans les oasis fortement irriguées. Elle affecte parfois des formes particulières et très dangereuses. Dans les montagnes, le goitre est assez fréquent. En Boukharie et sur plusieurs autres points, on rencontre des cas de richta (Filaria medinensis). Dans certaines régions du Ferghanah et de la Transcaspie, il existe des maladies assez communes, connues sous le nom de « maladies dés Sartes » et « peste pendienne ».
Flore (cf. l'art. Asie). La végétation du Turkestan varie naturellement selon la nature de la région et suivant les particularités du sol et du climat. Le pays est partagé, sous ce rapport, en plusieurs zcmes. Les étendues les plus considérables, les steppes et les déserts, ne fournissent que peu d'espèces, mais qui sont fort caractéristiques : Salsolées, différentes variétés de Calliganum, Ephedua, Tamarix. On y trouve aussi des herbes particulières à l'Asie centrale : Lasiagrostis splendens et Caj^ex physodes. Cette végétation, très maigre, a toutefois sa grande utilité en retenant, par de longues racines, le sable au sol et évitant ainsi les ravages causés dans les oasis par l'envahissement des sables mouvants. La végétation des sols glaiseux de la steppe et des déserts se réduit presque à une seule plante, l'Absinthe, dont la variété dominante, VArtemisia Cina, donne aussi un médicament fort recherché, la santonine, exportée dans tous les pays du globe. Dans les régions où le' sol est imprégné d'une grande quantité de sel, la steppe glaiseuse devient steppe saline, la végétation est encore plus maigre et ne contient presque exclusivement que différentes variétés de Salsolées. L'uniformité de la flore dans les terres salines est rachetée par l'originalité des formes et l'étrange abondance des fleurs dont cette plante se pare aux différentes époques de l'année. Des espaces d'un vert ardent, en été, deviennent peu à peujaunâtres sous Faction des chaleurs estivales, prennent ensuite une nuance jaune vif qui se transforme, à l'arrivée des froids, en rose, puis en rouge de sang et en lilas. Dans les parties plates du Turkestan, un type particulier de végétation est représenté par des fourrés qui croissent sur les bords des cours d'eau, notamment sur les rives de l'Amou-daria et du Syr-daria Ce sont les iougai ou fourrés épais de différentes essences :
TURKKSTAN
Peupliers, Tamaris, Thinguils (Halimodendron argenteum), Kemdyr (Apocynum sibiricum), etc. Les forêts sont surtout groupées sur les revers des montagnes ou dans les vallées montueuses. On y rencontre des Ormes, des Figuiers, des Frênes, parfois aussi le Noyer et FErable, le Genévrier. La zone alpestre, comprise entre les hauteurs de 2.400 à 2.700 m., fournit diverses variétés de Festuca, de Stif, l'Oignon sauvage, le Carex, le Teresken (Eiirotia), demi-buisson qui pousse en abondance et qui constitue l'unique combustible.
Les cultures comprennent en première ligne les céréales : Froment, Orge, Riz, Sorgho, Millet, Maïs, Haricots, Fèves et Pois ; le Seigle et l'Avoine n'ont été, jusqu'en ces derniers temps, cultivés que par les colons venus d'Europe. Les cultures industrielles sont celles du Cotonnier, du Tabac, du Lin, de la Garance, du Chanvre, du Pavot. Le coton est cultivé à une immense échelle et fait une concurrence redoutable au coton de l'Inde. Les cultures maraîchères ont pris également une grande extension depuis l'arrivée des Russes, auxquels on doit aussi l'introduction delà Pomme de terre. L'horticulture et le jardinage sont en grand honneur parmi les indigènes du Turkestan. Dès que son état de fortune le lui permet, le sédentaire se crée un jardinet auquel il consacre tous ses soins. Il l'entoure d'un mur en pisé, établit au milieu un étang d'où partent en différents sens les aryks ou canaux d'irrigation. Parmi les arbres fruitiers, on trouve l'Abricotier, le Pêcher, le Pommier, le Poirier, le Prunier, l'Amandier, le Pistachier, le Cerisier, le Moyer, et enfin la Vigne. On compte près de vingt variétés de vignes ou de raisins, en général lionnes. Leur qualité est, d'ailleurs, considérablement élevée par les procédés de traitement apportés en ces dernières années par les Européens.
Faune (cf. l'art. Asie). La faune du Turkestan est aussi assez originale, bien que peu variée, car les steppes, les déserts et les hauts plateaux couverts de neige présentent beaucoup de traits communs, et leur population animale n'est pas, en réalité, aussi diverse qu'on aurait pu le supposer. Les régions montueuses sont peuplées d'animaux qui se rapprochent de ceux du Tibet. Les plus caractéristiques sont les gros moutons de montagne (Ovis polit), des Chèvres de montagne, des Cerfs, des Ours, des Renards, des Loups; parmi les animaux domestiques, le plus remarquable est le Yack ou Bœuf sauvage qui habite surtout le Pamir.
Dans les steppes et dans les déserts on rencontre le chameau, VEquus Prjeualski (plus rare), petit cheval gracieux, vu pour la première fois par le célèbre explorateur russe, l'Antilope, la Gazelle, le Chacal, le Sanglier, le Tigre, qu'on rencontre particulièrement au pied des montagnes et dans diverses vallées. Parmi les oiseaux, une grande quantité de formes caractéristiques des steppes et des déserts : la Soïka (Podoces), le Hoche-queue (5axicola), les Viounki (Bucanetes), le Faisan, l'Aigle, le Vautour ; reptiles et insectes de toutes variétés.
2*^ Turkestan chinois. — Le Turkestan chinois ou Djagataï oriental, dit aussi Kachgarie, est un pays encore inconnu. L'un des frères Schlagintweit, Adolphe, fut pendant le xix^ siècle le premier Européen qui pénétra dans le bassin du Tarim par la route de l'Inde. Il fut assassiné par l'ordre du souverain (1857). Peu à peu, toutefois, la ville de Kachgar devait s'ouvrir devant la ténacité des explorateurs anglais et russes, et seules les difficultés naturelles du sol s'opposèrent à une reconnaissance profonde du pays. La superficie est évaluée à environ 1.200.000 kil. q. Sa population, par contre, ne dépasserait pas le chiffre de 1 million d'bab. Les phénomènes physiques que l'on constate dans le Turkestan russe, c.-à-d. dans le versant occidental des monts de l'Asie intérieure, se reproduisent ici, avec cette aggravation qu'aucune maind'œuvre, aucune intelligence humaine n'est encore venue corriger ou modifier ce que la nature a créé d'incomplet ou de nuisible. Là aussi on distingue quatre régions prin-
cipales : région des montagnes, région des fleuves, région des marécages et le désert. Les marécages se développent sur les frontières orientales du pays, le long du Tarim et dans le voisinage du Lob-nor. Le désert, qui occupe les trois cinquièmes du Turkestan oriental, n'est que la prolongation de l'immense désert du Gobi (V. ce mot). C'est une longue plaine sablonneuse semée de coUines, de dunes amenées parles vents du N. et du N.-E. et qui renferme encore, sous le sable, des restes d'antiques cités. P. Lem.
II. Ethnographie.— On a voulu faire du Turkestan, comme de plusieurs pays de nomades, presque un réservoir de peuples. L'identifiant au Touran de l'histoire légendaire, des auteurs lui ont fait jouer dans le passé de l'humanité un rôle prodigieux. Jusqu'à aujourd'hui on a cherché dans ses hautes vallées des restes des primitifs Aryens. Il y en a qui pensent encore que les ancêtres de tous les Aryens y ont eu une patrie originaire. Le pourtour même du Balkhach a été désigné comme tel. Et les linguistes sont d'accord pour affirmer qu'Indiens et Iraniens ont habité ensemble dans les vallées supérieures de ses deux grands fleuves, l'Amou-daria ou Oxus et le Syrdaria ou laxarte. Les rapports si étroits qui unissaient l'ancien perse au sanscrit et les migrations certaines du peuple des Védas par l'Indus ne permettent pas de révoquer en doute cette affirmation. 11 y a seulement lieu de croire qu'on se trompait d'abord en faisant remonter ces migrations, la séparation des deux groupes, indien et iranien, à une époque très reculée. La majeure partie du territoire du Turkestan est constituée par la steppe sableuse, à moitié déserte. Et cette steppe fut couverte par les eaux jusqu'aux temps actuels sur d'immenses surfaces, comme en témoignent les innombrables nappes d'eaux saumâtres dont elle est parsemée depuis la mer Caspienne jusqu'à rirtyche d'une part, jusqu'au delà du Balkhach de l'autre. Il fut donc inhabitable dans sa plus grande étendue jusqu'à une époque, géologiquement parlant, très récente. Loin d'être un passage ou un centre d'expansion, il fut longtemps un obstacle, une frontière profonde entre des mondes éloignés. D'où s'est effectué son premier peuplement et par qui?
Plus de 4.000 ans avant notre ère, des centres de civilation s'étaient formés en Mésopotamie, au milieu de populations agricoles déjà denses. Ces populations ont eu de bonne heure quelques relations avec le centre de l'Asie (V. Turcs). Les primitifs Chinois ont reçu d'elles indirectement la culture du blé. Il n'est pas admissible qu'elles n'aient pas colonisé quelques portions des plus fertiles régions de la Perse, de l'Afghanistan, du Turkestan même, bien des siècles avant notre ère. Des tribus restées nomades, de même race et de même origine qu'elles, sumériennes, médiques ou touraniennes, y vivaient peut-être déjà. De ces tribus sont descendus les peuples nomades dont il est question à l'aurore de l'histoire primitive, tels que les Massagètes. Mais pendant qu'une certaine colonisation agricole s'opérait par le S. du Turkestan, d'autres nomades y pénétraient par le N.-O., venant de l'Europe. Il est hors de doute que des habitants des steppes herbeuses de la mer Noire, errant avec leurs troupeaux, sont passés d'Europe en Asie par le N. de la Caspienne, alors que le métal leur était à peu près inconnu. On a trouvé de leurs restes dans des kourganes du fleuve Oural. Franchissant les espaces inhabitables du pourtour de la mer d'Aral, ils s'agglomérèrent sur l'Ili, à l'E. du Balkhach. sur l'Iaxarte supérieur, gagnant même la Kachgarie, et entre celuici et rOxus. Sur l'Oxus, dans la Bactriane, ils constituèrent le noyau de la petite nation d'où sont sortis, à la suite de l'assimilation de bruns, les Indiens et les Iraniens. Les uns s'agglomérèrent à la population agricole indigène, les autres restèrent à l'état de tribus pastorales. Nous les retrouvons à ces deux stades de leur évolution en Perse, même à l'aurore de l'histoire de celle-ci.
Dans le Turkestan même, avec les premiers nomades de la souche des Massagètes, ils formèrent un peuple dont
TURKESTAN
la présence a été signalée en Asie centrale, de siècle en siècle, pendant douze cents ans au moins, celui des Sages. Les Saces, Scythes émigrés d'Europe pour les Grecs (Dutreuil dePihins), ont été des tributaires de l'ancienne Perse. Ils furent soumis par Alexandre le Grand, et devinrent ensuite les maîtres de la Sogdiane et de la Bactriane jusqu'à l'arrivée des Yué-tchi (V. Turcs), et de la Perse ellemême sous le nom de Parthes. Les blonds d'Europe qui, au lieu de descendre vers l'Oxus, ont gagné l'affluent oriental du Balkhach, ont été signalés par les Chinois sous le nom de Wou-soun, comme les voisins occidentaux des Hioung-nou. La conquête des Yué-tchi, qui se sont mêlés à eux et ont ensuite dépossédé les Sakas, a commencé leur turquisation. Les Yué-tchi furent un instant les maîtres des Wou-soun, des Sakas et des Tahia (Tadjiks). Les Wou-soun les repoussèrent en 130 avant notre ère. Ils s'étaient cependant mêlés à eux et restèrent en relation avec eux, avec les Saces, et, par les uns et les autres, avec la Perse même. Les Arsacides étaient sans doute d'origine saka, et leurs monnaies se répandirent dans tout le Turkestan. Dans le pays des Wou-soun on a recueilli de ces monnaies et des monnaies des Sassanides (depuis 226 ap. J.-C). Il semble que ce sont les Ouïgours qui ont déterminé le départ des Wou-soun de la vallée de l'Ili, au commencement du iv® siècle. Les Hoas, Huns blancs ou Ephthalites, qui ont fortement occupé et imprégné la Kachgarie et qui étendirent de là leur domination jusqu'à la Perse, à partir de 425, les ont peut-être touchés aussi. Mais ce sont évidemment les Tou-Kiou, maîtres dans l'Altaï dès 424, qui les ont absorbés ou dispersés. On a retrouvé des inscriptions turques sur l'Ili.
D'autre part, les Hioung-nou étaient établis sur le haut Irtychedès210 avant notre ère ; en relation avec les Wousoun, ils gagnèrent l'Oural, la frontière de l'Europe, à la fin du i^^ siècle. Il est difficile d'admettre qu'ils eurent des établissements au N. de la mer d'Aral, si stérile. Mais ils nomadisèrent sûrement le long de la steppe herbeuse de la Sibérie occidentale, où ils laissèrent peut-être des tribus qui devaient se fondre avec les Ostiaks. Les Jou-jouen se répandirent dans le N. du Turkestan peu après le IV® siècle. Ils avaient la même langue et la même organisation que les Tou-Kiou. C'est d'eux au moins, sinon des Ouïgours, qui avaient suivi les Huns au N. de la Caspienne, que descendent les éléments turcs les plus anciens qu'on puisse retrouver parmi les Kirghis-Kaïzaks. On ne saurait cependant reconnaître avec certitude leurs restes en dehors du petit groupe avare (?) très mêlé du Caucase, d'indigènes de la Russie méridionale, et en dehors de la Hongrie. La turquisation de la moitié nord du Turkestan n'était pas achevée au point de vue de la race, sinon au point de vue de la langue, même au temps des Khazares. Loin de là.
Les Wou-soun et les Saces mêlés à des Yué-tchi et aux débris d'une petite armée chinoise formaient sur le Syr daria, à l'O. de la Sogdiane, un peuple nouveau, dès le début de notre ère. Ce peuple, les Kiens-Kuns, a joué le plus grand rôle dans le passé du Turkestan (V. Turcs). Nous retrouvons son nom jusqu'au xiii^ siècle dans le haut Eniseï. Il est possible que les Ostiaks de l'Eniseï soient ses descendants les plus purs. Mais c'est de lui que viennent le nom et le fond originaire du peuple kirghis (V. ce mot). Les historiens chinois nous ont en effet appris que les Ouïgours avaient donné aux Kien-Kuns le nom de Kirkis (rougeâtre), pour caractériser le ton habituel de leur chevelure, sinon de leur visage. Dans les mélanges entre bruns mongoliques et blonds, comme on l'observe encore chez beaucoup de Finnois de la Russie, les cheveux des métis sont roux et le visage couvert de taches de rousseur. Tel devait être le type originaire des Kien- Kuns. Il s'est transformé au cours des âges. Mais nous savons comment, et naguère les gens de type blond n'étaient pas rares parmi les Kirghis. Leurs traces ne sont même pas encore entièrement disparues. Dans sa descrip-
tion des Kirghis-Kaïzaks, Levchine {Description des hordes de Kirghis, trad. franc., 1840) parlait de ces individus à cheveux blonds, fauves ou foncés. Alors d'ailleurs comme autrefois, les Kirghis volaient des femmes chez leurs voisins, en particulier chez les Kalmouks de la Volga. Ils achevaient ainsi de perdre les restes épars de leurs caractères ordinaires, et ce ne fut pas au profit exclusif de l'élément turc dominant parmi eux. En effet si, en général, ils ressemblent aux Tatars, beaucoup d'entre eux sont de vrais Mongols, des Kalmouks même.
Après avoir pris un grand nombre d'observations et de mesures chez les Kara-Kirghis, le D^ Seeland s'est exprimé ainsi dans une étude parue en 1886. « Le type mongol (turco-mongol) dominant parmi eux est mêlé en proportion considérable avec un autre qui avait la taille haute, le nez convexe et plus mince, les mâchoires moins saillantes, les yeux bleus ou gris, la bouche bien conformée, un menton plus saillant et une barbe plus ou moins épaisse. Evidemment, ce type s'est mélangé aussi auxKazâks, parmi lesquels on trouve, en effet, des physionomies aryennes à yeux clairs. » Le type à nez convexe ainsi décrit peut parfaitement être assimilé à celui des Sakas de certaines monnaies. Il ne serait pas impossible d'en retrouver une légère trace, même dans le Turkestan chinois.
La Dzoungarie, pays des anciens Ouzouns et des Sse (Richtofen), semble avoir été évacuée complètement par ceux-ci. Elle fut un lieu de passage. En tout cas, les éléments nouveaux semblent s'être substitués complètement aux éléments anciens de la population. Dans la Kachgarie, il n'en est pas de même. Si des Wou-soun et des Saces y ont pénétré comme dans la Dzoungarie, les Huns Ephtalites y ont fait un long établissement, et bien qu'elle ait été, depuis, le rendez-vous de gens venus de tous les points de l'horizon, Afghans, Cachmiris, son fond primitif n'a pas entièrement disparu dans les mélanges.
Au VII® siècle, un pèlerin chinois, qui avait visité ses habitants, donnait une description qui peut s'appliquer aux Huns blancs : « Ils sont d'un naturel violent et farouche. Le caractère dominant de leurs mœurs est la ruse et la duplicité. Ils font peu de cas des rites et de la justice, et sont aussi peu versés dans les lettres que dans les arts. Il existe chez eux une coutume étrange : quand un enfant est né, on lui aplatit la tête en la comprimant avec une planchette. Leur figure est ignoble ; ils se tatouent le corps et ont des prunelles vertes. Ils ont emprunté leur écriture de l'Inde ». Les effigies des monnaies des rois ephthalites donnent bien l'idée de la déformation dont il est ici question. Les historiens chinois ont ensuite signalé, entretourfanetKhotan, des figures chevalines, des hommes à yeux enfoncés et à nez proéminent (V. Bullet. Soc. anth,, 1900, p. 104). D'après des mensurations, il est vrai trop peu nombreuses (12), de Ujfalvy, les Kachgariens seraient aujourd'hui faiblement brachycéphales (ind., 83). Leur crâne est moins volumineux et moins haut que celui des Iraniens. Mais leurs pommettes sont plus saillantes, leurs yeux sont plus écartés. Ujfalvy a remarqué que, sur les douze individus qu'il a mesurés, quatre avaient le nez aquilin. En somme leur type présente des variations sensibles.
On distingue sans peine dans l'Ouest et le Nord les pâtres kirghis et dans les forêts « leurs frères les Doulan »; cependant toute la masse des cultivateurs sédentaires, des habitants des villes et des villages du Turkestan chinois (à part le pays de Karachar habité par les Mongols Djoungar), des montagnes du Sud, des pentes de l'Altyn-tagh, constitue un peuple particulier. Il n'a pas de nom ethnique ; les Chinois l'appelle l'enturbanné. Il est de langue turque. Dutreuil de Rhins le décrit ainsi : « Les hommes sont généralement de haute taille, fréquemment supérieure à 1"^,70. Ils ont les muscles peu développés, secs, d'une vigueur médiocre, le dos et la poitrine très plats, les épaules assez faibles, l'allure dégingandée, la démarche molle, affaissée, avec le corps projeté en avant, ce qui
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doit tenir en partie aux bottes trop pesantes, mal adaptées au pied, et à Vhabilude de marcher dans le sable profond. Les pieds sont longs et plats, les mains beaucoup moins épaisses et moins nouées que chez nos paysans, souvent très fines et élégantes chez les femmes, avec des ongles bombés. La peau est basanée, les enfants restant pendant l'été constamment au grand air et au soleil, presque sans vêtement. Devenus grands, ils ne portent qu'une chemise de coton. Les femmes ont le teint plus souvent coloré que mat, il en est même qui Font délicat et blanc comme de la ouate, pakhtadek, suivant l'expression indigène, mais rarement. Les hommes ont la barbe abondante, châtain ou noire ; les femmes ont les cheveux noirs, lisses (presque jamais ondes), gros et raides, moins, il est vrai, qu'en Mongolie ou au Tibet, mais beaucoup plus qu'en Europe. Les cheveux des petites fdles mêmes sont plus gros que ceux d'un homme de nos pays. Je n'ai jamais vu d'individus blonds ou roux, quoiqu'on dise qu'on en rencontre quelquefois. La face est beaucoup plus haute que large ; le front, petit et étroit chez les femmes, est de dimensions fort variables chez les hommes, généralement fuyant. Comme, d'autre part, l'occiput est aplati, le crâne ressemble un peu à un pain de sucre. L'aplatissement de l'occiput est dû, au moins dans une certaine mesure, au berceau de bois sur le fond dur duquel la tête de l'enfant s'appuie et se heurte. Les oreilles sont grandes, écarquillées, peut-être à cause du gros bonnet de fourrure que Ton porte très enfoncé, de manière à tenir le pavillon de l'oreille écarté du crâne. Les yeux sont assez distants l'un de l'autre, droits, enfoncés. Les pommettes sont peu saillantes ; le nez, souvent presque droit ou légèrement aquihn, long avec de larges narines ; les mâchoires verticales, les dents saines et blanches. Enfin la longueur du crâne d'avant en arrière est assez faible. . . Le type moyen que je viens de décrire est à peu près aussi éloigné du type iranien que du type mongol. Les Yakoutes et les Turcs de l'Altaï sont beaucoup plus trapus, ont la face aussi large, les yeux bridés, le nez écrasé. Les Iraniens, de leur côté, ne présentent pas au même degré la musculature sèche, les cheveux durs, le front fuyant, la tête taillée à pic, en arrière. Il est toutefois à remarquer que beaucoup d'individus diffèrent sensiblement du portrait ci-dessus. Les uns ressemblent davantage aux Persans, avec un visage d'un oval régulier, un front bien développé, un profil droit, une barbe bien fournie. Les autres tirent davantage sur le Mongol, dont ils ont la face losangique, le nez élargi à la base et aplati. Ces derniers traits se rencontrent plus fréquemment chez les paysans que chez les citadins, chez les femmes que chez les hommes. Mais un fait sépare toujours et radicalement les habitants du Turkestan. des peuples turco- mongols, c'est l'absence presque totale du bridement et d'obliquité de l'œil. »
Encore une fois, il y a dans ce portrait plusieurs des traits des Yué-tchi et des Ephthahtes. Mais le Kachgarien est un produit de ces Turco-Tatars mêlés, non seulement de Saces, mais de Tadjiks, de Persans modernes, d'Hindous, de Tibétains, etc.
L'élément blond primitif du Turkestan, reconnaissaJ3le encore chez les^Kirghis-Kaïzaks et les Kara-Kirghis, à l'état de traces sporadiques chez les Kachgariens, est parfaitement distinct dans la popiilation antérieure aux invasions turques et préservée jusqu'ici plus ou moins de turquisation. Il est bien naturel qu'il en soit ainsi. Cette population ancienne, non turquisée, formant le groupe iranien et parlant aujourd'hui un dialecte persan, se compose en effet des descendants des premiers colons d'origine touranienne qu'ont imprégnés les blonds d'origine européenne et aryenne.
Elle fut connue des Chinois, sous le nom de Tahia, dès une époque reculée. Les Yué-tchi eurent à la soumettre. Des Sakas se sont superposés à elle plusieurs fois au cours de l'histoire, et elle futs^in^ ^oi^te souvenu confondue sçn^
le nom de ses maîtres, les Sakas, Son véritable nom, sous la forme de Tadjiks, a cependant survécu à celui-ci. Ils ont en effet absorbé, en partie au cours des âges, leurs maîtres successifs. iVIais ils sont bien dans la position d'un peuple refoulé, d'abord un peu par les Sakas, ensuite et surtout par les hordes turques. Il n'y en a plus, en effet, en masses compactes, que dans les vallées supérieures de l'Amou-daria, du Zérafchan et du Syr-daria (pour une petite partie). Ces vallées, d'un accès parfois difficile, véritables refuges alors, sont cultivées avec beaucoup de peine et de soins en général. A la limite de leur territoire et l'entourant presque à l'O., se trouvent surtout des Sartes (V. ce mot), ceux-ci étant des Tadjiks turquisés et des Ouzbegs (V. ce mot). Ils sont pressés au N. par les Kara-Kirghis et confinent presque au S.-E. aux Kachgariens. Dans la plaine, ils sont à l'état de dissémination dans le khanat de Bokhara, le Hissar, le Koulab, à Samarkande, et sur les deux rives du Zérafchan, dans les centres du Ferghanah, dans les khanats de BalkhetKoundouz, etc. Ils sont d'une taille au-dessus de la moyenne. Leur peau est blanche sur les parties couvertes. Ils ne sont jamais glabres et sont parfois fort velus. Leurs cheveux sont noirs, châtains, roux, quelquefois blonds ; ils sont ondes, bouclés ou lisses. Leur barbe est abondante, noire, rousse, rarement blonde, mais souvent à reflets fauves. Leurs yeux, exceptionnellement bridés (mongoliques), sont bruns, verts, parfois bleus. Le nez généralement fort, reposant sur une large base, est souvent arqué, (c.-à-d. concave). Les lèvres sont fines et droites ou un peu renversées, surtout chez ceux qui ont le nez aquilin des sémites (mélange de sang arabe et juif). Les dents sont petites et saines; le front de hauteur moyenne est large. La racine du nez est enfoncée. Les sourcils arqués sont très fournis. La bouche est moyenne ou grande. Le menton est oval, rarement massif. Les oreilles sont moyennes ou petites, aplaties (Ujfalvy).
Les Tadjiks de la plaine, malgré le contact avec les Turcs, sont un peu moins brachycéphales et moins généralement que ceux de la montagne. Le contraire aurait lieu si la brachycéphahe chez eux était d'origine turque. Vingt-neuf Tadjiks de la plaine ont donné à Ujfalvy 5 indices de dolichocéphalie, contre 21 de brachycéphahe, et 1 indice moyen de 82,84, alors que 56 Galtchas (Tadjiks du haut Zérafchan) lui ont donné 2 indices de doHchocéphalie contre 46 de brachycéphahe et 1 indice moyen de 86,50. Pour la même raison, la proportion des blonds est moindre parmi les G-altchas que parmi les Tadjiks de la plaine. Chez 29 Tadjiks de Samarkande, Ujfalvy a observé 20 ^/o d'yeux bleus et 40 ^o d'yeux verts, 27 ^jo de cheveux blonds et 54 **/o de cheveux châtains. Chez les Galtchas, la proportion des yeux bleus et gris est de 45 %, celle des cheveux blonds de 8 °/o, et celle des cheveux châtains de 84 Vo- Toutes ces difiërences s'expliquent fort bien par cette seule circonstance que les Tadjiks de la plaine sont restés en contact plus intime et pendant plus de temps avec les Sakas qui étaient des nomades. Nous ne saurions pas par d'autres voies que les Sakas, les Wou-soun étaient en grande partie, sinon en totalité, des dolichocéphales blonds d'Europe, que nous en aurions une preuve dans la présence d'une proportion encore élevée de blonds dolichocéphales parmi les brachycéphales bruns de la plaine, les Tadjiks. Les Galtchas les plus purs, loin de tout contact avec les Turcs, sont très brachycéphales. Leur brachycéphalie est donc bien originaire, indépendante de toutes les migrations mongoHques, comme le démontre au surplus l'absence parmi eux d'yeux obliques et bridés et de cheveux gros et durs. Ils représentent l'ancien touranien encore pur. Et s'ils ne sont pas des Savoyards attardés du Pamir, c'est avec toute raison qu'on les a rapprochés étroitement des Savoyards pour leurs caractères crâniens {Galtchas, Savoy ards, dans Bullet. Soc, d'anthrop., 4899, p, 699).
JndépendauiUîerît des divers groupes de populations que
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je \iens de passer en revue et dont la plupart (Kirgliis, Ouzbegs, Sartes) ont été déjà décrits à part, on rencontre dans les villes du Turkestan, des Juifs, des Afghans, quelques Arabes. On rencontre aussi un peu partout, mais en dehors des villes, des Turkomans. Les Turkmènes ou Turcomans occupent seuls un vaste territoire et même toute la région désertique entre l'Amou-daria, la mer d'Aral et la Caspienne. Leur groupe est assez important et assez particulier pour qu'il ait paru nécessaire de les décrire aussi à part. Zaborowski.
III. Géographie politique et économique. —- 4** Turkestan russe. — Le Turkestan occidental ou russe correspond à la division politique du pays dont la dénomination officielle est Tourkestanski Kraï ou pays du Turkestan. Il forme un gouvernement général dont le centre administratif est Tachkent et se compose de cinq provinces et de deux khanats, vassaux de la Russie.