‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 265 sur 633 · TURKESTAN — TURNER · texte numérisé non relu

TURKESTAN — TURNER

Le Turkestan oriental fut conquis par les Chinois au 1^^ siècle av. J.-C, puis au ii® siècle ap. J.-C. les princes bouddhistes deKhotan et les Hioung-nou(V. Turcs, Huns) redevinrent indépendants. Au vu® siècle les Chinois, au vin® les Tibétains dominèrent; puis les Ouïgours au xi® siècle, hsKhitans (V. ce mot) au xii®, les Mongols au xiii^; la lutte entre le bouddhisme, le christianisme nestorien et l'islamisme fut tranchée en faveur de ce dernier par Timour qui dévasta horriblement la Kachgarie et la ruina. Cependant, les descendants du khan légitime, le djagataïde Touklouk-Timour, s'y maintinrent aux xv^ et xvi® siècles. Les Kalmouks s'en emparèrent vers 4678; les Chinois, sous Kien-long, en 4758. Ils subordonnèrent ou chassèrent les Khodjas, princes musulmans réputés issus du Prophète; en 4825, en 4847, les insurrections des Khodjas furent comprimées; en 4857, un autre ValiKhan résista une année ; il fit périr Schlagintwert. La grande insurrection musulmane (V. Chine) se propagea dans le Turkestan chinois ; le khodja Bakheddin souleva Kachgar et Yarkand (4862), fut supplanté par un officier de Kokand, Yacoub Khan (4864), lequel chassa les Chinois de toutes les villes, prit le titre d'émir, défit les Dounganes à Kourla, conquit Tourfan et Ouroumtsi, puis, vers le Pamir, la vallée de Sarikol (4866); Yacoub le Fortuné (Badaoulet) fut reconnu par l'Angleterre, la Russie, la Turquie. Un retour offensif des Chinois eut lieu en 4876; ils prirent Manas, Toksoun (près de Tourfan), Ouroumtsi; en 4877, Yacoub fut vaincu et tué; la prise de Khotan (4 janv. 4878) acheva la restauration chinoise, marquée par de sanglantes exécutions. A. -M. B.

BiBL. : GÉOGRAPHIE. — V.-J. Mejov a publié un Recueil du Turkestan, comprenant les livres et articles parus sur l'Asie centrale (Saint-Pétersbourg, 1878-88), et renfermant plus de 400 titres d'ouvrages ou d'articles de revues. A citer les publications des voyageurs mentionnés dans l'article : Blanc, Bonvalot, Capus, Dutreuil de Rhins et Gre- NARD, H. MosER {Irrigation dans l'Asie centrale), Paquier {l'Asie centrale à vol d'oiseauj, Ujfalvy {Expédition scientifique dans l'Asie centrale), les voyageurs russes Groun-Grjimaïlo, Pievtzov, Potanine, PrjewALSKi, RoBOROvosKi; les ouvrages de Grodekov, Makcheev, Nouchketov ; les nombreuses publications anglaises. Les meilleures cartes sont celles de l'état-major russe (section topographique), dont les plus récentes : Cartes des confins de la Russie d'Asie, 32 feuilles.

TURKESTAN. Ville de Sibérie; prov. de Semiretchié, sur la grande route d'Orenbourg ; 44.600 hab. La ville, l'une des plus anciennes de la région, a été jusqu'à l'arrivée des Russes un centre de pèlerinage ; elle possède une mosquée renommée. Elle a été occupée par les troupes russes (division de Verevkine) le 44 juin 4864 ; érigée au rang de ville en 4872.

TURKMÈNES (Ethnogr.) (V. Turcomans).

IITURLOTTE (Pêche) (V. Turlutte).

TURLUPIN (Henri Le Grand, dit), comédien français célèbre de la fin du xvi® siècle et du commencement du XVII®, mort à I^aris en 4634. 11 acquit une grande réputation en jouant la farce sur les tréteaux de la Foire sous le nom de Turlupin. Ensuite il entra dans la troupe de l'hôtel de Bourgogne, et, sous le nom de Belleville, devint aussi célèbre dans la comédie qu'il l'avait été dans la farce : son naturel, sa verve et son esprit étaient particulièrement goûtés; il est resté fameux à côté de ses émules, Gros-Guillaume (V. ce nom) et Gauthier-Garguille. On prétend que ce fut le cardinal de Richelieu qui, séduit par son talent d'improvisateur, l'imposa aux comédiens de l'hôtel de Bourgogne.

TURLUPINS. Nom donné en France, notamment à Paris, aux béghards panthéistes» qui étaient nombreux dans cette ville et dans l'Ile-de-France, vers la fin du xiv^ siècle. On les accusait de tenir des réunions nocturnes, dans lesquelles, pour représenter le paradis, ils se dépouillaient de leurs habits. On dit que leurs femmes étaient les plus exaltées. L'une d'elles, Jeanne Daubenton, fut brûlée à Paris, en 4372, et avec elle ses livres et le cadavre d'un de ses compagnons, qui était mort en

prison. L'année suivante, Grégoire XI recommanda au roi d'appuyer les dominicains dans leurs inquisitions contre eux. Une semblable recommandation fut adressée à Amédée, duc de Savoie. E.-H. V.

TURLUTTE (Pêche). Sorte 'd'engin de pêche consistant en une ligne armée de plusieurs hameçons réunis en faisceau. La turlutte est peinte en rouge pour attirer la curiosité vorace du poisson. Son emploi, comme ceux de la fouine ou trident et de la bâche, est interdit dans les cours d'eau non navigables.

TU RMAIR ouTHU RIVIAYR(Johannes),surnomméAî;mlinus, chroniqueur bavarois, né à Abensberg le 4 juil. 4477, mort à Ratisbonne le 9 janv. 4534. Précepteur des frères du duc Guillaume IV de Bavière (4508), historiographe du duché, il rédigea Annales Boiorum (Ingolstadt, 4554) et Bayrisches Chronik, la première œuvre historique notable en langue allemande ; pour la période médiévale, Turmair a réuni de précieux documents et fait preuve de critique. L'Académie de Munich a publié une édition complète de ses œuvres (4880-86, 5 vol.).

TURWIE (Antiq. rom.) (V. Armée).

TURNÈBE (Adrien)j en latin Turnebus (son vrai nom, en français, était sans doute Toranebus), né aux Andelys, en Normandie, en 4512, d'une famille noble, mort à Paris le 42 juin 4565. Il fit de brillantes études à Paris. Son protecteur Odet deChâtillon, nommé en 4533 archevêque de Toulouse, lui fit donner une chaire dans cette ville. Il succéda à Toussaint au Collège royal en 4547, puis^y enseigna en 4561 la philosophie grecque. De 4552 à 4556, il dirigea, pour le grec, l'imprimerie royale. Il polémiqua contre les jésuites (surtout dans une pièce de vers, AdSotericum gratis docentem) et les moines. H penchait d'ailleurs fortement vers la Réforme et refusa en mourant (de consomption) les sacrements de l'Eglise. On lui a faussement attribué une apologie de Poltrot. H est surtout connu comme le premier éditeur de Philon, de Synésius, des Scolies de Démétrios sur Sophocle, comme traducteur, comme auteur d'Adversarîa (2 vol. en 4564 et un posthume en 4580). Ses (Euvres complètes parurent à Strasbourg, 4600, en trois tomes. Il avait six enfants. H. Hauser.

Bbl. : Haag, France protestante. — A. Lefranc, Hist. du Collège de France.

TURNEPS. I. Botanique (V. Chou).

IL Agriculture. — Le terme de turneps est employé indifî'éremment, mais à tort, pour désigner aussi bien les choux-navets et rutabagas que les diverses variétés de navets et les navets-raves, il devrait s'appliquer seulement à ces derniers ; les variétés hâtives de Hollande (rabioule, grosse rave) à racine aplatie, blanche à collet vert, en partie hors de terre, de grosseur moyenne, à chair blanche tendre, peu serrée et sucrée, et commune à collet rose, également rustique et très productive, sont les plus répandues dans nos cultures ; elles conviennent pour les semis de fin d'été et d'automne en récolte dérobée. Leurs modes de culture et d'emploi dans l'alimentation du bétail sont analogues à ceux des rutabagas et des navets (V. ces mots). J. T.

TURNER (Sharon), historien anglais, né à Londres le 24 sept. 4768, mort à Londres le 43 févr. 4847. Il entra à quinze ans comme clerc chez un attorney (procureur) auquel il succéda, consacra ses loisirs à compléter son instruction et s'adonna à son goût pour les recherches historiques. En 4829, l'état de sa santé, altérée par un travail excessif, lui fit vendre son étude, et il dut se retirer à la campagne pour revenir ensuite à Londres. Ses œuvres se font remarquer par une érudition patiente, sûre et judicieuse, mais son style manque de coloris. On lui doit: His tory of the Anglo-Saxons (Londres, 4799- 4805 ; 7« éd. 4852, 3 vol. in-8); History of England from the earliest period to the death of Elizabeth (Londres, 4839, 6 vol. in-8); S acred History of Ihe World, attemvted to be philosophically considered in

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TURNER - TURNIX

a séries of letters to a son (Londres, 1832 et suiv.) ; Prolusion on the greatness of Britain and other suhjects (in-8) ; Richard III, a poem (Londres, 1845, in-B), œuvre sénile qui n'eut aucun succès.

TURNEB (Joseph-Mallord- William), peintre anglais, né à Londres le 23 avr. 1775, mort à Chelsea le 19 déc. 1851. Fils d'un pauvre perruquier, il se lia dans son enfance avec Thomas Girtin et peignit comme lui des aquarelles {cet artiste très bien doué mourut à vingt-sept ans, à la suite de débauches) : les deux amis intéressèrent à leurs efforts le docteur Munro qui leur permit de copier les dessins de sa magnifique collection et achetait une demi-couronne leurs croquis. En 1789, Turner entra comme élève à l'Académie royale et, l'année suivante, il exposa une Vue du palais de Varchevêque de Lambeth : depuis cette époque, il exposa tous les ans à l'Académie jusqu'à sa mort (sauf en 1821, 1824 et 1848), et le chiffre de ses envois s'élève à 259, c.-à-d. la moitié environ de son œuvre, si l'on en excepte ses aquarelles dont le nombre est incalculable. Ses tableaux, paysages et marines d'Angleterre, ne tardèrent pas à lui valoir une grande réputation, si bien qu'il devint dès 1802 membre titulaire de l'Académie. Influencé d'abord par la manière terne et froide mise à la mode par Richard Wilson, Turner subit ensuite l'influence des Hollandais Guillaume Van de Yelde, Cuyp, puis celle de Claude Lorrain et du Poussin, surtout du premier. Ses voyages en Ecosse, en France (1802), en Suisse, sur les bords du Rhin, agrandirent son horizon. En 1807, il fut nommé professeur de perspective à l'Académie royale, mais n'y donna des leçons que peu d'années. L'année suivante, il commença la publication d'un recueil de ses esquisses sous le nom de Liber Studiorum, puis imita le Liber Veritatis de Claude Lorrain. La séduction exercée par le grand paysagiste français sur Turner a laissé une trace visible dans ses tableaux. « Il aimait comme lui les grands horizons baignés d'une douce lumière, les lointains vaporeux, les splendeurs dorées du soleil couchant. » Mais son originalité a connu des hardiesses ignorées de Lorrain ; dès 1806, il exposait un Soleil se levant dans le brouillard (National Gallery), où se marque la maîtrise de son talent. Il a beaucoup aimé l'Italie où il a séjourné à trois reprises, en 1819, 1829 et 1840. Pendant soixante années, il a travaillé sans relâche : un sentiment admirable de vérité et de poésie illumine ses crépuscules et ses aurores ; c'est un des plus grands peintres de paysage de l'école anglaise. A la fin de sa vie^ l'artiste se livra plus entièrement à sa fantaisie dans la lumière : à partir de 1835, ses tableaux ressemblent à de lumineuses visions à travers le brouillard, à des arcs-en-ciel, à des feux d'artifice ; le jauQe et le rouge se mêlent et s'opposent sur des fonds blancs. La singularité de sa dernière manière a rencontré cependant des admirateurs enthousiastes. En dehors de ses grandes compositions, Turner a exécuté d'innombrables illustrations pour les éditions luxueuses de Walter Scott, Samuel Rogers, Byron, Thomas Moore ; les « Keepsakes » contiennent presque toujours quelques-uns de ses dessins, vues de Venise noyée dans une vapeur dorée, barques glissant dans un pâle rayon de lune, larges paysages arcadiens où se jouent les nymphes de Diane, colonnades fuyant dans la perspective de fantasques architectures. Tous ces sujets étaient peints à l'aquarelle, avec une merveilleuse légèreté des ombres, colorées et lumineuses : Turner est considéré par les Anglais comme le maître du genre. Tant d'œuvres universellement admirées et payées fort cher avaient enrichi le peintre. Mais il ne voulut pas jouir de sa fortune et, à la fin de sa vie, rechercha la solitude : il quitta sa maison de Queen Anne Street, bâtie en 1812, rompit toute relation avec le monde, changea de nom et se retira dans un pauvre logement de Chelsea, de l'autre côté de Westminster ; il y passa les dernières années de sa vie, dans une solitude absolue, inabordable, inconnu même de l'hô-

telière qui le logeait. Il a légué ses tableaux à la nation et 200.000 livr. st. pour la construction d'un asile en faveur des artistes pauvres. La National Gallery à Londres contient 112 de ses tableaux et, dans ce nombre, la plupart de ses œuvres maîtresses : Jason, la Forge, Apollon et Python, le Naufrage, Didon et Enéel la Chute de Carthage, la Baie de Baïa, Ulysse et Polyphème, la Traversée des Alpes par Annibal, VEntrée du port de Calais.

BiBL. :Thobnbury, Life ofJ.-M,-W. Turner; Londres, 1877. — Dafforne, The worhs ofJ.-M.-W. Turner; Londres, 1878. ~ Hamerton, Life of Turner ; Londres, 1895.

TURNHOUT. Ville de Belgique, ch.-l. d'arr. adm. etjud. de la prov. d'Anvers, à 42 kil. E.-N.-E. d'Anvers ; 20.000 hab. Stat. du chem. de fer de Louvain à Tilbourg, tête de ligne vers MoU et vers Hoogstraeten. Ecole moyenne de l'Etat, collège des jésuites, fabriques de toiles, de dentelles, de cartes à jouer, de papiers peints ; savonneries, tanneries, teintureries, brosseries, papeteries, fabriques de nattes. Le principal édifice de la ville est un ancien château construit au xv® siècle par Marie, duchesse de Gueldre ; il sert aujourd'hui de tribunal et de prison.

Histoire.— On a fait remonter les origines de Turnhout à l'époque franque ; une chose est certaine : le nom de cette ville figure dans des documents datés du commencement du xii^ siècle. Après avoir appartenu aux Berthout, avoués de Malines, Turnhout passa aux ducs de Brabant. En 1545, Charles-Quint la donna à titre viager à sa sœur Marie de Hongrie. En 1648, Philippe IV d'Espagne en gratifia la princesse de Nassau-Solms, et la seigneurie resta dans la famille d'Orange-Nassau jusqu'à la mort de Guillaume IH, roi d'Angleterre. EUe passa alors àlaPrusse, fit^ retour à Marie-Thérèse en 1753, et cette princesse érigea la baronnie de Turnhout en duché pour le duc de Sylva Tarouca. Le duché de Turnhout fut enfin acheté en 1768 par la famille de Pestre qui le garda jusqu'à la fin de l'ancien régime. Les Espagnols furent battus près de Turnhout en 1648 par le prince Maurice de Nassau, et les Autrichiens y subirent une défaite en 1789 : ils furent forcés de battre en retraite devant l'armée des patriotes commandée par Van der Meersch. Les armoiries de Turnhout sont : D'argent à un cerf au naturel, courant sur une motte de simple, ayant suspendu au col par une courroie de gueules un écusson d'argent à la bordure d'azur, et chargé d'un pal du même. Vécu timbré d'une couronne d'or. E, H.

TURNIX (Ornith.). Genre de Gallinacés formant un petit groupe à part qui se rattache à la famille des Tetraonidce (V. Tétras). Ce sont les plus petits de tous les Gallinacés, leur taille dépassant rarement celle d'une alouette, et leurs habitudes les ont fait longtemps réunir aux Cailles, bien qu'on puisse aussi les considérer comme des Outardes (V. ce mot) en miniature. Dans le genre Turnix, le bec est grêle, droit, plus long que la tête, les ailes moyennes, suraiguës, la queue courte, cachée par ses couvertures supérieures, les tarses longs, robustes, scutellés, avec le pouce nul ou rudimentaire. Ces Oiseaux, polygames comme les autres (gallinacés, vivent dans les landes où ils courent dans l'herbe, avec vélocité, préférant se tapir sur le sol, lorsqu'ils sont inquiétés, plutôt que de prendre leur vol, et se laissant alors saisir sans résistance. Ils vivent solitaires, hors le temps de la reproduction et se nourrissent surtout d'insectes. Le Turnix ANDALou (T. andalusicus), varié de roux, de blanc et de noir, habite les régions désertiques du S. de l'Europe (Espagne, Sicile) et le N. de l'Afrique. Une espèce voisine (T. pugnax), appelée Combattant, habite la Malaisie où l'on recherche les mâles pour les faire combattre deux à deux à la manière des coqs et des cailles. Le genres Ortyxelos ne renferme qu'une petite espèce, d'Afrique, et le genre Pedionomus une autre, propre à l'Australie. E. Trouessart.

TURNOW — TURONIEN

TURNOW. Ville de Bohême, sur User ; 6.000 hab. tchèques. Taillerie de pierres précieuses et d'imitations ; verres optiques, cotonnades, etc.

TURNU-Severinu. Ville de Roumanie, ch.-l. du dép. de Mehedinti, sur le Danube, à la sortie des Portes de fer ; 44.669 hab. Ruines du fameux pont de Trajan et de la tour dite de Séverin. Port fluvial important.

TURNY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Joigny, cant. de Brienon-sur-Armençon ; 794 hab.

TU ROCZ. Comilat de Hongrie, sur le Vag ; 1 .150 kil. q. ; 51.097 hab. Un des plus petits et des plus pauvres comitats. La vallée de la Turocz est cultivée, le reste est montagneux. Les habitants slovaques, protestants en majorité, s'occupent d'agriculture et de l'élève du bétail. Le comitat a 96 communes, il se divise en 2 districts. Ch.-l. : Turocz-Szent-Mârton ; 2.860 hab.

TUROCZI (Jean de Thwrocz), chroniqueur hongrois du xv« siècle. Protonotaire en 1488 sous le règne de Mathias Corvin, il était célèbre comme jurisconsulte, comme orateur et comme sayanL Sa Chronica Hungariœ, déàièe au roi Mathias, parut à Augsbourg en 1488. C'est une des sources principales de l'ancienne histoire des Hongrois.

TUROLDUS. Ce nom se trouve au dernier vers de la plus ancienne rédaction de la Chanson de Roland (ms. d'Oxford) : Ci fait la geste que Turoldus declinet. Ce Turoldus est-il simplement, comme le croit Rajna, le copiste du manuscrit? Est-il, comme le pensent Crescini et Dumesnil, Fauteur même de la rédaction d'Oxford ou d'une de celles qui l'ont précédée ? Le vague des expressions employées rend la réponse à peu près impossible. Geste pourrait désigner le poème lui-même, et ce mot semble appuyer la seconde hypothèse ; mais elle se concilierait difficilement avec declinet, qui ne peut guère s'appliquer qu'à un jongleur ou récitateur. A. J.

BiBL. : V. Crescini, l'Ultimo verso delU canzone di Roland ; Rome, 1895 (extrait des Rendiconti de l'Acad. des Linceï). — G. Dumesnil, Touroude; Paris, 1900 (extrait du Bulletin de l'Université de Grenoble). — Cf. Romania, XIV, 405 ; XXIV, 632 ; XXIX, 483.

TURONIEN (Géol.). Le nom de turonien, employé en géologie pour désigner l'étage du système crétacé compris entre le cénomanien et le sénonien, fut proposé, en 1843, par A. d'Orbigny. Il tire son origine de l'ancienne tribu des Turones, qui habitait la Touraine.

Le turonien se distingue aussi bien du cénomanien que du sénonien par quelques caractères paléontologiques essentiels. Les Hippurites et les Bélemnitelles apparaissent pour la première fois. Les Ammonites sont représentées par quelques genres spéciaux: Mammites, Prionotropis, Neoptychites, Pseudotissotia , Vascoceras, et par les genres intermittents Oxynoticeras et Pachyceras (Stephanoceras, Holcostephanus aut.). Acanthoceras était déjà représenté au cémmmim, Pachydiscus, Sphenodiseus, Placenticeras, etc., s'élèvent dans le sénonien.

Sur les anciennes masses continentales, l'extension des mers turoniennes, au moins au début de la période, ne diffère pas sensiblement de celle des mers cénomaniennes, mais la profondeur des eaux est, en général, beaucoup plus considérable, de sorte que, parmi les faciès détritiques, les grès ne jouent plus qu'un rôle insignifiant et qu'ils sont remplacés par une craie sableuse ou par une craie micacée, connue sous le nom de tuf eau. Mais, dans toute l'Europe occidentale et septentrionale, c'est une craie marneuse {Plaener des Allemands) qui prédomine, aussi donnait-on autrefois cette dénomination à tout l'étage, par opposition à la craie glauconieuse, ou cénomanien, et à la craie blanche, ou sénonien. Dans le bassin de l'Aquitaine et dans les régions méridionales, les faciès à Rudistes, soit calcaires, soit marneux ou gréseux, jouent un rôle important ; on y voit apparaître, dans la partie supérieure de l'étage, les premières Hippurites. Les subdivisions sont aujourd'hui basées sur la répartition des Ammonites, telle qu'elle a pu être étudiée dans les régions où. comme dans l'Allemagne du Nord et en Touraine, les faciès vaseux

prédominent. On distingue actuellement les zones suivantes :

i^ Zone à Mammites Rochebruni, renfermant à la base Belemnitella plena et Terebratella carentonensis et, à la partie supérieure, Mammites rusticus, M. nodosoides et Inoceramus labiatus. C'est dans cette zone que débute Echinoconus subrotundus, un des fossiles turoniens les plus abondants ; 2<^ Zone à Mammites Revellieri et Prionotropis Woolgari, avec Rhynchonella Cuvieri; 3<^ Zone k Acanthoceras Deverioides, Tissotia Gallieneij Terebratulina gracilis ; 4^ Zone à Acanthoceras Deuerianum et Sphenodiscus Requieni. Ce niveau est représenté dans le bassin de Paris par une craie à Micr aster breviporus. Les deux zones inférieures, qui renferment aussi une des espèces turoniennes les plus caractéristiques, Pachydiscus peramplas, constituent l'étage ligérien de Coquand. Les deux zones supérieures, représentées dans les environs d'Angoulême par un calcaire zoogène, la pierre de Chancelade, forment Vangoumien du même auteur.

Le turonien, très développé à l'état de craie marneuse ou de tufeau dans le bassin de Paris, est inconnu dans le Jura, la Savoie, l'Isère et sur les bords du Massif Central, de sorte que la communication du bassin de Paris avec le Midi n'avait lieu que par le détroit du Poitou ; elle était, en revanche, largement ouverte vers le N. par le S. de l'Angleterre et la Belgique. En Angleterre, le turonien est connu sous le nom de « chalk without fints » ; c'est, comme en Normandie et en Allemagne, une craie marneuse.

En Bohême, la base est constituée par le « Planer », la partie supérieure, par le « Quadersandstein » supérieur, qu'il ne faut pas confondre avec celui du cénomanien. Le faciès paléontologique de l'Europe septentrionale se retrouve en Galicie et dans la Russie méridionale, ce sont surtout des grès à phosphorites. Dans le Caucase, le turonien manque en beaucoup de points.

Dans les Pyrénées et en Catalogne, on a signalé une transgressivité des calcaires à Hippurites du turonien supérieur, préludant à celle du sénonien. Dans le bassin de la Basse-Provence, la série paraît être complète, mais le type néritique prédomine. Aux Martigues, on rencontre successivement un calcaire à Biradiolites cornupastoris, un grès calcarifère à Trigonia scabra, des argiles saumâtres avec gypse et empreintes de Dicotylédones, un grès calcarifère à petites huîtres. Au Beausset, des calcaires marneux à Echinides sont recouverts par des calcaires à Hippurites, Un faciès saumàtre se rencontre également à Allauch, tandis qu'à la Ciotat on observe sur les falaises le passage latéral des couches marines à des conglomérats probablement fluviatiles.

Dans le bassin du Rhône proprement dit, c.-à-d. dans le Vaucluse et dans la Drôme, les grès prédominent, comme par exemple à Uchaux, où ils sont très fossilifères et où l'on a distingué plusieurs niveaux. Ce n'est que dans le centre du bassin qu'existe, comme aussi dans les Basses-Alpes, le faciès vaseux.

Dans les Alpes orientales, le turonien rappelle celui de la Basse-Provence, sa partie supérieure est seule représentée et constitue les couches de Gosau inférieures, toujours transgressives et débutant en général par un conglomérat de base. Un banc calcaire renferme Hippurites cornuvaccinum et H. gosaviensis. Dans d'autres couches prédominent les Actéonelles et des lits de lignites à fossiles saumâtres s'y trouvent intercalés. Dans le Banat, les couches de Gosau reposent en transgression sur le lias, voire même sur le granité.

Dans une bande plus méridionale, comprenant la Meseta espagnole (Vieille-Castille), le Portugal, certains points de l'Algérie et de la Tunisie, on retrouve des faciès vaseux à Céphalopodes, avec des Vascoceras, des Pachyceras, des Oxynoticeras, des Neoptychites spéciaux ou voisins des formes de l'Inde. Mais on connaît aussi en

iW'ande Encyclopédie — Tomje XXXI

TURQUIE D'AStE

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TURONIEN — TURQOET

Algérie des couches à Rudistes ou à Echinides, comme à BditJisi (Periaster Verneuili, Hemiaster a fricanus, etc.). Ailleurs, le turonienfait défaut, et le sénonien esttransgressif. En Sicile et en Calabre, on a signalé des calcaires à Sauuagesia, Biradiolites et Plagioptychus.

Dans le Liban, c'est au turonien qu'appartiennent les célèbres couches à poissons d'Hakel. Dans l'Inde péninsulaire, le turonien est représenté par les couches d'Ootatoor supérieures, riches en Ammonites probablement flottées. Enfin, aux Etats-Unis, le turonien est constitué par le groupe du Colorado, qui possède des affinités paléontologiques assez grandes avec le turonien du N. de l'Europe. E. Haug.

TURPIN, archevêque de Reims à la fin du viii® siècle. n figure en cette qualité parmi les douze pairs dans un grand nombre de chansons de geste fort anciennes, notamment dans le Voyage de Charlemagne, le Roland^ Aspremont, Ogier le Danois, etc. On lui attribua de bonne heure une chronique latine « dont les cinq premiers chapitres ont été écrits vers le milieu du xi® siècle par un moine de Compostelle, et les chapitres vi et siiiv. entre 1109 et 1119, par un moine de Saint-André de Vienne » (G. Paris). Cette dernière partie, rédigée d'après des chansons de geste ou des traditions épiques, est précieuse pour l'étude de ces traditions sous une de leurs formes les plus anciennes. La chronique de Turpin a été publiée par F. Castets (Montpellier et Paris, 1880). Elle a été plusieurs fois traduite en français au moyen âge ; l'une de ces traductions a été souvent imprimée au xvi® siècle (à partir de ^527); deux autres ont été récemment publiées, l'une par W. Auracher (Zeitschrift fur romanische Philologie, 1, 259), l'autre par F. Wulf (Lund, 1881).

BiBL. : G.Paris, De Pseudo-Turpino ; Paris, 1865. — • P. Me YER, dans Notices et extraits des manuscrits, XXXIIl, l"^ partie, p. 31.

TURPI N (François-Henri), historien et littérateur français, né à Caen en 1709, mort à Paris en sept. 1799. Il fit à Caen de brillantes études et par deux fois remporta le prix décerné par l'Académie de cette ville à la meilleure ode en l'honneur de l'Immaculée Conception. Mais il abandonna bientôt la poésie pour l'histoire qu'il enseigna pendant vingt ans à 1 Université de Caen. Une fois las de son métier, il résigna sa chaire et vint à Paris. L'abbé Pérau le chargea de continuer les Vies des hommes illustres de France; mais, faute de documents, il dut interrompre ce travail; et dès lors commença pour lui une vie pénible et parfois misérable. Il fut quelque temps attaché au prince Kourakin avec mission de l'initier « aux merveilles des lettres françaises » ; puis, il fit partie delà clientèle d'Helvétius, consacra presque tout son temps à des travaux de librairie, et même, dit-on, prêta sa plume à de grands seigneurs avides de gloire littéraire. En 1795, il fut porté pour une somme de 3.000 fr. sur la liste des gens de lettres à qui la Convention vota des secours. Il mourut dans l'indigence. La liste de ses écrits est longue ; les principaux d'entre eux sont les suivants : Vie de Louis II de Bourbon, prince de Condé, Vies de Charles et de César de Choiseul du Plessis-Praslin (Paris, 1767-68); Histoire du gouvernement des anciennes Républiques (il 69), ouvrage imité de l'ouvrage anglais d'Edward Montague ; l^oyaje à Ceylan par Henriquès Pangrapho (1770); Histoire universelle imitée de l'anglais (1770); Histoire naturelle et civile du royaume de Siam, jusqu'en i770 (1771); Cyrus (1778), tragédie non représentée; Histoire de la vie de Mahomet (1773) ; Histoire de VAlcoran (1775) ; la France illustre ou le Plutarque français (1777-90); les Fastes ou Tableau historique de la marine française (1784); Histoire des Révolutions d' Angleterre (1786); Histoire de Louis de Gonzague, duc de Nevers (1789) ; Histoire des hommes publics tirés du tiers état (1789); enfin, des Instructions républicaines écrites pendant la Révolution n'ont pas été imprimées. Les ouvrages de Turpin sont loin d'être sans

intérêt : ses récits ont de la verve et de l'abondance ; et quelques-uns de ses écrits peuvent être considérés comme des modèles de biographie anecdotique. Mais, forcé d'écrire vite, Turpin s'est trop souvent contenté de relater dans une langue négligée des faits mal contrôlés et d'intérêt fort mince. On trouvera des appréciations contradictoires de son œuvre dans La Harpe et dans les Tivis Siècles de Sabatier de Castres. A. Bayet.

TURPIN (Eugène), chimiste français, né à Rosendaël (Nord) en 1849. Fils d'un cordonnier, il s'appliqua, de bonne heure, à l'étude de la chimie, fit plusieurs découvertes ingénieuses, notamment celle de couleurs inoffensives, reçut même pour cela un prix Monthyon et, en 1885, trouva un procédé de préparation de l'acide picrique qui transformait ce produit très dangereux en un produit maniable et utilisable pour l'artillerie. Le ministère de la guerre, qui lui acheta son secret 250.000 fr., en fit la mélinite. Turpin, qui avait vendu à une société particulière; la « Panclastite », l'exploitation de toutes ses inventions, se prétendit spolié. Il réclama 5 millions, puis, furieux d'être éconduit, entra en pourparlers avec plusieurs puissances étrangères et, finalement, fut accusé d'avoir dérobé à l'usine de Puteaux le modèle du détonateur en service dans notre artillerie et plusieurs autres documents secrets. 11 dut être absous de ce chef, par application de l'art. 10 de la loi du 18 avr. 188^", a>ant préalablement dénoncé son ancien associé et complice, Triponé; mais il fut condamné, dans des conditions mal connues, les débats ayant eu lieu à huis-clos, à cinq ans de prison et dix ans d'interdiction de séjour pour la publication d'un Uvre : Comment on a vendu la mélinite (Paris, 1889), où se trouvaient divulgués des documents intéressant la défense nationale. Gracié le 10 avr. 1893, il engagea immédiatemeut une vive campagne pour l'expérimentation d'un engin nouveau, dont il aurait conçu le plan dans sa prison, à Etampes, et qui devait dépasser, comme puissance destructive, tout ce qui avait encore été imaginé. Le gouvernement, après une longue résistance et la main forcée par un vote de la Chambre, consentit à saisir la commission des inventions, qui se prononça dans un sens défavorable. Turpin a écrit, outre Touvrage précité : la Formation des Mondes (Paris, 1893); les Causes des phénomènes (Paris, 1893).

BiBL. : Journal officiel, Déh. parlem., Sénat, 25 avr. 1893, et Ch. des dép., 31 mai 1894.

TURQUANT. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. (S.) de Saumur ; 617 hab.

TURQUES (Iles) (Turk islands). Groupe d'îles et de récifs coralliaires des Antilles, formant le S.-E. de l'archipel des Bahamas (V. ce mot). Les Anglais, dont il dépend, isolent des Bahamas cette partie dénommée îles Turques et Caïques, et les rattachent administrativement à la Jamaïque. Les îles Turques sont, avec les Caïques, au nombre de 30, plus une centaine de rochers ; 6 sont habitées par 4.745 hab. (en 1891), leur surface totale étant de 270 kil. q., dont 30 seulement pour les îles Turques proprement dites. On y exploite le sel exporté aux Etats- Unis, on y pèche les éponges. La fl^ore est caractérisée par le Cactus coronatus, espèce naine, dite tête de Turc, parce qu'elle simule un crâne enveloppé d'un turban.

TURQUET (Edmond- Henri), homme politique français, né à Sentis le 31 mai 1836. Il débuta en 1860 dans la magistrature et, procureur impérial à Vervins en 1868, démissionna parce qu'il n'était pas d'accord avec le préfet de l'Aisne. Il se présenta sans succès dans ce département, en 1869, aux élections pour le Corps législatif, s'engagea en 1870 dans les éclaireursde la Seine et, le 8 févr. 1871, il devenait représentant de l'Aisne à l'Assemblée nationale. Partisan de Thiers, il combattit la politique de Broglie, mais manifesta en 1873 une vive prédilection pour le projet de plébiscite patronné par les bonapartistes. Il s'occupait surtout des questions relatives aux beaux-arts. Elu député en 1876 par Vervins, il fit partie

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