TURQUET — TURQUIE
des 363, fut réélu avec eux en d877 et se spécialisa de plus en plus dans les beaux-arts. Aussi fut-il nommé le D févr. 1879 sous-secrétaire d'Etat aux beaux-arts. Il réglementa le Salon annuel, réorganisa les musées et théâtres, et les mesures qu'il prit donnèrent lieu à de vives polémiques. Démissionnaire le 40 nov. 1881 avec le cabinet Ferry, iï redevint sous-secrétaire d'Etat dans le cabinet Brisson (1885) et dans le cabinet Freycinet (1886). Il avait été réélu député en 1878 et en 18S5. Il se jeta avec ardeur dans le mouvement boulangiste, fut un des membres les plus actifs du « comité républicain national » et ne fut pas réélu. Il affirma alors des convictions catlioliques militantes. Turquet s'est représenté sans succès, comme révisionniste chrétien, aux élections de 1898, contre Ed. Vaillant.
TU RQU ETDEMAYERNE(LouisetThéodore)(V.MAYERNE).
TURQUETTE (Bot.) (V. Herniaire).
TUfiQUEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Sainte-Mère-Eglise ; ^97 hab.
TURQUIE. I. Géographie physique.— La péninsule des Balkans (ou péninsule pélasgique) '(Cf. l'art. Balkans et la carte) est d'une constitution très confuse. Son ossature a été déterminée, comme les Alpes centrales, par des plissements survenus vers le milieu de l'époque tertiaire et profondément accusée plus tard par Teffondrement de la mer Egée. Au point de vue orographique on peut distinguer trois groupes montagneux principaux. D'abord le Balkan proprement dit ou Hœmus des anciens qui, contemporain des Alpes dé Transylvanie, donne au cours inférieur du Danube sa direction de FO. à TE. et se termine au cap Eminé. Une seconde chaîne court à peu près du N. au S., entre la mer Ionienne et la mer Egée, formant les monts du Pinde. Enfin les Alpes Illyriennes, masses calcaires qui s'étendent du N.-O. au S.-E., parallèles aux Apennins et couvrant l'Herzégovine, la Bosnie et la Serbie. Il faut signaler encore, entre les deux preqiiers massifs, celui du Rhbdope formé principalement de roches cristallines et séparant la vallée de la Maritza (Thrace) de la vallée du Vardar (Macédoine). Les plus hauts sommets, à part quelques pics du Rhodope (le Rilo, 2.930 m.), se rencontrent dans la partie occidentale (le Dormitor, 2.528 m. ; le Kom, 2.448 m. ; le Tchar Dagh, 2.S10 m. ; le Babachnitsa, 2.600 m. ; le Yablanitsa, 2.282 m.). En dehors du Balkan proprement dit qui lui est perpendiculaire, rallui:'e générale des hautes crêtes en Turquie d'Europe affecte la direction du N.-O. au S.-E. qui s'accuse très nettement dans la triple péninsule de Chalcidique et la presqu'île grecque avec ses prolongements insulaires. Il faut ranger à part la presqu'île de Gallipoli et le haut plateau sur lequel est bâtie Constantinople : par leur formation géologique ils appartiennent à la côte d'Asie. Une vallée creusée d'abord à l'air libre, puis ravinée par les eaux du Pont-Euxin, a déterminé le Bosphore, la mer de Marmara et les Dardanelles. Ces massifs montagneux, par leurs contreforts qui s'entremêlent, ont dessiné des bassins fermés donnant naissance à des lacs. La plupart de ces lacs se sont fpayé un passage, soit par un souterrain (Katavothra), soit par un couloir, laissant à la culture de bonnes plaines. Aussi ce n'est pas la ligne des hautes crêtes qui détermine la ligne de séparation des eaux. Parmi les fleuves ainsi formés : le Drin, qui sort du lac d'Okrida, suit un couloir profond et se jette dans l'Adriatique ; la Maritza (ancien Hèbre), le Strymon ou Karasou, le Vardar (ancien Axios) et la Vistritza (ancien HaUacmon), sont tributaires de la mer Egée. Le Vardar s'écoule de la plaine de Kossovo dans le golfe de Salonique, au fond d'une dépression parallèle à l'Adriatique et offrant la meilleure voie d'accès des pays balkaniques vers la mer. Dans la région Nord, un grand nombre de cours d'eau, dont la Morava et l'Isker, se déversent dans le Danube.
La Turquie d'Europe occupe la partie moyenne de la péninsule des Balkans (ou péninsule pélasgique) entre
16^34' — 26«46^ long. E. et 38<'57' — 43^38' lat. N Au S. elle confine à la Grèce ; au N. au Monténégro, à la Bosnie, à la Serbie, à la Bulgarie. Le développement des côtes de la Turquie d'Europe est relativement considérable. Sur la mer Noire, on ne rencontre pas un mouillage sûr. Le long du Bosphore, de ta mer de Marmara et des Dardanelles, sur plus de 350 kil., les havres sont nombreux et les ports actifs : Gonstantînople avec sa superbe Corne d'Or, Rodosto, Gallipoli et les Dardanelles. La mer Egée (1.200 kil. q.) offre Tàspect le plus découpé, bien que depuis de longs siècles les apports fluviaux tendent à régulariser la côte. Le golfe de Saros s'enfonce entre la presqu'île de Gallipoli et la Thrace, au delà dé la Maritza le port de Dédéagatcji, plus loin l'entrée de la lagune de Port-Lagos, puis' le port de Kavala. Le golfe d'Orfani annonce la presqu'île de Chalcidique, limitée à rO. par le golfe de Salonique. Elle se compose de trois longs promontoires: l'Athos, célèbre par ses monastères; le Longos et le Kassandra. Le long de cette côte, on rencontre les îles de Lemnos, Imbros, Samothrace et Thasos. La côte turque de l'Adriatique a un développement de 600 kil. ; elle est moins découpée et renferme peu d'abris. Citons Prévésa à l'entrée du golfe d'Arta, Santi-fjuaranta, Avlona, Durazzo.
La Turquie d'Asie comprend les possessions asiatiques de l'Empire ottoman : l'Anatolie ou Asie Mineure, l'Arménie et le Kurdistan turcs, le Djezireh (Mésopotamie), rirak-Arabi, la Syrie et les provinces turques de l'Arabie (V. Anatolie, Syrie, Mésopotamie, Arménie, Arabie et Asie). Une vue d'ensemble de ces différentes régions les divise en trois sections : 1« àl'O., le large plateau volcanique anatolien que trois mers encadrent ; il en est séparé par les Alpes Pon tiques, les chaînes du bord de la mer Egée, et le Taurus méditerranéen, enfin le Taurus qui se soude au N.-E. à F Anti-Caucase (d'où partent de même les Alpes Pontiques); 2^ à TE. , le grandbassin double de l'Euphrate et du Tigre, berceau d'une des plus anciennes civilisations du monde, encadré par le Taurus méditerranéen et par leZagros persan ; 3** au S.-E., la Syrie que coupe en deux parties inégales le Liban, fourche du Taurus ; la plus grande partie forme un plateau volcanique et le désert de la rive droite du bas Euphrate qui rejoint au S. celui de l'Arabie indépendante ; et la plus petite partie, sur la côte. En outre, tout le long de ïa mer Rouge s'étend une longue bande de l'Arabie, qui continue la Syrie côtière au S., et est vassale du sultan. Il n'y a que deux points qui dépassent 4.000 m. en Turquie d'Asie: l'Argée dans le plateau anatolien, et le Toura- Djélou dans les monts du Kurdistan, contreforts du Zagros. La population des possessions asiatiques du sultan s'élève à 15.500.000 hab., et la superficie à 1.800.000 kil. q.
IL Flqre, Faune, Climat (V. Balkans, Asie, Anatolie, etc.).
I|I. Ethnographie. — Les invasions successives ont laissé dans la péninsule des Balkans des résidus très divers. La Bosnie, FHerzégovine, le Monténégro, la Serbie sont habites par des familles de race yoUgo-slavp ou serbo-croate. En Bulgarie et dans la Rouméhe orientale dominent les Buf^ares, peuple d'origine turco-finnoise slavisé depuis plus de dix siècles. On trouve quelques groupes bulgares et serbes — principalement dans la Vieille- Serbie entre Novi-Bazaret Uskab — en Macédoine. L'Albanie est peuplée de Skiptars qui se subdivisent en Ghèghes et Mîrdites au N. et Tosques au S. Quelques colonies albanaises sont installées en Grèce, dans l'Italie du Sud et en Corse (Cardevole). Les Albanais jouissent d'une semi-indépendance dans leurs montagnes presque inaccessibles. Dun tempérament aventureux, ils ont fourni jadis au gouvernement ottoman la milice redoutée des Arnautes. Les Ziiizares ou Koutzo-Valaques se rattachent au groupe roumain dont ils parlent la langue modifiée au contact des Turcs, des Grecs et des Albanais. Ils parcourent
TURQUIE
eh nomades la Macédoine s'occupant de l'élève du mouton. Aussi nomades sont les Tsiganes, s'adonnant à la chiromancie et à la vente des drogues. L'élément grec est répandu le long de la mer J^lgée et de la mer Noire et dans (quelques centres de l'intérieur : Andrinople, Philippopoli, Monastir. Les Turcs assez disséminés ne forment masse qu'à Constantinople (quartier de Stamboul) et à Andrinople., En Europe, la population turque n'a jamais dépassé 2 millions d'àmes. La création des Etats balkaniques l'a fait refluer vers l'Anatolie (mohadjirs), et actuellement on ne l'estime pas à plus de ôuO.OOO âmes réparties principalement en Bulgarie, dans le vilayet d'Andrinople, et à Constantinople. Les Arméniens sont encore nombreux dans cette dernière ville. Les juifs d'origine espagnole peuplent les deux tiers de la ville de Salonique. Cet ensemble complexe est en proie aux aspirations les plus diverses. « En Thrace, dit Victor Bérard, deux peuples en présence, les Grecs sur la côte, les Bulgares dans l'intérieur, s'agitent vainement : l'élément turc s'est maintenu en groupes compacts ; le voisinage de Constantinople et la présence effective du pouvoir turc assurent à l'Osmanli une prépondérance indiscutable. Ce pays sera le dernier sans doute où les intrigues nationales pourront triompher. En Albanie de même, deux politiques se disputent le terrain : l'une toute récente, hésitante encore, tapageuse et inquiète, l'intrigue italienne ; l'autre, formée depuis quarante ans, patiente, adroite et tortueuse, l'intrigue hellénique ; toutes deux bien munies des meilleures armes pour cette conquête, l'Albanais ne comprenant qu'un langage, celui des espèces sonnantes. En Macédoine, au contraire, toutes les intrigues balkaniques et européennes, serbe, grecque, \alaque, bulgare, autrichienne, albanaise, se sont donné rendez- vous. » On a évalué que, pour i 00 Turcs, il y avait dans la Turquie d'Europe environ 120 Grecs, 155 Albanais, 60 Bulgares, 18 Serbes, 36 Arméniens, 24 Zinzares, 13 Juifs et 12 Tsiganes. Mais ces chiffres sont à peine approximatifs. « La question de race, ajoute Victor Bérard, est sans intérêt : des Valaques ou des Slaves authentiques se disent Hellènes et veulent être Grecs ; des Albanais et des Juifs réclament l'hégémonie serbe ou bulgare ; des musulmans de toutes races tiennent encore pour le Turc ; et la plupart des Albanais appellent l'Autriche. Ce n'est donc pas la question de race qui importe. La question même de langue est secondaire : on rencontre des sentiments helléniques ou bulgares chez des paysans qui ne parlent guère que le turc. La Macédoine, travaillée et retournée par les propagandes, n'est pas divisée en peuples rivaux, mais en partis hostiles, et la carte des nationalités ne correspond que très mal à la carte des partis. » La religion même n'est plus la caractéristique de ces derniers. Les orthodoxes : Grecs, Serbes, Bulgares, Roumains ou Koutzo- Valaques, sont aujourd'hui en lutte ardente. Les Albanais sont en majorité musulmans (environ 1 million), mais une forte proportion (300.000 hab.) pratique le catholicisme. Des catholiques latins se trouvent à côté de toutes les Eglises orthodoxes. Il semble même que les musulmans, après avoir longtemps formé bloc en face du christianisme divisé, se laissent entamer par la propagande étrangèi'e : des désaffections se font jour parmi les beys musulmans de l'Albanie.
Pour estimer avec quelque précision la valeur relative des partis bulgare, grec, roumain (valaque) et serbe, il faut comparer la population des écoles élémentaires. L'école, en Orient, est l'instrument par excellence de la lutte d'influence. Les Grecs — l'élément civilisateur de la région — ont l'avantage sur leurs rivaux. Leurs 1286 écoles comptent 85.000 élèves; elles ont, il est vrai, atteint le maximum de développement. Les écoles bulgares ont, depuis peu, fait d'étonnants progrès. On en compte 821 avec 30.000 élèves. Elles sont administrées par l'exarque bulgare affranchi de l'autorité du patriarcat grec. Cet élan de propagande ne va pas sans entraîner quelques violences. Les Serbes ne forment masse que dans
la vieille Serbie; leurs 162 écoles ont 75.000 élèves. Les Roumains servent d'appoint avec 80 écoles et moins de 4.000 élèves.
On trouvera aux art. Anatolie, Syrie, Mésopotamie, Arménie et Arabie tous les renseignements relatifs à l'ethnographie de ces différentes régions de l'Asie Mineure. La population se répartit de la manière suivante, d'après les cultes : dans l'Archipel on compte 296.736 chrétiens, 27. ! 9a maliométans, 1.897 israélites et étrangers, 38 Arméniens ; en Asie Mineure même on compte : 7.179.900 mahométans, 972.300 chrétiens, 576.200 Arméniens, 484.600 israélites et étrangers; en Arménie ; 1.795.800 mahométans, 480.700 Arméniens, 165.200 autres chrétiens, 30.700 israélites; dans le vilayet d'Alep .-792.500 mahométans, 134.300 chrétiens, 49.000 Arméniens, 20.000 israélites et divers ; dans le vilayet de Beyrouth : 230.200 mahométans, 160.400 chrétiens, 136.900 Israélites et étrangers, 6. i 00 Arméniens ; dans le mutessarifat du Liban : 318.500 chrétiens, 49.800 israélites, 30.400 mahométans et 800 Arméniens ; dans le vilayet de Syrie : 585.200 mahométans, 257.500 chrétiens, 105.800 israélites et divers, 7.100 Arméniens.
ÎV. Géographie politique. — L'Empire ottoman (en turc : Memâlik-i Osmaniyé ou Devlet-i Aliyé) comprend une partie de la péninsule des Balkans, l'Anatolie, la Syrie et la Palestine, une partie de l'Arménie^ le Kurdistan, l'Arabie et le N.-E. de l'Afrique. Il faut distinguer les possessions effectives et les provinces tributaires plus ou moins indépendantes. Dans ce dernier groupe, se rangent la Bosnie, l'Herzégovine et une partie du sandjak de Novi-Bazar, administrées par l'Autriche-Hongrie en vertu du traité de Berlin et lui appartenant en fait; l'île de Chypre, administrée par la Grande-Bretagne à la suite de la convention de 1878 ; la Bulgarie et la province autonome de Roumélie orientale unies depuis 1886; l'Egypte, autonome depuis 1871 et aujourd'hui occupée par la Grande-Bretagne; l'île de Samos, jouissant depuis 1852 d'une constitution et gouvernée par un prince qui n'est, il est vrai, qu'un fonctionnaire ottoman ; l'île de Crète, autonome depuis 1898 sous un prince grec.
L'Empire turc nous offre le tableau suivant dont les chiffres ne sont qu'approximatifs :
PAYS
SUPERFICIE en kil. q.
HABITANTS en milliers
HABITANTS par kil. q.