‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 27 sur 633 · TIBET · texte numérisé non relu

TIBET

Les Tch'ang-kié-po, au S.~0. du Si-li, sur les confins du Népal, sont nomades et vivent au milieu des montagnes. On compte dans ce pays une armée d'environ 2.000 hommes.

Les grands et les petits Yang t'oung habitaient le Tsang occidental et le Ngari ; ils sont nomades et avaient une armée de 80 à 90.000 hommes; ils envoyèrent une ambassade en Chine en 641. Les Tou-fan les soumirent en 680.

Les grands et les petits Po-liu habitent à FO. des Yang t'oung : ce sont les gens du La-dag. Les petits Po-liu demeuraient dans le Baltistan actuel.

Le Tibet était donc divisé en plusieurs royaumes ou territoires, du iv® au vii® siècle, jusqu'à la formation de l'empire tibétain. On peut faire remonter cet empire au commencement de la période Me-kha-gya-tso, laquelle commence en 622 de J.-C. C'est peut-être l'ère de l'hégire que les Tibétains adoptèrent, nous ne savons pas au juste à quelle époque.

L'Empire (622 à 842). — gNam-ri-srong-btsan mourut en 629. Il peut être regardé comme le fondateur de cet empire ; il étendit les limites de son royaume jusqu'à l'Inde, à gNya-zhur à l'O. Sous son règne la médecine et l'arithmétique furent apportées de la Chine.

Srong-btsan-sgam-po (680-50), son illustre fils, introduisit le bouddhisme et l'écriture de l'Inde, fonda Lhasa ; il épousa deux femmes, une princesse du Népal et une princesse chinoise. Il s'empara du royaume des Tangouts et des Pe-lan ; et il envahit l'Inde centrale.

Mang-srong-mang-bstan (650-79) conquit le royaume T'ou-kou-houn. Il devint très puissant, prit aux Chinois quatre places importantes du Turkestan oriental.

Gung-btsan (679-703), fils du précédent, avait huit ans lorsqu'il fut élevé au trône. Le pouvoir fut confié au régent Kin-ling. On soumit les Yang t'oung et on prit tous les pays des Kiang ou Tibétains. Sa domination s'étendait à l'E. aux villes chinoises Liang (dans le Kan-sou), Sungp'an et Mou (dans le Sse-tchouen), Soui (dans le Yun-nan) ; au midi,^à l'Inde; à l'O., à Koutche, àKachgar et àKhotan ; au N. jusqu'aux Turcs. Ce vaste empire, qui touchait Khoraçan d'après les historiens arabes, était à cette époque à son apogée. Gung-btsan, à sa majorité, prit les rênes du gouvernement; il témoigna de la méfiance au régent, celui-ci se tua de chagrin. Gung-btsan périt dans une expédition contre le Népal et l'Inde.

Gung'Srong-'da-rje, son fils, monta sur le trône en 703, il n'avait que sept ans. Les Tibétains s'emparèrent de Ferghana, firent une alliance avec les Arabes qui faisaient la guerre dans le Mawarannahar. Ce souverain épousa une princesse chinoise.

Khri-lde-gtsug-brtan'mes-ag'ts'homs meurt en 755. Sous son règne on traduisit plusieurs ouvrages sanscrits en tibétain. Il eut une guerre avec la Chine au sujet de Bolor qui était allié des Tibétains ; les Chinois furent victorieux.

Khri-srong-lde-bstan (755-80). Le bouddhisme fut alors très florissant. Les Tibétains continuèrent la guerre contre la Chine, prirent Si-ngan-fou, la capitale; ils furent repoussés.

Mu'Khri-bstan-po (780-97). Il était très dévoué au bouddhisme. Trois fois il força les riches à partager leurs biens avec les pauvres.

Sad-na-leg s (198-816), fils du précédent (Selon les historiens chinois, il succéda à son frère qui n'avait régné qu'un an). Il fit la guerre aux Turcs Cha-to.

Ral-pa-chan (846-38) fit un traité avec la Chine et, pour en perpétuer la mémoire, on érigea un monument sur lequel on grava le texte du traité ; le monument existe encore à Lha-sa. Ral-pa-chen, très adonné au bouddhisme, fit réunir les ouvrages bouddhiques, traduits en tibétain, en deux grandes collections : le Kandjour et le Tandjour.

g Lang-dharma (838-42), frère dû précédent, entreprit une violente persécution contre le bouddhisme, il fut assassiné ; le Tibet fut pendant plusieurs années en révolution.

Les deux fils de gLang-dharma divisèrent entre eux l'empire, il n'y eut plus que de petits princes.

Les PRiNGiPAurés (842-1260). — 01-srung, fils aîné de gLang-dharma, eut Ja partie occidentale du Tibet ; à sa mort, ses deux fils se partagèrent l'héritage paternel.

IDe-dpal-khor-btsan, son fils aîné, eut aussi deux fils.

Skyid-lde-nyi-ma-mgon, fils aîné du précédent, hérita du Ngari et fonda Purang ; ses trois fils se partagèrent aussi sa principauté; le troisième, IDe btsun-mgon, eut la province de Sankar (partie occidentale du Ngari), ses descendants se succédèrent pendant vingt et une générations. Sous le règne d'un de ses successeurs, Byang-chhub-od, le pandit indien Atisha, qui réforma le bouddhisme, vint dans son royaume. A cette époque (1025), les Tibétains adoptèrent le cycle de soixante ans. La période Mekha gya tsho finit en 1024.

Khri-bkra-shis-brtsegs-pa-dpal, le second fils de IDedpal-khor-btsan, eut trois fils; le second Od-lde, eut quatre fils, le troisième de ses quatre fils, Khri-chhung, fut roi de Ou; il eut onze successeurs. Ces princes favorisaient aussi le bouddhisme; sous le septième de ces rois vivait au Tibet le célèbre Sakya-Pandita, qui naquit en 1180.

L'histoire donne peu de renseignements sur les princes orientaux descendants du second fils de gLang-dharma. On mentionne en 1015 le prince Ku-szu-lo qui fit la guerre au roi des Ilia ou Tangouts. Son troisième successeur Hia-tching se soumit à la Chine et se fit bouze en 1102. Une partie de l'empire tibétain tomba aux mains du roi de Yun-nan et des Ouigours ; l'ancien Tangout redevint un royaume puissant à partir de 967, sous le sceptre de Like-joui, originaire de la tribu Thou-po des Tangouts (V. ce mot, t. XXX, p. 912).

Le Tibet était, comme on le voit, divisé entre beaucoup de petits princes, puisque tous ces souverains partageaient leur territoire entre leurs fils. Lorsque les Mongols entrèrent vers 1254 dans le Tibet, ils eurent beaucoup de difficultés à réduire cette nation. Leurs chefs, Siuntato et Yntali, se défendirent vaillamment ; ils ne se soumirent que lorsqu'ils se virent épuisés. Les Mongols firent encore en 1275 une autre expédition contre les Tibétains.

Les Princes lamas. — Koubilai, khan des Mongols, en 1260, donna au lama P'ags-pa, supérieur du couvent sakya (au S.-O. de Ta-chi Ihoun po, dans le Tsang), l'autorité temporelle sur treize districts de Ou et de Tsang, et sur les provinces de Kham et d'Amdo. Ses successeurs se sont succédé jusqu'à ce jour comme souverains, mais leur territoire est actuellement beaucoup diminué.

Le premier empereur Ming, en 1368, partagea le Tibet en plusieurs divisions territoriales. La Chine n'intervint plus dans les affaires des chefs tibétains. On créa en 1403 six grands lamas princes et d'autres lamas avec différents titres. A la mort de ces grands dignitaires, leur titre passait à un de leurs disciples. Tous ces lamas appartenaient à la secte rouge (V. t. VII, p. 603). Ils payent un tribut à la Chine. Ces princes n'eurent aucun démêlé sous les Ming (1368-1628) avec l'empire du Milieu, mais les chefs des tribus se révoltèrent en 1530 ; soixante chefs se soumirent, seize furent vaincus.

Les Talé-lama. — Tsong-kha-pa (1355-1417), le réformateur du bouddhisme tibétain ou de la secte jaune, fonda en 1407 le grand monastère de dGa-ldan, à 4 lieues à l'E. de Lha-sa.

dGe-hdun-grub-pa, son disciple, qui descendait des anciens rois du Tibet et prince héréditaire de Fan, fonda en 1445 le monastère de Ta-chi-lhoun-po, dans le Tsang; il fut le supérieur de son monastère et réunit ainsi le pouvoir spirituel au pouvoir temporel qu'il tenait par sa naissance. C'est le premier talé-lama. Il passe, de même que ses successeurs, pour une incarnation du Boddhisatva Avalôkiteçvara.

dGe-hdun rgya-mtsko (1474-1540), deuxième talélama, refusa d'aller voir l'empereur de Chine Ou-tsong des Ming,

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