TIBET — TIBIA
bSod-nams rgya-mtsho (1541-86), troisième talélama. La Mongolie et d'autres pays reconnurent sa suprématie spirituelle. Aussi beaucoup de princes lamas de la secte rouge embrassèrent la secte jaune.
Yon-lan-rgya-mtsho (1587-1614), quatrième talélama.
Nag-dvang Mo bzang rgya-mtsho (1615-82), cinquième talé-lama. A cette époque, une partie du Tibet occidental appartenait au khan Tsan-pa. Sous prétexte qu'il tyrannisait ses sujets et nuisait à la secte des bouddhistes jaunes, le ti-pa (vice-roi de Dalé-Iama), aidé par le prince des Eleuthes lui fit la guerre, s'empara de sa principauté. On bâtit le monastère de Po-ta-la,près de Lha-sa, en 1643. Le talé-lama vint y demeurer; on donna le monastère Tachi-lhoun-po avec un territoire à un lama qui eut le titre de Pang-tchen rin-po-tche. Son successeur actuel est encore souverain de cette principauté. On chassa les bouddhistes rouges. Le talé-lama alla à Pékin en 1653. L'empereur de la dynastie mandchoue ne lui donna que des titres honorifiques. Le talé-lama mourut en i6S^. Le ti-pa cacha sa mort pour nommer avec le khan des Eleuthes un autre talé-lama. La Chine voulut déjouer ces intrigues. Le khan La-tsang fit tuer le ti-pa en 1705, et de concert avec l'empereur ils nommèrent le sixième talé-lama. Les Mongols ne voulurent pas le reconnaître et choisirent un talé-lama qu'ils disaient être la seule véritable incarnation de la divinité.
Rin-tchheji-tshangs dvyangs rgyamUho (1682- 1708), sixième tali-lama, d'après la liste tibétaine.
bho bzang skal Idan rgya-mtsho (1708-58), septième talé-lama. Le khan des Eleuthes envahit le Tibet entre à Lha-sa, s'empara du monastère Po-to-Ia. La Chine intervint. En 1728 et 1751, il y eut des révolutions intérieures. La Chine envoya des ambassadeurs pour protéger le talé-lama. Le Tibet fut mis sous la suzeraineté de la Chine. C'est de cette époque (1751) que date l'organisation du gouvernement actuel du Tibet.
bLo bxang hjam dpal rgya-mlsho (1758-1805), huitième talé-lama ; aidé par la Chine, il soutint une guerre contre le Népal.
Lung rtogs rgya mtsho (1805-15), neuvième talélama.
Tshul khrims rgya mf.v/io (18 15-37), dixième talé-lama, fut empoisonné par le vice-roi de Lha-sa.
mlihas grubrgya mtsho (1837-56), onzième talé-lama, fit chasser les abbés Hue et Gabet six semaines après leur arrivée à Lha-sa en 1846.
Phi'in las rgyamisJio (1856-75), douzième talé-lama ; il y eut en 1863 une insurrection peu importante.
l'ub-bstan rgya-mtsho, treizième talé-lama, né en 1876, fut installé en 1877. Ed. Specht.
Petit-Tibet (V. Baltistan).
BiiJL. : DuTREUiL DE RiiiNR et Grenard, Mission scien- Lillque dans la HaïUc-Asie (1800-90); l'aris, 1898. — BoiN- VALOT, Dg Paris au Tonkin; Paris, 1892. — Desgodins, la Missio7i du Tibet ;Faris, 1872. — Rockhii.l, The Land of the Lamas ; Londres, 1891. — Feer, le Tibet; Paris, 1886. — Cordier, Bibliotheca sinica...^ on y trouvera une bibliograpiiie complète des ouvrages sur le' Tibet. — -KlaprotiÏ, Tableaux historiques de VAsie ; Paris. 1820. — Ma-touan-lin, liv. CCCXXXIll-CCCXXXIX, Jlisfory of the western kcang, trad. du chinois j)ar Wylie ; Pacification du Tibet^ trad. du chinois par Jametel, clans Revue de l'extrême Orient, vol. I. — Rogkhill, Tibet, dans Journ. ro{j . As.Soc.of Great Britain, vol. XXIII. — Busiiell, T/ie early Hist. of Tibet^ dans Jour a. R. A. S. of Great Brllain, 1880. — Table chronologique^ trad. du tibétain, dans Csoma de Kôros, Grammar of the tibetan language : Calcutta, 1884. — ScHLAGiNTWEiT, Die Konige 'von Tibet; Munich, 1866. — Lettres édifiantes et curieuses. — M6m. concernant Vhist, les sciences des Chinois, par les missionnaires de Pékin; Paris, 1789, vol. XIV.
TIBI ou TIWI. Petit port des Philippines, île Lu(:on, dans la presqu'île de Camarines ; 13.350 liab. La vallée de Tibi donne naissance à un grand nombre de sources thermales, sulfureuses et siliceuses, avec geysers (V. Philippines, t. XXVI, p. 680),
Tl Bl A. I. Anatomie. — C'est un des deux os de la jambe^ '
sur lequel appuie le fémur et qui transporte au pied le poids du corps. Epais en haut, où il est creusé d'une double cavité latérale avec laquelle viennent s'articuler les condyles du fémur (cavités glénoïdes du tibia): épais aussi en bas, où il présente une surface quadrilatère articulaire pour l'astragale, cet os est triangulaire au niveau de son corps. L^extrémité supérieure constitue les tubérosités du tibia. La face supérieure de ces tubérosités (plateau du tibia) porte les deux cavités glénoïdes, agrandies par les fibro- cartilages semi-lunaires, et séparées l'une de l'autre par une crête saillante, l'épine du tibia, où s'attache les extrémités des fibro-cartilages et les ligaments croisés de l'articulation du genou. La tubérosité externe porte en arrière une petite surface articulaire pour la tête du péroné. En avant, cette extrémité présente une saillie, la tubérosité du tibia, qui donne insertion au tendon rotulien. L'extrémité inférieure, surplombée en dedans par une forte apophyse, la malléole interne, portant en dehors une surface curviligne, encroûtée de cartilage et articulée avec la malléole externe ou péronéale, forme une mortaise avec l'extrémité inférieure du péroné dans laquelle vient s'enchâsser la poulie de l'astragale (articulation tibio-tarsienne). Le hord externe du corps de l'os, tranchant, donne insertion à la membrane interosseuse. Chez un certain nombre de Marsupiaux (Phascolomes, Phalangers, Sarigues, Dasyures), le tibia et le péroné sont unis par leur extrémité inférieure, de telle sorte que le pied peut exécuter des mouvements de pronation et de supination analogues à ceux de la main.
Chez beaucoup de Mammifères, chez les Oiseaux, le tibia est presque le seul os de la jambe. Le péroné est atrophié et ne persiste que dans sa partie supérieure. Chez les Batraciens anoures, le péroné est tout à fait confondu avec le tibia. Ch. Dedierre.
IL Pathologie. — Le tibia peut manquer congénitalement; sous l'influence des maladies, il peut présenter des ditformités acquises, parmi lesquelles nous ne citerons que la déformation syphilitique en lame de sabre et les incurvations rachitiques . Cet os est assez souvent le siège des diverses maladies qui se portent sur l'appareil osseux ; ostéomyélite due à des agents infectieux (streptocoque, pneumocoque et surtout diverses espèces de siaphylocoques). dont on connaît deux formes bien distinctes : l'aiguèetla chronique. Cette maladie provoque souvent la nécrose de tout ou partie de la diaphyse. La tuberculose peut porter aussi sur le tibia, soit sous sa forme miliaire, sous forme enkystée, infiltrée, ulcéreuse ou carieuse. La syphilis à sa période secondaire y donne des périostites aboutissant à des périostoses localisées sur la crête de l'os ou des ostéalgies profondes, excruciantes. La syphilis tertiaire produit surtout des périostites, des ostéomyélites gommeuses circonscrites ou diffuses qui s'accompagnent de réaction condensante de l'os, aboutissant à la nécrose ou à des hyperostoses. Le rachitisme, l'ostéite déformante de Paget, peuvent frapper le tibia qui peut être le siège de tumeurs, surtout de l'ostéo-sarcome.
Les fractures de l'os constituent le chapitre le plus intéressant de la pathologie du tibia. Ces fractures siègent sur les deux extrémités de l'os ou sur sa partie moyenne. Elles s'accompagnent souvent de fracture du péroné constituant les fractures de jambe (V. ce mot), mais elles peuvent aussi s'observer isolément. Les fractures isolées de la diaphyse sont rares et produites presque exclusivement par cause directe. Elles se présentent sous forme de fissure ou de trait transversal. Les déplacements y sont peu importants, le péroné servant d'attelle; une luxation des cxtrémtés du péroné ou une incurvation de cet os permet des déplacements toujours peu considérables. Le tibia à son extrémité supérieure peut être brisé en plusieurs morceaux, soit par cause directe dans les chutes d'un lieu élevé sur les pieds ou par arrachement dans les cas de torsion du genou , surtout chez les gens âgés et à friabilité osseuse spéciale, ce sont les
fractures sous-condyliennes, intercondyliennes, cunéiformes de Heydenreich, qui peuvent se compliquer de la pénétration de la diaphyse entre les fragments, d'où résulte un éclatement plus ou moins considérable dans le foyer de la fracture. Quelquefois l'arrachement, aidé de l'action d'une cause directe, peut ne fracturer qu'une des tubérosités tibiales, mais le fait est rare, on n'en connaît que quatre ou cinq exemples. On peut observer aussi un arrachement de la tubérosité antérieure du tibia, surtout chez les sujets jeunes, notamment les soldats. Elle se produit consécutivement à une contraction violente du quadriceps de la cuisse. On ne constate pas de fractures isolées de la partie inférieure du tibia. Avant vingt-quatre ans pour l'extrémité supérieure, avant dix-huit pour l'inférieure, on peut observer des décollements épiphysaires à la suite de traumatismes, mais l'âge seul des blessés en peut faire soupçonner l'existence. D^ S. Morer.