TOTAUX
Franc- S 176 423.000 131.398.000 156.797.000 149.600.000 151.900.000
Ces chiffres officiels appellent quelques corrections qui accentuent la reprise de nos relations commerciales avec la Turquie. Il faut remarquer d'abord que depuis 1898 l'administration des douanes françaises n'englobe plus dans le commerce franco-turc les échanges entre la France et la Bulgarie (en 4898, exportation en France : 3.751.579; import. : 2.400.180 ; total, 6.151.939 fr. En 189Ô, export. : 2.655.181 ; import. : 924.817 ; total, 3.579.998). De plus, nos douanes négligent dans leurs statistiques du commerce spécial les farines qui sortent en déduction des blés jouissant de l'admission temporaire. Ainsi, en 1899, les farines importées en Turquie ne figurent dahs ces statistiques que pour 6.435 fr., alors qu'en réalité il en a été importé pour 10.633.307. Notre importation en Turquie (Bulgarie non comprise) en 1899 a donc atteint près de 60 millions. L'importation allemande, qui était de })lus de 48 millions 1/2 de fr. eii 1895, est tombée à 35 millions en 1896 et à 32 millions en 1897, malgré les prodigieux efforts du commerce allemand. Aiissi y a-t-il quelque exagération dans l'unanimité des rapports consulaires qui proclament le déclin de notre commerce en turquie. Cette exagération paiit décourager à tort nos commerçants. Pour les importations en Turquie d'Europe, nous venons en seconde ligne et nous sommes les premiers à l'exportation. Le comnlerce français pourrait étendre ses relations par l'envoi sur place de commis voyageurs, car de plus en plus l'intermédiaire disparaît ; mais on doit l'approuver de persévérer, à rencontre du commerce allemand, dans les crédits à très courte échéance. Il est injuste d'accuser nos commerçants d'impéritie, et c'est une erreur de conseiller à lios industriels de fabriquer de la camelote. Les saci"! lices que nous nous imposons pour maintenir notre influence et nos écoles nous permettent d'attendre avec cbn fiance la fin de la crise qui affecte les relations commerciales de tous les pays avec la Turquie. L'indigène reviendra aux objets de bonne qualité le jour oïl il retrouvera Taisatice ; et ce jour-là la réputation de nos marques ne sera pas à faire. La crise dont souffre le commerce en Turquie est bien exposée par notre corisul à Constantinople, Cillière, dans un rapport (1901) sur la situation de cette place dont le mouvement commercial représente les 27 ^U du coiniilèrce total de l'Empire ottoman : « Le marché de Constantinople subit depuis plusieurs années une véritable crise. Il n'y a {)oint d'afifairès, l'argent est rare, et aujourd'hui, bien que la situation paraisse un peu moins grave, la confiance né re^'ient pas et le commerce reste lànguissatit. Diverses causes ont amené cette crise.
En 1895, le tremblement de terre détruisit le bazar de Stamboul, Puis la situation politique s'aggrava à son tour. Des troubles ensafaglantèrent une grande partie de l'L'mpit-e, et la capitale ne fut point épargnée. Le commerce en subit fortement le contre-coup. La désorganisation fut
complète. Les Arméniens, victimes de ces troubles, s'adonnent en effet presque exclusivement aux affaires. Ils y ont de rares dispositions, et une bonne partie du commerce se trouve entre leurs mains. Beaucoup de maisons arméniennes durent fermer; d'autres se transportèrent à l'étranger, toutes furent très ébranlées, et le rétablissement de l'ordre ne put suffire à ramener la confiance. D'ailleurs, au même moment, les spéculations sur les mines d'or du Transvaal viiirent causer de nouvelles ruines. Puis les affaires de Crète, la guerre gréco- turque aggravèrent encore l'embarras du marché. L'argent manque^ les transactions sont très rares. Cette situation dure jusqu'à la fin de 1897. La conclusion de la paix avec la Grèce fait alors espérer une reprise des affaires, mais celle-ci est encore entravée par les mauvaises récoltes de 1898... La situation du marché de Constantinople ne s'est pas sensiblement améliorée. Il faudrait pour lui faire reprendre son ancienne activité plusieurs années de bonnes récoltes et le retour des acheteurs de l'intérieur. Ce sont des éventualités qui ne paraissent pas devoir se réaliser encore. Depuis les mesures prises à la suite des troubles de 1895, les acheteurs de l'intérieur se sont tournés vers les voyageurs de commerce allemands, qui depuis longtemps les sollicitaient. Ces derniers ne se contentent plus de voir leurs clients de Constantinople. Pour se créer de plus amples débouchés, ils visitent les diverses places de la Turquie et arrivent à s'y créer des relations d'affaires qui ont pour premier effet de supprimer les coûteux intermédiaires. » Nous conclurons avec la Chambre de commerce française de Constantinople (1900) : « Dans une période difficile pour le négoce, avec de mauvaises i'écoltes, nos transactions ont augmenté sur ce marché si disputé de la Turquie ; c'est un encouragement a être plus actifs, à augmenter nos débouchés dans cet empire où nous possédons tant de sympathies ».
Voies de communication. — Les routes carrossables sont rares. Les voies d'accès du pays ont été parfaitement uti- Hsées pour l'établissement de chemins de fer. tieujt grandes lignes ferrées traversent la Turquie d'Europe ; ce sont les tronçons des grandes lignes de Paris à Constantinople et de Paris à Salonique. La première, de Moustafa-Pacha a Constantinople par Andrinople, a 3S[6 kil.; ta seconde, de Zibeftché à Salonique par Uskub, a 330 kil. Le premier chemin de fer construit en Turquie date de 1860 ; mais le raccordement avec les grands réseaux européens n'a été établi qu'en 1888. En 1894, Monastir a été relié à Salonique, et en 1896 a été terminée la ligne de Salonique a Andrinople par Dédéagatch, ligne stratégique très iiiiportante reliant Salonique à Constantinople. On projette de prolonger l'embranchement Lskub-Mitrovitza jusqu'à Serajevo. La Turquie d'Ëiirope possède 1.948 kil. de chemins de fer.