‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 283 sur 633 · TYPHON TYPHUS · texte numérisé non relu

TYPHON TYPHUS

brûlants et pestilentiels. Ils ont aussi raconté que les dieux olympiens, fuyant devant Typhon, se seraient réfugiés en Egypte. J.-A. H.

III. Météorologie. — Nom donné aux tempêtes tournantes des mers de la Chine (V. Cyclone et Tourbillon).

TYPHUS. I. Pathologie. — Typhus exanthéma tique. — Le typhus exanthématique est une maladie infectieuse, endémo-èpidémique, contagieuse et ne récidivant jamais (Thoinot). Cliniquement, il se caractérise par une éruption, s'accompagnant d'un état typhoïde. Etiologiquement, il semble dû à la propagation dans l'organisme d'un germe ou de plusieurs germes d'espèces différentes (infections secondaires) . Hlava a décrit comme agent de la maladie un streptobacille, gardant le gram, et se cultivant sur la gélose et le sérum. Mais la preuve par l'inoculation aux animaux est insuffisante. Thoinot et Calmette ont décelé dans le sang la présence de granules réfringents, très mobiles et pourvus d'un prolongement. Dubief et Bruhl ont décrit comme agent de la maladie un diplocoque aérobie. L'étiologie générale du typhus est la même que celle des autres maladies infectieuses; cependant, il faut noter l'importance des causes générales, telles que la misère, le défaut d'hygiène et d'aération, l'encombrement, qui en favorisent la diffusion; d'où les noms de : fièvre des hôpitaux, typhus des camps et des armées, maladie des prisons, qui lui sont souvent donnés. Il existe un certain nombre de foyers endémiques de typhus, et aucun pays d'Europe pour ainsi dire n'en est exempt. L'Irlande, Naples, les régions danubiennes, les provinces baltiques sont les plus connus de ces foyers. Mais en France même, il en existe un certain nombre, en particulier en Bretagne. L'Afrique et les Etats-Unis en possèdent un certain nombre. De chacun de ces foyers la maladie peut différer et prendre le caractère épidémique. La contagion se fait le plus habituellement par contact direct ; le personnel hospitalier qui soigne les typhiques est souvent frappé par la contagion directe. La transmission peut se faire également par les vêtements ou les objets ayant servi aux typhiques. L'eau ne semble pas jouer de rôle spécial dans le transport de la maladie. Il a existé dans les temps passés un très grand nombre d'épidémies de typhus, toutes très meurtrières. Les plus célèbres sont celles de 1505 et de 4528, celle de la guerre de Trente ans, les épidémies irlandaises du xviii® siècle, l'épidémie, de Naples de 1764, l'épidémie de 1826 en Irlande et en Grande-Bretagne, etc. Les plus récentes sont celles de Marseille, d'Avignon, etc., à la suite de la guerre de Crimée, celles de Riantec (Morbihan) (1870,) celle de l'île de Molène (1878), et enfin celle de l'île de Tudy (1891) si complètement étudiée par Thoinot.

Le début proprement dit de l'affection est précédé par une période d'incubation dont la durée normale semble être de douze jours, mais qui ne s'accompagne d'aucun phénomène de malaise ou de fièvre. Ce début se fait brusquement, le malade accusant d'emblée une vive céphalalgie, qui ne le quittera plus jusqu'au délire, et la fièvre montant brusquement. Cette fièvre, élevée d'emblée, persiste jusqu'aux environs du dixième ou du douzième jour, l'apparition de l'éruption n'a aucune influence 'sur elle. Elle atteint 39^ ou même 41 « (température axillaire), avec oscillations du matin et du soir assez peu marquées. ]J éruption se montre aux environs du quatrième ou du cinquième jour. Elle apparaît sur le tronc, à la partie antérieure des aisselles, ou sur les flancs; elle envahit ensuite, le plus souvent, mais non toujours, les autres régions du corps, mais en respectant le cou et la face. Elle est parfois très fugace, et pourrait même manquer. Son étendue et son intensité sont en rapport avec la gravité de l'affection. Elle se montre sous forme de taches irrégulières, saillantes au début, rose pâle, puis d'une couleur plus sombre et prenant le caractère de pétéchies vers le milieu de la deuxième semaine. Ces taches subissent ensuite l'évolution habituelle du purpura. Dans leur pre-

mier état, elles rappellent de Irè» près l'éruption rubéolique et sont suivies d'une fine desquamation.

En même temps l'état général est gravement atteint ; l'aspect du malade est dit typhique : la face est vultueuse, les yeux injectés, les lèvres et les gencives fuligineuses, la langue est sèche et comme rôtie. Le malade accuse une vive céphalalgie, des douleurs de reins, des vertiges. Il se plaint d'insomnie constante, l'intelligence est affaiblie, puis le délire apparaît vers le huitième jour. Le plus habituellement c'est un délire tranquille, avec bavardage et divagations ; quelquefois, il y a un délire violent simulant le delirium tremens. On constate en même] temps tous les phénomènes nerveux de l'état typhique: prostration extrême, soubresauts des tendons, carphologie, etc. Il existe en plus une sensibilité extrême de la peau, puis une constipation fhabituelle, qui ne fait place que rarement et tardivement à la diarrhée. La rate est habituellement augmentée de volume. Le malade répand une odeur spéciale de putréfaction. Il est assez rare de constater de l'albuminurie. Par contre, la congestion pulmonaire et la bronchite font, pour ainsi dire, partie du tableau de la maladie ; enfin, les complications cardiaques^ en particulier la myocardile, ne sont pas très rares.

La maladie évolue vers la guérison ou vers la mort. Dans le premier cas, il se produit une véritable crise vers le douzième jour ; l'état général s'améliore brusquement et le malade entre en convalescence, cependant la chute de la température n'est pas brusque, et le retour vers la température normale ne se fait que jour par jour, mais le cours de la convalescence, qui dure un mois, peut être interrompu par l'apparition d'une infection secondaire (infection purulente, phlegmons, adénites, érysipèle, œdème du larynx, gangrène, etc.), qui peut à son tour amener une terminaison fatale. Lorsque la mort survient par la virulence même de l'affection, cette terminaison est souvent annoncée par une paralysie de la vessie et du rectum et par une élévation de la température, qui peut monter aux environs de 42°. La mort survient dans le coma ; les complications pulmonaires ou cardiaques peuvent la provoquer. La mortalité dans le typhus est assez élevée, puisqu'il faut compter, en moyenne, un cas de mort sur 6 1/2.

Le diagnostic de l'affection est facile, car Jes traits en sont caractéristiques; mais encore faut-il y penser. Elle peut être surtout confondue avec la rougeole, dont elle diffère par sa marche cyclique, par le tracé thermométrique et par la localisation de l'éruption. Le typhus est tout différent de la fièvre typhoïde et de la fièvre récurrente, à laquelle on donne quelquefois le nom de typhus récurrent.

Le traitement du typhus est purement symptomatique. Il n'y a donc pas lieu d'y insister. Les lotions générales et même les bains tièdes ou froids semblent devoir être recommandés (Thoinot). Quant aux mesures de prophylaxie et de désinfection, elles sont les mêmes que dans les autres maladies infectieuses. D^ M. Potel.

Typhus ictérode, Amaril ou d'Amérique (V. Jaune [Fièvre]).

II. Art vétérinaire. — Le typhus des bêtes à cornes, t. contagieux oupeste bovine, est une maladie épizootique, infectieuse, virulente, transmissible à tous les animaux de l'espèce bovine, ne prenant naissance spontanément, semble-t-il, que chez ceux de la race particulière des steppes de Hongrie et de Russie. Le virus se rencontre dans les sécrétions, les excréments, le sang et dans la viande abattue. Les lésions atteignent surtout la muqueuse intestinale qui est rouge, tuméfiée, parsemée d'ecchymoses, avec exsudats diversement colorés et desquamations. Sang foncé, foyers hémorragiques dans le cœur. — - La fatigue, les privations, les mauvaises conditions hygiéniques président à son apparition parmi les animaux des steppes ; la maladie se propage par la contagion (hommes, fumier, viande, peaux, wagons, etc.). L'incu-

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