‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 284 sur 633 · TYPHUS — TYR · texte numérisé non relu

TYPHUS — TYR

batioii est de six à neuf jours. L'agent infectieux est un streptocoque (Semmer) ou un leptothrix (Metchnikov). Une première atteinte confère l'immunité.

Symptômes. Tristesse, tête lourde, peau sèche, tremblements, écartement des membres antérieurs, yeux fixes, muqueuses injectées, toux fréquente, bouche pâteuse, soif ardente, urines rares. Au bout de trois ou quatre jours, aggravation des symptômes : exanthème cutané particulier, yeux larmoyants, écoulements muqueux par le nez et la bouche ; respiration entrecoupée, appétit nul, prostration, météorisation, diarrhée fétide, urine fétide. A la tin, peau froide, emphysème sous-cutané, muqueuses cyanosées, yeux enfoncés, j étage fétide, selles sanguinolentes, prostration extrême, puis mort. La guérison, au bout de quatre à sept jours, est exceptionnelle. Pendant la maladie, l'aYortement se produit fréquemment. — Le traitement est nul. La seule prophylaxie est de détruire les foyers de contagion. Les mesures quarantenaires (cordons sanitaires, etc.), la désinfection des hommes et des objets peuvent préserver un pays. Dans une contrée infectée, déclaration immédiate des cas imposée par la police. Isolement. Abatage immédiat des animaux atteints, dont la viande est cependant utilisable; l'enfouissement est préférable. D^ L. Hn.

T/PICON (Antiq. gr.). Ce mot désigna d'abord la constitution d'un monastère grec, remontant à son fondateur; puis un livre rituel de l'Eglise grecque indiquant les règles à observer chaque jour pour le service divin. Les plus célèbres de ces rituels sont : celui de la grande Eglise de Constantinople, imprimé depuis 1851 ; celui de Jérusalem, attribué à^saint Sabas, imprimé dès 1604 à Venise ; ceux du Sinaï et du mont Athos (non imprimés).

TYPOGRAPHIE (Y. Composition et Imprimerie).

TYPOWIÉTRIE (Techn.). Art de composer avec des filets découpés et contournés et des caractères mobiles des dessins, des plans, des cartes géographiques, etc., qui sont imprimés typographiquement. La typométrie fut inventée par Preuschen, et perfectionnée par Haas et Firmin Didot (Y. ces noms). Elle est surtout appelée à rendre de grands services dans la composition des ouvrages chinois, en raison de l'énorme quantité de caractères que ce travail nécessite.

TYPOTÉLÉGRAPHIE (Techn.) (Y. Télégraphe).

TYPOTHERIUM (Paléont.). Genre de Mammifères Ongulés fossiles, type du sous-ordre des Typotheria qui comprend des Ongulés très primitifs, plantigrades, à cinq doigts aux pattes antérieures, à cinq ou quatre doigts aux postérieures. La dentition est ordinairement complète, mais avec des canines rudimentaires ou nulles ; les incisives cultriformes, les supérieures médianes conformées comme celles des Rongeurs; les molaires prismatiques, hautes, dépourvues de racines. Il existe des clavicules. Le fémur porte un troisième trochanter. La taille était moyenne ou petite, le régime herbivore. Ces animaux ont vécu, de l'éocène au pliocène, dans l'Amérique du Sud. Ils présentent des rapports multiples avec les Rongeurs, les Damans et les Toxodontes (Y. ces mots). Les plus anciens (P?^o typotherium, Interatherium, Icochilus) avaient une série ^dentaire complète. Les plus récents (Paehyraucos, Typoihermm) sont dépourvus de canines et ressemblent aux Rongeurs sous ce rapport. Le Typotherium cristatum, type du genre, était un animal de la taille d'un porc ou d'un petit ours. Les pattes postérieures n'avaient que quatre doigts terminés par de petits sabots rappelant ceux des Damans. Il est du pliocène de r Argentine,,

TYR [Tyrus gréco-latin, Sor hébreu, mot signifiant soit rocher, soit source). La plus illustre ville de Phénicie, dont les ruines occupées par le village de Sour se voient à 8 kil. S. de l'embouchure du Nahr-el-Litani (Leontes); 6.000 hab. D'anciennes légendes, rapportées par Hérodote et par Strabon, rattachent l'origine de Tyr et de sa voisine Aradus à la mer Erythrée, le golfe Per-

si que à l'île de Bahreïn d'aujourd'hui, jadis Tylos. La digue construite par Alexandre s'est élargie et a fait de l'ancienne île du nouveau Tyr la pointe d'une presqu'île : la digue forme aujourd'hui une large dune de sable. La mer a envahi l'île, et une grande partie de l'ancien Tyr est submergée dans la Méditerranée; le commerce "de l'ancien Tyr est passé à Beyrouth. Dans les derniers temps, la ville ruinée de Sour a été explorée; Bismarck y envoya en 1874 une mission sous Mill. Sepp et Prutz, qui ont élucidé la question soulevée au sujet de la tombe de l'empereur Frédéric I^^ Barberousse, qui passe pour avoir été enterré, en 1190, dans la cathédrale de Tyr. Il est douteux néanmoins que les ruines d'une église représentent les restes de cette cathédrale.

La ville de Tyr était une colonie de Sidon, mais son origine se perd dans une antiquité très reculée. Hérodote (II, 40) l'apprit par les prêtres qui estimaient l'âge de leur sanctuaire de Melcart, l'Hercule phénicien, à 2.300 ans. L'ancienne ville était située sur le continent, et s'appelait le Vieux-Tyr, Palaetyrus, mais plus tard l'esprit commercial et maritime des habitants les conduisit à une île située à 15 stades (3 kil.) dans la mer. Au N. était le port dit sidonien, au S. le port dit égyptien. Ils entourèrent cette Ile d'un mur de 50 coudées de hauteur, y construisirent des temples et des ports, et envoyèrent leurs flottes marchandes jusqu'aux confins du monde connu, en dehors des colonnes d'Hercule, en Espagne, où ils fondèrent Gadès, jusqu'aux côtes des Gaules et de Bretagne.

Les Tyriens eurent un rôle dirigeant en Phénicie, à l'époque contemporaine de la Grèce historique (cf. Colonisation et Commerce). On disait qu'ils avaient inventé l'art de naviguer la nuit, en se dirigeant par les étoiles, la teinture du pourpre et le verre, perfectionné la construction des navires au long cours. Aussi Tyr devint bientôt le premier centre mercantile ^de la Méditerranée, et do grandes richesses s'y accumulèrent. Les arts industriels y furent cultivés, surtout l'architecture et la sculpture. En même temps, les Tyriens envoyèrent des colonies aux contrées du lointain Occident : la principale fut Carthage (Y. ce mot).

La constitution était monarchique dès l'origine. Nous ignorons les noms des rois les plus anciens ; une liste transcrite par Josèpbe indique les noms et les dates suivants :

Av. J.-C.

Fondation légendaire du Yieux-Tyr, vers .... 2800

Fondation du Nouveau-Tyr 1248

lliram P^

Abibaal ....

Hiram II, fils d'Abibaal, édificateur du temple

salomonien 1026-992

Baleazor, fils de Hiram H 992-975

Abdastartus, fils de Baleazor 975-966

Methuastartus, fils de Delaeastartus, nourricier et meurtrier d'Abdastartus 966-9o4

Astaryemus, frère de Methuastartus 954-945

Phélès, frère de Methuastartus 944

Ithobal, prêtre d'Astaste, beau-père d'Achab . 944^912

Bale(a)zor, fils d'Ithobaal 912-906

Mutten (Mulgen), fils de Bale(a)zor 906-977

Pygmahon (Pum-yathon), fils de Baleazor. 877-830

Dans l'an 7 de Pygmalion, Didon fonda Carthage (869). A partir de ce moment, pendant près de deux siècles, les noms des rois de Tyr sont inconnus, sauf de rares mentions faites par les textes cunéiformes, et Tyr paraît avoir été gouverné par les rois de Sidon. Nous savons que la ville fut assiégée par le roi d'Assyrie Salmanasar, et plusieurs autres rois de Ninive l'attaquèrent, surtout Sennachérib, Assarhaddon et Sardanapale, qui fit tributaire le roi Baal vers 665. Puis viennent les rois suivants :

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