TYR — TYRAN
Av. J.-C.
Ithobaal 633~599
Baal? 609-599
Ecnibal, Chelbès, Abarrus, Mytbonus, Gérastratus, Balator 599-97
Merbal 597-592
Hiram. 592-572
Immédiatement après la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor vint mettre le siège devant Tyr et le continua pendant treize ans. Nous ne savons pas au juste s'il eut raison de la ville phénicienne ; en tout cas, ce ne peut être que du Vieux-Tyr, situé sur la terre ferme. La ville insulaire semble avoir résisté, ainsi qu'elle avait bravé Salmanasar. Les lamentations du prophète Ezéchiel rendent néanmoins compte de la grande jalousie et de Fenvie implacable que la richesse, l'orgueil et le luxe des Tyriens avaient attirées sur leur ville; sous les rois perses ,Tyr avait gardé toute sa supériorité maritime et commerciale, sa culture littéraire et artistique, comme la confiance en sa position imprenable.
Ce fut Alexandre qui ruina la grande cité insulaire lorsque, après la bataille d'Issus (332), Tyr refusa de se
soumettre à sa domination. Il détruisit le Vieux-Tyr, et de ses matériaux il construisit une digue de 15 stades par laquelle il put neutraliser la position maritime, assaillir ses remparts élevés et s'emparer de la ville insulaire après un siège de sept mois. Il imposa à la ville le gouvernement d'un jardinier de sang royal, nommé Abdalonymns. Une longue résistance fut néanmoins opposée par la garnison égyptienne, en 305, à Antigonequi ne la prit qu'au bout de treize mois. Devenue syrienne, elle eut une espèce d'autonomie, fonda comme toutes les autres cités une ère spéciale, en 126 av.
J.-C, et fut attaquée en 40 av. J.-C. par le roi parthePacorus.Les Romains, devenus maîtres de la Phénicie, favorisèrent Tyr à cause de son commerce étendu, et surtout à cause de la fabrication toujours florissante du pourpre et de la verrerie. Alexandre Sévère lui conféra les droits latins d'une colonie romaine. De bonne heure, Tyr posséda une communauté chrétienne. En 335, un concile fut tenu à Tyr. La ville tomba aux mains des Arabes en 638.
Succcessivement gouvernée par les khalifes, les sultans d'Alep, les sultans d'Egypte l'avaient occupée en 1089. Le roi de Jérusalem, Baudouin P^, l'assiégea, sans succès, du 29 nov. 1111 jusqu'au mois d'avr. 1112 ; Baudouin II la prit le 27 juin 1124. Tyr devint une ville chrétienne et le siège d'un comté et d'un archevêché dont dépendaient treize évêchés; Guillaume de Tyr, l'historien des croisades, occupa ce siège. Après deux sièges infructueux (1187 et 1188), Saladin reprit Tyr en 1191. Depuis Sélim I®^, Tyr devint une possession turque, et tomba complètement. J. Oppert.
BiBL. : pLENGSTENBERG,De vebus Tyriorum. — Prutz,
Fragment d'une mosaïque trouvée près de Tyr (Musée du Louvre).
Ans Phônicien ; Leipzig, 1876.— Du môme, Kaiser Friedrich I Grabstàtte; Dantzig, 1879. ~ Sepp, Meerfahrtnach Tyrus ; Leipzig, 1879.
TYR (Myth. scandin.), fils d'Odin et d'une géante, dieu de la guerre et le plus courageux de tous les Ases. Il a perdu sa main droite en luttant avec le loup Fenris. Le nom de Tyr correspond au sanscrit : Dydus, au grec Zeus, au latin ./w-piter, au v. haut ail. Zm. C'est de là que vient le nom de mardi dans les langues germaniques : m.hautall.Zz^ste, angl. Tuesday, v. nor. Tysdagr, etc.
TYRAN, TYRANNIE (Hist. anc). D'une manière générale, les Grecs donnaient le nom de tyrans (tupavvoi) aux chefs d'Etats ou de cités qui tenaient leur pouvoir, non de l'hérédité ou du jeu normal des institutions, mais d'un acte de violence, et qui l'exerçaient sans limite ni responsabilité. Deux périodes doivent être distinguées dans l'histoire de la tyrannie en Grèce. La première de ces périodes correspond à peu près au vu® et au vi® siècle av. J.-C. Les tyrans de cette époque furent presque partout, dans la Grèce propre et dans les colonies, des chefs populaires qui mirent fin à la puissance de l'oligarchie : soutenus par la foule, qui souffrait depuis longtemps du despotisme et de l'avidité des familles riches, ils s'emparèrent du pouvoir par surprise: tels furent Cypselus à Corinthe, Théagène à Mégare, Orthagoras et Clisthènes à Sicyone, Pisistrale à Athènes, Poly craie kSaimos, PlialariskAgrigente, Gélon à Syracuse (V. tous ces noms). Ces tyrans furent presque tous « des hommes doués de qualités brillantes, qui furent estimés de leurs contemporains, non seulement parce qu'ils pratiquèrent une politique modérée, mais aussi parce qu'ils firent preuve d'un véritable dévouement au bien public, d'un zèle éclairé pour Tordre et les bonnes mœurs, et parce que souvent ils encouragèrent vivement les lettres et les arts » (Schoemann).'Plus tard, au IV® siècle, d'autres tyrans soumirent à leur autorité certaines villes de la Grèce et surtout de la Sicile ; ils profitèrent de l'anarchie dans laquelle était tombé le gouvernement de ces villes ; leur pouvoir s'appuyait le plus souvent sur des armées ou des bandes de mercenaires ; tels furent Jason de Plières enThessalie, Denys de Syracuse, et, au m® siècle. Nabis de Sparte (V. ces noms). Ces tyrans furent souvent des despotes odieux et cruels : de là vint le sens général quelemot Tupavvo; prit alors dans la langue grecque et dont a hérité le mot français tyran. J. Toutain.
BiBL. : ScHŒMANN, AntiquHés "^grecques, trad. fr. ; Paris, 1884.
TYRAN (Ornith.). Genre de Passereaux dentirostres, type d'une importante famille, voisine des Gobe- Mouches (V. ce mot) et dont tous les représentants sont propres à l'Amérique. Le genre Tyrannus est caractérisé par un bec de la longueur de la tête, déprimé à la base et terminé en crochet, avec l'arête supérieure presque droite, la commissure garnie de longs poils dirigés en avant. Les narines basales sont en partie cachées par les plumes. Les ailes sont assez longues, la queue médiocre, échancrée. Les tarses sont courts, scutellés, ainsi que les doigts dont l'interne est soudé à sa base ; le pouce est fort et les ongles courts, pointus. Ces oiseaux, plus robustes que les Gobe-Mouches, vivent dans les plaines buissonneuses et se nourrissent d'insectes; ils sont criards, batailleurs, attaquant même les oiseaux de proie qui s'approchent de leur nid. Ils émigrent à la recherche des insectes dont ils font une grande consommation. Le Tyran de la Caroline {Tyrannus carolinensis) est d'un gris foncé, varié d'orangé et de blanc. C'est une des espèces qui s'avancent le plus vers le Nord, jusque dans le S. des Etats-Unis. D'autres habitent le Mexique, les Antilles et l'Amérique méridionale. Les genres 31ilvulus, Pyrocephalus, Myio- Mus y Muscivora, Megarhynchus sont des démembrements du genre Tyran et ont les mêmes mœurs. Le Muscivora coronata ou Roi des Gobe-Mouches, qui habite la Guyane, est remarquable par sa huppe étalée transversalement en forme d'éventail. D'autres genres tels quElainia, Platyrhynchus, Tœnioptera, Attila^ etc.,