‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 286 sur 633 · TYRAN - TYROLIENNE · texte numérisé non relu

TYRAN - TYROLIENNE

sont devenus le type de sous-familles distinctes, toutes propres à l'Amérique chaude. E. Trouessart.

TYRANNIE (Hist.) (V. Tyran).

TYRISCONIANCIE (Divin.) (V. Divination).

TYRITE (Miner.) (V. Fergusonite).

TYRNAU (V. Nagy-Szombat).

TYROGLYPHE (Zool.). Genre d'Acariens de la famille des Sarcopiidés (V. ce mot), dans laquelle il est le type d'une sous-famille {Tyroglyphinœ), désignée aussi sous le nom de Sarcoptidés détriticoles (Mégnin), en raison des habitudes spéciales à ce groupe. Il est caractérisé par la présence, dans les deux sexes, de deux paires de ventouses génitales, en outre de la paire de ventouses copu-

latrices propre au mâle et qui n'est pas constante; les pattes sont terminées par un ongle et une caroncule vésiculeusesessile, ou seulement par l'un ou l'autre de ces organes. Le corps est bombé, ovoïde, et non aplati comme chez les Sarcoptidés parasites. Tous vivent librement, à l'âge adulte, dans les matières organiques liquides ou solides en décomposition, et prospèrentsurtoutdans un milieu humide ; si ce milieu se dessèche, les adultes périssent, mais les jeunes se transforment en Nymphes hypopiales ou Hypopes (V. ce mot), s'attachent aux animaux qui passent à leur portée, et sont ainsi transportés dans un milieu plus favorable, où ils reprennent leur forme normale. Le genre Tyroglyphe (Tyroglyphus) est caractérisé par ses tarses munis d'une caroncule sessile et d'un ongle robuste qui dépasse la caroncule ; les mâles ont des ventouses copulatrices et ne présentent pas de dimorphisme. Le Tyroglyphe ciron (T. siro) est un des Acariens du fromage ; il pullule aussi dans la farine avariée par l'humidité et dans presque toutes les substances conservées chez les épiciers et les droguistes, même dans le cirage. Le

Animé ^

Tyroglyphe {Carpoglyphus passularum) femelle (très grossi).

Tyroglyphus entomophagus détruit les collections d'Insectes et vit avec le précédent dans la farine et beaucoup d'autres substances, où l'on trouve encore d'autres espèces. Le genre Rhizoglyphus renferme des espèces trapues, robustes, à mâles dimorphes, à ongles forts, sans caroncules. Rh. spinitarsus se trouve sur les bulbes d'oignons et d'autres plantes altérées par l'humidité, sur les champignons en décomposition et les racines des plantes. Le genre Hyadesia renferme des espèces à ongles énormes qui vivent sur les algues jetées par la mer le long des plages maritimes. Le genre Aleurobius présente, chez le mâle, une première paire de pattes très développée et munie d'un éperon. L'A. farinœ vit dans la farine avariée, le tabac, le fromage, les cadavres, etc. Il peut produire une éruption cutanée sur les ouvriers qui manient les sacs de farine (Moniez). Le genre Eistiogaster 2. y'àM(im%\\ terminé, chez le mâle, par des appendices foliacés. Une espèce originaire de l'Inde {E. spermaUcus) a été trouvée en colonie nombreuse, dans un kyste du testicule, chez un homme revenant de ce pays (Trouessart). Le genre Carpoglyphus a pour type le Garp. passularum qui vit sur les raisins secs et d'autres fruits conservés et se trouve aussi dans les vins sucrés du Midi, fabriqués souvent à l'aide de raisins secs. Pour les autres genres de cette sousfamille, V. Glyciphage. e. Trouessart.

TYROL (Géogr.) (V. Tirol).

TYROLIEN (GéoL). Nom donné par de Lapparent à l'ensemble des étages ladinien et carnien (V. Trias).

TYROLIENNE. Nom donné en France à des chansons des montagnards du Tirol (à tort écrit Tyrol). Ces chants, de caractère tout particulier, sont désignés par les habitants de la contrée où ils sont populaires par l'appellation de Schœdahipfln (ail. Schatterhûpfeln), mot composé qui pourrait se traduire « Danse de babillage ». Une partie de la mélodie est dénommée Dudeln, verbe qui signifie à la fois « fredonner » et « bredouiller ». Ces divers termes indiquent clairement que la tyrolienne est un chant vif et plein de volubilité. Elle est formée essentiellement d'un air à trois temps dans le mouvement de la valse allemande ; mais la tyrolienne se distingue de la valse et du Idndler, d'abord par le fait qu'elle est chantée et non jouée par les instruments, ensuite par la forme particulière du dessin vocal, lequel embrasse une échelle très étendue, de telle sorte que le chanteur passe à tout instant, avec de grands écarts, du médium de la voix de poitrine aux notes les plus aiguës du fausset. Les paroles de ces chansons sont généralement de simples petits couplets de quatre vers, le plus souvent isolés, et dont les paroles, en dialecte local, sont de caractère soit sentimental, soit satirique. L'exemple suivant donnera une idée du genre de la tyrolienne :

P=S^Qn iffr=^!gr^^ ip^r^^

Afn Sun-ndâh is Kiar-dâh, Wâs wûll main Schâz hâ - b'n 'l A

rit:-

zim - darod's

.; ^Tr^i,Trr;iMiijiiirf^yrri

Lai-bal, An'n Schniaream an'n bliib'n ; An'n blib n und an'n blâb'n, a Kadâ-na-nas

êMff

Lai - bal ; Main Sciriâz liâd a Ilearzal Als wia - ra Duard'ldai

bal.

TYROLIENNE — TYRRHENIENNE

Quelquefois la phrase chantée sur des paroles est suivie d'une sorte de refrain vocalisé : cette partie de la chanson est celle que l'on nomme Dudeln. Dans ce cas,

Lentement

le chant principal peut être d'un mouvement plus lent, le mouvement habituel de la tyrolienne étant repris au refrain. Ex. :

Oan Schwâlb'n mâcht Roan'n Suma, De Diar mâcht ned's Haus; Und's

Animé

an-b'schât fni Dearn - dal, Des blaidt ma ned aus ! Dudeln :

Plusieurs musiciens ont composé des tyroliennes à l'imitation de ces chansons populaires. Citons, parmi les morceaux les plus célèbres de ce genre, la tyrolienne : « Toi que l'oiseau ne suivrait pas », placée par Rossini dans Guillaume Tell, bien que l'action de cet opéra ne se passe pas dans le Tirol. Julien Tiersot.

TYROLITE (Miner.) (V. Euchroïte).

TYROMANCIE (Divin.) (V. Divination).

TYRONË. Comté d'Irlande, prov. d'Ulster, au S. de

celui de Londonderry; 3.263 kil. q.; 474.400 hab. en

4894, dont 54 "/o catholiques ; la population a décru de

45 % depuis 484i. Al'O. du comté, on trouve la plaine

d'Omagh et les collines de Dooish (338 m.), MuUagh-

carn (542 m.); au N., les monts Sperrin (683 m.); àl'Ë.,

s'étend une plaine fertile ; la principale rivière est le

Foyle. Le ch.-l. est Omagh (4.039 hab.), principal

marché des produits agricoles (avoine, pommes de terre,

bœufs, moutons).

TVDnciMc F i Equiv C^W^AzO^

TYROSINE. Form. \ ^l^ mi^^AzBK

La tyrosine se rencontre à côté de la leucine dans les produits formés par la décomposition de la plupart des matières azotées animales. Elle existe dans la rate, le foie, Turine ; on Fa trouvée encore, mais en petite quantité, dans les graines germées des cucurbitacées et dans les mélasses de betteraves. C'est Liebig qui l'a découverte en 4846 ; il l'obtenait par l'action de la potasse fondue sur la caséine. On a décrit depuis plusieurs procédés permettant de l'obtenir par l'action de l'acide sulfurique sur la corne ; celui de Stœdeler donne un bon rendement. On fait bouillir pendant une quinzaine d'heures dans une chaudière en cuivre un mélange de corne et d'acide sulfurique. Puis on rend la liqueur alcaline avec un lait de chaux et on filtre ; le liquide fdtré laisse déposer de l'hydrate de cuivre provenant de la chaudière. On évapore la solution, on la neutralise par l'acide sulfurique et on la laisse reposer : il se forme un abondant dépôt de sulfate de calcium et de tyrosine.

La tyrosine cristallise de sa solution aqueuse ou de sa solution ammoniacale en fines aiguilles blanches et soyeuses . Elle se dissout dans 450 parties d'eau bouillante ; elle est beaucoup moins soluble dans l'eau froide et ne se dissout qu'en quantité très faible dans l'alcool.

Au point de vue chimique, la tyrosine est un composé aromatique possédant une fonction phénol, une fonction aminé et une fonction acide. Etant un acide amidé, elle se dissout à la fois dans les acides et dans les bases pour donner deux séries de sels : la première série résultant de la neutralisation de la fonction aminé par un acide ; la

deuxième, de la neutralisation d'une base par la fonction acide de la tyrosine. A la première série appartiennent le chlorhydrate, l'azotate, le sulfate de tyrosine. En mélangeant une dissolution de chlorhydrate de tyrosine avec une solution de chlorure de platine et abandonnant la liqueur dans le vide pendant plusieurs mois, on obtient le chlorure double de platine et de tyrosine, en petits cristaux très déliquescents. Les sels de la deuxième série peuvent s'obtenir par Faction de la tyrosine, non seulement sur les bases, mais encore sur certains sels d'acide faible. C'est ainsi que la tyrosine chasse à FébullitionFacide carbonique des carbonates de calcium et de baryum, en donnant les sels correspondants. Les sels d'argent qui sont au nombre de deux s'obtiennent en mélangeant une solution d'azotate d'argent à une solution saturée de tyrosine dans l'ammoniaque ; il se produit un premier précipité amorphe qui est le sel C^^H^AzOS^AgO -+- 2H0 ; par addition d'acide acétique, il se produit un second précipité, cristallin, cette fois, c'est le sel C^^H^AzO^,AgO,HO.

La tyrosine peut aussi donner des dérivés de substitution. Le dibromotyrosine C^^H^Br^AzO^ est un dérivé brome de la tyrosine : quand on fait passer de la vapeur de brome sur de la tyrosine, il se produit du bromhydrate de dibromotyrosine qui perd à l'ébuUition son acide bromhydrique et laisse déposer par refroidissement le dibromotyrosine. Le dérivé nitré de la tyrosine, qu'on appelle la nitrotyrosineC^^H^AzO^AzO^, s'obtient en ajoutant goutte à goutte de l'acide azotique à une solution aqueuse de tyrosine : la liqueur se colore en jaune et laisse déposer au bout de quelques heures une poudre cristalline jaune d'azotate de nitrotyrosine d'où on peut tirer la nitrotyrosine.

La synthèse de la tyrosine a été faite à partir de la paramidophénylalanine. Cette synthèse met hors de doute l'existence dans la tyrosine d'une fonction phénol et d'une fonction acide amidé. A. Bouzât.

TYRRHENIENNE (Mer) (lat. Mare Tyrrheniim, Tuscum, appelée aussi inferum, par opposition à l'Adriatique, internum ou simplement nostrum, itaL Tirreno). Partie de la mer Méditerranée située à FO. de la péninsule d'Italie, et bornée au S. par la Sicile, à FO. par les îles de Sardaigne et de Corse, au N. par Fîle d'Elbe et le promontoire de Piombino; elle a 660 kil. du N. au S., entre l'Ile d'Elbe et la Sicile, et 445 kil. de FE. à FO., entre Castellamare (golfe de Naples) et le cap Carbonara (Sardaigne) ; sur ce trajet sont les plus grandes profondeurs (3.734 m.); au N. entre la Corse et la Toscane, elles n'atteignent que 4.572 m.; le détroit de Messine (3.450 m. de large) joint la mer Tyrrhénienne à la mer Ionienne; le canal de Piombino (40 kil.) et celui de Bastia

TYRRHENIENNE — TZACONIE

(55 kil.) la joignent à la mer de Ligurie ; avec le bassin occidental de la Méditerranée, elle communique par les bouches de Bonifacio et surtout par l'ouverture de ^250 kil. entre la Sardaigne et la Sicile. Pour la description des rivages, V. Italie, Corse, etc. La mer Tyrrhénienne est un centre d'activité volcanique et renferme nombre de petites îles de cette formation : au N., les îles toscanes de Pranosa, Formiche, Montecristo, Giannutri, Giglio; au centre, vis-à-vis du Latium et du golfe de Gaëte, les îles Pontines ; devant le golfe de Naples, Iscliia, Procida et Gap ri ; au S., entre celles-ci et la Sicile, les îles Eoliennes ou Lipari; plus à PO., Ustica et, dépendant de la Sicile, les îles iEgades.

TYRRHÉNIENS (Géogr. anc.) (V. Etrurie et Italie).

TYRTÉE (TupTaToç), célèbre lyrique grec de la seconde moitié du vii^ siècle avant notre ère. Attique de naissance (du dème d'Aphidnae. V. Strabon, VIII, 362), il fut surtout, comme son devancier Callinos, un poète élégiaque d'inspiration martiale, dont le nom est entouré de fables singulières (V. Em. Burnouf, Hist. de la littérature grecque; Paris, t. I, p. 440; 2^ éd., 1885, in-12, critiqué par Alf. Croiset, Hist. de la littéral, grecque, Paris, 1890, t. Il, p. 103). Maître d'école ou d'écriture (ypafjLfjLaxtcyirJç OU SiSaaj^aXoç Ypa[jL(xai:cov) dans sa cité natale, boiteux, contrefait et réputé faible d'esprit, il fut, contait une vieille légende accréditée sans doute par quelque auteur comique, envoyé dérisoirement par les Athéniens aux Spartiates qui, découragés par leurs revers lors de la deuxième guerre messénienne (645-628), avaient reçu de Foracle delphique l'ordre de demander un conseiller (<3u[x6ouXoç) à leurs rivaux d'hégémonie. Devenu donc citoyen par adoption de la république lacédémonienne (Platon, Lois, I, 629 A), Tyrtée commença par la pacifier, par y restaurer la concorde; puis, pourvu d'un commandement militaire, virilement il « conduit la guerre » victorieuse dont il perpétue le souvenir dans ses hymnes. Les poèmes qui subsistaient sous son nom étaient de deux sortes. Les uns, oii l'ionien domine, pleins d'utiles préceptes, animés par le respect de la religion et des aïeux, sont des élégies intitulées par les anciens Eunomie (Euvo- [j.{a, c.-à-d. : éloge du bon ordre et de la loi) : il n'en reste guère plus de cent vers, cités par Strabon (VIII, p. 362), Diodore de Sicile (VIIÏ, d4, 5), Pausanias (IV, 6, 2), l orateur Lycurgue, Stobée, etc. Le souffle n'a rien de mythologique; les conseils pratiques abondent, énoncés en un ferme et patriotique langage, à la fois éloquent et simple : partout un pressant appel à la vertu, un saisissant contraste entre la vaillance et la lâcheté. L'autre groupe renferme des chants belliqueux écrits en un dialecte dorien littéraire, un peu artificiel, et accompagnés par la flûte (aùXoç) : on les désignait du terme technique d'l(x6aT4p^a (chansons de marche à r ennemi, ou plutôt airs pour charger), et on les entonnait avant l'attaque. C'était la Marseillaise du temps. Le mètre, anapestique (uo — ), est d'allure rapide et nettement scandée. Le style, naïf, peu varié, sent l'improvisation et ne cherche pas à éviter les redites. Il peint le bon hoplite « bien campé sur ses jarrets, rivé au sol, mordant sa lèvre » ; le vaincu dénué de tout, abreuvé d'infamie, réduit à mendier, errant, vagabond et misérable; le déserteur chargé d'ignominie, etc. Longtemps après sa mort, les Lacédémoniens continuèrent à chanter les hymnes entraînants de celui que Léonidas déclarait propre à charmer et élever les âmes adolescentes; ils furent, ainsi que les épopées homériques et hésiodiques, propagés par la tradition orale à travers l'Hellade entière et recueillis à l'époque de Pisistrate. Lycurgue les vantait, et les éphèbes du siècle de Périclès les apprenaient encore par cœur, comme un catéchisme populaire de courage. On trouve les fragments de Tyrtée imprimés avec les Gnomiques dans les recueils de Schneidewin et de Bergk, et publiés à part avec un commentaire par Klotz (Altenbourg, 1707) et par Bach (Leipzig, 1831). V. Glaciiant.

BiBL. : Matthi-e, De Tyrtsei carminibus; Altenbourg,

1820, in-l. ~ Nie. Bach, Ueber Tyrtoeos u. s. Gedichte; Breslau, 1838, in-4, progr. — Hoelbe, De Tyrtœi patina; Dresde, 1864, progr. — Le livre de H, Weijl, Etudes sur l'antiquité grecque, Paris, 1900, pp. 193 et suiv., in-12, contient un intéressant chapitre sur les élégies de Tyrtée, leur authenticité, leur âge, réplique aux articles subversifs de Verrait et de Schw^artz, qui contestent, l'un la date traditionnelle, l'autre l'existence même du poète. Traductions en prose française par Hautôme (1826), par Leconte de LiSLE (dans le même volume qu'HÉsiODE; Paris, 1869).

TYSZKIEWICZ (Eustache, comte), archéologue polonais^, né à Lohojsk le 6 sept. 1814, mort à Vilna en 1873. Il s'adonna de bonne heure à l'archéologie, fit des voyages d'études en Europe, et, de retour en Lithuanie, fonda à Vilna le Musée archéologique. De plus, il y organisa la commission archéologique. Membre de l'Académie et de différentes sociétés littéraires et scientifiques, doué, en outre, d'un caractère très aimable, il exerça une grande influence sur les esprits de sesj compatriotes et contribua considérablement à l'essor des sciences archéologiques en Pologne. Malheureusement, après l'insurrection de 1863, son musée fut fermé par le gouvernement, et la plupart des richesses y contenues se trouvent maintenant dispersées à Moscou, à Kiev et dans les autres villes russes.

Il a laissé de nombreux écrits dont les principaux sont : Aperçu des sources de Varchéologie polonaise (Vilna, 1842) ; Description du district de Borysôv (Vilna, 1847); Recherches archéologiques (Vilna, 1850); Wilia et ses bords (Dresde, 1871). D^' V. Bugiel.

TZACONIE. Le petit pays appelé aujourd'hui Tzaconie (anc. Cynurie), qui s'étend sur la côte orientale du Péloponèse, entre le mont Malévo et la mer, depuis l'escale de Haghios Andréas au N. jusqu'au petit port de Lénidhi au S. , comprend une douzaine de villages dont les liabitants (9.000 environ) parlent une langue digne d'intérêt à tous égards; c'est un dialecte du grec moderne, mais qui remonte à une haute antiquité, puisqu'il est, selon toute vraisemblance, un rejeton direct de l'ancien laconien (V. ce mot). Signalé à l'attention déjà au xv® siècle par le Grec Mazaris, au xvi^ siècle par Stephan Gerlach, plus tard encore par Villoison, il fut étudié d'abord par Thiersch, puis par Deville, par le prêtre tzaconien Ikonomos, et enfin par Deffner. Récemment Hubert Pernot, au cours d'une mission en Tzaconie, recueillit d'importantes observations sur le dialecte, dont quelques-unes seulement oat été publiées. Ce dialecte, qui se subdivise en deux variétés, parlées, l'une sur les pentes du Malévo dans les villages de Kastanitza et de Sitaina, l'autre à Lénidhi et dans le reste du pays, est tellement différent de la langue grecque moderne, qu'il est impossible d'en noter ici tous les caractères; nous en indiquons seulement les plus saillants. Le X disparaît devant a et o : ya (de yaa pour yàXa), xaou (xaXw) ; p devient v devant dentale : avis (apio?) ; y remplace [/, devant i : hi (£[i.i pour sÎ[jll) ; ax, xt sont représentés par xx, xi ; les finales oç, ov deviennent o après les labiales et les gutturales, ailleurs £ ; le ç final disparaît devant une consonne, et se change en p devant une voyelle; le p devant i a une prononciation que l'on ne peut figurer exactement et que l'on peut représenter par rj; de même il a un son analogue à ch après une dentale. Le trait le plus curieux de ce dialecte est peutêtre la manière dont il forme l'indicatif présent. Ce temps est composé du verbe éni (je suis) et du participe présent, qui est terminé par masc. ou, plur. ounde, fém. a [oila dans les verbes contractes), plur, ounde, neut. s. et pi. ounda, d'où il résulte que le genre est marqué comme le nombre et la personne. On a, par exemple, pour f écris (ypàtpo)), m. énigrdfou, f. énigrâfa^ n. éni grdfounda; au pluriel, m. f. émme grdf ounde, n. émme grdfounda. En outre, le participe se place aussi bien avant le verbe, et alors il se termine au masculin sing. et plur. par un ?% d'où, par exemple, pour /e vois (ôpw), oroùr éni, plur. oroûnder émme. La formation est analogue pour l'imparfait et pour le passif. Mondry Beàudouin.

BiBL. : Deville, Etude du dialecte tzaconien; Paris,

TZACONIE — TZSCHIRNER

1866. — Ikonomos, rpa[jL[jtaTtX7j ^7)5 Taaxwvix^ç StaXexTOU ; Athènes, 1870. — Deffner, Zahonische Grammatih ; Berlin, 1881.

TZAREV. Ville de Russie, gouv, et à 320 kil. N.~0. d'Astrakhan, sur la r. g. de f Akhtouba (bras du Volga); 7.000 hab. Elle est au voisinage des lieux où fut Saraï, résidence des khans du Kiptchak (V. Mongolie et Horde d'or) ; une quantité de Kourganes (V. ce mot) et tombes diverses, d'étangs artificiels, de canaux d'irrigation, de ruines de tout genre, attestent son ancienne grandeur. La \ille actuelle fut fondée en 1805.

TZARITZINE. Ville de Russie, chef-lieu de district, gouvernement et à 370 kil. S. deSaratov, sur la rive dr. de la basse Volga; 56.000 hab. L'histoire de Tzaritzine est assez obscure ; la première mention de la ville est faite dans des documents remontant à l'année 4589. C'était à cette époque un poste de Cosaques. Avant d'être définitivement incorporée à la Russie avec la région des Cosaques de la basse Volga, Tzaritzine subit les assauts des Kalmouks et des usurpateurs, notamment de S. Riazine (1667-69-70). Déjà, en 1691, laquantité de marchandises débarquées dans la ville (sel et poisson) fut assez considérable pour que l'administration de l'époque établît une douane sur le fleuve. De nos jours, Tzaritzine, reliée par deux voies ferrées aux principales villes du S. de la Russie, forme l'entrepôt commercial le plus considérable de la région de la basse Volga. Le bois est amené des gouvernements voisins (Ouf a, Perim, Viatka et Kostroma) pour être réparti sur toute la région S.-E..de la Russie. Les autres principaux articles qui ahmentent le commerce sont : le pétrole, le poisson, le sel, la laine. La ville compte Jl églises orthodoxes, 1 mosquée. Budget, 210.000 roubles. P. Lem.

TZARSKOÉ-Sélo. Ville de Russie, chef-lieu de district, gouvernement et à 23 kil. S. de Saint-Pétersbourg ; 22.000 hab., augmentés de 5.000 à 8.000 hab. durant la saison d'été. La ville occupe l'emplacement d'une ancienne métairie établie par Catherine F® dans le village Saari Mojs (haute métairie), d'où plus tard Saari, transformé dans la langue populaire en Tzarski ou Tzarskoé-Selo, village impérial. Les deux souveraines, Elisabeth et Catherine II, s'employèrent à la construction et à Tembelissement du château. Un second palais fut construit par les soins de Catherine II et Alexandre I^^ Ce dernier souverain baptisa officiellement la ville Tzarsko-Sélo (1808), qui devint, dès cette époque, la résidence d'été des familles impériales. La salubrité du lieu, sa position à environ 35 m. au-dessus du niveau de Saint-Pétersbourg, et surtout le choix fait par la famille impériale pour sa résidence, attirent une foule nombreuse à Tzarskoé-Sélo, qui est devenu ainsi l'un des endroits les plus pittoresques de la banlieue de Saint-Pétersbourg. En plus des deux grands palais impériaux auxquels sont annexés de vastes parcs

(670 hect.), la ville possède de nombreux jardins publics, des boulevards, le tout éclairé à l'électricité, des lacs artificiels, des villas somptueuses. Les parcs impériaux sont ornés de statues, de colonnes, de grilles artistiques. Les églises sont au nombre de dix, dont la première en date fut construite en bois, en 1716. Le premier chemin de fer russe fut construit sous Nicolas I^'',en 1838, pour réunir la résidence d'été à la capitale. P. Lest.

TZETZES (Jean), grammairien et poète byzantin, vivant à Constantinople au xii® siècle ap. J.-C. On possède parmi ses poésies, qui pèchent par le goût et la forme, les lliaca on Antehomerica, Eomerica et Posthomerica (1665), hexamètres publiés par Bekker à Berlin en 1816 et par Lehrs à Paris en 1840. On a encore de lui un certain nombre de'vers (12.675), mélanges de mythologie et d'histoire sous le titre de Ckiliades (publiés par Gerbel en 1546 et par Kiessling, à Leipzig, en 1826). Tzetzes a aussi laissé des lettres (publiées par Pressel en 1851), des scolies d'Homère, d'Hésiode, d'Aristophane et surtout de Lycophron (sur VAlexandra, scolies auxquelles son frère Isaac collabora).

BiBL. : Hart, De Tzetzarumnominevitis scriptis ; Leipzig, 1880. ^ ^

TZIMITZÈS (Jean), empereur d'Orient (V. Zimiscès).

TZNA. Rivière de Russie, affl. g. de la Mokcha, tributaire de rOka ; elle a 435 kil. de long dans un bassin de 20.650 kil. q. Née au S. du gouv. de Tambov, dont elle arrose le chef-lieu, elle devient navigable à Morchansk, reçoit la Kachma(g., 140 kil.), la Vycha (dr., 130 kil.). Elle traverse un pays riche en pâturages, en bois, céréales. — Une autre Tzna, longue de 130 kil., tributaire du lac Mstino (déversé dans le lac Ilmen par la Msta), naît à PO. de Tver et prête son cours inférieur à un canal qui, par Vychnii-Volotchek, relie la Meta (bassin de la Neva) à la Tvertza (bassin de la Volga).

TZSCHIRNER (Heinrich-Gottlieb), théologien allemand, né à Mithweida (Saxe) le 14 nov. 1778, mort à Leipzig le 17 fév. 1828. H devint professeur de théologie à V^ittemberg (1805), à Leipzig (1809), et fut un des représentants les plus distingués du rationalisme. Ses principaux ouvrages sont : Der Fall des Heidenihums (1829); Protestantismus u. Katholizismus aus dem Standpunkt der Politik{¥ éd., 1824); Das Fieaktionssyslemi^^ éd., 1825). Il a publié, en collaboration avec Staeudlin : Archiv fur alte u. neue KirchengescMclite; avec Staeudlin et Vater, Kirchenhistoriches Archiv; enfin, depuis 1822, il fut rédacteur du Magaùn fur Prediger,

BiBL. : Krug, Zschirner-Denkmal, oder hiirze CharakteristikTz. als Gelehrten, Kanzelredners u.Menschen; Leipzig, 1828. — Poelitz, Tz.,KurzerAbriss seiner Lebens u. Wirkens; Leipzig, 1828. ~ Tittmanii, Memoria Zschirneri ; Leipzig, 1829.

LA

GRANDE KNCVCLOPÊDIE. — XX^^I 36

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