‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 295 sur 633 · UNION — UNITAIRES · texte numérisé non relu

UNION — UNITAIRES

ou un autre supérieur légitime, et suivant les formes prescrites par les canons et les ordonnances du souverain. Tous les canonistes la déclarent odieuse, par nature, parce qu'elle diminue le nombre des ministères établis pour le service divin. En S2i Discipline (partie IV, livre II, ch. lxvi), Thomassin constate que les unions ont servi de prétexte pour éluder les ordonnances faites contre la pluralité des bénéfices. Comme les commendes, qui ont pareillement favorisé les détours de la cupidité et de l'ambition, on les divise en temporelles on personnelles et en perpétuelles ou réelles. — On admettait en France les unions perpétuelles faites en faveur de l'Eglise même ; mais, contrairement à la pratique italienne et aux réclamations des officiers de la cour de Rome, on prohibait les unions personnelles, qu'on pouvait mettre au nombre des réserves, absolument interdites dans le royaume. Toutes sortes de bénéfices pouvaient être unis; mais Funion était plus facilement permise pour les uns que pour les autres. — Régulièrement, le droit d'unir et d'éteindre les bénéfices n'appartient qu'au pape et aux évêques; les autres coUateurs ne pouvaient l'exercer, parce que l'union implique un pouvoir plus grand que la collation. Les évêcliés, les abbayes et généralement les bénéfices consistoriaux ne pouvaient être unis que par l'autorité du pape. Suivant les coutumes du royaume, cette union ne pouvait être opérée qu'avec le consentement du roi, accordé par lettres patentes, après information de commodo et incommodo, assignation et audience des parties intéressées. L'union des autres bénéfices, séculiers ou réguliers, appartenait à l'évêque. Toutefois, elle ne pouvait être accordée que par le roi, pour les bénéfices dont il avait la collation. — En conséquence de la nouvelle circonscription des diocèses faite par les concordats de 1801 et de 1817, plusieurs évêchés et archevêchés se trouvent unis ensemble. Ainsi l'archevêque de Lyon est en même temps archevêque de Vienne ; celui de Sens est aussi évêque d'Auxerre ; celui d'Aix est archevêque d'Arles et d'Embrun, etc. — Un arrêté du conseil d'Etat (14 juil. 18'24) statue qu'un évêque peut, sans abus, non seulement unir une cure au chapitre de son diocèse, mais aussi opérer cette union, du vivant du titulaire et malgré son opposition, en outre, ordonner que les fonctions curiales seront exercées par un vicaire amovible. Cet arrêté paraît contraire aux dispositions des Articles organiques sur l'inamovibilité des curés. E.-H. Vollet.

Union hypostatique. — On appelle ainsi l'union du Verbe divin à la nature humaine, en unité de personne, le mot grec hyposiase ûgm^dM une personne. Cette union est la communication de l'Etre divin à Thumanité, opérée de telle sorte que l'union de la nature humaine en Jésus- Christ ne constitue pas une personne humaine. En effet, la nature humaine en Jésus-Christ n'a pas de subsistance propre ; elle ne subsiste que par Thypostase ou la subsistance du Verbe divin. Les théologiens ont tiré de cette conception diverses conséquences, dont voici les principales : Quoiqu'il y ait en Jésus-Christ deuxnatures,iln'y a en lui qu'une seule personne, et celte personne est une personne divine. L'union des deux natures en cette seule personne n'est pas morale, mais vraiment physique et substantielle. Autrement, Jésus-Christ ne serait pas réellement Dieu. Elle est universelle^ parce que le Verbe divin a pris l'humanité en son entier, avec toutes ses portions essentielles, qui sont le corps et l'âme avec toutes ses puissances : entendement et volonté. Elle est indissoluble ; c'est pourquoi il est dit dans les Symboles : que le Fils de Dieu est descendu aux enfers, l'âme de Jésus- Christ étant restée unie au Verbe après la mort du corps ; et d'autre part, que le Fils de Dieu a été enseveH, parce que le Verbe n'a point cessé de demeurer uni au corps. Tout ce qui est dit de Jésus-Christ doit s'entendre de Jésus-Christ comme Dieu et de Jésus-Christ comme homme, en vertu de la Communication des idiomes (V. ce mot, t. Xn, p. 148). E.-H. V.

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