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UNITAIRES — UNITE

ièreiit leur opinion, en l'accommodant avec les formules

officielles.

En Angleterre, la propagation de la doctrine socinienne trouva un terrain préparé par plusieurs membres

de V Eglise des Etrangers et par Bernard Ochino, qui, pendant un séjour de sept années (4547-53), professa et fit accepter par des disciples recrutés dans les hautes classes des idées qui minaient les fondements de la doctrine trinitaire et qui ne cessèrent de se développer après son départ. Elles furent reprises par le pasteur espagnol Antonio Corrano et par l'architecte italien Jacobus Acontius, tous deux membres de l'Eglise des Etrangers . En son voyage en Angleterre, Lœlîo Sozzini (V. ce nom) exerça sur les adeptes de ces idées une action puissante, et, après son départ, il continua son œuvre de propagande, par l'intermédiaire des Anglais qui entrèrent en relations avec lui, à Genève ou à Zurich. D'autre part, dès 1605, les imprimeries d'Amsterdam et de Rakow expédiaient en Angleterre des écrits sociniens, dont les premiers exemplaires furent brûlés par le bourreau, mais dont l'introduction et la circulation ne purent être efficacement empêchées. Les antitrinitaires anglais, réfugiés en Hollande, poursuivirent de Rotterdam et de Franeker leur œuvre de prosélytisme. — En dehors des cercles lettrés, des conventicules réguliers furent tenus, à partir de 1644. Le zélateur le plus ardent et le plus persécuté fut John Riddle (né en 1615 à Wattes, mort en 1662), qui passa une grande partie de sa vie et mourut en prison. En 1647, ses écrits avaient été brûlés par le bourreau. Le 2 mai 1648, le Parlement, ordonnant la punition des blasphèmes et des hérésies, assimila la négation de la Trinité au crime d'hérésie et la punit de mort. Cette proscription fut atténuée, mais non supprimée, par VEdit de tolérance, publié en 1689, sous Guillaume III, qui exclut les unitaires, à titre de sociniens ; elle fut même ramenée à des mesures plus rigoureuses par un billde 1721, sous Georges P"". Cependant la doctrine obtenait auprès des esprits éclairés le respect que les lois lui refusaient. On compte Milton, Locke, Newton et d'autres hommes éminents comme y ayant implicitement adhéré. Ce mouvement fut secondé par le progrès général des idées et des mœurs vers la liberté de pensée. En 1778, un pasteur anglican, qui avait renoncé à des bénéfices opulents, pour obéir à sa conscience, Théophile Lindsay, inaugura à Londres la chapelle d'Essen-Street, où se réunissent aujourd'hui encore ses coreligionnaires. Trois ans après, un riche marchand, William Christie, fonda à Montrose la congrégation qui servit de noyau aux unitaires écossais. En 1813, une loi abolît toutes les dispositions édictées contre les unitaires. — Aujourd'hui (1901), ils forment plus de 300 congrégations en Angleterre et plus de 600 dans l'Amérique du Nord, moins importantes par le nombre des fidèles que par leur condition sociale et leur culture intellectuelle, et que par l'action et surtout l'influence qu'elles exercent au dehors. En Angleterre, les plus florissantes sont celles de Londres, de Liverpool, de Manchester, de Norwich, d'York qui possède le séminaire théologique. Leur centre de ralliement est Y Association unitaire britannique et étrangère^ constituée en 1822. Rapprochés par un lien purement religieux et moral, ils repoussent toute confession de foi, comme attentatoire à la liberté spirituelle. Ils s'intéressent à tous les événements accomplis sur le continentjdans l'ordre religieux, spécialement en ce qui concerne la réalisation des principes posés par leurs premiers docteurs. Parmi leurs ministres les plus célèbres, on cite Beard, William-Ellery Channing, J.-J. Tyler, James Martineau. E.-H. Vollet.

BiBL. : Martineau, les Trois premières Périodes de la théologie unitaire^ 1865. — Spears, Esquisses historiques des progrès de Vidée unitaire, 1876. — Bonet-Maury, les Origines du christianisme unitaire chez les Anglais, 1881.

UNITE. I. Philosophie. — La notion d'unité est une des plus importantes de l'esprit humain. Aristote la considérait comme inséparable de la notion d'être, et

c'était un axiome reçu dans l'école que l'être et l'unité sont équivalents l'un à l'autre : Ens et Unum unter se convertuntur. On en trou\^e une preuve dans ce passage d'une lettre de Leibniz à Arnauld : « Je tiens pour un axiome, dit Leibniz, cette proposition identique qui n'est diversifiée que par l'accent, savoir que ce qui n'est pas véritablement un être n'est pas non plus véritablement un être. On a toujours cru que l'un et l'être sont des choses réciproques. »

Si l'on se place à ce point de vue objectif de la métaphysique ancienne, l'unité peut être considérée comme propriété inhérente à l'être même. Cependant, comme l'expérience nous montre partout une multiplicité de parties et de relations qui semble aller à l'infini, l'esprit ne peut s'empêcher de se poser ce problème : « Comment l'unité peut-elle se concilier avec la multiplicité dans la réalité des choses ? » Et ce problème est justement celui que la philosophie ancienne semble s'être surtout proposé de résoudre. On sait comment, parmi les premières écoles de philosophie grecques, les unes, comme celles des Ioniens, plaçaient le principe de l'Etre dans Tunitéd'une substance relativement indéterminée, amorphe, eau, air ou feu, dont les actions et les modifications successives produisent et constituent l'infinie multiplicité des êtres et des phénomènes de la nature ; les autres, comme celle de Leucippe et de Démocrite, plaçaient au contraire ce principe dans une pluralité d'éléments, en nombre infini, mais dont chacun cependant était conçu comme étant en soi une unité absolue et indivisible, l'atome ; d'autres enfin, comme l'école d'Elée, supprimant entièrement l'un des deux termes, posait l'unité seule, à l'exclusion de toute multiplicité, comme la seule réalité véritable. Mais de cette opposition même des doctrines résultait nettement la distinction des deux aspects ou des deux formes de l'unité, d'une part, l'unité élémentaire, qui est l'unité de l'élément ou de la partie, celle qui est l'objet de l'analyse et que notre esprit conçoit nécessairement au fond de toute multiplicité, celle dont Leibniz disait : « R faut bien qu'il y ait des substances simples, puisqu'il y a des composés; car le composé n'est rien autre chose qu'un amas ou aggregatum de simples » ; d'autre part, l'unité totale, l'unité du tout ou de l'ensemble, celle qui est l'objet de la synthèse et que notre esprit impose nécessairement comme forme à toute multiphcité, celle que Platon attribuait à ses idées et qu'il définissait l'un dans le multiple, s'v kizi TzoXkok. Le type de la première est évidemment l'unité numérique, et l'on peut donner, ce semble, l'unité organique comme type de la seconde. En tout cas, ce sont deux recherches métaphysiques bien distinctes que celles qui se proposent de découvrir, l'une l'élément indécomposable et ultime dont les choses sont formées, l'autre la cause ou la fin universelle à laquelle elles sont toutes suspendues et qui précisément les unit toutes entre elles par le lien de cette commune dépendance. De ces deux unités, la métaphysique matérialiste a surtout visé la première, la métaphysique idéaliste la seconde ; et la métaphysique panthéiste a cru pouvoir les identifier l'une à l'autre en faisant de Dieu tout à la fois la substance matérielle, la cause efficiente et le but final de l'existence universelle.

Cependant la philosophie moderne s'est progressivement éloignée du point de vue ontologique où se plaçait à peu près exclusivement la philosophie ancienne ; et à mesure que s'accomplissait cette évolution, le problème de l'unité se transformait. Kant nous a appris à considérer l'unité, ainsi que toutes les autres catégories, moins comme des formes de l'être que comme des formes de la pensée; ou du moins si ce sont des formes de l'être, nous savons qu'il ne les revêt que par l'intermédiaire de la pensée. De ce nouveau point de vue, l'unité nous apparaît tout à la fois comme une des catégories particulières de l'entendement, et non la moins importante, puisqu'elle est la base des mathématiques, et comme le principe. gé-

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