UPSAL — URANIE
530; sciences, 228). L'ensemble des 13 provinces ou « nations » où ils sont encadrés forme le « corps étudiant» (Studentkâren), avec sa caisse de constructions
Université d'Upsal.
(plus de 615.000 fr.), sa bibliothèque particulière et sa direction propre. — Upsal compte, en outre, de nombreux établissements d'enseignement public ou libre : lycée ou « école cathédrale » remontant au moyen âge, lycée de jeunes filles, lycée mixte, « séminaire » ou école normale d'instituteurs, écoles technique, primaire, enfantine, deux écoles de commerce, un institut ouvrier, etc. Les établissements industriels les plus importants sont : 7 brasseries, 6 briqueteries, 5 fabriques de poêles suédois, 3 de meubles, 2 d'instruments techniques, une distillerie, des ateliers mécaniques, etc. Le port, accessible seulement aux navires d'un tirant inférieur à 2"^, 40, était visité, en 4897, par 830 bâtiments, d'un tonnage total de 56.542 tonnes; il est relié à Stockholm par un service quotidien de vapeurs. Deux foires annuelles (trois avant 1896), jadis très importantes, se tiennent dans la ville.
« Upsala », en vieux suédois Uppsalir (les Hautes Salles), fat primitivement le nom d'une localité située à 5 kil. au N. de la ville actuelle, aujourd'hui simple village appelé Gamla Upsala (la Vieille Upsal) : c'était un lieu d'assemblée, de marché et de sacrifices, siège du premier roi ou chef (hœfding) du pays de Svitiod, réputé surtout pour son temple païen, le sanctuaire le plus considérable de la contrée. Là fut d'abord installé, lors de l'introduction du christianisme, rarchevèché du royaume (1164), mais bientôt la vie s'en retira pour se concentrer vers le S., à OEstra Ai'os, port jusqu'alors sans importance, situé sur l'emplacement de l' Upsal actuelle, où la Fyris avait son embouchure. L'archevêché y fut transporté en 1273, et peu après le nom même d'Upsala passa à la nouvelle ville. Elle fut le lieu de couronnement de la plupart des rois de Suède, depuis Magnus Ladulâs (1276) jusqu'à Ulrique-Eléonore (1719), et le théâtre de maints événements historiques : plusieurs combats s'y livrèrent dans la guerre de l'indépendance menée par Gustave Vasa; un certain nombre de conseils, de diètes et de synodes s'y tinrent, dont les plus importants furent le synode d'Upsala de 1593, qui fixa les symboles et l'organisation de l'Eglise suédoise, et le riksdag de 1654, où la reine Christine abdiqua. C'est dans le vieux château qu'Eric XIV assassina les Sture. La ville fut, au cours des siècles, ravagée par de fréquents et violents incendies; celui de 1702 la réduisit presque en cendres. — L'archevêque d'Upsal, « primas Sueciae » depuis le xv^ siècle, qualifié naguère encore « archevêque du royaume de Svca », est « praeses » du consistoire de la ville de Stockholm. L'archidiocèse d'Upsal comprend les provinces d'Upland, de Gestrikland et de Helsingland.
Le Isen ou gouvernement d'Upsal comprend la partie centrale de la province d'Upland et confine au N. au golfe de Bothnie, au S. au Maîlar, à l'E. au Isen de Stockholm, à l'O. à celui de Vestmanland, au N.-O. à celui de Gefleborg. Superf. : 5.313 kil. q. ; pop. : 124.061 hab., dont 97.595 pour les campagnes (86 communes rurales) et
26.466 pour les deux villes d'Upsal et d'Enkœping. 3 circonscriptions judiciaires, 4 bailliages administratifs. Hospice d'aliénés près d'Upsal: institut agricole àUltuna.Le sol se décompose ainsi : terres cultivées, 28 **/o; prairies naturelles, 8 °/o; forêts, 55 7o- Exploitation métallurgique importante, grâce à la région minière deDannemora (extraction moyenne, de 1891 à 1895, pour 17 mines: 67.338 tonnes de minerai). G. Lévy-Ullmann.
UR (hébreu Ur Kasdim = Ur des Chaldéens, Ourou des Assyriens). Ville de Mésopotamie septentrionale d'où serait parti Tarah, père d'Abraham. Rawlinson a retrouvé ses ruines à Mougheir, sur la r. dr. de l'Euphrate; le dieu local était Sin, divinité lunaire. Ur était la capitale du royaume de Sumer et ^'Accad (V. ces mots).
UR. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. de Prades, cant. de Saillagouse; 262 hab.
URAGOGA {Uragoga L.) (Bot.). Genre de Rubiacées- Uragogées, auquel on réunit maintenant les genres Cephœlis Sw., Psychotria L , Ronabea A. Rich., etc. Les Uragoga^ au nombre d'environ 700 espèces, habitent les régions tropicales et sous-tropicales du globe. Ce sont des arbres ou des arbustes, rarement des herbes, à feuilles opposées, quelquefois verticillées, stipulées, de forme très variable; à fleurs terminales, rarement axillaires, solitaires, en cymes ou glomérules, souvent en grappes ramifiées de cymes, etc. Caractères principaux : calice court ou grand, denté ou lobé; corolle tubuleuse, à tube de forme variable, à 4, 5 ou 6 lobes ; androcée isostémoné ; anthères introrses; ovaire infère, à 2, plus rarement 3-8 loges, surmonté d'un disque épigyne variable et d'un style à 2- 8 branches stigmatifères (Bâillon) . Fruit drupacé ; graines albuminées. Les espèces principales : U. Ipecacudnha L. (Cephœlis Ipecacuanha A. Rich.), U.g^^anatensisE.Ba, U. emeiica H. Bn (Psychotria emetica Mut., Cephœlis emetica Pers.) et U. undata Jacq. (Psychotria undulata (Poir.), fournissent les différentes variétés d'ipécacuanha (V. ce mot). Les fruits d'un grand nombre d'espèces sont toxiques et servent, principalement au Brésil, à détruire les petits rongeurs; ils renferment de h pâlicourine, du tannin et divers acides. D^ L. Hn.
URANE (Chim.) (V. Uranium).
URANIE. L Mythologie (V. Muses).
II. Entomologie (Urania Latr.). — Genre de Lépidoptères-Hétérocères, de la famille des Uranides, caractérisé par des antennes filiformes, non renflées au sommet, recourbées en dehors, la tête petite, les palpes à dernier article court, épais et plus ou moins incombant ; le thorax large, velu, les pattes robustes, les ailes larges, veloutées, les inférieures dentelées et munies d'appendices ou queues entourées d'une frange longue et plumeuse. Le type : Ur. rhipheus Dr., de Madagascar, est bien le plus beau de tous les Lépidoptères connus. Les ailes, d'un noir de velours et frangées de blanc, sont ornées de bandes et de stries d'un vert métallique brillant. Sa chenille, qui vit sur le Mangifera indica L., selon Sganzin, est blanchâtre, avec les verruqueux épais et noirs et de longs poils claviformes ; elle a seize pattes. Keferstein, dans VEntom, Zeitung (1863, p. 166), est le premier qui en ait donné une description suflisamment exacte. Les détails fournis par Sganzin et publiés par Boisduval, ou sont imaginaires, ou doivent se rapporter à une autre espèce de Lépidoptères. La place des Urania dans la classification des Lépidoptères a été longtemps incertaine. Mêlées d'abord aux Hespérides, puis rangées entre les Noctuelles et les Phalènes, elles sont maintenant placées dans le voisinage des Agaristides. P. Chrétien.
Uranie riphée.
TJRANJNITE -- URANIUM
URANINITE (Miner.) (V. Pechblende).
URANIUM (Chim.).Form. j gÈa'tom: I ^So.
Les principaux minerais d'uranium sont la pechblende et l'uranite. La pechblende est constituée principalement par de Foxyde d'uranium UO, U^O"^; elle forme des masses noires ressemblant à de la poix, apparence qui lui a fait donner son nom, car le mot allemand j'^^c/i veut dire poix. La pechblende se trouve en Norvège, en Saxe et surtout en Bohême. L'uranite est un phosphate double d^uranium et de calcium (PO^ (CaO, 2UW) + 8H0. Il forme des lames jaunes cristallines ; on le trouve dans les environs d'Autun.
C'est surtout à partir de la pechblende que l'on prépare les diverses combinaisons d'uranium. On attaque par l'acide azotique la pechblende pulvérisée. On évapore à sec et on reprend le résidu par l'eau. Il reste une partie insoluble : elle est formée principalement de sulfate de plomb, d'arséniate ferrique et d'oxyde ferrique. La dissolution fournit par concentration et refroidissement des cristaux d'azotate de sesquioxyde d'uranium. On essore ces cristaux pour les séparer de la plus grande partie de l'eau mère qui les imprègne et on les purifie par une nouvelle cristallisation. Le produit séché est encore redissous, mais cette fois dans l'éther ; par évaporation la solution élhérée fournit les cristaux tout à fait purs. Les différents sels et l'oxyde d'uranium peuvent être facilement préparés à partir de l'azotate.
Péligot a préparé l'uranium en décomposant son chlorure par le potassium. L'opération se fait dans un creuset de platine : on mélange environ deux parties de protochlorure d'uranium et une partie de potassium. On chauffe à une douce température ; la réaction se produit avec une vive incandescence. On chauffe assez fortement vers la fin pour vaporiser l'excès de métal alcalin L'uranium reste dans le creuset mélangé de chlorure de potassium. On lave à l'eau pour enlever le chlorure ; Furanium reste sous forme d'une poudre noire. Le creuset est toujours attaqué. — Zimmermann a modifié la préparation de Péligot. Il a réduit le chlorure d'uranium par le sodium dans un cylindre en fer doux. En chauffant au rouge blanc, il a pu obtenir des globules fondus d'uranium.
L'uranium de Zimmermann ne renferme pas de platine comme celui de Péligot. Mais il résulte des expériences de Moissan qu'il contient 2 *^/o de fer et une petite quantité de sodium. Moissan a donné deux modes de préparation de l'uranium pur. Une première méthode consiste à réduire par le sodium le chlorure double d'uranium et de sodium. Ce chlorure double se prépare lui-même en faisant arriver à la température du rouge sombre un courant de vapeurs de chlorure d'uranium sur du chlorure de sodium. On obtient ainsi un liquide qui, par refroidissement, se prend en une masse cristaUine de couleur vert pomme. Tandis que le chlorure d'uranium est un corps très avide d'eau, fumant à l'air et difficilement maniable, le chlorure double d'uranium et de sodium est un corps peu altérable et d'un maniement commode. On réduit ce chlorure double par le sodium dans un cylindre de fer épais fermé par un bouchon à vis. L'appareil est chauffé dans un feu de bois très vif ; la réaction se produit bientôt et porte rapidement le bloc au rouge blanc. Après refroidissement la matière contenue dans le tube est traitée par l'alcool pour enlever l'excès de sodium, puis lavée rapidement à Feau bouillie froide, enfin traitée de nouveau par l'alcool.
Moissan a encore préparé Furanium en réduisant Foxyde d'uranium par le charbon au four électrique. L'oxyde obtenu par calcination de l'azotate est mélangé de charbon de sucre et le tout, fortement comprimé dans un creuset de charbon, est soumis à la température du four électrique. Après refroidissement, on retire du creuset un lingot à cassure brillante qui est constitué par une fonte d'uranium. Avec des proportions convenables d'oxyde et de
charbon on peut obtenir une fonte qui ne contienne que très peu de carbone. On affine la surface extérieure des fragments de cette fonte, en les chauffant à la forge dans une brasque d'oxyde vert d'uranium. Pour éviter la formation d'azoture d'uranium, on a soin de placer le creuset dans lequel se fait l'opération au milieu d'un autre creuset contenant une brasque titanifère.
L'uranium bien pur a une couleur absolument blanche. Il se lime avec facilité; il ne raye pas le verre. Il peut se carburer comme le fer, et ifest alors susceptible de prendre la trempe.
L'uranium en poudre fine prend feu dans le fluor en donnant un fluorure volatil de couleur verte. Il se combine au chlore vers iSO**, au brome à 21 0*^, à l'iode vers 260°. Préalablement chauffé, il brûle dans Foxygène en donnant un oxyde vert foncé. Il réagit sur le soufre vers 500" et produit dans cette réaction un sulfure de couleur noire. Il possède une grande affinité pour Fazote ; chauffé dans un courant d'azote à 1000°, il se recouvre d'une couche jaune d'azoture. Il est attaqué par le gaz chlorhydrique au rouge sombre. Il décompose l'eau lentement à la température ordinaire, plus rapidement à 100°.
Les principaux oxydes d'uranium sont le protoxyde UO et le sesquioxyde U^O^. On obtient le protoxyde en réduisant le sesquioxyde par le charbon ou par l'hydrogène à la température du rouge blanc; on peut aussi le préparer en décomposant par l'hydrogène au rouge Foxalate de sesquioxyde d'uranium : C^O^U^. Le protoxyde fourni par l'une ou l'autre de ces méthodes a l'aspect d'une poudre brune ; il est pyrophorique ; au contact de l'air il se transforme en une matière noire dont la formule brute est U^O^. L'hydrate de protoxyde d'uranium, ou hydrate uraneux, se précipite en flocons brun rougeâtre quand on verse un alcali dans un sel uraneux. Cet hydrate se dissout facilement dans les acides ; calciné, il devient au contraire insoluble dans les acides étendus. L'oxyde uraneux a été longtemps pris pour un métal ; on Fa appelé urane. Il joue dans les sels uraniques le rôle d'un radical auquel on a donné le nom d'uranyle.
Le sesquioxyde U^O'^ peut être préparé en calcinant Fazotate uranique à 250° ou en chauffant à 400° Fhydrate uranique ; il a l'aspect d'une poudre brune quand il a été obtenu par la première méthode, d'une poudre verte quand il a été obtenu par le second procédé. Chauffé au rouge, il se transforme en un oxyde inférieur de couleur verte, U^O^. L'hydrate de sesquioxyde d'uranium, U^O'-^SHO, se prépare en exposant à la lumière solaire une dissolution d'oxalate jaune d'uranium ; le précipité floconneux qui se forme est recueilli sur un filtre ; il absorbe rapidement l'oxygène de l'air en passant du brun violacé au jaune ; sa formule est 0^0^2110. Quand on précipite la dissolution d'un sel uranique par un alcali, il se forme un dépôt jaune, mais ce n'est pas de l'hydrate uranique ; c'est Furanate de la base qui a produit la précipitation. L'uranate d'ammonium est une poudre jaune, peusoluble dans l'eau'; chauffé, il laisse un résidu d'oxyde vert U^O*. L'uranate d'ammonium est préparé en grand dans l'industrie ; il porte le nom de jaune d'urane. Les uranates des métaux alcalins, des métaux alcalino-terreux et d'un grand nombre d'autres métaux ont été préparés. Ce sont des produits bien définis et pour la plupart cristallisés. L'oxyde vert U^O^ peut être considéré comme l'uranate d'uranium, UO^U^O^. C'est lui qui constitue principalement la pechblende.
Le protochlorure d'uranium, ou chlorure uraneux, se prépare par l'action du chlore au rouge sur un mélange d'oxyde d'uranium et de charbon. Les vapeurs de chlorure formé se condensent en cristaux octaédriques d'un vert très foncé. Ce corps fume à l'air ; il est extrêmement avide d'eau ; on ne peut le conserver que dans des matras scellés à la lampe. Il se dissout facilement dans Feau en donnant une liqueur verte. Chauffé dans un courant d'hydrogène, le chlorure uraneux anhydre] perd une
URANIUM — URANUS
partie de son chlore en donnant une matière brune dont la constitution est représentée par la formule U^Cl'^. ^
Il existe un oxychlorure d'uranium de formute U^O^Cl; ce composé peut être regardé comme du protochlorure d'uranyle (2U0)C1. On le prépare en chauffant de l'oxyde uraneux dans un courant de chlore ; il est cristallisé et a une couleur jaune. Il forme avec le chlorure de potassium et le chlorure d'ammonium des combinaisons cristallisées : (2U0)C1 + HCl + 2H0 et
(2!U0)G1 + AzH^Gl + 2H0.
En versant de l'acide sulfurique dans une dissolution concentrée de chlorure uraneux, on obtient le sulfate uraneux SO^jUO -+- 4H0, sous forme de cristaux verts. L'acide oxalique produit dans une dissolution de chlorure uraneux un précipité blanc verdâtre qui est l'oxalate uraneux C^O^,UO -f- 3H0. Les sels uraneux ont tous une couleur verte ; ils sont très oxydables et se transforment facilement en sels uraniques.
Les sels uraniques sont jaunes ; ils possèdent une très belle fluorescence verte. Les verres contenant de l'oxyde d'uranium (verres d'urane) possèdent aussi cette fluorescence. La préparation de l'azotate uranique a déjà été indiquée. La sulfate de sesquioxyde d'uranium se prépare en décomposant l'azotate par l'acide sulfurique ; on chasse l'excès d'acide, on reprend par l'eau et on fait cristalliser par évaporation et refroidissement. Ce sulfate forme plusieurs sulfates doubles bien cristaUisés. On connaît en particulier le sulfate double de sesquioxyde d'uranium et de potassium SOSU^O^ + SO^KO -h 2H0 et le sulfate double de sesquioxyde d'uranium et d'ammonium S03U203 + SO^AzH^O -h 2H0.
L*oxalate de sesquioxyde d'uranium se forme quand on verse de l'acide oxalique dans une dissolution d'azotate de sesquioxyde d'uranium. Il a pour formule C^O^U^O^ + 3H0.
Le phosphate uranique est un précipité insoluble dans l'eau ; la formation de ce précipité est utilisée pour caractériser les orthophosphates.
Les sels uraniques ne présentent pas la constitution normale des sels de sesquioxyde. On peut expliquer leur composition en admettant qu'ils contiennent le radical uranyle : l'azotate uranique sera considéré comme de l'azotate d'uranyle 2(110)0, AzO^^, le sulfate uranique comme du sulfate d'uranyle : 2(U0)0,S03, ^tc. A. Bouzat.
URANOGRAPHIE (V. Astronomie et Ciel).
URANOLITHE (Pétrogr.) (V. Aérolithe).
URANOPLASTIE (Chir.). On appelle de ce nomla restauration du palais divisé congénitalement ou perforé par un traumatisme ou consécutivement à un processus diathésique ordinairement syphilitique. La division congénitale du palais s'accompagne toujours de division du voile et le trauma et la syphilis peuvent ou non porter en même temps sur la voûte palatine et le voile. C'est en réalité une uranostaphytoplastie qn'on fait en réparant chirurgicalement les rentes, fissures et pertes de substances de ces organes ; la staphylorraphie, qui se borne à la réparation du voile, n'en est qu'un cas particulier. Ce genre d'opération ne réussit guère que chez les enfants qui ont de huit à neuf ans ; ce n'est qu'alors qu'on a des chances pour obtenir une réparation durable et le rétablissement aussi parfait que possible de la phonation. Encore faudra-t-il exercer l'enfant à parler dès l'âge de quatre ans, en se servant des dents et de la langue. L'opération elle-même consiste dans l'avivement des bords de la fente du voile cm de lambeaux, le décollement de la muqueuse sur la partie osseuse du palais avec formation de deux lambeaux à périoste adhérent, enfin dans l'application des sutures,
URANOSCOPE (IchtyoL) (V. Vive).
URANUS. L Mythologie. -— Personnification de la voûte du ciel (Ouposvdç) dans la mythologie grecque. Les
anciennes théogonies faisaient de lui un fils de Gaea (la Terre) et d'Erebos, les sombres profondeurs ; 'il est père lui-même des Titans, des Cyclopes, des Hécatonchires, en un mot, de tous les monstres dans lesquels l'imagination incarnait les forces indomptables et sauvages du monde primitif. Ses fils se révoltent contre lui, et Cronos avec sa serpe le mutile : du sang ainsi tombé dans la mer naissent les Géants, les Erinyes, les Nymphes Méliennes et la déesse Aphrodite. Dès lors, le règne d'Uranus finit et celui de Kronos (Saturne) commence, amenant l'âge d'or, pour être supplanté à son tour par la domination de Zeus et des Olympiens. La mythologie latine avait forgé un Cselus dont elle faisait le père de Vulcain, de Minerve, de Mercure et de Vénus. Uranus figure également dans les spéculations des Orphiques et dans la cosmogonie néoplatonicienne. J.-A. HiLD.
IL Astronomie. — Uranus est la septième des huit planètes principales du système solaire. Elle prend place, en effet, comme distance au soleil, entre Saturne et Neptune, cette dernière aux confins connus de notre monde. Elle n'a été découverte qu'en 1784 par William HerscheL Le 4 3 mars, celui qui n'était encore qu'un astronome très obscur (V. Herschel) observait, avec un télescope de sa construction, de 7 pieds, grossissant 227 fois, un petit amas d'étoiles situé dans la constellation des Gémeaux, lorsqu'il en remarqua une de diamètre inusité. Substituant alors à l'oculaire primitif de l'instrument des oculaires de plus en plus forts, il vit ce diamètre croître à mesure et il constata, en outre, ayant répété l'observation les jours suivants, que l'astre se déplaçait au milieu des autres étoiles. Il ne pensa pas tout d'abord que ce pût être une nouvelle planète, et, malgré l'absence de queue et de chevelure, il le qualifia, dans le mémoire qu'il adressa, le 26 avr. 1781, à la Société royale de Londres, de comète. Or toutes les orbites qu'on imagina par la suite à celle-ci se trouvèrent contredites par les faits et, bien qu'on eût quelque scrupule à reculer les frontières qu'on s'était accoutumé, dès l'origine des temps historiques, à assigner au monde solaire, force fut, lorsqu'il devint hors de doute que la véritable orbite était sensiblement circulaire, de reconnaître qu'on se trouvait en présence d'une septième planète. Laplace et Méchain en déterminèrent, les premiers, les éléments. En même temps, on se demanda comment, étant donné qu'elle est visible à l'œil nu, elle n'avait pas été aperçue plus tôt et, en feuilletant les anciens catalogues d'étoiles zodiacales, on constata qu'elle l'avait déjà été, en réalité, dix-neuf fois. Mais on avait négligé de la suivre plusieurs jours de suite et, chaque fois, on s'était borné à la noter comme étoile. William Herschel n'aurait lui-même rien remarqué d'anormal s'il- avait dirigé son télescope vers les Gémeaux onze jours [plus tôt. Le petit astre était alors, en effet, dans un de ses points de station et son mouvement propre lui eût échappé. William Herschel revendiqua le droit de baptiser la nouvelle planète et il l'appela Georgiumsidus, en l'honneur de George III, roi d'Angleterre. Mais Lalande proposa le nom d'Herschel lui-même, Lichtenberg, Poinsinet, Prosperin, ceux d'Astrée, Cybèle, Neptune, et Bode, finalement, celui d'Uranus, qui a prévalu.
La distance moyenne d'Uranus au Soleil est égale à un peu plus de 19 fois (19,18329) celle de la Terre au même astre et au double de celle de Saturne, soit à 2.858 millions de kil. Son excentricité est de 0,0463414, correspondant à une différence d'environ 250 miUions de kil. entre sa distance périhélie et sa distance aphélie. Son diamètre réel, calculé par Lassel et Marth, est égal à un peu plus de quatre fois (4,234) celui de notre globe, soit à 54.000 kil., son diamètre apparent à 4'^15, et il brille au ciel comme une étoile de grandeur 5,7. Sa masse, qui a été déterminée par Newcomb au moyen d'observations de la vitesse de ses satelHtes, vaut 13,518 fois celle de la Terre. La matière qui le compose est donc beaucoup plus légère que celle dont notre monde est cons-