URÈTRE ~ URFÉ
lifération épithélialc détermine sur la muqueuse de petites saiilies papiiliformes.
Symptômes. Rien de plus variable ; il serait difficile de trouver deux malades ayant exactement les mêmes symptômes. Le rétrécissement traumatique se développe rapidement, mais celui qui succède à la blennorragie est très lent à se produire, et le malade ne s'aperçoit pas tout d'abord de sa formation. Ce sont toujours des troubles de la miction. Chez les uns, la maladie s'annonce par une rétention d'urine ; chez d'autres, il existe simplement une diminution du volume du jet ou une modification de sa forme : jet en vrille, jet bifurqué ou en arrosoir, etc. La miction est naturellement plus lente. Parfois, il y a incontinence d'urine et écoulement involontaire de ce liquide à la suite de la miction. Certains malades soufirent en urinant ; chez d'autres, le rétrécissement est complètement indolore. On observe parfois des douleurs hypogastriques qui s'irradient dans tous les sens. Les eÔorts faits par le malade pour rejeter l'urine persistent pendant toute la durée de la miction dans les rétrécissements étroits. L'exploration de l'urètre vient confirmer le diagnostic. Elle doit être faite avec les explorateurs, bougies terminées par des olives. Ainsi que je l'ai déjà dit, on emploie une série d'explorateurs en*- commençant par les gros, et l'on constate le nombre et le diamètre des divers rétrécissements.
Marche et diagnostic. 11 est des rétrécissements qui restent stationnaires pendant un grand nombre d'années, mais généralement la maladie fait des progrès continus et la coarctation devient de plus en plus étroite, au point que le malade finit par uriner goutte à goutte, avec des efforts inouïs et très douloureux. Lorsque le rétrécissement a été constaté, surtout s'il est multiple, le diagnostic ne saurait être douteux. Mais, lorsqu'il n'existe qu'un seul rétrécissement situé au fond de l'urètre, on peut avoir affaire à un spasme de la portion membraneuse de ce conduit. Aujourd'hui, on traite les rétrécissements uréîraux par trois méthodes à peu près également usitées : la dilatation, l'urétrotomie et l'électrolyse linéaire. La dilatation doit toujours être lente et progressive. Elle est permanente ou temporaire. Dans la première, on laisse Jla bougie en place pendant deux ou trois jours et on la remplace par des bougies successivement plus volumineuses jusqu'à ce que le rétrécissement puisse admettre le n^ 12 ou 43. Dans la dilatation temporaire, on ne laisse les bougies en place que quelques instants et l'on fait une séance tous les deux ou trois jours, en augmentant graduellement le volume des bougies. La dilatation est à peu près constamment suivie de récidive. Le traitement est d'une grande longueur et les douleurs du cathétérisme sont renouvelées à chaque séance. Si Ton considère qu'il existe des rétrécissements indilatables et que la dilatation provoque chez certains individus des accès de fièvre répétés, on comprendra que nous rejetions ce mode de traitement avec d'autant plus d'énergie que nous possédons aujourd'hui un moyen simple, rapide et inoffensif de guérir les rétrécissements.
L'urétrotomie est externe ou interne. L'urétrotomie externe est réservée à certains rétrécissements traumatiques et aux rétrécissements graves, qui ne sauraient être guéris d'une autre manière. L'urétrotomie interne consiste dans la section du rétrécissement à l'intérieur de l'urètre. Depuis A. Paré jusqu'au milieu du xix® siècle, on a inventé une quantité considérable d'instruments coupants pour trancher le rétrécissement à l'intérieur de l'urètre. Les récidives étant à peu près constantes, Reybard, chirurgien audacieux et téméraire, sectionna d'un seul coup le rétrécissement et toute la paroi urétrale. H eut beaucoup d'hémorragies et partant beaucoup de morts, ce qui n'empêcha pas l'Académie de médecine de lui décerner le prix d'Argenteuil en i 852. En 4855, Maisonneuve présenta à l'Académie des sciences son urétrotome, un peu moins meurtrier que celui de Reybard. Néanmoins l'urétrotomie
par le procédé de Maisonneuve est une opération grave qui cause quelquefois la mort. Quelques chirurgiens contemporains n'emploient que les plus, petites lames et se contentent d'érafïer le rétrécissement qu'ils dilatent ensuite. Cette opération est détestable parce qu'elle est insuffisante et inutile, et que, dans certains cas, elle est suivie d'accidents et même de mort. Après cette urétrotomie insuffisante, la récidive est à peu près certaine au bout de quelques mois ou de un à deux ans. Les statistiques fournies par l'urétrotomie sont tellement funèbres que beaucoup de chirurgiens y ont renoncé. Desprès l'avait condamnée. Lefort y avait également renoncé à cause des cas de mort qu'il avait observés. Une statistique de quarante-sept opérations, faite de 4857 à 4864, donna à Tillaux treize morts ; aussi cet auteur conseille-t~il de l'employer le plus rarement possible, ajoutant, du reste, que l'urétrotomie Ji'a jamais guéri un rétrécissement.
L'électrolyse linéaire, selon le procédé de Fort, donne des résultats véritablement merveilleux. Préconisée par cet auteur depuis une quinzaine d'années, cette opération, faite selon les règles, n'a jamais donné lieu à aucun accident. Avec un électrolyseur et un faible courant de 40 milliampères, on détruit un rétrécissement blennoragique dans l'espace de quelques secondes. L'opération est à peine douloureuse, et il ne s'écoule que quelques gouttes de sang. On peut dire qu'il s'agit là d'une urétrotomie sans incision, d'une urétrotomie électroly tique. La dilatation consécutive est moins urgente qu'après l'urétrotomie, et la récidive moins fréquente. Le traitement d'un rétrécissement par l'électrolyse linéaire ne dure pas plus de deux à trois jours. D'' J.-A. Fort.
URÉTRITE (Pathol.) (V. RLENNORRACIEetRLENNORRÉE).
URÉTROSCOPE. Synonyme d'Endoscope (V. ce mot .
URETROTOMIE (Chir.) (V. Urètre).
URFÉ. Maison forézienne, d'où sortent les seigneurs de la Rastie, d'Orose, d'Entragues, de Russy-en-Forez, de Ragé, de Châteauneuf. — Pierre, bailli de Forez, grand écuyer de France, né en 4483, mourut en 4508. Son fils Claude, baron de Châteauneuf, surintendant de la maison du roi, gouverneur du dauphin, fut ambassadeur au concile de Trente en 4547, puis à Rome..— Anne, comte d'Urfé, marquis de Ragé, petit-fils de Claude, vécut de 4555 à 4624 ; bailli de Forez en 4574, il soutint la Ligue dans sa province; en 4594, il fit sa soumission au roi, qui le maintint d'abord dans sa charge, mais il la résigna l'année suivante. Il avait épousé la belle et riche Diane de Châteaumorand, mais le mariage fut annulé, pour cause d'impuissance, par un rescrit de Clément VIIl (4598) et par une sentence de l'official de Lyon (4599). Il se fit alors prêtre et chanoine de Lyon. Il était poète ; il a laissé un recueil de sonnets intitulé la Diane, un poème : Honneur et Vaillance (4592, in-4) et un Livre d'hymnes (4608, in-4). — - Son frère Honoré, chevalier d'Urfé, marquis de Valbromey, comte de Châteauneuf, né à Marseille le 44 févr. 4568, fit ses études à Tournon et séjourna ensuite à la Rastie. Il prit part, lui aussi, à la Ligue forézienne ; lorsque son frère devint gouverneur du Forez pour Henri IV, il en fut même gouverneur pour le duc de Nemours. Fait prisonnier à Feurs le 46 févr. 4595, délivré, puis repris, c'est en prison qu'il composa ses Epistres morales (Lyon, 4598, in-42). Il épousa (moins par amour, comme il l'a dit, que pour sauvegarder la fortune de sa famille) Diane de Châteaumorand, l'épouse désormais libre de son frère ; les deux époux se séparèrent d'ailleurs plus tard à l'amiable. Honoré s'était retiré à la cour du duc de Savoie. C'est là qu'il composa son célèbre roman de VAstrée, imité des pastorales du Tasse et de la Diane de George de Montemayor . La première partie dut paraître en 4609, car elle est dédiée à Henri IV, la seconde en 4640, la troisième en 4647 (et non 4649); les deux dernières furent publiées après sa mort par son secrétaire Raro. Ces « bergeries » (le roman se passe en Forez, sur le bord du Lignon; il est possible que certains épisodes rappellent les amours de
URFE — URINE
Henri IV) en 6.000 pages eurent un succès l^extraordi» naire, d'innombrables éditions (les principales* sont Paris, 1637, et Rouen, 1647, toutes deux en 5 vol. in-8; Fabbé Souchay en donna un remaniement en 5 yol. in-12 en 1733), des traductions ; c'est le premier roman qui ait eu pareille fortune ; les noms de ses héros Céladon, Philis, etc., devinrent universellement célèbres, et toute la littérature romanesque du xvii® siècle s'inspira d'Honoré d'Urfé. Il a écrit aussi des poèmes : La Sireine (1611, in-8), la Sylvanire (m vers blancs, 1625, in-8) et une épopée encore inédite, la Savoysiade (aux manuscr. fr.). Il mourut à Villafranca en Piémont le i®^ juin 1625. On trouvera son portrait dans VAstrée de 1633. — Antoine d'Urîé, frère des deux précédents, évêquede Saint- Flour, avait été tué en oct. 1594. — Jacques 11 d'Urfé, qui fut, comme son frère Anne, bailli de Forez, se trouva, en 1610, engagé dans de tels embarras financiers qu'il commandita une expédition de François de Rasily vers le Nouveau Monde. H. Hauser.
BiBL. : Aup:. Bernard, les d'Urfé. Souvenirs historiques et littéraires du Forez ; Paris, 1839, in-S. — N. Bonafous, Etude sur VAstrée et sur Honoré d'Urfé ; Paris, 1846, in-8. — R. DE CHANTELAUZEjEtiide sur les d'Urfé ; Paris, 1860, iii-8. ~ Le Breton, le Roman au xviii» siècle; Paris, 1890, in-8.— Charlotte Branti, i'Jcc Amyntas » duTasse et V « Astrée » d'Honoré d'Urfé ; Milan, 1895, in-8. — E.och]gneux, Acte 'd'assoe. .entre Jacques II d'Urfé et Fr. de Rasily, dans Bull, de la Diana, 1699, t. XI. — Abbé Reure, Episodes des guerres de la Ligue dans le Forez ; Montbrison, 1901, in-8 '(ex,tr. de la Diana). — V. BulU de la Diana, passim.
URFE Y (Thomas d'), poète anglais (V. D'Urfey).
URGEL ou LA SEU de Urgel. Ville forte d'Espagne, prov. et à 104 kil. N.-E. de Lerida (Catalogne), dans une belle vallée, appelée les Llanos de Urgel, au confluent de FEmbalira andorrane et du Sègre, entre les Pyrénées au N. et la Sierra del Cadi au S. ; 3.085 hab. Evêclié. Son aspect est curieux; avec ses vieilles fortifications, elle donne l'impression d'une ville d'un autre âge. L'intérieur est repoussant : les rues sont étroites, sales, les maisons sordides. La cathédrale cependant, est, dit-on, la plus belle église romane d'Espagne ; un cloître du xiii® siècle, un musée assez intéressant, peuvent retenir le voyageur. La citadelle, qui domine, de la colline de las Horcas, la vallée de FEmbalira, a joué un assez grand rôle dans les guerres avec la France dont les troupes s'en emparèrent en 1704, 1809 et 1823, et surtout dans les guerres civiles. L'évêque d'Urgel est cosuzerain d'Andorre avec la France. A une dizaine de kilomètres, en remontant le Sègre, sont les eaux sulfureuses de Saint- Vincent.
On appelle Llanos de Urgel une superbe plaine, fertile, assez bien arrosée par les eaux du canal de Urgel, et que l'on pense à irriguer encore davantage. J.-G. K.
URGINÉES (Bot.) (V. Scille).
URGO-APTIEN. Nom donné par certains géologues à un faciès zoogène qui peut s'étendre, soit à l'urgonien (ou barrémien), soit à l'aptien, soit à l'ensemble des deux étages.
UR60NIEN (Géol.) (V. Néocomien).
URGONS. Com. du dép. des Landes, arr. de Saint- Sever, cant. de Geaune; 546 hab.
URGOSSE. Corn, du dép. du Gers, arr. de Condom, cant. de Nogaro; 302 hab.
URL Canton suisse, de la région du centre, borné au N. par le cant. de Schwytz, à l'E. par ceux de Glaris et des Grisons, au S. par celui du Tesin, à l'O. par le Valais et Unterwald; 1.076 kil. q.; 19.759 hab. professant la religion catholique. Son territoire appartient au régime des Alpes Bernoises et Glaronnaises. H forme une grande vallée principale, profondément encaissée, sur laquelle viennent s'ouvrir quelques vallées latérales. Les montagnes les plus élevées sont le Damastock, le Fitlis, le Uri, Rostock, le Crispath, le Toedi. Le cant. d'Uri est arrosé par la Reuss qui y prend sa source et se jette, après l'avoir traversé du S. au N., dans le lac des Quatre» Cantons. Sauf dans la vallée inférieure de la Reuss, le
chmat est rude. Les principales localités sont, outre Altorf, le ch.-L, Fluelen, Andermatt, Erstfeld, Burgeln, Goeschenen, Gurtnellen, Silenen. La population s'adonne à l'agriculture et à l'élève du bétail. Cependant l'industrie des étrangers y a pris une grande extension ; il y a une quantité de stations de touristes à peu près dans toutes les régions habitables. Le tunnel du Saint-Gothard, dont les remarquables voies d'accès se trouvent dans le cant. d'Uri, ainsi que les fortifications de ce massif, contribuent à mettre en valeur les ressources du pays. Uri forme une république démocratique pure. La Landsgemeinde, qui est l'assemblée générale des citoyens, se réunit régulièrement une fois par an à Altorf. Elle discute et accepte ou rejette les projets de lois, élit les membres des autorités executive et judiciaire et arrête l'impôt. Les vallées uraniennes furent, à l'origine, une possession de l'abbaye de Notre-Dame de Zurich, qui relevait ellemême directement de l'empire d'Allemagne. L'empereur Frédéric II, pour protéger ce pays contre les comtes de Habsbourg qui le convoitaient, en fit un territoire impérial immédiat. Plus tard, Uri entra dans la Ligue des Waldstetten. C'est dans le cant. d'Uri que les anciens historiens placent l'épisode de Guillaume Tell et la conspiration des paysans contre les baillis autrichiens. La critique historique moderne n'admet pas ces deux événements (V. Suisse).
URIA, URIIDES (Ornith.) (V. Guillemot).
URI A. Ville antique (V. Oria).
URI AGE. Localité du dép. de Flsère, dans la com. de Saint-Martin-d'Uriage. La source thermale qui débite 5.000 litres par jour a été employée à l'époque romaine et de nouveau à partir de 1841. L'établissement thermal est visité annuellement par 5.000 malades. Un grand nombre de touristes excursionnent d'Uriage dans le massif de Belledonne et les environs. Le château d'Uriage, bâti à 93 m. au-dessus de l'établissement, a été élevé au xiii^ siècle et remanié aux xv®, xvii® et xix^' ; il renferme des collections archéologiques.
Eaux minérales. — Ce sont des eaux hypothermales, chlorurées sodiques fortes, sulfureuses faibles (Rotureau); il y a une source ferrugineuse froide. La source chlorurée sulfureuse (+ 27«), la plus importante, se donne à petites doses à l'intérieur et s'administre en douches, injections, inhalations, etc.; elle s'emploie surtout comme purgative, tonique et reconstituante, dans la scrofule, les maladies de la peau, le rhumatisme, les névralgies, les catarrhes, les maladies des voies digestives, les maladies de l'utérus.
URIE. Nom porté par différents personnages de l'histoire juive, notamment un grand prêtre contemporain du roi Achaz, un prophète contemporain de Jéréraie et particulièrement un capitaine au service de David, avec la femme duquel ce roi noua une intrigue criminelle qui se continua par un assassinat et s'acheva par un mariage (V. David et Bethsabée).
URIM ET Thummin (Hist. juive) (V. Ourim).
URIiVÎÉNIL. Com. du dép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. de Xertigny ; 1.202 hab.
URINAIRE DE Malabar (Bot.) (V. Phyllânthe),
U RI N AIRES (Voies) (V. Voies urinaires).
URINE. I. Chimie et Physiologie. — Le corps de l'homme et des vertébrés assimile, d'une manière continue, les matériaux de la vie qui lui parviennent par les voies respiratoires et digestives. En même temps que s'opère l'assimilation de ces matériaux, il se fait une désassimilation. Les produits de cette désassimilation, ou déchets, ne sont d'aucune utilité, ils sont même nuisibles, et ils doivent être rejetés au dehors, sous peine de devenir toxiques. L'élimination des déchets se fait par trois voies glandulaires principales : le poumon, les glandes de la sueur et le rein. Les déchets fixes, non gazeux, sont saisis par le rein, au moment de leur passage dans les artères rénales. Par une sorte de filtration incessante, ces déchets, dissous dans une certaine quantité d^eau, traversent les reins, et