URINE — URIQUE
arrivent à la vessie par les uretères. L'urine est donc un liquide aqueux tenant en dissolution les déchets fixes de l'organisme. Aussi son analyse fournit-elle des indications importantes pour le diagnostic des maladies. L'urine normale est transparente, de couleur jaune ambré, ayant une odeur particulière. La quantité fabriquée en vingtquatre heures par le corps d'un adulte est en moyenne de 1.300 gr. dans nos climats. Elle est moindre en été, parce que les glandes de la sueur et les poumons exhalent une plus grande quantité d'eau qu'en hiver.
L'urine a une odeur sui ge^ieris qui ne saurait être expliquée, mais que tout le monde connaît. La couleur de l'urine est fort variable. L'urine nerveuse, qui s'observe chez les nerveux, les hystériques, ou après un accès de colère, est pâle, presque aqueuse; celle de la journée, après les repas, est jaune ambré ; celle du matin est plus foncée et un peu plus dense. Sa réaction est acide. Sa densité est de 4 .020, chez l'homme, en prenant pour terme de comparaison celle de Feau qui est de 4.000. L'urine est toxique. Lorsque, pour une cause quelconque, ce liquide ne peut être évacué, ses matériaux solides s'accumulent dans le sang ; ils empoisonnent l'individu : telle est Vurémie. Bouchard a étudié avec soin l'action vénéneuse de l'urine injectée dans le corps d'un animal ; il a calculé qu'il est nécessaire d'injecter 50 gr. d'urine humaine dans le corps d'un lapin de 4 kilogr. , pour le tuer. La formation de l'urine est incessante. Elle a lieu nuit et jour. Les deux reins extraient du sang 4 5 gouttes d'urine par minute, soit 55 gr. par heure. Lorsque l'urine sort normalement du rein par filtration, on dit que le rein est perméable. Mais, dans certaines lésions, les glomérules et les tubes sécréteurs sont altérés, et le rein ne remplit plus, ou remplit incomplètement son rôle, d'où imperméabilité complète ou partielle du rein.
La composition de l'urine est assez compliquée. La quantité d'eau contenue dans le liquide de vingt-quatre heures est de 4.260 gr. environ, tenant en dissolution 60 gr. de matériaux sohdes. Les gaz qu'elle contient à l'état normal sont l'azote et l'acide carbonique. Récemment émise, elle ne renferme pas d'oxygène et constitue un milieu réducteur qui absorbe assez rapidement l'oxygène de l'air (Berthelot). A l'état pathologique, elle peut contenir de l'ammoniaque. Dans l'état normal, la réaction de l'urine est acide, mais elle devient alcaline par l'ingestion du bicarbonate de soude ou de sels organiques. Les substances minérales contenues dans l'urine sont très variées : on y trouve divers phosphates (soude, chaux, magnésie) et des sels ammoniacaux en petite quantité, des traces de silice et de fer, 4 gr. de sulfates de soude et de potasse, et 43 gr. de chlorure de sodium. Ce dernier sel est le plus abondant des matériaux salins, il est nécessaire à la bonne constitution de l'urine, d'où l'on peut conclure qu'il est utile de saler les aliments. Les substances organiques, provenant directement de nos tissus, sont nombreuses. Quelques-unes existent à l'état de traces ou en fort petite quantité ; phénosulfales, iodoxylsulfates, scatoxylsulfates, etc. Les plus importantes sont, en premier lieu, l'urée (25 à 30 gr. en vingt-quatre heures) et l'acide urique ; puis, l'acide hippurique, la créatinine, laxanthine et les matières extractives.
ÏL Pathologie. ~ L'urine, dans certaines maladies, peut contenir un excès d'acide urique ou de phosphates. Chez les diabétiques, elle contient du glucose; dans d'autres cas, de l'albumine ; parfois des matières colorantes bleues ou rouges, etc. Lorsque l'urine est peu aqueuse, lorsqu'elle contient des matériaux salins en excès, ceux-ci peuvent cristalliser ou mieux se déposer sous forme de cristaux qui augmentent de volume, en formant des couches concentriques. Tel est le mode de développement des calculs urinaires, lorsqu'un corps étranger existe dans la vessie (caillot de sang, tuyau de pipe cassé, fragment de paille, noyau de fruit, etc.), il devient le c«ntre du dépôt des sels urinaires, qui se condensent et forment
des couches concentriques autour du corps étranger. Les calculs urinaires peuvent se produire dans l'épaisseur du rein (calculs rénaux), et parfois dans le bassinet. Ces calculs, ordinairement peu volumineux, gros comme un grain de cliènevis, ou comme un pois, descendent de temps en temps dans la vessie, en parcourant l'uretère. S'ils sont petits, ils descendent facilement le long du conduit, qui n'a que quelques millimètres de diamètre, mais s'ils ont un certain volume, celui d'un pois, par exemple, ils parcourent difficilement le conduit uretéral, ils le distendent parfois très douloureusement, et n'arrivent à la vessie qu'après un laps de temps, variable de quelques heures à deux jours. Ces douleurs atroces, qui régnent dans la région lombaire et qui s'irradient surtout vers la région fessière, constituent les coliques néphrétiques. Les calculs urinaires fatiguent l'organisme, altèrent l'urine, et produisent des inflammations, telles que néphrite, pyélite pyélo-néphrite, cystite, prostatite. Il est rare qu'un calculeux ne soit pas fortement incommodé par la présence d'un 'calcul. Aujourd'hui, l'opération de l'extraction des calculs vésicaux est faite par les chirurgiens au moyen de la lithotritie ou de la taille. D^ J.-A. Fort.
ÏII. Agriculture (V. Engrais, t. XV, p. 4068).
IV. Alchimie. — L'urine était fort employée en alchimie et aussi dans les pratiques industrielles de l'antiquité, comme en témoigne Pline. C'était surtout l'urine putréfiée, en raison de l'ammoniaque qu'elle dégage et des réactions de cet alcali sur divers corps et notamment sur les métaux en présence de l'air. L'urine des enfants impubères était regardée comme particulièrement active, peut-être en raison de quelque imagination mystique. M. B.
URINOIR (Hyg.). Les urinoirs doivent répondre à une des règles fondamentales de l'hygiène: assurer l'évacuation immédiate des nuisances, c.-à-d., dans l'espèce, de l'urine. Cette évacuation immédiate ne peut être réalisée que par l'emploi de matériaux non susceptibles de se laisser imprégner par les liquides, et nous devons ajouter d'être attaqués par ces mêmes liquides. 11 faut donc éliminer toute paroi de bois et autant que possible tout métal : la lave émaillée, la porcelaine et le verre sont les matériaux de choix. En ce qui concerne la disposition à donner aux urinoirs, on peut admettre trois types : les urinoirs à plaques, composés d'une plaque imperméable contre laquelle l'urine est projetée au moment de la miction ; les urinoirs à auge, formés d'une auge horizontale en grès installée sur un bâtis en maçonnerie de 50 à 60 centim. d'élévation ; l'auge doit être remplie d'eau ; enfin les urinoirs à bassin, en porcelaine, ayant un bord antérieur en forme de bec, pour que l'urine ne tombe pas par terre. Avec tous ces appareils il faut une certaine quantité d'eau destinée à assurer l'écoulement rapide de l'urine. Au lieu d'un mince filet d'eau coulant le long de la plaque, dans l'auge ou dans le bassin, il est préférable de disposer un appareil de chasse, fournissant par intermittence régulière une chasse d'eau suflîsante. Par ce système, avec moins d'eau, on obtient un lavage plus complet. Quand l'eau manque, on peut, mais pour les urinoirs à plaque seulement, faire un badigeonnage à l'huile, qui facilite le glissement de l'urine ; c'est un palliatif, mais il faut toujours préférer l'eau. J.-P. Langlois.
URIQUE (Acide). L Chimie.—
^'^^™- } Atom.... e^H^Az^es.
L'acide urique existe dans l'urine de tous les animaux carnivores ; dans l'urine humaine, il existe dans la proportion de O^^ô par litre à l'état normal; mais il peut atteindre une proportion notablement plus élevée sous certaines influences pathologiques ; il se trouve d'ailleurs à l'état d'urate acide de sodium et non pas à l'état libre. Les urates alcalins forment une partie importante des excréments des oiseaux et la presque totalité de ceux des serpents. Le guano, qui est constitué par des excréments d'oiseaux de mer, contient beaucoup d'urate d'ammonium :