URNE — URSINS
URNE. Rivière du dép. des Cdtes-du-Nord (V.ce mot).
UROBILINE (Chim.) (V. Bile).
UROCÉRIDES (Entom.). Synonyme de Siricides
(V. SiREX).
UROCHROME. Pigment jaune, de pouvoir colorant faible, contenu dans l'urine normale ; se présente sous forme de croûtes jaunâtres amorphes, peu solubles dans l'eau, plus solufcles dans l'alcool et Féther, les alcalis et les acides minéraux. Souvent identifié avec Vurobiline, il s'en distingue par la coloration jaune de sa poudre ; la poudre d'urobiline est rouge et constitue le pigment pathologiciue rouge de Furine.
URODÈLES (Zool. et Paléont.) (V. Batraciens). UROMÈLE (Térat.) (V. Monstre).
UROMlTRE, URODENSIMÈTRE. Instrument destiné à mesurer la densité des urines. Il ne diffère pas sensiblement des aéromètres (V. ce mot).
UROMYCE (Cryptog.) (V. Rouille).
UROST. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Morlaàs; 103 hab.
UROU-et-Crennes. Com. du dép. de FOrne, arr. et cant. d'Argentan ; 322 hab.
URQUHART (David), diplomate anglais, né à Braelanwell (Cromarty) en 1805, mort à Naples le 16 mai 1877. Elevé en France et en Suisse, il s'embarqua en 1827 avec lord Dundonald pour participer à la guerre de l'indépendance grecque. En 1830, il s'occupa du tracé de là nouvelle frontière de la Grèce et il déploya à ce service de telles qualités que le gouvernement anglais le fit entrer dans sa diplomatie. Urquhart accompagna d'abord Stratford Ganning à Constantinople (1831), puis il fut chargé d'une mission secrète en Orient, relative à l'expansion du commerce britannique (1833). Son activité fut si grande qu'elle effraya Palmerston qui le rappela en 1834. En 1835, il fut nommé secrétaire d'ambassade à Constantinople : son hostilité trop marquée Contre la Russie le fit encore rappeler (1837). Privé de service actif, Urquhart fonda le Port- folio, organe diplomatique qui eut sur l'opinion publique une grande influence, et il publia sur les affaires étrangères des brochures et des livres qui embarrassèrent plus d'une fois le gouvernement. Elu à iâ Chambre des communes en 4847, il réclama Une enquête sur la politique étrangère de Palmerston, coibbattit la guerre de Crimée, contribua à la fondation de la Free Press (1855), devenue en 1866 la Diplomatie Review, et essaya avec Le Play et BIgr Dupanloup de créer un tribunal d'arbitrage international. Il a laissé de nombï'eux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Turkey and its resources (Londres,^ 1833, in-B) ; The Spirit of the East (1838, 2 vol. in~8) ; Diplomatie transactions in Central Asia (1841, in-4) ; The Mystery of the Danube {iSM/m-S) ; Reflections\on Thoughts and Things (184i, iii-8); Siatesmen of France and the English Alliance (1847, in-8) ; Progress of Russia in the West, North and South (1853, in-8) ; The Occupation of the Crimea (1854, in-8); TheLebanon (1860, 2 vol. in-8); Materials for a true history of lord Palmerston (1866, in-8); Appeal of a Protestant to the Pope to restore the law of Nations (1868, in-8), etc.
UROXANTHINE. Matière colorante jaune contenue dans certaines urines pathologiques. On Fa identifiée avecFmdican (V. ce mot).
URQUIZA (Justo-José de), homme d'Etat et général argentin, né en 1800, mort assassiné le 11 avr. 1870. Gouverneur de la prov. Entre-Rios, où il était à peu près indépendant, il battait à India-Muerta, le 27 mars 4845, l'Uruguayen Ribera qui envahissait le territoire argentin. Urquiza appartenait au parti unitaire, opposé à Rosas et aux fédéralistes. Le 1^^ mai 1851, il se prononçait contre Rosas, allait débloquer (8 oct.) Montevideo, bloqué par l'allié de Rosas, Oribe, puis, avec l'assistance de la prov. de Corrientes, de FEstado oriental et du Brésil, il rétis-
sissait à renverser Rosas (victoire de Monte-Caseros, 3 févr. 1852). Le 25 mai 1853, le Congrès national de Santa-Fé proclamait la constitution de la Confédération argentine, et Urquiza en était nommé président. Buenos Aires se refusa à entrer dans la Confédération et il fallut là victoire de Cepeda (23 ôct. 1859) pout* l'y contraindre. Urquiza quitta la présidence en 1860 et redevint gouverneur d'Entre-Rios. Il périt assassiné dans son palais de San José, près de la Conce{icion d'Uruguay. H. Léonardon.
U RRACA, reine de Castille (V. ce mot).
URRU6NE. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Rayonne, cant. de Saint-Jean-de-Luz ; 3.666 hab. Stat. duchem. de fer de Bordeaux en Espagne. Eglise du xv« siècle, dont le cadran solaire porte la fameuse itiscHp tion: Vulnefant omnes,ultimanecat.UchèitQ^VL d'[/rtubie, où Louis XI conféra et traita avec les rois de Castille et d'Aragon 1(1462), et File des Faisaîis sont sur le territoire de la com. d'Urrugne.
URS. Com. du dép. de FAriège, àrr. de Foix, cant. de Cabannes; 120 hab.
URSEL. Famille ducale belge. Elle remonte à Bernard de Schetzenberghe, dit Schetz, qui vivait au commencement du xiv« siècle. Les Schetz acquirent au xvi® siècle les seigneuries de Grobbéndonck, d'floboken et de Wesemael. L'adoption de Conrad de Schetz par Barbe d'Ursel, en 1617, leur valut le nom et les armes de cette famille. Comtes du saint-empire en 1638, ils reçurent en 1717 le titre ducal de l'empereur Charles VI. Ils portent : De gueules au chef d'argent, chargé de trois merlettes du champ. L'écu sommé de la couronne ducale ou du heaume surmonté d'une licorne d'argent. Supports : deux griffons d'or. L'écu placé sur un manteau de gueules, fourré d'hermine, hlasonné sur les courtines aux émaux de l'écu. E. H.
BiBL. : Stein d'Altenstein, AnnuEiire de la noblesse de Belgique,
URSEREN. Vallée suisse dans ïe cant. d'Uri, au pied du versant N. du Saint- Go thard, entourée de hautes montagnes pour la plupart dénudées, comme la vallée elle-même, arrosée par un bras de la Reuss (V. ce mot) qui se forme dans cette région en torrent impétueux. La vallée est formée au S. par une chaîne rocheuse au travers de laquelle on a pratiqué une galerie, le trou d'Uri, Ici s'ouvre la gorge sauvage dans laquelle on traverse la rivière sur le pont dû Diable. Le village d'Andermatt est situé dans la vallée d'Urseren, sur la route du Saint- Gothard et de FOberalp ; on y voit différentes installations servant aux fortifications dû Saint-Gothard. URSICIK, antipape (V. Daéàse I^^').
URSIN, URSINUS (Saint), l^^évèquede Bourges. Fêtes le 9 nov. et le 29 déc. En son livre De Gloria Confessorum, Grégoire de Tours, écrit que l'Evangile fut annoncé pour la première fois à Bourges, par Ursinus, qui avait été ordonné par les disciples des Apôtres ; mais en son Historia Francorum, après avoir énuméré divers saints, venus en Gaule vers le milieu du in® siècle, il ajoute que quelques-uns de leurs disciples allèrent à Bourges, y convertirent plusieurs personnes et constituèrent un clergé. Ces deux relations semblent empruntées à des traditions différentes ; elles contiennent des diversités qu'il est fort difficile de concilier. E.-H. V.
URSINS (JuvÉNALOU JouvENEL DEs). Famille française (V. Jouvenel).
URSINS (Marie-Anne de La Trémoille, princesse des), femme française célèbre, née en 1642, morte à Rome en 1722. Fille du « pïuè ancien duc de France » et de Renée-Julie Aubry qui appartenait à une honorable famille de robe, elle fut mariée à quinze ans (1657) au prince de Chalais, Adrien-Biaise de Talleyrand (Faïeul du diplomate). Chalais, compromis dans un des duels du temps, se réfugia en Espagne, y demeura trois ans, puis se dirigea vers Rome, mais mourût pendant le voyage ; sa femme ne tarda pas à se remarier avec un grand seigneur
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URSINS - URT
italien, Fiavio degli Orsiiii, duc de Brâcciaûô (1675) et son salon devint un des centres de la société romaine et de l'influence française en Italie. Ses yeux bleus si expressifs, son cliarme irrésistible, 'plus grand que sa beauté, prêtaient dès armes incomparables à son ambition. La duchesse faisait de fréquents séjours en France et s'entendait mal avec son mari, mais sans brouille ouverte : en 4698, le duc de Bracciano mourut, lui laissant une fortune considérable, mais grevée de dettes. Elle prit le titre de princesse des Ursins et obtint une pension de Louis XIV. Grrâce à des intrigues d'une finesse extrême, elle obtint la place de camerera mayor de la reine d'Espagne (seconde fdle du duc de Savoie) lorsque le duc d'Anjou fut appelé à la succession d'Espagne par le testament de Charles II. La faiblesse de Philippe V, gouve rné par la reine, et l'ascendant pris sur celle-ci par la princesse des Ursins allaient donner à cette dernière un rôle à sa taille : ce fut elle qui gouverna l'Espagne dans ce moment si difficile où la guerre étrangère se compliquait d'une guerre civile, au milieu des intrigues de palais et d'une incroyable détresse financière. Appelée à Paris, à la suite d'une dénonciation du cardinal d'Estrées, qui l'avait surprise avec un certain d'Aubigny qu'elle logeait près d'elle au palais, elle produisit une sorte de fascination sur la cour et sur Louis XIV même ; elle revint à Madrid toute-puissante, appuyée par M^^ de Maintenon, et montra, pendant les années de crise qui suivirent, le génie d'un homme d'Etat ; elle songea à se faire donner une souveraineté dans les Pays-Bas lors du traité d'Utrecht; mais la fin de sa domination approchait. La reine d'Espagne était morte et M."^^ des Ursins choisit elle-même pour lui succéder cette Elisabeth Farnèse, princesse de Parme, qui cachait sous une lourde apparence une âme altière et ambitieuse. La nouvelle reine écarta brutalement de suite la princesse des Ursins qui fut conduite de nuit en chaise de poste à la frontière et faillit mourir de froid et d'humihation (24 déc. 1714). Reçue très froidement à la cour de France, elle se retira en Italie et se fixa à Rome jusqu'à la fin de sa vie. ^Sainte-Beuve a fait une vive peinture de M'^^ des Ursins qu'il considère comme la femme politique accomplie ; le rôle pour elle était tout : tout se passait pour elle dans la sphère du compliment, de la cérémonie, de l'intrigue théâtrale; la galanterie, qui ne quitte jamais cette sorte de femmes, reste subalterne, au second plan. E. Combes a écrit sa vie en 1859 et A. Geffroy a réuni ses lettres (1859). URSO. Nom antique à'Osuna (V. ce mot).
URSONE (Chim.)(V. Busserole).
URSULE (Sainte) et les onze mille vierges. Fête le 21 oct. Ursule était fille de Diognète, roi breton. Demandée en mariage par Holopherne, roi païen, elle mit à son consentement deux conditions : premièrement, Holopherne se convertirait à la religion chrétienne ; secondement, il laisserait à sa fiancée un délai de trois années, pour un pèlerinage à Rome avec onze de ses compagnes. Elle partit avec onze trirèmes, dont chacune portait une de ses compagnes, accompagnée de mille suivantes. Elles débarquèrent ensemble au port de Tita, en Gaule, et remontèrent le Rhin jusqu'à Bâle; de là, elles se rendirent à Rome. Quand elles quittèrent cette ville, le pape Cyriaque et une multitude de clercs leur firent un splendide cortège. Près de Cologne, elles furent toutes massacrées par les Huns; mais aussitôt onze mille anges descendirent du ciel, exterminèrent les barbares et délivrèrent la ville assiégée. Les habitants ensevelirent avec honneur les martyres, et une église fut élevée sur leur tombe commune. Les BoUandistes [Acta Sanctorum) ont recueilli leurs noms. La cathédrale de Reims possède un navire d'argent appelé le Vaisseau de sainte Ursule. Cette sainte est la patronne de la Sorbonne, à Paris.— Telle est la légende la plus historique à notre point de vue, parce qu'elle est celle qui alimente le culte de sainte Ursule, et celle qui caractérise le mieux les cultes de ce genre. L'histoire ecclé-
siastique ne connaît aucun pape du nom de Cyriaque; il
est presque inutile d'ajouter qu'aucune histoire ne connaît
un roi breton appelé Diognète, ni un roi païen appelé
Holopherne. Le document le plus ancien, où il soit fait
mention de sainte Ursule, est un sermon prononcé pour
sa fête, et dont la date doit être placée entre 750 et 850.
.,P^^^- ViY'^^^^^' O^a^io de XI millibus Virqlnum; Vienne, 1510. -Crumbagh, Ursula vindicte; Cologne, 1617.
URSULE Benincasà (V. Gaétan de Thiène).
URSU LIN ES. l'origine des congrégations fort nombreuses et fort di\ erses qui portent ce nom remonte à Angèle Merici (née en 1470 à Dazenzano, sur le lac de Garde, morte en 1540, canonisée en 1807 par Pie Vil). Elle appartenait au tiers ordre de Saint-François. En 1537, elle institua à Bresci. une association de 73 jeunes personnes, vivant dans e monde, mais vouées « à tous les travaux auxquels la tharité les appellerait ». Elle leur persuada de se placer sous la protection de sainte Ursule « qui avait gouverné tant de vierges »; elles prirent le nom de Compagnie de Sainte- Ursule, Cette association fut approuvée par Paul HI en 1544, puis par Grégoire XIH, Sixte V et Paul V, qui augmentèrent successivement ses privilèges. Elle était placée sous l'autorité des évoques, et l'érection canonique donnée par le pape réservait aux supérieurs, conformément aux désirs de la fondatrice, le pouvoir de modifier les statuts, selon l'exigence des temps et des lieux. Les Ursulines se répandirent en Italie, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et même en Amérique. A la fin du xviii« siècle, elles formaient plus de 20 congrégations, avec 350 couvents et près de 20.000 rehgieuses. — - Le premier établissement des Ursulines en France avait été fondé en 1574 à Avignon, par M"^« de Bermond; il était spécialement destiné à l'enseignement. En 1596, César de Bus les décida à se constituer en communauté; et une maison ainsi constituée fut fondée à l'Isle (Comtat-Venaissin). Ce furent les Ursulines congrégées de Paris qui, les premières, embrassèrent Tétat rehgieux proprement dit, en prononçant des vœux perpétuels. Cette évolution s'opéra sous l'instigation de Marie L'Huillier, fille d'un président à la Chambre des Comptes et veuve du comte de Sainte-Beuve. Elle imposa la clôture aux Ursulines établies au faubourg Saint- Jacques, qui se soumirent à ses conseils. Une bulle de Paul V (13 juil. 1612) constitua leur monastère sous la règle de Saint-Augustin et sous l'autorité de l'archevêque de Paris. Aux trois vœux ordinaires fut ajouté celui d'instruire les petites filles. A la veille de la Révolution, la congrégation de Paris comprenait près de 80 monastères. Toulouse, Bordeaux, Lyon, Dijon,^ Arles étaient devenus les centres d'autres congrégations. Tulle était le centre d'une congrégation à vœux solennels, mais sans le vœu d'instruire la jeunesse. Les religieuses de la congrégation de Pont-Saint-Esprit étaient dites Ursulines de la Présentation. A Arles, fut fondée, sous la direction des jésuites, une congrégation dite des Ursulines du comté de Bourgogne, dont les constitutions, approuvées par Innocent X (1648), étaient tirées en partie de celles d'Ignace de Loyola. A l'époque de leur suppression (1790), toutes ces congrégations possédaient ensemble plus de 300 maisons, — La restauration de leurs communautés commença en 1805 à Chavannes en Vendée. Un décret de Napoléon (9 avr. 1806) permit aux Ursulines d'ouvrir des écoles. En 1881, elles étaient extrêmement nombreuses en France, plus de deux fois plus nombreuses que les membres du corps tout entier ne Tétaient en 1845. A cette époque, le nombre des Ursulines ne dépassait pas 3.000 dans le monde entier ; en 1881, il dépassait 7.000 en France seulement. Elles possédaient 217 maisons, parmi lesquelles 153 étaient autorisées. On évaluait au moins à 330 le nombre des écoles dirigées par elles. E.-H. Vollet. URSUS (Zool.) (V. Ours).
U RT. Com. du dép. desBasses-Pyrénées, arr. de Rayonne, cant. de Labastide-Clairence ; 1.639 hab. Stat. du chem. de fer du Midi.
URTACA — URUGUAY
URTACA. Corn, du dép. de la Corse, arr. de Baslia, cant. de Lama; 517 hab.
URTICA (Bot.) (V. Oiîtie).
U RTICACÉES (Urticaceœ Endl.) (Bot.). Les Urticacées sont des plantes herbacées ou arborescentes, à feuilles pourvues de stipules. Leurs fleurs, en général unisexuées, ont un périanthe simple de 4 ou, plus rarement, de 5 pièces, des étamines en nombre égal aux pièces du périanthe et un pistil qui, typiquement, comprend deux carpelles fermés, concrescents, contenant chacun un ovule ; presque toujours un des carpelles avorte, de sorte que l'ovaire est uniloculaire. Le fruit est un akène ou une drupe. La famille des Urticacées a été subdivisée en quatre sous-familles : Urticées, Cannabinées, Morées et Artocarpées.
1. Urticées. Les Urticées ont leurs fleurs construites sur le type 4. Les sépales, souvent inégaux, sont de couleur verte; à chacun est opposée, dans les fleurs mâles, une étamine dont le filet recourbé en dedans pendant le jeune âge est susceptible de se déployer brusquement en dedans au moment de l'anthèse pour disséminer le pollen. Le pistil contient un ovule orthotrope ; le fruit est un akène. A la sous-famille des Urticées appartiennent : les Orties (Urtica), plantes à feuilles opposées couvertes de poils unicellulaires contenant un liquide acide ; les Pariétaires (Paw^am), qui possèdent des fleurs unisexuées et des fleurs hermaphrodites ; les Ramies (Bœhmeria), etc.
IL Cannabinées. Les fleurs des Cannabinées sont unisexuées dioïques; les étamines, au nombre de 5, ont des filets droits ; le pistil, à 2 stigmates, contient un seul ovule campylotrope ; le fruit est un akène. Le Chanvre {Cannabis sativa L.) et le Houblon (Humulus Lupulus L.) sont des Cannabinées.
IIL Morées. Les Morées sont des plantes arborescentes parcourues par un appareil laticifère très développé ; les fleurs sont construites sur le type 4. Les fleurs mâles possèdent, comme celles des Urticées, des étamines susceptibles de se détendre brusquement pour projeter leur pollen ; l'ovaire, quelquefois adhérent aucalice, se transforme après la floraison en une drupe. Chez les Mûriers (3lorus), toutes les drupes d'une même inflorescence s'unissent en un fruit composé qui est la mûre. Les ovules sont anatropes.
IV. Artocarpées, Les Artocarpées renferment du latex comme les Morées, mais elles ont des étamines non recourbées dans le jeune âge. Le Figuier {Ficus carica L.) est une Artocarpée dont les fleurs sont réunies en grand nombre dans un réceptacle charnu ; les fleurs femelles occupent le fond du réceptacle, et les fleurs mâles sa partie supérieure.
Usages et propriétés. Le Chanvre, les Orties, la Ramie, le Broussonetia renferment des fibres textiles. Le Mûrier, le Figuier, l'Arbre à pain {Artocarpus) donnent des fruits comestibles. Le latex des Ficus sert à la préparation du caoutchouc. Les bractées des fleurs femelles du Houblon renferment une résine, la lupuline, utilisée dans la fabrication de la bière.
Distribution géographique. Les Urticacées sont représentées dans toutes les contrées du globe. Les Orties {Urticadioica L. et urens L.) se sont spontanément naturalisées presque partout. W. Russell.
URTICAIRE (Méd.). Eruption constituée par des saillies blanchâttes ou rosées de la peau, de consistance élastique, bien circonscrites par rapport au tissu environnant, constituées en somme par un œdème circonscrit du derme et s'accompagnant de sensations de chaleur et de démangeaisons plus ou moins fortes. Due à un trouble vasomoteur de la peau, l'urticaire, qui frappe de préférence les nerveux, est le résultat soit d'une irritation locale de voisinage, soit de l'action d'un agent infectieux ou d'une toxine alimentaire. Cette dernière cause semble de beaucoup la plus fréquente. L'étendue des plaques d'urticaire est variable. Elle peut aller du volume d'une pièce de 50 cent, à celui d'une pièce de o fr. Elle dépasse même quelquefois ce dernier, et alors l'urticaire est dite géante.
On a signalé de l'urticaire des muqueuses ^ (joues, voile du palais, larynx). Il est probable que les muqueuses des bronches, de l'estomac et de l'intestin en peuvent être également atteintes, et cela expliquerait la dyspnée, les vomissements, la diarrhée qui accompagnent certaines éruptions ortiées. Il existe un certain nombre de variétés d'urticaire en clinique : l'urticaire œdémateuse à forme persistante s'augmentant avec les poussées nouvelles, l'urticaire pigmentée caractérisée par des éruptions successives d'élevures érythémateuses, persistant ou prenant une coloration jaune brunâtre analogue à celle du xanthélasma. Les taches pigmentées peuvent persister longtemps après une poussée unique d'urticaire. Le traitement de l'urticaire est facile. L'indication est de soustraire les régions atteintes au contact de l'air par l'enveloppement et de calmer la douleur et le prurit par des topiques tels que le menthol, le naphtol, les lotions vinaigrées, chloratées, le salicylate de méthyle au besoin ; salicylate de soude et antipyrine à l'intérieur ; légers laxatiCs et régime lacté. La prédisposition à l'urticaire doit être combattue par une hygiène aUmentaire sévère et la régulation de l'état nerveux. Les douches tièdes, sédatives, données d'une façon prolongée, constituent une excellente médication. H. Fournier.
URTIÇATION (Thérap.)(V. Flagellation).
URTIÈRE. Corn, du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Maîche; 33 hab.
URTIS. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. de Sisteron, cant. de Turriers ; 90 hab.
URUBITINGA (Ornith.). Genre de Rapaces diurnes, de la famille des Falconidés (V. ce mot et Faucon), désigné scientifiquement sous le nom de Morphnus (Cuvier), et caractérisé par un bec allongé, recourbé depuis la base, comprimé et à bords mandibulaires festonnés. Les narines, arrondies, sont percées sur le bord de la cire* les ailes sont longues, atteignant l'extrémité de la queue qui est ample et allongée ; les tarses allongés, deux fois longs comme le doigt médian, et les ongles recourbés, courts et aigus. L'espace entre l'œil et les narines porte des poils, comme chez les Buses. Ces Rapaces, voisins des Buses et propres à l'Amérique chaude, habitent les plaines marécageuses, se nourrissant de Reptiles, de petits Mammifères et d'Oiseaux morts ou blessés. Le Morphnus urubitinga, type du genre, est de la taille d'une Buse, brun noirâtre, mélangé de gris et de blanc. Il habite la Guyane, le Brésil et les Antilles. Trois autres espèces habitent le Mexique et l'Amérique centrale {M. anthracinus), la Guyane, le Pérou et la Bolivie {M. schistaceus) et l'île de Cuba {M. Gundlachi). E. Trt.
URUBU (Ornith.) (V. Vautour).
URUFFE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Toul, cant. de Colombey-les-Belles ; 805 hab.
URUGNE. Rivière du dép. de la Lozère (V. ce mot).
URUGUAY. Rivière de l'Amérique du Sud, qui prend sa source dans les sierras do Uar, province de Santa Catalina, et forme, à sa réunion avec le Parana et le Guazû, le rio d^e la Plata. Elle traverse le Brésil, sépare l'Etat de Santa Catalina du Rio Grande do Sul et ce dernier de la République Argentine, puis elle longe la République orientale sur une longueur de 530 kil. ; la longueur totale de son cours est de 1.700 Icil. Ses principaux affluents lui viennent du territoire brésilien ; parmi les plus importants, ilfaut citer : sur la rive gauche, l'Uruguay-Mini,pIus connu dans le pays sous le nom de rio de las Pelotas, l'Uruguay-Pitâ, sur le cours duquel on trouve des profondeurs de 8"\30, l'Himi ou rivière de las Arenas (des sables), qui reçoit un grand nombre d'affluents et servit autrefois de frontières au territoire oriental, quand les Portugais enlevèrent aux Espagnols le territoire des missions. Cette rivière est le plus grand aftUientde l'Uruguay, avec le rio Negro (V. ce mot) ; viennent ensuite le Cuareim, l'Arapey, le Daymân, le Queguay, le Negro et le San Salvador. Sur la rive droite, l'Uruguay reçoit le
URUGUAY
Pépiré-Guazù, qui arrose les territoires, objet d'un litige entre le Brésil et l'Argentine, l'Aguapey, le Mirinay qui prend sa source dans le lac mystérieux de Herâ, le Mocoreta qui sépare une partie de la province de Corrientes de celle de Entre Rios, et enfin le Gualeguaychù qui se jette dans l'Uruguay en face de Fray Bentos. La profondeur de cette rivière est variable, mais il y aurait des fonds suffisants pour les navires de fort calage si le canal de Martin Garcia, qui se trouve à son entrée, était lui-même creusé, ainsi qu'il est question de le faire depuis plus de vingt ans. Actuellement, la navigation n'y est guère possible que pour les voiliers et pour les bateaux à vapeur, qui font le service de Montevideo et Buenos Aires sur Caysandù, le Salto, Concordia, etc. La force des courants varie, selon les vents et les saisons, de 4 mille 4/2 à 5 et 6 milles. Les vents les plus fréquents sont ceux du N. et ceux du S. Pendant les mois de juillet, août et septembre, les pluies abondantes qui tombent dans l'Etat de Santa Catalina provoquent de fortes crues qui font déborder le rio et presque disparaître les chutes connues sous les noms de Salto Chico et Salto Grande.
Le cours supérieur de cette grande artère serpente au milieu de régions montagneuses et boisées ; le volume de ses sources est insignifiant. Il incline vers l'O. et commence à devenir très fort au confluent du Mini ; il traverse alors des régions plates. A partir de la barre du Pi ta, il se dirige vers le S.-O.-S. et retrouve les régions boisées ; son lit s'élargit et, après avoir reçu les eaux de l'Ibicuy, il baigne les plus riches terres du Sud-Amérique et des ports de grand trafic, tels que le Salto, Paysandù, Fray Bentos, Caseros et Concordia. Son eau est d'une pureté rare ; elle contient très peu de matières minérales en dissolution et pour ainsi dire pas de chlorures ; par contre, elle renferme une forte proportion d'acide salicylique. — Le mot Uruguay est d'origine guarani; il paraît venir de Uni y oiseau semblable à une poule, et de ai qui signifie petit. Ch. Laroussie.
URUGUAY. République de l'Amérique du Sud, désignée sous le nom de République orientale, anciennement Bande orientale. Elle est située dans la zone tempérée, sur la rive gauche du Rio de la Plata, par 30*^ 5' et 35<* de lat. S., et 56M5' et 60^45' de long. 0. de Paris, Ses limites sont : au N., le rio Cuareim, puis son affluent l'Invernada, la chaîne de montagnes de Santa Ana, les rios San Luis, de la Mina et la rive gauche du Yaguaron jusqu'à la lagune de Morim. Par ces divers points, elle touche à l'Etat de Rio Grande do Sul (Brésil) ; à l'E., la côte occidentale de la lagune de Merim, la rive droite du Chuy (Ualie uruguayo-brésihen de 4854) et l'océan Atlantique ; à l'O., le rio Uruguaj; ; et, au S., le rio de la Plata. Ce pays compte 625 kil. de côtes fluviales ou maritimes et 450 kil. de frontières terrestres. Sa superficie est de 486.920 kil. q. Le recensement, arrêté au 4 «^ mars 1900, fait ressortir une population de 943.343 hab. ; en 4796, il n'en comptait que 30.695, 438.245 en 4877 et 683.000 en 4889. Au cours des vingt derni(>res années, la population a plus que doublé. Le même recensement estime le nombre des étrangers aux chiflres suivants : dans la capitale, I O'O.OOO ; dans les départements, 90.499 ; au total, 490.199., parmi lesquels : 53.000 Espagnols, 54.000 Italiens, 36.700 Brésiliens, 24.000 Argentins, 9.200 Français, 3. 000 Suisses, 2. 700 Anglais, 4.700 Allemands, etc. Mais ces chiffres sont très inférieurs à la réalité ; on doit les doubler sans crainte d'exagération. Pour les Français, en particulier, on peut dire qu'il n'y en a pas moins de 25.000 dans tout le pays et 42.000 dans la capitale.
Au point de vue de l'immigration, il est entré, pendant les dix dernières années, une moyenne annuelle de 9.000 à 40.000 colons, parmi lesquels un tiers d'Italiens, un cinquième d'Espagnols ; puis viennent les Brésiliens, les Français, les Allemands et les Anglais.
Au point de vue des professions, on relève : environ
38 o/o d'agriculteurs, 30 7o de gens sans profession, 48 Vo d'ouvriers industriels et de domestiques, et 4 4 ^/o d'individus qui ne rentrent dans aucune des trois précédentes classifications. La proportion des .immigrants mariés est d'environ 507^. Tandis que l'affluence des étrangers augmente chaque jour dans les pays voisins, principalement en Argentine et au Brésil, ilyaeu, au contraire, en Uruguay, stationnement depuis quelques années. Cela tient, d'ailleurs, à des causes parfaitement connues : en premier lieu, l'impossibilité d'obtenir dans la campagne des concessions de terres, l'Etat ne possédant plus de terrains fiscaux, les difficultés innombrables qui naissent entre divers propriétaires par suite de l'absence de cadastre (des raisons d'ordre politique ont, jusqu'à présent, empêché la confection d'un plan cadastral), l'augmentation incessante des impôts, l'incommodité des voies de communication. En outre, le travail agricole, faiblement rémunéré, manque d'activité, et le besoin d'une maind'œuvre intelligente est pour ainsi dire insignifiant.
L'Uruguay est indépendant depuis 4825, Sa constitution, qui en fait une République représentative, remonte au 48 juil. 4830. L'esclavage est aboli depuis 4842. Le pouvoir législatif appartient à deux Chambres ; les sénateurs et les députés sont élus pour quatre ans, au suffrage universel direct ; le pouvoir exécutif est entre les mains d'un président également nommé pour quatre ans par les deux Chambres réunies en congrès le 4®^ mars ; le président du Sénat est vice-président de la République et, avec le titre de chef du pouvoir exécutif, il remplace le président si celui-ci ne termine pas sa période présidentielle. Le président n'est d'ailleurs pas rééligible ; il est assisté de cinq ministres non responsables qui sont des sortes de secrétaires ; le pouvoir judiciaire est exercé par un tribunal supérieur composé de 44 ministres, par des juges au civil et au commercial, par des juges départementaux, par des juges de paix et par des alcaldes; la justice militaire est représentée par un tribunal militaire. Le catholicisme est reconnu comme religion d'Etat. Au point de vue administratif, le pays est divisé en 49 départements à la tête desquels se trouvent des préfets nommés par le gouvernement central. L'armée se compose de 3.500 hommes de toutes armes et d'un grand nombre d'officiers, dont 250 en activité de service. En temps de paix, les Orientaux ne sont pas soldats. La marine militaire comprend 2 canonnières et 40 vapeurs de faible tonnage (50 à 420 tonnes) destinés au service de la capitainerie générale des forts.
L'Uruguay est essentiellement un pays d'industrie pastorale ; l'élevage constitue sa principale source de richesse. L'étendue des champs de pastoreo est d'environ 46 millions d'hect. représentant de 600 à 700 millions de fr. On estime l'importance du troupeau aux chiffres suivants : 5 millions de têtes pour la race bovine, 48 millions de moutons, 500.000 chevaux, 45.000 têtes pour la race mulassière, 40.000 têtes pour la race porcine, 5.000 chèvres, soit au total 23.560.000 têtes. Tous les départements de l'Uruguay se prêtent admirablement à l'élevage du bétail, à l'exception peut-être de ceux de Treinta y Très et de Rocha, dont les terrains sont bas, sablonneux ou marécageux. Mais ceux où cette industrie réussit le mieux sont Florès, Durazno, Soriano, Tacuarembo, Cerro Largo, etc. L'élevage a donné lieu à une industrie de première importance, celle des saladeros, établissements où l'on prépare la viande salée et séchée au soleil. On compte 48 établissements de ce genre échelonnés pour la plupart sur le rio de la Plata, dans les environs de Montevideo, et sur le rio Uruguay ; à noter spécial'^inent l'usine de Fray Bentos (V. ce mot) (extraits d': viande Liebig). Les saladeros abattent tous les ans, '.u cours de la campagne qui dure sept mois (de nover/ore à fin mai), de 700.000 à 4 million de têtes. La ^;iande est expédiée au Brésil et à Cuba ; on la désigne sous le nom de tasajo, et charqui au Brésil. Les langues sont mises en conserves ; des os
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et détritus on extrait le suif et on les fait servir ensuite comme combustible pour chauffer les chaudières ; calci-? nés ou réduits partiellement en cendres, ils sont exportés en Angleterre où on les utilise comme engrais et pour la fabrication de certains objets imitation ivoire ; les peaux sont salées. Les autres sous-produits sont : les cornes, cornillons, sabots, crins, le sang qui, séché au soleil, est presque tout exporté en France ; les rognons et les cervelles sont vendus sur place. Sur les 48 saladeros, 15 abattent les bovidés et 3 abattent les juments.
L'agriculture est relativement peu développée ; mais elle donne d'excellents résultats à cause du climat très doux dont jouit l'Uruguay et de la fertilité exceptionnelle de son sol. Le régime du sol est celui de la grande propriété ; mais il n'a pas apporté les avantages qu'on lui reconnaît généralement : l'emploi des machines agricoles et des procédés de culture perfectionnés est encore restreint. L'habitant s*adonne, de préférence, à l'élevage qui laisse, pour ainsi dire sans efforts, de très gros bénéfices. On estime à 580.000 hect. l'étendue de terres cultivées (valeur 430 millions de fr.). Les principales cultures sont : le blé, le maïs, l'orge, le lin, l'avoine, l'alpiste, la pomme de terre, la vigne et le tabac ; elles exigent généralement peu de soins, un simple labourage superficiel et point de fumure. Le blé et le maïs (ensemble près de 400. ()00 hect.) suffisent à la consommation intérieure ; on en exporte même une certaine quantité. L'ayoine, qui semblerait être un aliment indispensable à l'élevage du cheval, ne se cultive que sur une petite échelle ; ce produit tend, d'ailleurs, à disparaître peu à peu ; dans les villes, on nourrit le cheval avec du maïs ; à la campagne, on le laisse au vert, en liberté. La pomme de terre fait l'objet d'une culture de second ordre ; on ensemence la pomme de terre d'Europe, et le produit de la première récolte ne peut servir, à son tour, que pour deux autres ensemencements, car il devient de plus en plus petit et visqueux. La cour. sommation de cette solanée se fait plutôt dans les villes ; à la campagne, l'habitant se nourrit de viande, de riz et de haricots. Ce dernier légume est lui-même peu cultivé dans le pays, bien que le sol se prête très bien à sa culture. La vigne paraît être appelée à un grand avenir ; le premier vignoble remonte à 4874; il fut planté dans le dép. de Salto par un Français, Pascal Harriague ; en 4875, un Oriental étendait cette culture vers le S. ; depuis cette époque, les plantations ont pris une rapide extension ; elles occupent actuellement environ 4.000 hect. et pro-? duisent 3.500.000 litres de vin; les principaux cépages sont français. Le tabac, comme la vigne, est appelé à donner d'importants revenus : le sol s'y prête admirablement, mais les procédés de culture ont besoin d'être perfectionnés ; ce sont les Brésiliens qui, vers 4870, firent les premières plantations; actuellement, dix départements cultivent cette feuille.
L'Uruguay n'est pas un pays industriel ; la politique protectionniste des gouvernements qui se sont succédé depuis un demi-siècle n'a pas eu pour but de provoquer un mouvement quelconque en ce sens ; elle a été inspirée uniquement en vue d'intérêts particuliers ou de nécessités fiscales ; il a rarement été tenu compte de l'intérêt des consommateurs. L'industrie saladérile est la plus importante (V. ci-dessus). Une autre industrie qui semble de nature à recevoir un plus grand développement, surtout au point de vue fabrication, est celle des farines; les moulins existant suffisent à la consommation nationale ; il ne s'importe pas un seul sac de farine étrangère. Parmi les autres industries — secondaires — , il faut citer : de nombreuses fabriques de tabacs, une raffinerie de sucre, 5 fabriques d'allumettes, 4 fabriques d'alcool, 5 fabriques de bières, des fabriques de savons, bougies, etc. ;et enfin l'industrie si prospère des contrefaçons !
Les mines et carrières sont, au dire des hommes compétents, assez nombreuses ; elles n'ont cependant pas été sérieusement prospectées. La seule exploitation qui mérite
(î'ètre citée est celle des établissements français de Cunapiru (mines d'or), dans le dép. de Rivera ; le rendement du minerai varie de 7 à 45 gr, la tonne ; on connaît des carrières d'ardoises et de beaux granits dans le dép. de Minas ; jusqu'à ce jour, aucun gisement de charbon n'a été signalé.
Le mouvement commercial, qui avait atteint son apogée en 4889 et 4890, semble se relever depuis 4895 d'une façon lente, mais régulière, avec des vafiîitiQns peu importantes : 4895, 58 millions de piastres, — 4896, 56 millions, — 4897, 49 millions, — 4898, 55 millions, — 4899, 59 millions. La faiblesse du chiffre de 4897 s'explique par le fait d'une révolution qui dura dix mois ; la diminution porta d'ailleurs presque uniquement sur les articles d'importation. En 4899, les 59 millions se répartissent en 26 millions pour les marchandises importées et 33 millions pour les produits exportés. Les principaux pays qui ont contribué à ce mouvement général sont l'Angleterre, pour 9.500.000 piastres ; l'Argentine, pour 8.600.000; la France, pour 8.250.000: le Brésil, pour 7 millions 800.000; la Belgique, pour 6.800.000; l'Allemagne, pour 5 millions; l'Amérique du Nord et l'Itahe, chacune pour 3 millions ; l'Espagne, pour 2.200,000; et les divers pays pour des sommes inférieures à 400.000. La France conserve, depuis de longues années, avec de faibles variations, le troisième rang : il n'y a guère qu'une quinzaine d'années, nous occupions le second rang après avoir tenu longtemps le premier. Nous achetons beaucoup plus que nous ne vendons ; nous sommes les plus forts cUents de l'Uruguay pour les laines.
Le tableau ci-dessous indique la part contributive de chaque catégorie d'articles dans l'ensemble du commerce d'exportation :
Piastres Produits de l'élevage 27.500.000
— de l'agriculture 4.500.000
Animaux sur pied 600.000
Autres produits du sol 260 .000
Marchandises pour l'approvisionnement des
navires 400.000
Divers articles. . , 5Q.QQ0
Total 33.ÔO().000
Le chiffre de 27.500.000 piastres pour les produits de l'élevage et des saladeros, laines, peaux, cuirs, viandes salées et viandes en conserves, est normal ; il varie très peu d'une année à l'autre. Les produits de l'agriculture ont contribué pour la somme de 4.500.000 piastres qui n'avait encore jamais été atteinte ; généralement les transactions sur les produits du sol ne dépassaient pas 2 millions de piastres. Sous la rubrique à' animaux sur pied, on voit chaque année diminuer le chiffre des affaires : les exportateurs opèrent de préférence à Buenos Aires où les na-r vires arrivent à quai, tandis qu'ils demeurent en grande rade à Montevideo. Il y a donc de ce seul fait un double avantage : chargement facile et rapide et diminution dans les frais occasionnés à Montevideo par les transborde-^ ments : diverses propositions pour la construction d'un môle spécial ont été formulées au cours de ces dernières années, mais aucune n'a encore abouti ni ne paraît près d'aboutir. Le pays perd, chaque année, de ce chef, des sommes assez considérables.
Les principaux clients de l'Uruguay sont, par ordre d'importance: le Brésil, pour 49,34 ^/o du total; la France, pour 48,22 «/odu total ; la Belgique, 47,83 Vo du total; l'Argentine, 47,56 % du total; l'Angleterre, 9,52 7o du total; l'Allemagne, pour 9,28 «/o du total; l'Amérique du Nord, pour 3,25 du total ; l'Italie, pour 4,90 *>/o du total ; l'Espagne, pour 0,78 «/^ du total, etc.
Parmi les produits de l'élevage, il faut faire une mention spéciale pour les laines qui représentent plus de 10 millions de piastres, le tasajo ou viande salée et séchée (5.474.856 piastres) et les cuirs (4.700.942 pias-
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très). Les principaux acheteurs de laines sont : la France pour 3 millions de piastres, la Belgique pour 2 millions 1/2, l'Allemagne pour un peu plus de 2 millions, et TAngleterre pour environ 400.000 fr. En cuirs salés et en cuirs secs, nous sommes les plus forts acheteurs; nous achetons également la plus grande partie du stock des peaux de mouton, 11 est juste toutefois d'ajouter que la totalité des peaux et des cuirs embarqué? dans les ports uruguayens ne provient pas uniquement de la République. [1 en vient du Paraguay, des saladeros du Cuareim (Brésil) et de l'Argentine (prov. d'Entre Bios et de Corrientes). Mais les cuirs qui viennent du Paraguay et du Brésil sont plus détériorés par les marques à feu que ceux que fournit le pays lui-même. Il reste, d'ailleurs, de grands progrès à réaliser de ce côté, les marques diminuant sensiblement la valeur des cuirs. L'importance des transactions sur cet article a appelé l'attention des éleveurs sur les perfectionnements dont était susceptible le système des marques à feu faites aux animaux. On a établi que, en 1899, il y a eu 53 ^/o des cuirs exportés avec une marque (perte 1 fr. 50 par cuir), 32 %. avec deux marques (perte 3 fr. 50 par cuir) et 12 °/oavec trois marques ou plus (perte 6 fr. par cuir). Le préjudice subi de ce fait a été calculé à près de 1 million de piastres (5 millions de fr.).
La même observation qui a été faite pour la provenance des cuirs s'applique à la viande salée et séchée au soleil, désignée sous le nom de eajme tasajo ou simplement tasajo. Les importants établissements saladéristes du Cuareim contribuent pour environ 1/6 dans le montant des exportations de l'Uruguay. Le Brésil est le principal acheteur de cet article; Cuba, depuis la guerre des Etats- Unis avec l'Espagne, a cessé d'être un débouché pour le tasajo. Il n'en a été envoyé à cette destination que 2.000 tonnes, soit pour 208.000 piastres environ. La consommation des Etats-Unis est insignifiante; elle ne figure que pour une valeur de 106.000 piastres.
Le chiffre de 26 millions pour les marchandises importées se répartit de la façon suivante :
Piastres Matières poi;r l'industrie et l'îîgriculture, —
machines et outils 6 . 300 , 000
Tissus en 'tous genres 4 . 900 . 000
Comestibles, céréales et denrées , .', 4 , 500 . 000
Boissons en général 3 . 000 . 000
Bétail sur pied , 2.300.000
Vêtements et articles confectionnés 2 . 000 . 000
Divers articles , . , . 3.000.000
Les pays européens n'importent en Uruguay que des animaux fins pour la reproduction.
Les principaux fournisseurs de l'Uruguay sont : l'Angleterre pour environ 27 1/2 % du total, l'Argentine 13 «/o, la France 11 «/o, l'Allemagne 9 ^o, l'Italie 9 «/o, l'Espagne 8 Vo, les Etats-Unis du Nord et le Brésil 7 1/2 % chacun, la Belgique, 8 1/2 Vo, etc.
La France conserve, depuis 1896, le quatrième rang; en 1894 et 1895, elle n'occupait que le cinquième et était dépassée par l'Allemagne. Nos principaux articles d'importation sont : 1° les boissons en général, vins, champagnes, absinthe, bitter, vermout, cognac ; en ce qui concerne les vins, la diminution se produit tous les ans avec upe régularité inquiétante ; l'Espagne et l'Italie, qui sont les deux plus importants vendeurs de cette boisson en Uruguay, voient également baisser leiir chiffre d'affaires.