UTRECHT
furent résolus que par les traités de Vienne, en 1734 et en 4738.
Les traités d'Utrecht, comme auparavant les traités de Westphalie, sont restés pendant un demi-siècle la charle politique et territoriale de l'Europe; aussi convient -il d'en marquer nettement les conséquences. On a exagéré le dommage direct qu'ils causaient à la France ; celle-ci perdait sans doute sa prépondérance en Europe, mais elle gardait toutes les frontières, tous les éléments de puissance et de considération extérieure acquis pendant le siècle précédent. Sa faiblesse résidait plutôt dans les progrès de ses rivaux. L'Angleterre s'élevait au premier rang, ayant fait accepter par les puissances son rôle de gardienne de l'équilibre continental, et fondé sa domination maritime en s' ouvrant toutes les mers. Elle profitait de tout ce que perdait la Hollande, qui désormais n'aura plus d'une grande puissance que le nom. L'Autriche semblait être devenue prépondérante sur terre, puisqu'elle avait assujetti plusieurs princes d'Allemagne; mais elle trouvait un contrepoids dans deux royautés nouvelles : au N., le roi de Prusse qui ralliera les Etats protestants; au S., le roi de Sicile et bientôt de Sardaigne, qui avait obtenu de nouveaux avantages par de nouvelles palinodies. En voyant grandir sur ses flancs ce petit Etat, la France, elle aussi, payait la faute qu'elle avait commise en traitant séparément avec lui (4696). Par contre, l'Espagne, cette ancienne moitié des forces autrichiennes, transformée d'adversaire en annexe, était désormais engagée dans les intérêts de la France et intéressée à combattre les derniers héritiers de la maison de Habsbourg pour leur reprendre une partie des avantages de Rastadt; do plus, elle sortait de la guerre régénérée. Le système politique qu'inauguraient les traités d'Utrecht devait régir l'Europe jus^ qu'en 1789 et se retrouver même en partie dans les traités de 4815. Albert Pingaud.
Eglise janséniste d'Utrecht. — L'histoire de cette Eglise tient une grande place dans l'histoire du jansénisme; cHe est, en outre, un exemple notable del'indestructibilité ou, au moins, de la longévité des schismes motivés par des questions de doctrine, lorsqu'ils ne sont point supprimés par des mesures de contrainte. — Lorsque le protestantisme devint la religion dominante en Hollande, les Eglises catholiques de ce pays furent gouvernées, comme missions, par des vicaires apostoliques, à qui la cour de Rome donnait un titre d'évêché inpartibus infidelium. Vers la fin de la première période des agitations causées par la condamnation des cinq propositions de Jansénius, ces fonctions étaient exercées par Neercassel, sous le nom d'évêque de Castorie. H était fort lié avec Arnault et ses amis, et il avait publié un petit ouvrage, qui fut condamné plus tard à Rome. Il mourut en 1686 et fut remplacé par Codde, archevêque de Sébaste, qui se montra dans les mêmes sentiments et qui attira en Hollande plusieurs jansénistes de France. Le 7 mai 1702, il fut déclaré suspens par Clément XL Cock, pasteur à Leyde, fut nommé vicaire apostolique par intérim ; mais les Etats généraux lui défendirent d'exercer ces fonctions, jusqu'à ce que l'archevêque fût rétabli ; et finalement ils le bannirent à perpétuité (1703). L'année suivante (3 avr.), Codde fut déposé par un décret du pape. Il resta dans le pays et écrivit pour sa justification et celle des siens, mais s'abstint de toute fonction ecclésiastique. Il mourut le 18 déc. 1710. En déposant Codde, le pape avait chargé de la mission en Hollande son nonce à Cologne qui nomma un vicaire apostolique, à qui fut donné le titre d'évêque d'AdrianopoKs. Les Etats généraux lui interdirent l'entrée de la Hollande. Une troisième nomination n'eut pas plus de succès : Bylevelt, désigné comme vicaire apostolique, fut aussi banni et, de plus, condamné à une amende.
Pendant ces années, les partisans de Codde ne reconnaissaient que les grands vicaires nommés par lui ou par le chapitre d'Utrecht. Ce chapitre prétendait avoir le droit
de gouverner pendant la vacance du siège ; il nommait des pasteurs, donnait des dimissoires et exerçait toutes les autres fonctions qui n'exigent point le ministère des évêques. Des évêques français, notamment les évêques de Bayeux, de Blois et de Senez, lui prêtaient assistamîe, en ordonnant prêtres de jeunes Hollandais, sur les dimissoires du chapitre et sans signature du Formulaire. D'autre part, plusieurs docteurs de la Sorbonne, tous appelants de la bulle Vnigenitus^ donnèrent une consultation, établissant qu'une Eglise ne perd pas ses droits par une longue viduité ; que l'usage de la cour de Rome d'envoyer des vicaires apostoliques à des Eglises anciennement constituées était une usurpation, et que les prêtres de la Hollande pouvaient rentrer dans l'exercice de leurs droits, contre lesquels rien ne pouvait prescrire. La faculté de droit de Paris, aussi appelante, émit une décision pareille ; de même, Van Espen, le célèbre canoniste, et quatre docteurs de Louvain. En conséquence, le 27 avr. 1723, le chapitre d'Utrecht élut archevêque Corneille Steenoven, qui exerçait depuis longtemps les fonctions de grand vicaire. Cette élection fut annoncée au pape, avec prière de la confirmer. Le pape ne fit aucune réponse ; mais le Saint- Siège étant vacant, les cardinaux firent recommander aux évêques voisins de ne point prêter les mains à la consécration de Steenoven. Il fut sacré à Amsterdam, le 15 oct. 1724, par Varie t, prêtre des missions étrangères de Paris, qui avait été nommé coadjuteur de Tévêque de Babylone en 1718, mais avait été suspendu de ses fonctions en 1720, à cause de ses relations avec les opposants. Le 30 déc. 1724, Steenoven et son clergé interjetèrent appel au concile général des vexations de la cour de Rome. Par bref du 21 févr. 1725, Benoit XIII déclara l'élection nulle, et l'élu suspens de toute fonction. Celui-ci fit appel, le 30 mars; il mourut le 5 avr. Pour lui succéder, on élut Corneille-Jean Barchman, appelant, qui fut sacré par l'évêque de Babylone, le 30 sept. Un premier bref du pape déclara l'élection nulle ; un second anathématisa Barchman, ses électeurs et ses adhérents. Barchman y répondit par un appel signé de lui et de son chapitre, et auquel souscrivirent peu après 64 autres prêtres et une quarantaine de réfugiés français. En cette même année, 26 chartreux se retirèrent en Hollande, pour ne point se soumettre à un décret de leur ordre, prescrivant d'accepter la bulle Unigenitus; peu après, 15 religieux de l'abbaye d'Orval (diocèse de Liège) firent de même, déguisés en officiers. Les jansénistes de France achetèrent, auprès d'Utrecht, les maisons de Schoonow et de Rhinwich, pour servir de refuge aux appelants émigrés. L'Eglise d'Utrecht devint ainsi un centre de ralliement pour tous les adversaires de la bulle. On y envoya des subsides et des actes d'adhésion, avec d'autant plus d'ardeur que cette EgHse donnait du relief à la cause, par le nom d'un archevêque. Barchman mourut le 13 mai 1733. Il fut remplacé par Théodore van der Croon, qui fut sacré par l'évêque de Babylone le 28 oct. 1734. Par bref du 27 févr. 1735, Clément XII déclara excommuniés de nouveau et schismatiques l'élu, les électeurs et leurs adhérents. Van der Croon mourut le 9 juin 1739. Pierre- Jean Meindartz, pasteur à Lewaerde, lui succéda (2 juil.) ; il fut encore sacré par l'évêque de Babylone (18 oct.). Après la mort de cet évêque, Meindartz rétablit le siège épiscopal de Haarlem, vacant depuis cent cinquante années ; et il y fit élire Jérôme de Bock, qu'il sacra lui-même. Le siège de De- VENTER fut relevé à peu près dans les mêmes conditions. — Du 13 au 20 sept. 1763 fut tenu à Utrecbt un concile présidé par Meindartz. Avec lui siégeaient Van Stiphout, qui avait succédé à Jérôme de Bock en l'évêché de Haarlem, Byevelt, évêque de Deventer, des chanoines et des curés, à qui on avait accordé voix délibérative, à l'égal des évêques. Ils énumérèrent les documents considérés par eux comme énonçant les caractères distinctifs de leur doctrine ; et ils y ajoutèrent quelques décrets touchant la discipline et les sacrements : tout cela, conformément aux
UTRECHT - UTZCHNEIDER
sentiments des jansénistes les plus attachés à la tradition catholique. Le 30 avr. 4765, par un décret intitulé Déclaration DE NULLITÉ DU FAUX CONCILE DE LA PROVINCE
d'Utrecht, et commençant par les mots : Non sine acerbo^ Clément XIII condamna le livre par lequel ce concile avait été publié, comme contenant des propositions fausses, scandaleuses, calomnieuses, destruC'tives de la hiérarchie et injurieuses au Saint-Siège. Meindartz répondit amplement. On ne mentionne aucun évèque français comme ayant approuvé publiquement les actes de ce concile ; mais les adhésions furent nombreuses dans le second ordre du clergé, et parmi les canonistes et les jurisconsultes. La Faculté de droit de Paris approuva formellement les actes du concile et arrêta d'adresser à Utrecht une lettre de félicitations. Le gouvernement fit effacer cette délibération des registres de la Faculté et exiler un des docteurs les plus ardents. Néanmoins, les actes d'union des jansénistes de France avec leurs frères de Hollande devinrent de plus en plus nombreux, et le Parlement ne fit rien pour les empêcher. — Meindartz mourut le 30 oct. 1767. Il fut remplacé (19 nov.) par Michel-Gauthier Van Nieuwen Huysen, qui fut sacré le 7 févr. de l'année suivante. Avant sa mort, il avait vu les jésuites, ces implacables ennemis des jansénistes, chassés du Portugal, puis de la France, de l'Espagne, de la Sicile et de Naples. Quelques années après, leur ordre fut aboli par un pape ; et avant la fin du siècle, le Fébronianisme, le Joséphisme, la Fondation d'Ems, la Constitution civile du clergé, reproduisaient la plupart des maximes professées par les jansénistes, en leur résistance à la cour de Rome.
Au XIX® siècle, l'Eglise janséniste de Hollande se maintint, malgré les dévastations de la Révolution, malgré les réactions de la contre-révolution et malgré l'énorme développement de l'ultramontanisme. Elle possède toujours ses trois sièges épiscopaux à' Utrecht, de Haarlem et de Deventer, Mais elle est peu nombreuse, elle ne l'a jamais été; et il paraît fort difficile qu'elle le devienne, car elle réprouve les pratiques et les excitations qui poussent la multitude catholique à l'église, au confessionnal et aux pèlerinages ; et elle vit en des temps où l'étude et l'exercice de la pensée mènent à l'incrédulité plus souvent qu'à ce qu'on appelait anciennement une religion éclairée. A l'époque où Pie IX définit le dogme de V Immaculée-Conception, elle ne comptait guère que 7.000 membres. La définition de ce dogme et les mesures prises pour l'imposer lui valurent un certain nombre d'adhésions nouvelles. Ce nombre a sensiblement augmenté, par suite des résistances que les décisions du concile du Vatican ont provoquées. Ce fut alors que se manifesta ce que ses fidèles appellent sa destination providentielle. En effet, on peut dire, en un certain sens, que les Eglises des vieux- catho-ligues lui doivent leur existence. Des évêques rattachés à la succession apostolique étaient nécessaires à la constitution normale de ces Eglises. Ces évêques ne pouvaient être sacrés que par des évêques appartenant déjà à la succession apostolique. Or parmi ceux-là les évêques de Hollande^étaient, dans l'Eglise d'Occident, les seuls qui pussent consentir à accomplir un acte réprouvé par la cour de Rome. Non seulement, l'Eglise de Hollande se trouve ainsi placée au centre des 120.000 vieux-catholiques, constitués canoniquement aujourd'hui (1901) en Eglises; mais elle a accompli en France une mission spéciale, en recueillant la succession de l'œuvre abandonnée par le P. Hyacinthe Loyson, c.-à-d. en adoptant et en dotant i* Eglise gallicane, établie sous le vocable de Saint-Denis, au boulevard d'Italie à Paris, tout près de l'hôpital qui fut la maison parisienne de Port-Royal et tout près de l'église Saint-Médard. E.-H. Vollet.
IL Province. — Province des Pays-Ras. Elle est limitée au N. par la Hollande septentrionale et le Zuyderzée, à l'E. par la Gueldre, au S. par la Gueldre et la HoUande méridionale, à VO. parla Hollande méridionale.
C'est la plus petite province du royaume ; elle s'étend sur 1.384 kil. q. et compte environ 265.000 hab., dont les 8/10 appartiennent aux diversessectes du protestantisme. La province se divise en 5 districts électoraux : Utrecht, Amersfoort, Amerongen, Ijsselstein etRreukelen. Au point de vue judiciaire, elle relève de la cour d'appel d'Amsterdam. Pour ce qui concerne le culte catholique, la province relève de l'archidiocèse d'Utrecht qui a quatre évêchés suffragants ; ceux de Haarlem, de Rréda, de Rois-le-Duc et de Ruremonde. Utrecht est aussi le quartier général des jansénistes, qui forment depuis le synode d'Utrecht de 1713 un parti religieux sous le nom de catholiquesromains de l'ancien clergé (roomsche Katholieken der oude Klerizij). Ils ont aussi un archevêque à Utrecht; il a deux suffragants : les évêques de Haarlem et de Deventer. E. H.
UTRICU LAI RE ( JJtricularia L.) (Bot.), Genre type des Utriculariées, qu'on rattache parfois aux Scrofulariacées. Ce sont en général des herbes aquatiques, à feuilles submergées, divisées en segments filiformes et munies de petites vésicules (ascidies) fermées par un opercule entouré de filaments rameux, pleines d'air et permettant ainsi à la plante de flotter. Fleurs hermaphrodites disposées en grappes à l'extrémité de rameaux aériens aphylles; calice bilabié; corolle en gueule, à tube presque nul, avec éperon ou bosse à la base; androcée dimère; ovaire uniloculaire ; capsule renfermant de nombreuses petites graines suborbiculaires, exalbuminées. On en connaît environ 150 espèces répandues dans les contrées chaudes et tempérées. L'espèce type, U. vulgaris L. , est très répandue en Europe et Jouit de propriétés diurétiques. On considère les Utriculaires comme des plantes carnivores, parce que l'on trouve dans l'eau des ascidies de petits crustacés et des larves d'insectes, voire de jeunes gardons ; mais c'est probablement à tort.
UTRICULARIÉS (Bot.) (V. Lentibulariacées).
UTRICU LE. I. Botanique.. — Nom donné aux cellules des tissus chez les végétaux. — Utricules mères du pollen. Les ovules mâles des Phanérogames.
Il, Anatomie. — Une des deux vésicules membraneuses de l'oreille interne (V. Oreille).
Utricule prostatique, encore appelé organe de Weber, utérus mâle, vagin mâle. C'est un organe en forme de petite poche creusée dans l'épaisseur de la prostate et venant s'ouvrir au sommet du verumontanum sous la forme d'une fente, entre les orifices des deux canaux éjaculateurs. Chez l'homme, l'utricule prostatique a de 7 à 15 millim. de profondeur. Chez les Solipèdes, il atteint 7 à 8 centim. Sa cavité est tapissée d'un épithélium cylindrique cilié et remplie d'une sécrétion séromuqueuse dans laquelle on peut trouver, chez le cheval, des sympéxions comme on en rencontre dans les vésicules séminales de l'homme.
La variabilité dans l'étendue de l'utricule prostatique, sa terminaison en cul-de-sac conoïde, et l'étude de cet organe chez l'embryon, font voir qu'il est une portion persistante du canal de Millier (V. Embryologie et WoLFF [Corps de]), et l'homologue, chez le mâle, du vagin de la femelle. Ch. Debierre.
UTRUY (Baron d') (V. Dutruy).
UTZCHNEIDER (Joseph von), industriel et tedinologue allemand, né à Rieden (Haute-Bavière) le ^ mars 1763, mort à Munich le 31 janv. 1840. Pourvu tout jeune de postes importants dans l'administration des finances, il élabora des plans de réforme qui déplurent à une grande partie de la noblesse, fut mis en 1801 en disponibilité et se consacra, pendant quelques années, à l'industrie. Il monta d'abord, à Munich, une grande corroirie, puis m. 1804, avec Reichenbach et Liebherr, un institut mécanique, où furent mis pouria première fois en pratic^ue les procédés qu'il avait imaginés en vue de la fabrication des verres artistiques de Venise, du crownglass, du flintglass, et, en 1809, il fonda avec Fraunhofer (V. ce nom) l'institut optique, qui devait bientôt fournir toute l'Europe
UTZCHNEIDKR — UYTENBRQECK
d'instruments de précision. Rentré en grâce en 1807 et nommé, en même temps que référendaire à la chambre des finances de la cour, administrateur général des salines, il apporta dans les conditions d'exploitation de celles-ci de grandes améliorations et organisa le cadastre parcellaire. Il quitta de nouveau en 1814 le service de l'Etat pour monter une grande brasserie et une manufacture de draps. Il était en dernier lieu directeur de la nouvelle école polytechnique de Munich. Il avait été, à deux reprises, bourgmestre de cette ville. L. S.
BiBL. : Bauerfeind, Joseph von Ulzchneider; Munich,
UVÉE. L'uvée est le nom sous lequel on désigne l'épithélium pigmenté, noir et brillant de la face postérieure de Y iris (V. ce mot et OEil). Quelques auteurs ont étendu ce nom à toute la couche interne de la choroïde.
UVERNET. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. et cant. de Barcelonnette ; 406 hab.
UVITINIQUE ou UVITIQUE (Acide).
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L'acide uvitique qu'on appelle aussi acide uvitinique se produit en même temps que l'acide trimésique dans l'oxydation de l'acide mésitylénique. Il se forme encore quand on traite l'acide pyruvique par l'hydrate de baryte. C'est un corps cristallisé Insoluble dans l'eau froide, un peu soluble dans l'eau bouillante, assez soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il appartient à la série aromatique et possède deux fonctions acides. Il forme avec les bases des sels pour la plupart cristallisés. Traité au bain-marie par l'acide azotique fumant mélangé d'acide sulfurique, puis versé dsfns un excès d'eau, il laisse précipiter une poudre blanche formée de deux acides uvitiques mononitrés qu'on sépare par cristallisation. A. B.
UVITONIQUE (Acide). Form. j J^;;; g'^^'^J'
L'uvitonate de baryum se forme avec le carbonate, l'oxalate et l'uvitate quand on fait bouillir l'acide pyruvique avec un excès d'eau de baryte. L'acide uvitonique est très soluble dans l'eau et dans l'alcool; c'est un acide fort qui décompose les carbonates. D'après Bôttinger, il ne constituerait pas un corps chimique défini et ne serait* qu'un produit de décomposition de l'acide uvitique mélangé d'acide acétique. A.B.
UWINS (Thomas), peintre anglais, né à Pentonville (Londres) le 24 févr. 1782, mort à Staines le 25 août 1857. Elève d'un graveur (1797), il entra à l'Académie royale de Londres l'année suivante et^ sous l'influence de Lawrence, s'adonna au portrait. En 1808, il commença à illustrer des livres (Robinson Crusoë, Youngs, Ackermanns Repositorium). Il exposa en 1810 la Petite Mère de famille, en 1811 Enfants revenant de F école, en 1813 Jeune Fille, etc. En 1814, il alla pour sa santé dans le Midi de la France et peignit de nombreuses esquisses. Pendant un séjour prolongé à Edimbourg, il fit des portraits au pastel. De 1824 à 1831, il visita l'Italie, se mit à la peinture à l'huile et peignit des scènes de la vie napolitaine, telles que la Tarentelle (iSS'^), l'Assassinat au confessionnal (1836), la Femme adultère devant le Christ (1839), Dorothée (1842), Saint Jean- Baptiste (1844), la Vendange dans le Médoc (1854), le Chapeau du brigand (les deux derniers à la National Gallery). Membre de l'Académie royale en 1825, il en devint le bibliothécaire en 1844 et en 1847 conservateur de la Galerie nationale. C'est un peintre habile et intelligent, mais non un maître.
UXBRIDGE. Ville d'Angleterre, comté de Middlesex, au N.-O. de Londres, sur la Colne; 8.206 hab. en 1891. Foires de bestiaux.
UXEAU. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Charolles, cant. de Gueugnon; 1.058 hab.
UXEGNEY. Com. du dép. des Vosges, arr. et cant. d'Epinal; 450 hab.
UXELLES. Com. du dép. du Jura, arr. de Saint-Claude, cant. de Saint-Laurent ; dl4 hab.
UXEM. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (E.) de Dunkerque; 514 hab.
UXMAL, Cité indienne du Yucatan occidental, dont subsiste des monuments considérables et très bien conservés : le palais du Gouverneur, avec une frise ornée de têtes et de dessins géométriques ; le palais des Nonnes, vaste quadrilatère orné d'une frise de 88 pièces, sorte de collège de Vestales ; la maison du Nain ou du Devin, petit temple ; la maison de la Vieille, la maison des Tortues, la maison des Colombes, avec des clochetons qui rappellent des colombiers ; enfin une grande pyramide où avaient lieu les sacrifices humains. Ces monuments datent approximativement des xiii® ou xv® siècles de notre ère. BiBL. : Charnay, les Anciennes villes du Nouveau Monde ; Paris, 1884, in-4.
HZ. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. et cant. d'Argelès-Gazost ; 76 hab.
UZ (Johann-Peter), poète allemand, né à Ansbach, en Franconie, le 3 oct. 1720, mort à Ansbach le 12 mai 1796. Il étudia le droit à Halle et entra dans l'administration judiciaire. De simple assesseur du tribunal de première instance de Nuremberg (1763), il devint directeur du tribunal de sa ville natale (1790) et conseiller privé de justice. Il se voua de bonne heure à la poésie et publia dès 1742, sur les bancs de l'Université, un poème idyllique, Ber Friihling, puis, en 1846, en collaboration avec son ami Gleins, une traduction estimée d'Anacréon. Avec un troisième étudiant, Gœtz, comme eux épris de poésie antique, Uz et Gleins fondèrent une petite école littéraire, l'école de Halle ou des Anacréontiques, qui eut le mérite d'entretenir le sens de l'élégance et de la simplicité au milieu des excès de Klopstock et de son école. Les œuvres les plus connues d'Uz sont Der Sieg des Liebesgottes (1753), poème héroï-comique en quatre chants dans la manière de Pope; une Théodicée (1755) où il expose la philosophie de Leibniz ; un poème didactique en alexandrins, Die Kunststets frôhlich %u ,s^m(1760);, enfin des chants religieux. H. L.
BiBL. ; Œuvres, édit. Weisse, 2 vol., Vienne, 1804 édit. Sauer, Stuttgart, 1890. — Petzot, Joh.-PeL Uz Ansbach, 1896.
UZA. Com. du dép. des Landes, arr. de Dax, cant. de Castets ; 551 hab.
UZAN. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr, d'Orthez, cant. d'Arzacq ; 249 hab.
UZAN NE (Louis-Octave), littérateur et bibliophile français, né à Auxerre le 14 sept. 1852. Ses réimpressions artistiques des écrivains de second plan des xvii® et xviii^ siècles et ses recherches bibliographiques lui ont fait une place à part dans le monde littéraire. Il a fondé le Livre (1880-90), continué par le Livide moderne. En 1889, il a fondé la Société des bibliophiles contemporains. On lui doit un grand nombre de livres de fantaisie, études et romans imprimés avec luxe. Citons Caprices d'un bibliophile (iSlS) ; r Eventail (iSSi) r Ombrelle, le Gant, le Manchon (1882); la Française du siècle (1885); Nos Amis les livres (1886); la Reliure moderne (1885) ; la Femme du monde (1892), etc. 11 a édité les Poésies deBenserade (1875), Poètes de ruelle au xvii® siècle, Petits poètes du xviii^ siècle (12 vol.).
UZA Y-LE- Venon. Com. du dép. du Cher, arr. de Saint- Amand-Mont-Rond, cant. de Châteauneuf-sur-Cher : 1.038 hab.
UZBEGS (Ethnogr.) (V. Ouzbegs).
USBEK ou OUZBEG. Khan du Kiptchak (V.Mongolie et Ouzbegs).
UYTENBRŒCK ou WTENBROUCK (Moses van), surnommé le Petit Moses, peintre hollandais, né à Delft vers 1590, mort à La Haye vers 1660* H traita le paysage dans le genre d'Elsheimer. On le croit élève de Pœlenburg. Il fut maître de la gilde en 1620, doyen en
UYTENBRCECK — UZZÂNO
1627. Il mit avec goût des scènes religieuses ou mythologiques dans des paysages d'un bon clair-obscur. On voit de lui, aux Offices, lin paysage avec un berger nu qui danse, sous le nom de Vitenbrœck (Michel), signé M X B ou plutôt M W B, 4621'. Autres ouvrages analogues à Milan, Cassel, Vienne, Budapest (attribué à Elsheimer),etc.
UZECH. Com. du dép. du Lot, arr. deGourdon, cant. de Saint-Germain; 573 hab.
UZÉ6E0IS. Pays d'Uzès (dép. du Gard). Cet ancien nom s'appliqua d'abord à la vicomte d'Uzès, qui date de Philippe le Bel ; puis, par l'annexion de la baronnie de Remolins et de celle da Saint-Geniez, au duché d'Uzès (mai 1565), devenu duché-pairie en janv. 1572. Le diocèse d'Uzès, la subdélégation d'Uzès, n'avaient pas tout à fait les mêmes limites. H. Monin.
UZEIN. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Lescar ; 525 hab.
UZEL. Ch.-l. de cant. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Loudéac; 1.320 hab. Stat. de chem. de fer.
UZEL LE. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baume-les- Dames, cant. de Hougemont ; 453 hab.
UZEMAIN. Com. du dép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. de Xertigny; 1.410 hab.
UZER. Com. du dép. de l'Ardèche, arr. et cant. de Largentière; 433 hab. Stat. du chem.de fer P.-L.-M.
UZER.Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. et cant. de Bagnères-de-Bigorre ; 174 hab.
UZERCHE (Userca). Ch.-l. de cant. du dép. de la Corrèze, arr. de Tulle, sur la Vézère et le ch. de fer de Limoges à Brive ; 3.222 hab. — Situation remarquable dans une sorte de presqu'île élevée qui entoure la rivière. Eglise romane des xi® et xii® siècles, avec trois nefs, déambulatoire, cinq absidioles et crypte. Ruines du château de Fargeas. Maisons des xii« et xiii'' siècles ; maisons plus modernes avec tourelles et balcons, qui donnent à cette petite ville un aspect original. — Mentionné pour la première fois au v*^ siècle, mais certainement beaucoup plus ancien comme lieu habité (il subsiste quelques mégalithes aux environs), Uzerche possédait au vu® siècle un atelier monétaire et un château fort où, au siècle suivant, les évêques de Limoges semblent avoir transporté leur résidence par raison de sécurité. Au x*^ siècle, c'était un chef-lieu de vicairie. Le monastère, |qui remonte au XI® siècle, avait dans sa dépendance ceuxd'Ahun, Meymac, Tourtoirac, les prévôtés de Saint-Ybard, Vitrac, Chambon, etc., les prieurés de Gartempe, Grateloube, Millevaches, et nombre d'églises en Périgord. Il passa sous le régime de la commende en 1531 et fut sécularisé en 1745-47. Au xYii® siècle, il s'intitulait ch.-l. des Bénédictins de la congrégation des Exempts de France. — Uzerche reçut, en 1596, un consulat, succédant à un échevinage dont les origines sont encore incertaines. Sa maladrerie, fondée à une date inconnue, est mentionnée comme hospice en 1393 et devint, en 1749, hôpital général. Uzerche était moitié de l'élection de Brive et moitié de l'élection de Limoges; il obtint, en 1533, une sénéchaussée particulière à laquelle ressortissaient au moins 150 justices particulières. — Ravagé par les troupes
protestantes en 1579, Uzerche fut pris par le vicomte de Schomberg au profit du duc d'Epernon en 1619. Aux xvii® et xvm® siècles, on y constate l'existence d'un grand nombre de tisserands, sargetiers et cordonniers. Alf. L. BiBL. : CoMBET, Hist. de la ville et du canton d'Uzerche (avec documents importants); Tulle, 1853-61, 8 livr. in-12. — Lacombe et Vayssière, Inuent. des Arch. dép. de la Corrèze, 1869 et 1889, série B, sénécliaussée d'Uzerche, 413 + 41 art. — Champeval, Gartulaire de l'abb. d'Uzerche^ dans le Bull, de la Soc. des lettres de Tulle, 1887-97. —Du même, le Bas-Limousin seigneurial et religieux, 1896, fasc. I.
UZÈS (Ucetia). Ch.-l. d'arr. du dép. du Gard, au bord del'Alzon, affl. g. du Gard ; 4.819 hab. Stat. de chem. de fer. Tribunal civil, consistoire protestant. Carrières de phosphates, commerce de truffes noires renommées. Soieries, scieries. De la cathédrale romane Saint-Théodorit, rebâtie au xvii^ siècle, il reste la tour Fenestrelles, sorte de campanile très élégant. Maisons des xv^, xvi^ et xvii^ siècles ; palais du Duché du xii® au xv^ siècle, dont la chapelle (xiii« s.) renferme les tombes de plusieurs ducs d'Uzès. A l'E. de la ville, tour derEvêque;auS.,ruines de l'église romane Saint-Eugène et grotte des Druides ; au N., ruines de la chapelle romane de Saint-Geniès. Au N.-E. jaillit (au pied du château ducal) la belle fontaine d'Eure (Ura); au N., celle d'Airan ; les Romains avaient capté ces sources que l'aqueduc du Pont du Gard amenait à Nîmes. — Uzès dépendit de Nîmes, devint évêché au x*^ siècle, puis, au xiv®, ch.-l. d'une vicomte érigée en duché en 1565 (V. Crussol). L'évéché fut aboli à la Révolution. Uzès est la patrie du chef protestant Merle (t 1590), de Férudit Abauzit (f 1767), de l'amiral Brueys (f 1798), du peintre Sigalon (f 1837). A. -M. B. BiBL. : G. TÉRAUBE, Hist. d'Uzès, 1879, in-8.
UZÈS. Famille française (V. Crussol, t. XIII, p. 518).
U ZESTE. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bazas, cant. de Villandraut; 779 hab. Stat. de chem. de fer. Eglise du xiv® siècle bâtie par le pape Clément Y, natil d'Uzeste, qui s'y fit ensevelir.
BiBL. : Fauché, Notice sur Uzeste, 1887, in-8. — J. > Laurière, Tombeau du pape Clément V à U zeste; Paris broch. 1888, in-8.
UZORE (Mont d') (V. Loire [Dép.], t. XXII, p. 431).
UZOS. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. et cant. (0.) de Pau; 242 hab.
UZZANO (Niccolo da), homme d'Etat florentin, né vers le milieu du xiv® siècle, mort en 1432. A la tête d'une forte maison de commente, avec des relations en Hongrie, il fut, avec son ami Tommaso degli Albizzi, le chef du parti guelfe et des grands, ainsi que du gouvernement de Florence pendant de longues années. Sa prudence sut délivrer sa patrie de grands périls qui la menacèrent à la mort de Gian-Galeazzo Visconti. Par sa conduite pacifique, il s'attacha Martin V, Jean XXIII, Braccio da Montone, le duc de Milan, etc. Plusieurs fois ambassadeur, prieur, gonfalonier, il était l'homme le plus considéré de la République, lorsque Rinaldo, fils de Tommaso degli Albizzi, le relégua au deuxième plan. — Son buste, par Donatello, se trouve au Musée national de Florence.
E. Casanova.
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