VACCA - VACCINE
qui sont dignes d'estime, telles qu'un Saint François^ à la chapelle Sixtine, et le Lion de Florence. D'autre part, il acheva en 1594 un curieux outrage : Memorie di varie antichità di Roma, consacré principalement à la description des fouilles qui furent exécutées à Rome à cette époque. Mais c'est surtout comme restaurateur de statues que Vacca mérita sa renommée. Il fut inhumé dans une chapelle du Panthéon de Rome, et son monument funéraire porte cette épitaphe : D. 0, M. — F/aminio Vaccœ — Sculptori roman. — Qui in operibus quce fecit — Nusqiiam sibi satisfecit. G-. C.
VACCA-Berlinghieri, chirurgien italien (V. Berlin-
GHIERI).
VACCARÈS. Et^ng du dép. des Bouches--du-Rhdne (V. ce mot).
VACCARO (Andréa), peintre italien, né à Naples en 1598, mort à Naples en 16T0. Il passa de l'atelier du Caravage à celui du Dominiquin. Le musée de Naples a de lui deux remarquables ouvrages : le Massacre des Innocents et le Baptême de sainte Candide. A Munich, la llagellation, à Madrid quatre Scènes de la vie de sainte Cécile^ la Mort de Cléopâtre, Loth et ses filles. Madeleine dans le désert, etc., et au musée du Louvre une Vénus pleurant Adonis, achèvent de donner une idée de la manière brillante de ce maître, dont le chefd'œuvre fut un tableau représentant la Vierge retenant son fils prêt à foudroyer les Napolitains. G. G.
VACCIN. La vaccination variolique est le premier exemple d'un procédé utilisé pour assurer Vimmunitê acquise. Ses résultats sont incontestables, mais, malgré les nombreux travaux entrepris depuis Jenner, elle est restée absolument empirique, alors que les beaux travaux de l'école de Pasteur, suivis actuellement par des écoles rivales non moins sérieuses, ont permis d'étudier scientifiquement de nouvelles méthodes de vaccination, applicable le plus grand nombre à nos animaux domestiques, quelques-uns à l'homme lui-même. La première tentative heureuse fut l'atténuation du microbe du choléra des poules. Pasteur, après avoir trouvé l'agent pathogène de cette affection, l'avoir cultivé, fut un jour très étonné, au retour des vacances, de trouver des cultures presque inoîfensives, qui, au lieu de tuer en quelques jours, provoquait simplement quelques malaises aux galinacés inoculés. Le grand mérite de Pasteur c'est d'avoir immédiatement vu le mécanisme de l'atténuation et son importance. En injectant à trois poules ce bouillon vieilli, non seulement il ne les tuait pas, mais il leur conférait l'immunité contre des inoculations de cultures jeunes, extrêmement virulentes, lespoules étaient vaccinées comme l'homme ayant subi l'inoculation heureuse du cowpox est prémuni contre la variole. La voie était ouverte ; l'atténuation des cultures virulentes fut obtenue par des procédés divers : le virus du rouget des porcs s'atténue en passant par le lapin ; le virus charbonneux s'affaiblit quand on le chauffe à 55^ ; celui de la rage devient maniable quand il est soumis à la dessiccation. Nous nous contenterons ici de résumer en quelques lignes les vaccinations connues aujourd'hui (1902) : La variole, traitée par la vaccine jennérienne ; la clavelée des moutons, très analogue à la variole humaine, traitée dès le xvjn® siècle par la clavelisation ; la rage, dont le vaccin à l'aide de moelles desséchées de lapins rabiques est non seulement préventif , mais curatif, c.-à-d. capable d'enrayer la marche de la maladie acquise. La peste bovine, qui peut être neutralisée par une injection préventive de bile d'animaux malades, ou par une méthode plus compliquée connue sous le nom de vaccinations simultanées. Les charbons dont la vaccination est une des mieux connue. Le rouget des porcs, traité par deux vaccinations successives de cultures du bacille progressivement atténué. La fièvre typhoïde, soignée par des cultures de bacilles stérilisées par la chaleur, ou par des sérums d'animaux immunisés ; les résultats sont malheureusement peu probants. La peste humaine, contre la-
quelle nous disposons aujourd'hui de deux vaccins : l'un, celui de Haffkins, obtenu en injectant des cultures de bacilles tués par la chaleur ; le second, de Yersin, qui est le sérum d'animaux immunisés par des injections, tout d'abord de cultures stérilisées, puis de cultures virulentes. Le tétanos, si spécial dans son mode d'attaque de l'organisme, a trouvé lui aussi son vaccin préventif, au moyen de sérum d'animaux immunisés; malheureusement, la valeur curative de ce sérum est douteuse. La diphtérie, traitée par le sérum d'animaux immunisés peut être enrayée et prévenue, il s'agit donc là d'un vaccin à la fois préventif et curatif.
Comment l'immunité est-elle acquise par la vaccination ? C'est là une question fondamentale et qui est loin d'être résolue. On a rapporté l'immunité à l'action bactéricide des humeurs, soit que l'on admettait avec Pasteur que les milieux organiques s'appauvrissaient en substances nécessaires aux microbes, soit qu'avec Chauveau on pensait au contraire que ces milieux s'enrichissaient de substances toxiques pour ces mêmes agents.
La découverte des vaccinations par des produits solubles, sécrétés par les microbes, a amené nécessairement une conception nouvelle, celle des antitoxines : substances qui pouvaient être introduites dans le sang au moment de l'inoculation, ou plutôt être fabriquées par l'organisme vacciné sous l'influence de la première inoculation. A toutes ces théories, il faut opposer celle de la phagocytose défendue par Metchnikov, qui fait jouer le rôle prépondérant aux globules blancs chargés de défendre l'organisme contre les intrus, et qui sont d'autant plus actifs en détruisant les substances toxiques ou les microbes eux-mêmes qu'ils ont. été imprégnés par la substance vaccinale. La vaccination, suivant i*opinion de Metchnikov, permet une adaptation nouvelle des phagocytes à élaborer des ferments solubles (fixateurs) qui attaqueront, digéreront les microbes, et en même temps des antitoxines susceptibles de neutraliser les toxines microbiennes. J.-P. Langlois. BïBL. : Pasteur, Chauveau, Académie des sciences, 1880-18^. —Bouchard, les Microbes pathogènes^ 1892. -- DucLAux, Truite de microbioloffie . — Charrin, les Mala,dies infectieuses, 1891. — Annales de l'Institut Pasteur. — Metchnikov, V Immunité, 1901.
VACCINE. La vaccination antivariolique est la plus ancienne des tentatives heureuses d'immunisation contre une maladie infectieuse, et, chose curieuse, c'est encore la plus empirique, la moins connue scientifiquement. Telle qu'elle nous a été enseignée par Jenner en 1796, telle elle est pratiquée actuellement, ou tout au moins les progrès faits sont de simples faits de détails : inoculation des génisses vaccinifères, conservation du vaccin, antisepsie ou plutôt asepsie des vaccinations, toutes choses qui ne touchent en rien la grande découverte de l'illustre Anglais.
La vaccination doit être pratiquée dans les trois premiers mois qui suivent la naissance, et même en temps d'épidémie, il est plus sage de vacciner les jeunes enfants quel que soit leur âge, et nous pourrions presque ajouter leur état de santé; il va de soi cependant qu'il est préférable de pratiquer l'inoculation en pleine santé. L'immunité ainsi conférée n'est pas durable ; sans qu'il puisse être donné de chiffres précis, on peut admettre que les effets préservatifs s'atténuent vers la septième année et que les revaccinations doivent être répétées tous les dix ans environ, en conseillant de rapprocher les périodes en cas d'épidémie. Certains individus sont réfractaires et jouissent sans doute d'une immunité acquise contre la variole ; toutefois, il vaut mieux chez l'enfant, en apparence réfractaire, multiplier les tentatives, une troisième ou quatrième inoculation pouvant réussir. La vaccine n'assure pas une immunité absolue, on connaît de nombreux cas de variole éclatant après une vaccination réussie, mais dans ce cas, la maladie est presque toujours atténuée. La vaccination est-elle utile sur un sujet dans les premiers jours d'incubation ou d'éruption de variole? Malgré de nombreuses controverses, il paraît préférable