‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 332 sur 633 · VACCINE — VACHE · texte numérisé non relu

VACCINE — VACHE

Pfeifter, Funck, admet qu'il s'agit d'un protozoaire, le sporidium vaccinale, susceptible d'être cultivé et dont rinoculation rend les animaux réfractaires ensuite à la vaccine pure. J.-P. Langlois.

VACCINÉES (Bot.) (V. Ericacées).

VACCINIDE (Pathol.) (V. Vaccine).

VACCINIUM (Bot.) (V. Myrtille).

VACHE. I. Zoologie (V. Bœuf et Races bovines). IL Economie rurale. — La conformation générale de la vache diffère notablement de celle du taureau, particulièrement par la réduction, à taille égale, du volume du squelette et par le développement des parties postérieures, mais elle ne présente aucun caractère spécial. « Il n'y a qu'un modèle pour tous les bovidés, quels que soient leur sexe et leur race : c'est celui qui assure la plus forte proportion de viande de premier choix. Les seules choses spéciales à la vache portent sur la qualité des organes mammaires et sur le calme et la douceur du caractère, nécessaires pour qu'elle soit une bonne mère, pour qu'elle allaite convenablement son fruit » (A. Sanson). L'exploitation est faite en vue de la reproduction, de la production du lait, et, enfin, de la production de la viande. I. Reproduction. — Dans toutes les races, la fonction maternelle s'impose, et, si faible que soit l'aptitude laitière, toutes les races fournissent des nourrices; il va sans dire que, dans tous les cas, il est nécessaire de faire choix de la femelle qui, dans sa race, possède le maximum d'aptitude à la lactation ; les considérations d'origine (V. Hérédité, Atavisme, Race, Famille) et de constitution des organes de reproduction (V. Mammifères) sont à observer avec non moins d'importance ; enfin il est indispensable que la vache soit d'un caractère doux et d'un tempérament calme ; l'expression du regard, les attitudes, etc., sont les meilleurs indices à ce sujet ; les taurelières ou nymphomanes doivent être écartées. La question spéciale de la reproduction est traitée dans un autre article (V. Veau). En ce qui concerne les soins d'entretien et l'alimentation générale, aucune distinction n'est à faire entre la vache mère et la vache exploitée pour la production du lait.

IL Production du lait. — Les conditions économiques règlent, avant tout, le mode d'exploitation de la vache laitière; dans toutes les exploitations éloignéesdes grandes villes, les vaches sont ordinairement soumises au régime de la stabulation et au régime du pâturage, suivant les saisons ; elles produisent des veaux régulièrement, et ceux-ci ne sont, le plus souvent, conservés que pour pourvoir au remplacement des sujets réformés et livrés à la boucherie. Le lait n'est utilisé en nature que pour une faible partie (nourriture du veau, vente locale, usage domestique), le surplus est transformé en beurre ou en fromage, et les résidus (lait écrémé, petit-lait) sont utilisés pour l'alimentation des veaux ou des porcs à l'engraissement; la race indigène, améliorée par une sélection constante, est à préférer dans ce cas. Lorsque la ferme est rapprochée d'un centre ou que les moyens de transport permettent la livraison rapide du lait dans les villes à des prix suffisamment rémunérateurs, le veau est vendu de bonne heure à l'engraisseur, et on pousse la production du lait au maximum par le choix de vaches de races grandes laitières (flamande, hollandaise, normande, etc., dans le Nord ; Schwitz, fribourgeoise, etc., dans le Centre) ; la falsification du beurre est alors sans importance. Enfin, dans les villes importantes, l'industrie laitière s'exerce indépendamment de l'exploitation rurale ; les vaches doivent encore être à grand rendement ; elles sont achetées après leur deuxième, ou, mieux, après leur troisième veau, c.-à-d. en période de plein fonctionnement des mamelles, et conservées seulement pendant une ou deux périodes de lactation ; elles sont remplacées aussitôt que leur rendement diminue ; leur entretien se fait entièrement dans les vacheries (nourrisseries) situées en pleine ville ou dans la banlieue, et leur alimentation est poussée

au maximum (fourrages très aqueux et aliments concentrés) : ce régime est naturellement très épuisant et prédispose, plus que tous les autres, les sujets à l'infection tuberculeuse.

L'examen général de l'animal doit être complété par l'étude delà mamelle; celle-ci doit être ample et déborder largement, tant en longueur qu'en largeur ; être recouverte d'une peau de couleur jaunâtre, fine, onctueuse et douce au toucher, se plissant et se détachant facilement et portant des poils fins et soyeux ; la mamelle charnue, à peau épaisse et adhérente, et dans laquelle le tissu conjonctif prédomine, et la mamelle grasse sont toujours pauvres en lait ; la courbe générale doit être régulière et se rapprocher du demi-cercle; le pis en bouteille ou pis de brebis, allongé en bas et ballottant, est peu esiimé. Au toucher, on doit percevoir les granulations mammaires, souples, élastiques et nombreuses dans les bonnes mamelles ; le pis doit être très ferme et résistant avant la traite. L'examen du système circulatoire de la mamelle a une grande importance : les veines mammaires et les veines périnéales sous-cutanées, développées et sinueuses, et les veines mammaires sous-abdominales, très volumineuses, très sinueuses et comme variqueuses, entrant largement dans l'abdomen {fontaines ou portes du lait) et se divisant même, au préalable, sont d'excellentes garanties. Guenon, de Libourne, en 1821, a encore attiré l'attention sur l'observation de Vécusson, épi ou gravure; il a remarqué que, contrairement aux poils du reste du corps, et particulièrement à ceux de la fesse et de la cuisse, les poils de la région périnéale sont divisés de bas en haut au lieu de l'être de haut en bas, si bien qu'à la ligne de rencontre des poils du périnée et de ceux de la fesse, il existe une sorte de crête très visible délimitant une surface désignée sous le nom à'écusson. Guenon a classé les écussons, d'après leur forme et leur étendue, dans l'ordre décroissant suivant : filandrine, flandrine Cl gauche, lizière, courbeligne, bicorne, poitevine, double lizière, équerrine, limousine et carrésine^ et il admet une relation étroite entre la forme et les dimensions des figures et les aptitudes laitières ; il considère encore les épis, petites surlaecs ovales dont les poils n'ont pas la même direction que ceux de la région immédiatement voisine et qui accompagnent ou surmontent l'écusson; mais, comme la plupart des inventeurs. Guénon a exagéré la valeur pratique de sa méthode, et c'est avec raison que Cornevin, après avoir éliminé la considération de Yéfji, écrit : « t)uant à l'écusson, la méthode rationnelle, pour juger de son utilité, consiste à la suivre depuis son apparition et à tâcher de voir si son développement est parallèle à celui de la fonction laitière ». Renoult-Lizot a, d'autre part, attiré l'attention sur l'observation des papilles buccales en ce qui concerne l'examen des vaches au point de vue des qualités beurrières : une bonne beurrière présente, sur la face interne des joues, des papilles grosses, larges et plates ; une beurrière ordinaire, des papilles rondes, et, enfin, une mauvaise beurrière, des papilles pointues ; on ne peut encore attacher une valeur absolue à ces indications. Enfin une méthode dite des points a été établie par le professeur Baron, en 4888; sa description ne trouve place que dans les traités de zootechnie ; son exactitude est, en principe, assez réelle, mais nous doutons fort que son application ait quelque intérêt pratique lors de l'exécution des transactions sur les marchés ou les champs de foire. Les questions relatives à l'habitation, à l'entretien et à l'alimentation ont été traitées dans des chapitres spéciaux et ne présentent rien de particulier ; la vache laitière doit être nourrie au maximum et sans transitions brusques de régime ; ses rations doivent être aqueuses et données, autant que possible, chaudes ou, au moins, tièdes ; il faut en écarter toutes les matièrts (crucifères, ombellifères, alliacées, etc.) susceptibles d'altérer l'odeur, la saveur ou le goût du lait.

VACHE — VACHERAUVILLE

La traite ou mulsion^ opération qui consiste à extraire tout le lait contenu dans la mamelle, doit être exécutée avec le plus grand soin; elle se fait encore presque exclusivement à la main ; la mamelle est d'abord lavée [avec soin, puis malaxée doucement ; les trayons sont saisis ensuite deux à deux, de chaque côté ou en diagonale (Cornevin), à pleine main, le pouce étendu et dressé en haut, et, en appuyant doucement, le lait coule; la traite doit se faire a fond et au moins deux fois par jour, matin et soir, à des heures très régulières ; les mamelles se vident d'autant mieux que les traites sont plus nombreuses. La composition du lait varie à chaque opération, la traite de midi fournit ordinairement la moindre richesse en beurre. De nombreux systèmes de traite mécanique ont été proposés, ils ne sont recommandables que dans certains cas d'accidents des trayons (déchirures, crevasses, etc.) ou de maladies de la mamelle ; à Fétat normal, aucune autre méthode n'est à préférer à la traite à la main exécutée par une personne consciencieuse et douce : peu de vaches retiennent alors leur lait.

III. Production de la viande. — La viande de vache jouit généralement d'une réputation inférieure à celle du bœuf ; pratiquement cette opinion est presque toujours justifiée, mais il ne faut pas oublier que le bœuf est abattu aussitôt qu'il a dépassé l'âge adulte et qu'il a été soumis, au préalable, à un engraissement convenable, tandis que la vache n*arrive à l'abattoir que lorsqu'elle a atteint un âge avancé et qu'elle a subi un grand nombre de lactations qui l'ont épuisée; l'expérience a montré que, mise à l'engraissement au même âge que le bœuf, elle fournit presque toujours une viande plus fine, plus tendre et tout aussi savoureuse ; on sait d'ailleurs que la vache possède au maximum des aptitudes laitières après son troisième veau, c.-à-d. vers l'âge de 4 ans, et, qu'après son sixième ou son septième veau, c.-à-d. au plus tard après l'âge de 7 ou 8 ans, l'activité de la mamelle décroît : c'est donc vers cet âge que doit commencer la période d'engraissement. Le régime à adopter est analogue à celui qui a été indiqué pour le bœuf (V. Boeuf, Alimenïation). J. Troude.

III. Religion hindoue. — L'adoration de la vache est un des faits qui sont les plus caractéristiques de la civilisation hindoue. Celles des tribus qui tuent les vaches et se nourrissent de leur chair sont aussi les moins hindouisées : telles sont les tribus Gonds. Inversement, à Bénarès, la ville sainte du brahmanisme, on peut les voir encombrer les rues étroites, inviolables « comme des idoles ambulantes » (Barlh). On dit que la fameuse révolte des Cipayes fut occasionnée par le refus des soldats de se servir, pour leurs cartouches, d'une graisse qu'ils croyaient être de la graisse de vache. De nos jours, le meurtre involontaire, même la mort accidentelle d'une vache, sont chose extrêmement grave et nécessitent de coûteuses expiations. L'histoire de ce culte est fort curieuse. Dès les plus anciens temps, la vache est appelée « celle qu'on ne doit pas tuer » (16 fois dans le Rig Véda). Des hymnes sont chantés en sa laveur. Ailleurs, il est dit que « celui qui mange du bœuf renaîtra sous les espèces d'un homme mal famé ». Dans le rituel védique, la vache, le taureau (quelquefois incarnation de Rudra), l'urine, le fumier, la trace des pas de] ces animaux, jouent un très grand rôle. — Mais, d'autre part, elle est souvent sacrifiée en vraies hécatombes ; on la mange solennellement lors du mariage, de l'arrivée d'un hôte ; on tue aussi une vache noire lors des rites funéraires ; les brahmanes consomment rituellement la vache stérile qui leur est réservée.— Comment tous ces faits s'accordent-ils entre eux? Comment les mêmes hommes pouvaient-ils tuer une bête et l'adorer en même temps ? Comment comprendre la parole de cet ancien sage, Yajnavalkya, qui disait aimer la viande de bœuf? La seule hypothèse raisonnable est de supposer que, dans l'Inde védique comme ailleurs, il fallait adorer ou au moins tuer rituellement la bête dont on ne pouvait consommer que rituellement

Toujours est-il que la vache devint de plus en plus un être divin. Dès la plus haute antiquité, les nuages célestes, les prières même, sont figurées comme des vaches. Ida, déesse des bestiaux, est identifiée souvent à une vache ; son incarnation dans l'offrande lactée est une partie essentielle de tout sacrifice solennel. Indra est souvent appelé taureau et même représenté comme tel. De telle sorte que le rôle de la vache devint facilement considérable dans le panthéon hindou. De la fusion des deux notions, vaches-nuages et Idâ-déesse-vache, naquit, peutêtre, la notion de la vache divine, de la vache d'abondance, dispensatrice des désirs, Kâmaduk. Cette notion est importante dans rinde, depuis l'ère chrétienne jusqu'à nos jours. L'ancien taureau divin est devenu le taureau Nandin, coursier de Çiva (Rudra) ^ ses exemplaires vivants ou de pierre abondent dans les temples. Les bergers eux-mêmes ont été divinisés dans la personne de Krjchna. En même temps, la vache est devenue de plus en plus inviolable. Les plus anciens textes de lois abondent en prescriptions formelles qui la concernent. La tuer est chose punissable ; la soigner est acte méritoire, qui fait disparaître bien des crimes ; la révérer à l'égal du brahmane est chose obligatoire (V. M\j,Recht und Sitte, pp. 106, 115, etc.). Peut-être faut-il attribuer dans l'histoire de ce culte quelque influence au bouddhisme et aux mouvements contemporains de l'origine du bouddhisme. Toutes les doctrines ascétiques, depuis le bouddhisme et le jaïnisme jusqu'au brahmanisme philosophique, mirent au premier rang de leurs préceptes la défense de mettre à mort un être vivant. L'empereur Açoka donna à ce précepte force de loi. Mais les épopées nous montrent que, loin des cercles religieux, peuple et nobles festoyaient même à l'aide delà chair des vaches. Il se peut donc que cette interdiction de tuer qui ne put se généraliser ait réussi à se concentrer sur la vache, qu'entouraient déjà de respect les nombreuses croyances religieuses populaires. M, Mauss.

ÎV. Marine. "- Noeud de vache. — Nœud servant, comme le nœud droit et comme le nœud plat, à réunir deux bouts de filin. H s'exécute à peu de chose près conime le nœud droit et il est, conséquemment, beaucoup moins solide que le nœud plat (V. Noeud). Aussi ne l'emploie-t-on que lorsque les deux cordages ne doivent supporter qu'un effort peu considérable et qu'on veut pouvoir les dénouer facilement.

V. Art héraldique. — La fac/i^ apparaît en'armoiries passante, de profil et la queue étendue le long de son flanc; Elle est dite accornée, onglée, quand ses cornes ou ses ongles sont d'un émail différent, colletée, si elle a un collier, et clarinée, si une sonnette y est suspendue.

VACHE (Ile de la) (V. Haïti).

VACHE (Puy de la). Sommet du dép. du Puy-de- Dôme (V. ce mot).

VACHE (Mont de la) (V. Bequira [Djebel]).

VACHELLIA (Bot.) (V. Acacia).

VACHER (Léon-Cléry), homme politique français, né à Treignac (Corrèze) le 28 mars 1832. Médecin à Paris, il fut attiré de bonne heure par les études statistiques et collabora à différentes revues économiques. Puis il s'occupa d^industrie. Conseiller général à Treignac, il fut élu député de Tulle le 20 févr. 1876, fit partie des 363, fut réélu avec eux en 1877, et, d'abord de la nuance de l'Union républicaine, il devint radical socialiste. Réélu en 1885, il se jeta avec ardeur dans le boulangisme et réiclama la revision de la constitution. Réélu en 4 889 et 1898, Delpeuch l'avait emporté sur lui en 1893. L. Vacher est un des promoteurs du réseau des chemins de fer à voie étroite. On a de lui : Etude médicale et Statistique sur la mortalité à Paris, à Londres, à Vienne et a New York (Paris, 1866, in-8) ; Des Maladies populaires et de la Mortalité à Paris, Londres, Vienne, etc. (Paris, 4867, in-8); De r Obésité et de son traitement (4873, in-8), etc.

VACHERAUVILLE. Com. du dép. de la Meuse, arr. de ¥erdun-sur-Meuse, cant, de Charny ; 308 hab.

VACHÈRES, Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. de Forcalqujer, cant. de Reillanne ; 447 hab.

VACHÈRES. Goïïi, du dép. de h Drôme, arr. et cant. de Die ; 60 hab.

VACHERESSE, Com. du dép. delà Haute-Savoie, arr. de Tbonou-les-Bains, cant. d'Abondance ; 4.028 hab.

VACHE RESSE-Eï-LÂ-RouiLLiE (La). Com. du dép. des' Vosges, arr. de Neufchâteau, cant. de Bulgnéville ; 326 hab. Mines d'anthracite de Darbon,

VACHERESSES-les-Basses. Com. du dép. d'Eure-et- Loir, arr. de Dreux, çant. de Nogent-le-Roi ; 130 hab.

VACHERIE (Gén. rur.) (V. BAtiment, t. V, p. 782).

VACHERIE (La). Com. du dép. de l'Eure, arr. et cant. de Louvierg ; 245 hab. Stat. de chem. de fer.

VACHEROT (Etienne), philosophe et homme politique français, né à Torcenay, près Langres, le 29 juil. 1809, mort à Paris le 2§ juil. 1897. Entré en 1827 à l'Ecole normale, où il subit l'influence de Michelçt et surtout celle de Cousin, il en sortit, en 1829, pour enseigner successivement dans les collèges de Châlons-sor-Marne, Cahprs, Angers et Versailles. Agrégé de philosophie dès 1833, il se fit recevoir docteur en 1836. Le 4 janv. 1838, il fut nommé directeur des études à l'Ecole normale. Des conférences qu'il fit à l'Ecole sortit un mémoire sur la philosophie des alexandrins, qui fut couronné par l'Institut en 1844. Ce mémoire devint un livre et donna heu à une controverse fameuse avec l'abbé Gratry, aumônier de l'Ecole, en raison de certaines interprétations des Pères jugées inexactes par ce dernier. La démission de Gratry et la mise en disponibilité de Vacherot (29 juin 1851) s'ensuivirent. La protestation du philosophe contre le coup d'Etat de Louis Bonaparte entraîna sa destitution. Ea 1859, un procès lui fut intenté en raison d'un ouvrage sur la Démocratie, et il fut condamné à la prison. Maire du V® arrondissement durant le siège et la Commune, il fut ensuite député à l'Assemblée nationale et sénateur inamovible. Ses convictions politiques se modifièrent, et il en vint à considérer la monarchie comme l'unique salut pour la France (/a Démocratie libérale^ 1892). Mais il rie semble pas que ses négations à l'égard de la reh'gion positive se soient jamais modifiées. Ses Papiers inédits paraissent décisifs à cet égard.

La doctrine de Vacherot, en ce qu'elle a d'essentiel, se trouve exposée dans la Métaphysique et la Science (1858) . Le sous-titre de cet ouvrage : Principes dç métaphysique positive, exprime très bien le caractère que Vacherot voulut toujours donner à sa métaphysique, qu'il prétendait incorporer à la science ; il la distinguait, d'ailleurs, de la philosophie, dont il se faisait une idée analogue, à certains égards, à celle d'Auguste Comte. Procédant de l'éclectisme par ses origines, il s'en séparait nettement par sa doctrine, et se rapprochait tout ensemble du positivisme et du kantisme. Il parle en criticiste, lorsqu'il définit ainsi le but de la spéculation : « Remonter en toute recherche aux vérités premières, analyser chacune de nos facultés, afin d'en bien connaître la nature etl'ofTice propre, et par là même nous mettre en état de la critiquer, c.-à-d. d'en déhmiter la portée et d'en mesurer la valeur (Met, et Se, VIII® entret.). A la suite de Kant, il distingue trois facultés essentielles à la connaissance, la sensibihté, l'entendement, la raison. Les sens et la perception n'atteignent pas la réalité (exception faite pour la conscience qui atteint le moi réel) ; les notions à priori de l'entendement, expression de l'unité synthétique de l'esprit, donnent seules à la connaissance scientifique un caractère objectif. Mais Jes lois ainsi déterminées ne portent pas sur des êtres et des substances. La faculté métaphysique est la raison, qui atteint l'être en soi et absolu, au delà des abstractions. Cet être absolu est la substance du monde, essentiellement intelligible : « Le vrai noumène réside dans la pensée ». Mais cet être universel et nécessaire (qui, d'ailleurs, n'exclut point les êtres individuels et la liberté) n'est point parfait. Le parfait n'a d'exis-

VACHÈRES -^ VACÛUERÏE

tence que dans l'esprit qui le conçoit à titre d'idéal. Cet être purement idéal, seule garantie de la conscience morale, est Dieu. « La théologie n'est qu'une psychologie supérieure. » {Papiers inédits.) Quant à la morale, intimement apparentée à la psychologie, « elle commence et finit à la conscience ». Au reste, l'évolution cosmique obéit à une finahté progressive (la nature est un dynamisme inconscient), qui semble provenir de l'attrait exercé par la perfection.

OEuvres. — ■ Théorie d'Aristote sur les premiers principes (thèse de doctorat, 1836); Histoire critique de r école d'Alexandrie (1846-51) ; la Métaphysique et la Science (1858) ; Mémoire sur la psychologie; la Démocratie (1859) ; la Religion (1869) ; la Science et la Conscience (1870) ; Essc^is de philosophie critique; le Nouveau Spiritualisme (1884) ; la Démocratie libérale (1892). J. Segond.

BiBL. : Taine, les philosophes classiques {Portrait de M. Paul). — RAy4.issorf, fi^pport de 1801, pp. 111-19. — — Renouvier, dans Année p/iiL, 1868, pp. 139-143.— Séail- LES, dansRei;. phil., 1880, t. XI, pp. 21 et 136. — Ollé- Laprune, Etienne Vacherot, 1898. — Parodi, la Philosophie de Vacherot^ d§ns Mev. de Met. et deMor., 7" année, pp. 463-502,; 732-750.

VAQHETTE (Eugène), littérateur français (V. Chavette).

VACHON (Marius), historien et critique d'art français, né à Châtelus en ftSO. Il s'est consacré aux études d'histoire et de critique d'art, et a rempU diverses missions oftîcielles à l'effet d'étudier en Europe les institutions artistiques et d'art industriel. Il a publié : le Château de Saint-Cloud (1878) ; VArt français pendant la guerre et la Commune (1880, 4 vol.); V Ancien Hôtel de Ville de Paris (iSS^) ; Eugène Delacroix à P Ecole des beaux-arts (i^S5); Jacques Callot (1886); la Crise industrielle et artistique en France et en Europe (1886); la Russie au soleil (1886), etc.

VACHOTT (Eméric), poète hongrois, né à Gyongyôs en 1818, mort à Bude en 1861. Lorsque la Révolution éclata, il devint secrétaire au ministère de Kossuth. Frappé de folie après l'issue malheureuse de la Révolution, il passa le reste de ses jours dans une maison de santé. Ses poésies se distinguent par une profonde mélancolie. Les plus célèbres sont : le Prisonnier à V étranger et Elisabeth Bdthory. Ses œuvres complètes furent éditées par la Société Kisfaludy ('1863). — Le femme de Vachott, Marie Csapô, a publié plusieurs romans et des Mémoires fort intéressants pour le mouvement révolutionnaire. J. K.

VAGI ET (Bot.) (V. MuscARi et Myrtille).

VACOGNES. Com. du dép. du Calvados, arr. deCaen, cant. d'Evrecy ; 133 hab.

VACON. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Commercy, cant. de Void ; 243 hab,

VACQUERIE (La). Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Caumont ; 546 hab.

VACQUERIE. Com. du dép. de la Somme, arr. de Doullens, cant. de Bernaville ; 162 hab.

V A C Q U E R I E-eï-Saint-M artin-de-Câstries (La) . Com . du dép. de l'Hérault, arr. et cant. de Lodève ; 526 hab.

VACQUERIE-LE-BoucQ.Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Auxi-le-Château ; 182 hab.

VACQUERIE (Auguste), littérateur et publiciste français, né à Villequier en 1819, mort à Paris le 19 fév. 1895. 11 était frère de Charles Vacquerie qui épousa la fille de Hugo, Léopoldine, mourut avec elle, dans une promenade en bateau près du Havre et fut chanté par le poète dans les Contemplations. Lui-même avait été dès sa jeunesse un des admirateurs les plus fervents du romantisme et de son chef. En 1840, âgé seulement de vingt et un ans, il publia un volume de poésies conforme aux doctrines nouvelles : VEnfer et V Esprit; puis il écrivit des articles de critique littéraire dans le Globe et dans V Epoque. En 1844, il donna à l'Odéon, en collaboration avec un autre

VACQUERIE - VADNÂI

ami de Hugo, Paul Meurice, une traduction en vers d*A?itigone, bientôt suivie d'un volume de poésies d'une forme brillante et un peu laborieuse, intitulé Demi-teintes. En 1848, il fit jouer à la Porte -Saint-Martin un drame en vers, en cinq actes, Tragaldabas^ drame plein de hardiesses excessives et d'excentricités qui eut une chute bruyante. Lorsque fut fondé, la même année, le journal V Evénement, Vacquerie en devint naturellement un des rédacteurs les plus assidus, il était plus spécialement chargé des articles littéraires ; mais quand la rédaction du journal eut été éprouvée par de nombreuses condamnations et que V Evénement fut devenu V Avènement du Peuple, Vacquerie écrivit un certain nombre d'articles politiques. Après le coup d'Etat, bien qu'il n'eût pas été proscrit luimême, il suivit de son plein gré Victor Hugo à Jersey; de temps en temps, il revenait à Paris pour surveiller la répétition de ses pièces; en 1869, il s'y installa définitivement et avec les deux fils de Hugo, Paul Meurice et Rochefort, fonda le Rappel et commença une campagne violente contre l'Empire. En 1874, il se déclara pour Paris contre Versailles, et depuis, comme rédacteur en chef du Rappel^ il soutint les idées les plus démocratiques. Il faut citer de lui les ouvrages suivants : les Drames de la Grève (1855); Profils et Grimaces (1856); Souvent homme varie (1859); Chateaubriand (1860); les funérailles de l honneur (1860); Jean Baudry (1863); les Miettes de l'Histoire (1863); le Fils (iSm); Mes Premières Années de Paris (1872); Aujourdhui et Demain (1875); Futura (1890). En prose comme en vers, le style de Vacquerie est toujours brillant et souvent vigoureux. Mais, à force de fuir la banalité, il arrive trop souvent à l'auteur de ne pas éviter l'affectation et l'excentricité. A. Bayet.

VACQUERIETTE. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. du Parcq ; 241 hab.

VACQUEVILLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. de Baccarat ; 576 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.

VACQU EYRAS. Com. du dérp. de Vaucluse, arr. d'Orange, cant. de Beaumes ; 678 hab. Eaux minérales dites de Montmirail (3 sources : sulfurée calcique, sulfatée magnésienne, et ferrugineuse bicarbonatée).

VACQU 1 ÈRES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Montpellier, cant. de Claret ; 282 hab.

VACQU I ERS. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Toulouse, cant. de Fronton ; 582 hab.

VACSLAV (Wenceslas), roi de Pologne (V. ce mot).

VÂCZ (ail. Waitzen). Ville de Hongrie, dans le comitat de Pest, sur le Danube; 14.450 hab. (en 1890). Siège d'un évèché fondé par saint Etienne ; belle cathédrale, palais épiscopal. Arc de triomphe de Marie-Thérèse. L'évêque Nicolas Bâthory, sous Mathias Corvin, fit reconstruire la cathédrale et le palais et entourer la ville de grands jardins. Vâcz fut prise par les Turcs en 1543 ; ils changèrent la cathédrale en mosquée. Ils en furent chassés en 1684.

VADANS. Com. du dép. du Jura, arr. de Poligny, cant. d'Arbois, sur une colline (322 m.) qui domine la Cuisance; 410 hab. Eglise des xiii^ et xv« siècles. Ruines d'un château du xiv^ siècle.

VADANS. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Gray, cant. de Pesmes ; 318 hab.

VA'DDER (Lodcwyck de), peintre flamand, né à Bruxelles en 1605, mort à Bruxelles en 1655. H traita le paysage avec figures et peignit de remarquables effets de matin d'une couleur riche, un peu à la façon de Rubens. Œuvres à Darmstadt, Innsbruck, Munich, Stockholm, etc.

VADÉ (Jean- Joseph), chansonnier et auteur dramatique français né à Ham (Picardie) en 1720, mort à Paris en 1757. Fils d'un marchand, il ne profita pas de ses études ; de 1734 à, 1745 il occupa un emploi dans les finances. Son goût pour les lettres et la petite originalité qui le fit surnommer le Callot de la poésie ont conservé son

nom : il étudia le langage des cabarets et des bouges et en tira parti. On lui doit de nombreux opéras-comiques et parodies, tels que : la Pileuse (1752); le Rien (1753); la Fontaine de Jouvence (1754) ; Follette (1755) ; la Veuve indécise (1756); l'Impromptu du cœur (1758). Une de ses oeuvres les plus caractéristiques est la Pipe cassée. On a recueilli ses œuvres en 3 vol, à Paris, en 1775.

VADELAINCOURT. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Verdun-sur-Meuse, cant. de Souilly ; 116 hab.

VADENAY. Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlons-sur-Marne, cant. de Suippes ; 277 hab.

VADENCOURT. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Villers-Bocage ; 101 hab.

VADENGOURT-ET-BoHÉRïES. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins, cant. de Guise ; 721 hab.

VADIAN ou VADIANUS. Nom sous lequel est généralement connu l'humaniste Joachim de Watt (V. ce nom), le réformateur de Saint-Gall.

VADIER (Marc-Guillaume- Albert), homme politique français, né à Pamiers le 17 juil. 1736, mort à Bruxelles le 14 déc. 1828. Conseiller au présidial de Pamiers, il fut élu député aux Etats généraux de 1789 par la sénéchaussée de Pamiers. Esprit « faux et ardent », caractère cauteleux, il traita Louis XVI de brigand couronné, après la fuite de Varennes, proposa sa déchéance, son châtiment, puis fit amende honorable et se rallia sans vergogne à la monarchie constitutionnelle. Pendant la Législative, il exerça les fonctions électives de juge au tribunal de Mirepoix. Elu député de l'Ariège à la Convention (3 sept. 1792), le premier sur seize, il se prononça pour la mort du roi, sans appel ni sursis. Il fut nommé membre du comité de Sûreté générale ; par la portée qu'il donna à 1 affaire de Catherine Théot et de dom Gerle(Y. ces noms), il fut un des premiers et des plus perfides agents du 9 thermidor (V. ce mot et Robespierre). Cependant, à deux reprises, Lecointre le dénonça comme terroriste. Sur un rapport de Saladin (12 ventôse an III), il allait sans doute être renvoyé devant le tribunal révolutionnaire, quand éclata le mouvement du 12 germinal. Impliqué sans preuves dans le complot jacobin, condamné par contumace à la déportation, il vécut caché àParis jusqu'en mai ^96. Le Directoire le poursuivit comme complice de Babeuf : il fut acquitté par la haute cour de Vendôme, sur un plaidoyer de son fils. Mais il fut maintenu en prison pendant quatre ans, à Cherbourg, en vertu de l'arrêt qui l'avait frappé dans la Convention : l'amnistie de l'an IV ne s'appliquait pas aux contumaces. Délivré après le 18 brumaire, il dut quitter Paris en 1807 et se fixer à Toulouse, sous la surveillance de la haute police. Il n'en vota pas moins, aux Cent-Jours, l'acte additionnel, et par suite fut proscrit en vertu de la loi du 12 janv. 1816 (on a des lettres de lui datées de Mons, avr. 1816). Il avait réussi à sauver une partie de sa fortune. A. Tournier a publié in extenso son curieux testament. H. Monin.

BiBL. : A. Tournier, Vadier, président (sic) du comité de Sûreté générale sous la Terreur; Paris, s. d.,in-8 (portrait; autographe). — Articles de Aulard et Monin, dans la Révolution française (juin 1896, nov. 1900).

VADNAI (Charles), romancier hongrois, né à Miskolcz le 28 avr. 1832. H prit part à la Bévolution à l'âge de seize ans, devint lieutenant, mais dut servir ensuite un an comme simple soldat dans l'armée autrichienne. Revenu, il publia ses essais sous le nom de Coloman Sugdr, et depuis 1855 sous son vrai nom. Il excelle dans la peinture des âmes jeunes. Son style toujours soigné a de la couleur. Parmi ses romans, on peut citer : la Petite Fée; Esther, la Belle Choriste; Filles à marier ; le Méchant Voisin. En 1885, il a publié d'intéressants Mémoires. Vadnai a dirigé de 1867 à 1892 les Feuilles de la capitale (Fôvârosi lapok), journal littéraire quotidien qui a fait pénétrer la littérature française en Hongrie et a formé les meilleurs écrivains de la Jeune Hongrie.

VADONVILLE - VAGABONDAGE

VADONVILLE. Corn, du dép. de la Meuse, arr. etcant. de Commercy ; 376 hab.

VADROUILLE (Mar.) (V. Badrouille).

VADSŒ. Ville de Norvège, ch.-l. de l'anit de Finmarken, sur le fjord Varanger; 2.214 hab. en 4893. C'est le port extrême du cabotage et le centre des baleiniers ; commerce actif avec la mer Blanche ; importation de bois et grains ; exportation de poissons.

VADUZ. Capitale de la principauté de Liechtenstein, sur lar. d. du Rhin, à 465 m. d'alt., parmi de beaux vergers ; 4.139 hab. en 1890. Vieux château rebâti en 1523-26 avec tour carrée du ix® siècle.

VA-ET-VIENT (Techn. et Mar.). On donne, d'une façon générale, le nom de va-et-vient à un cordage qu'on tend entre deux points et qui, animé, par des moyens divers, du mouvement de même nom, établit entre eux une communication permettant le transport incessant de l'un à l'autre de personnes ou d'objets : entre un bâtiment échoué et le rivage, notamment. Dans ce cas spécial, un premier cordage, très mince et très léger, est porté à terre par un matelot excellent nageur, qui s'est enroulé l'une de ses extrémités autour du corps, ou encore, si l'état de la mer est trop mauvais et qu'on se trouve près d une station de sauvetage, est lancé de terre au navire par un canon porte-amarre ou lui est amené par un canot (V. Sauvetage). A l'aide du premier cordage, on en haie un second ,'plus gros, et c'est le long de ce dernier, solidement amarré à un rocher ou à un arbre, que s'effectue le transport des personnes et des choses, presque au niveau de Teau. Dans certaines exploitations industrielles, des va-et-vient un peu moins rudimentaires servent au chargement ou au déchargement des bateaux, wagons, etc., emportant ou apportant le charbon, le minerai, le sable, etc., ainsi qu'aux divers transports à effectuer d'un bâtiment à un autre d'une même usine, d'un point à un autre d'un même chantier : une benne est alors suspendue à un câble sans fm (V. Câble, t. VIII, p. 622). On a donné enfin le nom de va-et-vient aux organes d'une machine qui se meuvent de façon alternative et constante entre deux points.

VAEZ (Jean-Nicolas-Gustave van Nieuwenkuysen, dit), littérateur français, né à Bruxelles le 6 déc. 1812, mort en 1862. Destiné d'abord au barreau, il se tourna bientôt vers le théâtre^ fit jouer quelques pièces à Bruxelles de 1829 à 1834, puis vint à Paris. Il y fit la connaissance de Alphonse Royer et devint son collaborateur assidu. Après avoir écrit avec lui un assez grand nombre d'opéras et de comédies, il lui fut associé en 1853 comme directeur adjoint de l'Odéon et, en 1856, comme directeur de la scène à l'Académie nationale de musique. En collaboration avec Alph. Royer, il a écrit les livrets de Lucie de Lammermoor,àe la Favorite, etc. Seul, il a écrit des vaudevilles et des comédies, dont les principales sont : le Cheval de Grammont, les Brodequins de Lise, Mon Parrain de Pontoise, Nouvelles d'Espagne, etc.

VAFTHRUDNIR, géant de la mythologie septentrionale renommé pour sa science. Dans les Eddas (V. ce mot) il est le héros d'un épisode célèbre pendant lequel Odin vient éprouver sa science.

VA 6. Rivière de la Hongrie septentrionale, affl. g. du Danube. Elle commence par deux branches (le Vag Blanc et le Vag Noir), à la limite du comitat de Lipto et Zips, sur les versants du Haut et du Bas Tatra. Le Vag coule dans la vallée fertile formée par ces deux chaînes. Avant d'atteindre le Danube à Guta, il se divise en bras nombreux; son cours a 341 kil., il sert au flottage du bois vers le Danube ; ses crues printanières sont arrêtées par des digues.

VAGA (Perino i)el), peintre italien (V. Perino del Vag A Di BuoNAccoRsi).

VAGABONDAGE. I. Sociologie. — Le problème du vagabondage et de la mendicité est un de ceux qui, à juste titre, dans tous les pays, préoccupent le plus les pouvoirs publics.

C'est, en effet, parmi les errants que se recrute l'armée des criminels. En France, des mesures ont été prises depuis longtemps pour réprimer les infractions de toute nature commises par les bandes qui rendaient peu sûres les routes du territoire. Mais elles sont demeurées inefficaces, et le nombre des vagabonds croît tous les jours : Rivière estime ce nombre à 80.000, nous pensons qu'il dépasse 100.000. L'impuissance de nos lois pénales prouve qu'avant de punir il faut prévenir : aussi, dans ces dernières années, les criminalistes se sont-ils ingéniés à trouver des remèdes à un état qui s'aggrave en se prolongeant. La société doit distinguer parmi les vagabonds et leur appliquer des traitements distincts selon leur degré de déchéance ou de culpabilité. Les vieillards, les infirmes pour lesquels le travail est ou est devenu une impossibilité doivent être recueillis par l'Etat et placés dans des asiles de secours. Ceux que le chômage, la maladie, la crise ouvrière a jetés sur la rue, qui ne trouvent pas de travail malgré leur désir de se rendre utiles, doivent être l'objet d'une sollicitude toute particulière de la part du gouvernement et des sociétés de patronage officielles ou privées : ce sont les plus intéressants, car il faut relever leur courage souvent abattu et appuyer leurs efforts. Enfin, la société doit chercher à corriger ceux qui ont perdu le goût et l'habitude du travail, non pas en les abandonnant au sortir de la prison, mais en leur imposant des séjours prolongés dans des maisons de travail ou des colonies agricoles, ainsi que cela se fait en Belgique, en Suisse, en Angleterre et en Allemagne. Dans ces quatre pays, et principalement dans le premier, des résultats inespérés ont été obtenus qui sont un encouragement pour tous ceux dont le désir est de résoudre ce problème difficile. Le rigorisme doit être définitivement condamné, car la détention, le fouet ou les expulsions en masses inaugurées sous Louis XHÏ n'ont jamais débarrassé les campagnes ni les villes. Le système des courtes peines prononcées par les tribunaux français n'est guère moins mauvais, car il ne corrige jamais un délinquant d'habitude. Organiser dans chaque commune un office de travail et un lieu de refuge, transformer les dépôts de mendicité en maisons de travail, développer les sociétés de patronage, rendre la prison assez pénible pour qu'elle ne puisse être regardée comme un hôtel où l'on se loge aux frais du gouvernement, telles sont les réformes que doit accomplir le législateur : il doit s'adresser d'abord au moral du vagabond, le relever à ses propres yeux, lui procurer du travail, et ne le frapper qu'à la dernière extrémité. Fernand Chanteau.

II. Droit criminel. — Le vagabondage, en droit criminel, est un délit que le législateur de 1810 a frappé de peines variant entre trois mois et cinq ans d'emprisonnement selon les circonstances. Pour être déclaré vagabond, il faut n'avoir ni domicile certain, ni moyens de subsistance et n'exercer habituellement ni métier ni profession. Pour qu'une peine puisse être prononcée par les tribunaux correctionnels, il faut que ces trois éléments se trouvent réunis et établis. La loi entend punir celui qui volontairement adopte un genre de vie dangereux pour la société,, mais non celui qu'un accident ou l'absence de travail a momentanément plongé dans la misère. Il faut donc faire une très grande distinction entre le délinquant d'habitude, celui qui ne veut pas travailler et se refuse à chercher du travail, et le vagabond occasionnel qu'une nécessité fortuite pousse sur les grands chemins. Les magistrats doivent se montrer très sévères à l'égard du premier, pleins d'indulgence envers le second.

Le texte du Code pénal était cependant incomplet en ce sens qu'il ne s'appliquait et ne pouvait pas s'appliquer à une catégorie de gens sans aveu particulièrement redoutables, comme les souteneurs et les bonneteurs. La loi du 27 mai 1885 sur les récidivistes tenta de combler cette lacune en assimilant aux vagabonds ceux qui ne vivent que de la prostitution ou des gains illicites. Mais comme cette disposition nouvelle a été prise pour réprimer les

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