VAILLANT
corsaires barbaresques et emmené prisonnier à Alger. On raconte que pour sauver quelques-unes de ses plus précieuses médailles d'or, Vaillant prit le parti de les avaler ; mais les détails héroï-comiques de cette aventure la rendent quelque peu suspecte. Quoi qu'il en soit, Vaillant ne fut remis en liberté qu'après quatre mois et demi de détention. Ces voyages et cette aventure ne l'empêchèrent pas d'écrire de nombreux ouvrages, et Vaillant fut l'un des plus féconds numismates qui aient jamais existé ; en 4701, il fut nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Ses écrits sont en général dépassés aujourd'hui et renferment beaucoup d'erreurs de lectures et de fausses attributions numismatiques ; néanmoins, ils ont fait faire un pas immense à la science ; on peut dire qu'ils la renouvelèrent et préparèrent les voies à Eckhel et à Mionnet. D'aucuns sont encore consultés aujourd'hui avec fruit par les spécialistes. Nous citerons les suivants : Epistolaad iotiusEuropœantiquarios.utrum laurea Eumenio Pacato concedenda (Paris, 4662, in-4) ; Numismata imperatorum romanorum prœstantiora a Julio Cœsaread Postumum et tyrannos (Paris , 4674 et 1682, 2 vol. in4; dernière éd. 1767, 4vol.in-4, par Baldini, avec supplément par Khell) ; Seleucidarum imperium, sive historia regum Syriœ ad fldem numismatum accommodata (Paris, 1681, in-4; dernière éd., 1738) ; Numismata aerea imperatorum, augustorum et Cœsarum in coloniis, municipiis et urbibus jure latino donaiis percussa (Paris, 1688, in-fol.); Numismata imperatorum, augustorum et Cœsarum a populîs romanœ ditionis grœce loquentibus percussa (Paris, 1693; dernière éd. en 4700); Historia Ptolemœorum /Egypti regum, ad fidem numiswatum accommodata (Amsterdam, 1701, in-fol.); Nummi antigui familiarum romanarum (1703, 2 vol. in-fol.) ; Àrsacidarum imperiiim sive regum Parthorum numismata. Achemenidarum imperium sive regum Ponti, Bosphori et Bithyniœ numistnata (Varis, 1725, 2 vol. in-4). J. Vaillant a donné aussi la seconde édition des Selecta numismata antiqua du P. Seguin, et en 1696 les Selectiora numismata, de la collection de l'abbé Fr. de Camps. — Son fils, Jean-François {i6Q^- 1708), fut aussi collectionneur et numismate, docteur en médecine, membre de l'Académie des inscriptions, et il a écrit quelques dissertations dans le recueil de cette Académie.
BiBL. : E. Babelon, Trailé des monnaies grecques et romaines, 1. 1, pp. 137-113.
VAILLANT (Sébastien), botaniste français, né à Vigny (Seine-et-Oise) le 26 mai 1669, mort à Paris le 26 mai 1722. Il étudia la chirurgie à l'hôpital de Pontoise et en 1688 pratiqua à Evreux. En 1691, il vint suivre l'enseignement de Tournefort au jardin du roi, puis fut nommé directeur du jardin, grâce à Fagon. Nommé professeur de botanique en 1708, il devint en 1716 membre de l'Académie des sciences. Son Botanicon parisiense fut publié par Boerhaave à Leyde et Amsterdam (1727, in-fol.). Il a laissé d'autres ouvrages de botanique; Linné l'a beaucoup estimé. D'' L. Hn.
VAILLANT (Jean -Baptiste -Philibert), maréchal de France, né à Dijon le 6 oct. 1790, mort à Paris le 4rjuin 1872. Sorti en 1809 de l'Ecole polytechnique et en 1811 de l'Ecole d'application du génie, il fut aide de camp du général iïaxo, se signala au cours delà campagne de Russie par sa brillante conduite, fut fait prisonnier en 4843, prit part, pendant les Cent- Jours, aux batailles de Ligny et de Waterloo, puis à la défense de Paris où il fut blessé, et, promu en 1816 capitaine en premier, en 1826 chef de bataillon, conduisit en 4830, comme commandant d'une des fractions du génie du corps expéditionnaire d'Algérie, les opérations du siège de Fort-l'Empereur. De nouveau blessé, il reçut à son retour en France le grade de lieutenant- colonel et, en 1833, après le siège d'Anvers, celui de colonel. De 4834 à 4838, il
dirigea, en Algérie, les travaux de fortification, passa ensuite général de brigade, fut de 4838 à 4840 commandant de l'Ecole polytechnique, puis se fit confier la direction d une partie des travaux de construction des remparts et des forts de Paris et, à partir de 4845, en eut la direction supérieure, en même temps qu'il était promu lieutenant général. En 4849, il présida, comme commandant en second du corps expéditionnaire de Rome, aux opérations du siège de cette ville, donna, le 2 déc. 4854, son adhésion complète au coup d'Etat, fut nommé coup sur coup, durant les mois qui suivirent, maréchal de France, sénateur, grand maréchal du palais, et, le 44 mars 4854, succéda à Saint-Arnaud comme ministre de la guerre. Il garda cinq ans ce portefeuille. En 4859, il fit, comme major général de l'armée des Alpes, la campagne d'Italie, signa le 8 juil., avec le général Hesse, la suspension d'armes qui précéda la paix, fut chargé, le 10, du commandement en chef de toutes les troupes composant les cinq corps de l'armée d'occupation et, de retour en France le 5 juin 4860, fut rappelé le 24 nov. dans le cabinet avec le portefeuille de ministre de la maison de l'empereur, auquel devait être rattaché, en 1863, celui des beaux-arts. Il était, en outre, membre du conseil privé. Les beaux-arts lui furent enlevés le 2 janv. 1870. Mais il conserva jusqu'au 4 sept, le ministère de la maison de l'empereur. On a évalué à plus de 250.000 fr. par an le montant de tous ses traitements cumulés. Il conserva encore quelques jours, après la chute de l'Empire, la présidence du comité de défense de la capitale. Ayant été pris par la foule, pendant une de ses tournées, pour un espion, il fut menacé de mort, quitta Paris et, le 22 oct., reçut finalement du gouvernement l'ordre de quitter la France. Il résida jusqu'après la conclusion de la paix à Saint-Sébastien et mourut l'année suivante. Il avait été élu en 1853 membre libre de l'Académie des sciences : il était, en outre, membre du Rureau des longitudes (1862), président de la Société d'horticulture, président de la Société d'acclimatation, président de la Société protectrice des animaux. Il n'a publié que des mémoires et deux ou trois ouvrages sans grand intérêt. L. S.
VAILLANT (Edouard), homme politique français, né à Vierzon le 29 janv. 4840. Ingénieur, après avoir passé par l'Ecole centrale, il développa ensuite considérablement ses études scientifiques et fit partie du collège des chirurgiens anglais. C'est pendant son séjour à l'Université d'Heidelberg qu'il s'affilia à l'Internationale. La Commune lui permit d'essayer la réalisation de ses théories sociales. Elu membre du gouvernement par le VIII® arrondissement de Paris, membre de la commission executive, un des promoteurs du comité de Salut public qu'il considérait pourtant comme une mauvaise parodie du comité de la Révolution, il se chargea encore du portefeuille de l'enseignement. Lorsque le mouvement insurrectionnel fut réprimé. Vaillant parvint, sans trop de peine, à passer en Angleterre, où il présida la conférence de l'Association internationale des travailleurs (4871). Il fut condamné à mort par contumace (4872). Revenu en France à la suite de l'amnistie, il se fit élire au conseil municipal de Paris en 4884. Dans cette assemblée, il reprit l'exposé de son programme révolutionnaire, dont les principaux articles sont la suppression des armées permanentes, la sécularisation des biens du clergé, l'impôt progressif, la suppression du parlementarisme, la nationalisation des grands services de l'approvisionnement et de l'alimentation du peuple, etc., et la reconstitution de la Commune. Vaillant figura parmi les adversaires les plus déterminés du boulangisme ; mais il voulut faire bande à part et, se présentant aux élections législatives dans le Rhône, en 4888, se déclara à la fois contre Boulanger, contre les monarchistes et contre les opportunistes. Il ne fut pas élu. Il se représenta en 4889 dans le XX^ arrondissement de Paris et se désista au scrutin de ballottage. Enfin, en 1 893,