VALENCE
d'iodo et de trois atomes de chlore; l'azole, qui est trivalent dans l'ammoniaque, formé, pour chaque molécule, d'un atome d'azote et de trois atomes d'hydrogène, est pentavalent dans le chlorure d'ammonium, formé, pour chaque molécule, d'un atome d'azote, de quatre atomes d'hydrogène et d'un de chlore ; le phosphore, qui est trivalent dans le trichlorure, est de même pentavalent dans son pentachlorure. A noter seulement que les valences impaires restent toujours impaires et les valences paires toujours paires : l'iode devient bien de monovalent trivalent, l'azote de trivalent pentavalent, mais ils ne deviendraient ni divalenls, ni tétravalents (V. Atomique [Théorie], t. IV, p. 478, et Chimie, t. XI, p. 75).
Pour déterminer la valence des atomes des métaux, on ne peut utiliser, comme pour les métalloïdes, les combinaisons avec l'hydrogène, qui sont mal connues. On leur substitue les combinaisons avec le chlore, également monovalent. L'analyse de ces composés, qui sont, en général, volatils, a donné lieu de constater que la plupart des métaux sont divalents : le calcium, le strontium, le baryum, le magnésium, le zinc et le fer notamment. Pourtant l'argent et les métaux alcalins (potassium, sodium, lithium, etc.) sont monovalents, l'or et le bismuth trivaîents, l'étain et le platine tétravalents.
Les radicaux, groupements qui jouent, comme on sait, dans les réactions le même rôle que des corps simples ont, de même qu'eux, leur valence, qui se détermine de façon analogue. L'oxhydryle (associaton d'un atome d'oxygène et d'un atome d'hydrogène) est, par exemple, un radical monovalent et il se substitue, dans les combinaisons, à un atome d'nn corps simple monovalent. Le sulfuryle ou anhydride sulfureux est un radical divalent.
\/MEHCE(Valencia)A. Ville. — Ville d'Espagne (ancien royaume de Valence), ch.-l. de prov. etdedistr., à 300 kil. (490 par chem. de fer) et à l'E.-S.-E. de Madrid, sur la rive dr, et à 5 kil. de l'embouchure du Guadalaviar dans la Méditerranée. Alt.-, 13-63 m. Centre de chem. de fer vers le Grao de Valence, Barcelone, Alicante, Cullera, Cuenca, Liria; 204.768 hab., la troisième ville d'Espagne par conséquent. Archevêché, ch.-l. d'une capitainerie générale, bibliothèque de 40.000 vol., musée, etc. Valence, autrefois fortifiée, a détruit ses remparts et les a remplacés par les rondas ou boulevards, il lui reste deux portes fortifiées, la porte des Serranos, qui sert de prison, et la porte del Cuarte. La vieille ville est composée de rues étroites, sombres et tortueuses, mais bien pavées, bordées de belles maisons et très propres, ce qui est rare en Espagne ; quant à la partie moderne, elle ressemble à toutes les autres villes. Les monuments ne sont pas très nombreux : la cathédrale, bâtie à partir de 1262, est magnifique et dominée par la curieuse tour de Micalet, haute de 46 m. et d'oix l'on jouit d'une vue admirable sur les environs ; cette tour a été construite de 1381 à 1525 ; un grand nombre d'autres éghses ou chapelles sont intéressantes. Le palais de justice, le palais archiépiscopal, la Lonja de laSeda ou Bourse de la Soie, datant de 1498, l'Audiencia, établie dans un vieux donjon, la Plaza del Mercado, méritent aussi d'être cités, ainsi que les cinq ponts qui franchissent le lit, très souvent à sec, du Guadalaviar. Parmi les promenades, assez rares, il faut citer FAlameda.
Valence est une ville intellectuelle, qui s'honore de son Université, composée des cinq facultés de médecine, de droit, des sciences, de philosophie et de lettres, où professent 39 professeurs et qui sont fréquentées par 1.728 étudiants ; il y a en outre 7 collèges.
L'industrie est assez active : on y compte une grande manufacture de tabacs, des filatures et tissages de soie, velours, peluches pour chapeaux, des fabriques de drap, de feutre, d'étoffes de chanvre, de gants, d'éventails, des fonderies de fer et de bronze, des verreries et faïenceries, ces dernières fabriquant surtout des plaques de faïence vernie pour la décoration. Le commerce se fait par le
mauvais port sans abri du Grao ou Grau de Valence, à l'embouchure du Guadalaviar. Le mouvement de ce port est de 1.740 navires jaugeant 1.400.000 tonnes environ, et le chiffre du commerce est de 22 millions de fr. dont 17 millions aux exportations, surtout des fruits et légumes, et 5 millions aux importations, telles qu'engrais chimique, houille, morue et fer.
D'abord capitale des Edetani, puis colonie grecque, carthaginoise, romaine, sous le nom de Valeniia Edetanorum, Valence fut prise successivement par les Alains, les Suèves, puis par les Visigoths. En 711, elle devint arabe; en 1031, elle fut la capitale d'un royaume indépendant. Le Cid s'en empara en 1094, et la garda jusqu'à sa mort en 1099. Sa veuve, après Lavoir courageusement défendue, la rendit en 1101, non sans l'avoir incendiée. Elle ne redevint chrétienne qu'en 1238, date où Jacques P^ d'Aragon la reprit définitivement. Elle prit part aux guerres de la Péninsule, perdit ses libertés pour avoir embrassé la cause de l'archiduc Charles, massacra les Français en 1808, mais tomba entre les mains de Suchet le 9 janv. 1812. C'est la première ville d'Espagne où fut connue l'imprimerie. Elle a donné naissance aux papes Alexandre VI et Célestin III, au vice-roi de Naples Hugo de Moncade (f 1528), à l'historien Francisco de Moncade (f 1635), aux poètes dramatiques Guilhem de Castro (f 1631), Francesco Tarrega et Gaspar de Aguilar.
IL Province. — Province d'Espagne, une des trois qui ont été formées de l'ancien royaume de Valence. Située entre la mer Méditerranée à l'E., les prov. de Alicante au S., Albacète au S.-O., Cuenca à l'O., Téruel au N. et Castillon de la Plana au N.-E., elle a 185 kiL du N. au S. et 75 à 105 de l'O. à l'E. Sa superficie, de 10.751 kil. q., en fait la 21® province du royaume; sa population totale, de 775.995 hab., la met au 2® rang après Barcelone, alors que, par sa population kilométrique (72 hab.), elle occupe le 8^. Le sol, composé de terrains sédimentaires, depuis l'âge secondaire jusqu'à celui des alluvions actuels, est très accidenté, sans atteindre de grandes altitudes. Les montagnes occupent la partie occidentale de la province ; ce sont les dépendances de la cordillère bétique, sierra de Javalambre au N., de Martes au centre et Enguera au S. ; aucun pic ne dépasse 2.000 m. Le reste du pays, un quart environ de la superficie, est formé par des plateaux ou mesetas — ceux de Requena et d'Utiel — et par les grandes plaines ou huertas admirablement fertiles' de la côte, en particulier celles de Valence, de Gandia et de Jativa.
Le climat est absolument méditerranéen par sa séchecheresse en été, sa chaleur et son éclat. L'altitude y introduit naturellement quelque diversité. A Valence, qui a bien le climat caractéristique de la province, la moyenne annuelle est de 17^,3 ; en hiver, la moyenne est de 10^,8, au printemps de 15^*, 4, en été de 24^,2, en automne de 1 9*^. Le maximum observé a été 38°, 6, le minimum — 0*^,8, ce qui donne un écart de 39^,4 entre les extrêmes. Les pluies sont peu abondantes, la couche annuelle est de 0^^,386 se partageant ainsi : hiver, 81 millim. ; printemps, 97; été, 20; automne, 188. Etant données ces conditions, les fleuves ne peuvent avoir une grande importance : leur cours très incliné, leur débit des plus irréguliers, les rendent absolument impropres à la navigation, mais d'admirables travaux entrepris par les Arabes, et bien entretenus par les Espagnols, chose fort rare, tirent des fleuves toute l'eau qu'ils peuvent donner pour la répandre dans les champs. Toute une organisation, des plus intéressantes, régit la question des acequias ou de l'irrigation. Deux fleuves seulement ont une importance assez grande, ce sont le Guadalaviar ou Turia et le Jucar, venus des deux versants des Montes Universales.
La huerta (jardin) ou plaine côtière est superbe, et fait vivre le pays ; par contre, les montagnes sont stériles. Les statistiques espagnoles donnent, au point de vue de l'agriculture, les renseignements suivants : il y a environ