‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 344 sur 633 · VALENCE · texte numérisé non relu

VALENCE

187.000 hect. de forêts plus ou moins aménagées; les terres irriguées ou de regadio couvrent 400.0^0 hect. environ, dont 5B.000 sont cultivés en céréales, 40.000 en jardins, rizières et chènevières, 5.800 en olivettes et autres vergers, 600 en vignes ; les terres de secano ou non irriguées, mais cultivées, s'étendent sur 285.000 hect. environ, dont 84.000 en grains et céréales, 60.000 en vignes, 36.000 en olivettes, et 403.000 en pâtis, varennes, etc. Le bétail est ainsi évalué : moutons, 450.000 ; chèvres, 64 .600 ; porcs, 283 ; bêtes à cornes, 4 .550 ; ânes, 47.000; chevaux, 42.500; mulets, 20.700; on compte 28.000 ruches et 3.500 colombiers.

L'industrie est assez active, bien que les minéraux qui existent ne soient pas exploités, sauf dans quelques carrières. Elle est presque toute groupée à Valence et dans les environs de la grande ville (V. ci-dessus). La pêche fait vivre la population côtière. Les voies de communication, assez abondantes dans la plaine, sont rares et mauvaises dans la montagne : il y a 335 Idl. de chemins de fer : lignes de Barcelone à Carthagène, de Valence à Cuenca, de Valence à Liria, de Carcagente à Dénia (ces deux dernières à voie étroite) et de Silla à Cullera. Les ports, dont le plus important est le Grau de Valence, ont un mouvement de ^2.300 navires et 4.200.000 tonneaux pour le long cours, de 5.700 navires et 1.240.000 tonneaux pour le cabotage.

La population, très mélangée par les invasions et par les relations commerciales, est belle, les Valenciennes passent pour les plus jolies femmes de l'Espagne ; elle est vive, extrêmement gaie, sobre, suffisamment travailleuse, honnête, mais extrêmement fanatique. Le langage du peuple semble plus voisin de la langue d'oc française que du castillan.

Au point de vue administratif, la prov. de Valence est le centre du corps d'armée ou capitainerie générale de Valence ; une audience criminelle siège à Valence ; la province dépend par parties des diocèses de Valence, Segorbe et Orihuela. Ses 275 ayuntamientos ou communes se répartissent entre les 18 partidos judiciales ou districts de Albaida, Alberique, Alcira, Ayora, Carlet, Chelva, Chiva, Enguera, Gandia, Jativa, Liria, Onteniente, Requena, Sagunto (ou Murviedro), Sueca, Torrente; Valence, Villar del Arzobispo. J.-G. Kergomard.

BiBL. : JuanViLLANOvAjjResefiagfeoiogfica de laprovincia, de Vsilencia, dans, Bull Soc. g éogr.; Madrid, 1881-82. —Daniel de CoRTAZAR efc Manuel Pato, Descripcion fisica.geologica y agrologica de la prov. de Valence; Resena geogr. y estadist. de Èspana.

VALENCE. Com. du dép. de la Charente, arr. de Ruffec, cant. de Mansle; 446 hab.

VALENCE (Julia Valentia ; \ 'alentia Segalaunorum) . Ch.-L du dép„ de la Drôme; 26.242 hab. Stat.du chem. de fer de Lyon à Marseille ; embranchement sur Grenoble. Près du confluent de l'Isère. Port sur le Rhône. Malgré son heureuse situation. Valence n'a pris un véritable essor industriel et commercial que depuis l'ouverture du chemin de fer. On y compte aujourd'hui de nombreux ateliers ou manufactures de divers genres, et il s'y fait un commerce considérable de vins, d'épicerie, de bois et de matériaux de construction. La plaine de Valence est surtout plantée de vignes et de mûriers» La ville est encore entourée de murailles flanquées de tours avec plusieurs portes ; cette fortification date de François I^^^ qui séjourna dans cette ville en prévision d'une attaque de Charles-Quint. Le monument principal est la cathédrale dédiée à saint Apollinaire, vieille église romane consacrée par le pape Urbain II en 4095, réédifiée au xii® siècle. Elle a trois nefs avec 75 m. de longueur et d9 de largeur ; on y voit le buste de Pie VI, attribué à Canova, sur un cénotaphe de marbre : on sait que Pie VI est mort à Valence en 4799. Le clocher, carrément assis sur un beau porche, a 57 m. de hauteur. A une porte latérale de la cathédrale se trouve le monument funéraire du chanoine Mistral (4 548) connu sous le nom de Pendentif, L'église Saint- Jean a été

reconstruite depuis quelques années dans le même style que la cathédrale. L'ancienne éghse de Saint-Ruf sert" de temple protestant, et l'hôtel de Fabbé de Saint-Ruf est devenu celui du préfet. On remarque dans la Grande Rue la maison des Têtes, ainsi nommée des huit ou dix bustes exécutés sur la façade en ronde bosse représentant des personnages célèbres ; on a cru y reconnaître Homère, Hippocrate, Louis XI et aussi Adam et Eve. Cette maison fut bâtie vers 4530, probablement par Dorne, un professeur de l'Université, de qui elle passa aux Marquet. Les curieux vont aussi visiter les sculptures de la maison Dupré-Latour . Le musée renferme des toiles de David, de Devéria et d'autres peintres célèbres. Il y a à Valence une Société d'arcliéologie, dont le Rulletin, qui parait depuis 4866, contient de remarquables études historiques.

Histoire. — Valence était la capitale des Ségalaunes, qui faisaient partie de la confédération des Cavares. Elle "eut beaucoup à souffrir de l'invasion des barbares, prise successivement par les Visigoths, les Alains (430) et les Sarrasins (vers 730). Elle fut, au moyen âge, le siège de plusieurs conciles : en 374, 529, 585, 8^55, 4400 et 4248. L'évêché de Valence remonte, suivant la traditioji, aux saints Félix, Fortunat et Achilléo, disciples de saint Irénée, mais son premier titulaire connu est saint Emilien, l'un des Pères du concile de Sardique (347). L'évêque de Valence était seigneur temporel de sa ville épiscopale et de quelques bourgs environnants ; il s'intitulait, en 4450, comte de Valence. Ayant obtenu, en 4457, des enipereurs d'Allemagne, tous les privilèges de la souveraineté dans ses terres, il en jouit assez longtemps, malgré de nombreux conflits, tant avec ses sujets, qui avaient institué une maison de la confrérie, première forme des revendications municipales, qu'avec les Poitiers, comtes de Valentinois. C'est pour donner aux évêques le moyen de résister aux empiétements de ces derniers, que le pape unit en 4275 l'évêché de Die à celui de Valence. Dès le siècle suivant, les habitants de Valence, bien que sujets de l'évêque, jouissaient de franchises assez étendues puisqu'ils s'administraient eux-mêmes par l'intermédiaire de quatre syndics ou consuls élus chaque année, dont l'un était gentilhomme, le second bourgeois, le troisième marchand ou artisan et le quatrième laboureur. En 4396, ils implorèrent contre l'évêque la protection du roi dauphin, s'engageant à lui payer des subsides. Cet état de choses fut régularisé en 4456 par un traité aux termes duquel, l'évêque de Valence s'étant reconnu le vassal des dauphins, ses possessions furent incorporées au Dauphiné sous la réserve de certains droits. Quand vint la Réforme, Valence fut la première ville du Dauphiné à y adhérer, et son occupation }»ar le baron des Adrets, accompagnée du niassacre de la Motte-Gondrin, son gouverneur, fut le signal de la première guerre civile dans tout le midi de la France. — Avant 4790, Valence était une des dix villes du Dauphiné, dont les consuls siégeaient à la tête du tiers état aux états généraux de la province. Elle était le chef-lieu d'une élection (tribunal pour les réclamations au sujet des impôts) comprenant 80 communautés, d'un présidial qui datait de 4636, d'une Université, fondée en 1452 par le dauphin Louis XI, et qui a compté parmi ses maîtres Cujas et Scaliger. Une école d'artillerie y fut établie en 4777, et Bonaparte y a fait trois séjours comme officier de cette arme, le 4®^ d'oct. 4785 à août 4786, et les deux autres, beaucoup plus courts, en 1 788 et 4794 .

EvÉQUES. — Emilien, 347-74; Sextius, fin du iv^ siècle ; Maxime, 449 ; Valdebert, 478, et Apollinaire, fin du v^ siècle jusque vers 520 ; Salvius ; Antoine ; Maxime, 567 ; Raynoalde, 584; Elephas; Agilulphe, 644 ; Walde; Angilde, 650-58 ; Abbon, 678 ; Bonit, 788 ; Salvius, 800 ; Lupicin, 804 ; Antoine ; Elephas ; Lambert ; Adon, 835 ; Dunctran, 842; Eilard; Brocard; Archirabert; Agilde; Ratbert, 858-79 ; Isaac, 886-99 ; Iraeric ; Reme'gaire, 907-24 ; Odilbert, 947-50 ; Aimon, 960-80; Gui, 990-94; Lam-

VALENCE — VALENGIENNES

bert, 997-1014; Hémégaire, 4011 ; Gui, 1016-215 ; Pons Adhémar, 1031-56 ; Odon, 1058 ; Rainachaire, vers 1060 ; Gontard, 1063-1100; Henri; Eustache, 1107-41; Jean, 1141-46; Bernard, H47-54; Odon, 1156-83; Lantelme, 1186-88; Falcon, 1187-1200; Humbert de Miribel, 1200-20 ; Géraud, 1220 ; Guillaume de Savoie, 1231-39; Boniface, 1242; Philippe de Savoie, 1242; Gui de Montiaur, 1268; Bertrand, 1268; Gui de Montlaur, 1272-74; Amédée de Roussillon, 1274-81; Philippe de Bernusson; Henri de Genève; Jean, 1283-97 ; Guillaume de Roussillon, 1297-1331 ; Adhémar de La Voulte, 1331-36 ; Henri de Yillars, 1336-42; Pierre de Chastellux, 1342-50; Jouffroy,135l-5i; Louis de Villars, 1354-76; Guillaume de La Voulte, 1378-83; Amédée de Saluées, 1383-89; Henri, 1389; Jean *de Poitiers, 1390- 1448; Louis de Poitiers, 1448-68; Gérard de Crussol, 1 468-72 ; Jacques de Bathernay, 1472 ; Antoine de Balzac, 1474-91; Jean d'Epinay, 1491-1503; François de Loris; Urbain de Miolan, 1505; Gaspard de Tournon, 1505-20; * Jean de Lorraine, 1521 ; Antoine Duprat, 1522 ; François-Guillaume de Castelnau, 1524-31 ; Antoine de Vesc, 1531-37 ; Jacques de Tournon, 1537-53; Jean de Montluc, 1553-79; Charles de Léberon, 1580-1600 ; Pierre de Léberon, 1600-21; Charles de Léberon, 1624-54; Daniel de Cosnac, 1655-87; Bochard de Champigny, 1687-1705; Jean de Catellan, 1705-25; Alexandre de Milon, 1725-71 ; François de Grave, 1772-87 ; Melchior de Messey, 1788, mort en Autriche en 1806 ; François Marbos, évêque constitutionnel, 1791-95 ; François Bécherel, 1802-15; LaRivoire de La Tourette, 1819-40; Pierre Chatrousse, 1840-57; Lyonnet, 1857-64; Nicolas Gueulette, 1865-75; Coton, 1875.

L'évêché de Valence, compris par la Constitution de 1790 dans la province ecclésiastique d'Aix, passa par le concordat de 1801 dans celle de Lyon et enfin en 1821 dans celle d'Avignon dont il relève aujourd'hui.

Valence a donné naissance : à Laurent Joubert, célèbre médecin du xvi® siècle, chancelier de l'Université de Montpellier, auteur de nombreux ouvrages; au général Championnet, dont la statue décore le Champ de Mars ; à Bachasson de MontaHvet, ministre sous l'Empire et sous la Restauration; au sénateur Bonjean; à Désiré Bancel, député au Corps législatif en 1869; à Bérenger de la Drôme, à Emile Augier, aux historiens Jules Obvier et baron de Coston, etc. A. Mazon.

Bill. : Columih, De rébus gestis V aleniinoruyn et Diensium ef)isGoporum^ 1652. — De Catellan, les Antiquités de Véglise de Valence, 1724. — Michel Forest, Annales manuscrites de Valence. — Jules Ollivier, Essais historiques sur Valence, 1831. — D'* Long, Recherches sur les antiquités romaines du pays des Vocontiens^ 1849. — Rochas, Biographie du Dauphiné, 1860. — Nadal, Hist. de l'Université de Valence, 1861. — Brun-Durand, Dictionnaire topographique de la Drôme, 1891 ; Biographie de la Drôme, 1901. — Ulysse Chevalier, Jules Chevalier, Cyprien Perrossier, ouvrages divers sur la Drôme.

VALENCE-d'Agenais. Ch.-l. de cant. du dép. deTarnet-Garonne, arr. de Moissac, sur la r. dr. de la Garonne ; 3.430 hab. (2.730 aggl.). Tanneries, apprêt de plumes d'oiseaux pour modes ; carrières de plâtre. C'est une bastide (V. ce mot) créée par Edouard 1^^ d'Angleterre en 1282.

VALENCE-d'Albigeois. Ch.-l. de cant. du dép. du Tarn, arr. d'AM; 1.519 hab.

VALENCE-en-Brie. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. deMelun, cant. du Châtelet-en-Brie ; 554 hab.

VALENCE-sur-Baïse. Ch.-l. de cant. du dép. du Gers, arr. de Condom, au confluent de la Baïse et de l'Auloue ; 1.502 hab. (873 aggl.). A 2 kil. N.-O., ruines romanes de l'abbaye cistercienne de Flaran, fondée en 1151 ; église romane de 1175 ; salle capitulaire du xn« siècle ; cloître du xiv^ siècle, avec sculptures satiriques, etc. A 1 kil. N. de Flaran, châteaux de Léberon (Renaissance) et de Tauzia (xiv« s.) ; à 3 kil. S. de Valence, tour de Gardés (xv^s.). A. -M. B.

BiDL. : Thézan, Valence-sur-Baise et ses alentours

1870, in-8. — Ph. Lauzun et P. Benouville, VAbbaye de F/aran, 1890, in-8.

VALENCE (Duc de) (Y. Narvaez).

VALENCIA. Ville du Venezuela, ch.-l. de l'Etat de Carabobo, à l'O. du beau lac de Valencia ou de Tacarigua (550 kil. q., 70 m. de profondeur, ait. 414 m., reçoit le rio Aragua et une vingtaine de rivières). La ville, située au xvi® siècle à 2 kil. du lac, en est aujourd'hui à 15 kil. Elle s'appelait jadis iVw^nâ^ Valencia del Rey. Située sur le chem. de fer de Caracas à Puerto Cabelio, elle compte 27.500 hab. (en 1891). Elle doit sa prospérité aux plantations voisines de canne à sucre, de café, etc. Le premier congrès vénézuélien y siégea. A. -M. B.

VALENCIA DE Alcantara. Ville d'Espagne, prov. et à 76 kil. de Caceres (Estrémadure), près de la frontière portugaise, sur l'Avid, tribut, de g. du Tage; 8.230 hab. Stat. du chem. de fer de Madrid à Lisbonne. Entourée de vieilles murailles, dominée par un vieux château fort, elle contient de nombreux restes de la domination des Arabes. A quelques kilomètres au N.-O. se trouvent les ruines très caractéristiques d'une ville romaine, peut-être Julia Contrasta.

VALENClENNE(Techn.)(V.DENTELLE,t.XIV,p.l41).

VALENCIENNES. Ch.-l. d'arr. du dép. du Nord, place de guerre déclassée sur l'Escaut qui y reçoit à droite la Khônelle, au centre d'un réseau de chemins de fer qui la relient à Maubeuge, Douai, Lille, Mons, Le Gâteau ; 29.912 hab. Tribunaux civil et de commerce, lycée, académie de musique et de peinture (remarquables Watteau dans deux salles consacrées à Carpeaux). Société de géographie, musée d'antiquités, muséum, bibliothèque (27.000 vol. et 1.088 manuscrits), musée Bénezech (5.000 vol.). Succursale de la Banque de France et de la Société générale, arsenal, hôpital militaire, etc. L'exploitation de la houille produit annuellement 14 millions de tonnes. Les betteraves et la chicorée sont cultivées en grand autour de la ville. Raffineries de sucre, scieries, brasseries, fiibriques de produits chimiques, de briquettes, de savons, etc., occupant 6.000 ouvriers dans les faubourgs de Paris, Saint-Vaast, etc. Valenciennes produit des hnons, batistes, amidons, etc. Les principaux monuments sont l'église Notre-Dame du Saint-Cordon, bâtie dans le style du xiu^ siècle de 1850 à 1864, aux peintures sur verre de Lévêque ; Saint-Géry, avec une tour (xiii®, xv<^ s.); hôtel de ville monumental de 1618 (le magnifique beffroi s'est écroulé en 1843); Saint-Nicolas, bâti au xvii*^ siècle par les jésuites. Maison curieuse du XV® siècle. La célèbre fabrication des dentelles a disparu depuis un demi siècle comme industrie locale ; aux environs on s'y livre toujours, malgré sa complication (il fallait 64.000 fuseauxjpour exécuter 10 ceniini. d'ouvrage). — Valentiaiia, d'origine romaine, fut le siège d'un comté qui se fondit au xi® siècle avec le comté de Hainaut. Au xvi^ siècle, elle tomba au pouvoir des Espagnols (2 avr. 1567); en 1677, Louis XIV s'en empara et en fit la capitale du Hainaut : les traités de Nimègue et d'Utrecht la donnèrent à la France. En juil. 1793, les Autrichiens et les Anglais alliés s'en emparèrent, mais dès le 17 août 1794, ils cédèrent la place aux Français de Scherer. Investie par les Prussiens le 24 juin 1815, elle fut prise le 18 août par capitulation.

BiBL. : CiiuQUET, les Guerres de la Révolution ; Valenciennes, 10 vol.; Paris, 1894.

VALENCIENNES (Henri de), chroniqueur français (V. Henri).

VALENCIENNES (Achille), zoologiste français, né à Paris en 1794, mort en 1863. Il fut nommé, en 1836, professeur d'ichtyologie au Muséum et succéda, en 1844, à Etienne Geoffroy Saint-Hilaire dans la section de zoologie à l'Institut. Il a collaboré aux Annales du Muséum, au Dictionnaire de' d'Orbigny, à VHistoire naturelle des poissons commencée par Cuvier et continuée par lui, etc. Parmi ses autres ouvrages, citons son Histoire

Page 1