‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 346 sur 633 · VALENTIN — VALENTINO · texte numérisé non relu

VALENTIN — VALENTINO

tableaux pour les églises lorsqu'il cessa tout à coup de produire et se confina dans une retraite sévère ; les œuvres qu'il a laissées dénotent un talent consciencieux et correct, mais froid et peu personnel. Jules Mazé.

VALENTIN (Gabriel-Gustav), physiologiste allemand, né à Breslau le 8 juil. 4810, mort à Berne le M mai 4883. Ses études terminées, il se fixa à Breslau, et, à peine âgé de vingt-cinq ans, obtint le grand prix de physiologie expérimentale décerné par l'Académie des sciences de Paris. En 4836, il obtint la chaire de physiologie à Berne, où il publia, de 4836 à 4843, son célèbre Bepertorium fur Analomie und Physiologie. Ouvrages principaux : Handbuch der Entwickelungsgeschichte des Menschen (Berlin, 4835, gr. ia-8); Lehrbuchder Physiologie des Menschen (Brunswick, 4844, 2 vol. in-8; 2® édit., 4847-50, etsuppl. 4851); VersucKelner physiolog. Pathologie der Neruen(Le\i^iig, 4864, in-8); Versucheiner physiolog. Pathol. des Blutes (Leipzig, 4866-67, in-8).

VALENTIN (Marie-Edmond), homme politique français, né à Strasbourg le 27 avr. 4823, mort à Paris le 34 oct. 4879. Sous-lieutenant en 4854, il fut nommé représentant à l'Assemblée législative; républicain convaincu, arrêté lors du coup d'Etat, il se réfugia en Angleterre oii il devint professeur à l'Ecole d'artillerie de Woolwich (4860 à 4870). Revenu à Paris, il fut nommé prétet du Bas-Rhin (sept. 4870) lors de l'investissement de Strasbourg ; il pénétra courageusement dans la place, fut obligé de subir la capitulation et détenu en Allemagne. Mis en liberté, il fut nommé préfet du Rhône ; prisonnier de l'émeute de mars 1874 à Lyon, il parvint à en triompher par son énergie ; déplacé à cause de ses convictions républicaines en 4872, il fut élu député de Seine-et-Oise en 4873 et sénatp.ur du Rhône en 4876. Sa mort est généralement attribuée à un suicide, à la suite de mauvaises affaires.

VALENTINE. Coutume anglaise (V. Valentin).

VALENTINE. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. et cant. de Saint-Gaudens, sur la r. dr. de la Garonne ; 4.042 hab. Ruines de la villa romaine des gouverneurs de la cité des Convènes ; ermitage du Bout-du-Puy.

VA LENTI N E de Milan, duchesse d'Orléans (V, Orléans [Louis d']).

VALENTI N I AN ISIVI E (V. Valentin, gnostique du ii^ s.).

VALENTINIEN 1®^ (Flavius Valentinianus) , empereur romain (364-75), né à Cibalis en Pannonie en 324, mort à Bregetio (près de Comorn) le 47 nov. 375, était vers 360 tribun des scutarii; mais son attachement à la foi chrétienne le fit disgracier par Julien. Après la mort de Julien et celle de Jovien, il fut proclamé empereur à Nicéc par les légions d'Asie. Il confia à son frère Valons le gouvernement de l'Orient et garda pour lui l'Occident. Il fixa sa capitale à Milan, plus voisine que Rome des frontières du haut Danube et du Rhin. Brave soldat, administrateur énergique, il était d'un caractère emporté, il se laissait aller à des accès de fureur et de cruauté. Valentinien P^ dut lutter contre un chef africain, Firmus le More (V. ce nom) qui prit la pourpre et tenta de soulever l'Afrique du Nord, avec l'appui des tribus indigènes et des donatistes. Valentinien lui opposa le comte Théodose qui vint à bout des rebelles après trois ans de lutte (374-73). — En Bretagne, Valentinien dut refouler les Pietés et les Scots descendus des montagnes de la Calédonie et qui pillaient le plat pays (367-70). Il dut défendre la Gaule septentrionale contre les Francs et les Saxons. Il rejeta les Alamans sur la r. droite du Rhin (366), les battit à Solicinium (Sulz) en 368 et reconquit les Champs Décumates qu'il protégea par de nouvelles fortifications, dictant en 374 la paix aux Alamans. Sur le moyen Danube il repoussa les Quades, qui avaient envahi la Pannonie. Ce fut à la fin de cette campagne que Valentinien mourut d'apoplexie tandis qu'il invectivait furieusement des députés quades auxquels il avait donné audience. — Comme son frère Valens, Valentinien ï®''

intervint dans les disputes entre catholiques et ariens, mais ce fut pour soutenir les catholiques. Il prit le parti du pape Damase contre ses ennemis, et promulgua plusieurs édits contre les sectes hérétiques, en particulier contre les manichéens. J. Toutain.

VALENTINIEN II (Flavius-Valentinianus junior), empereur romain (375-92), né en 374, mort près de Vienne le 45 mai 392, fils de Valentinien P^ et de Justine; à la mort de son père, il avait à peine quatre ans. Il fut proclamé auguste et partagea avec son frère aîné Gratien (d'un autre lit), beaucoup plus âgé que lui, l'empire d'Occident ; nominalement il régnait sur l'Italie et l'Illyrie, en fait Gratien gouverna tout l'héritage de Valentinien P^\ Lorsqu'il fut mort, en 383, peut-être assassiné à l'instigation de l'usurpateur Maximus, Valentinien ÏI dut abandonner à ce dernier la Bretagne et la Gaule ; il ne conserva que l'Italie, l'Illyricum et l'Afrique. Mais, quand Maximus menaça l'Itahe elle-même. Théodose, l'empereur d'Orient, vint au secours du faible Valentinien II. Maximus, vaincu et fait prisonnier, fut mis à mort en 388 ; Valentinien II rentra alors en possession de tout l'empire d'Occident. Il ne tarda pas à tomber sous l'influence d'un général franc, Arbogast, qui fut le vrai maître du gouvernement ; lorsqu'il voulut le disgracier, il fut assassiné par lui. J. Toutain.

VALENTINIEN III (Flavius-Placidius-Valentinianus), empereur romain d'Occident (425-55), #é en 449, mort le 46 mars 455. Fils de Constantius, collègue d'Honorius, et de Placidia, sœur d'Honorius et d'Arcadius, il succéda en 425 à son oncle Honorius comme empereur d'Occident. Ce fut sa mère Placidia qui gouverna sous son nom. Même parvenu à l'âge d'homme, Valentinien III ne fut jamais qu'un fantôme d'empereur. Malgré les vertus de Placidia et les grandes qualités militaires d'Aétius (V. Placidia, Aétius), le règne de Valentinien III fut désastreux pour l'Empire. La Gaule, occupée parles Visigoths et les Burgondes, fut envahie au N. par les Francs, à l'E. parles Alamans, puis par les Huns d'Attila ; Aétius ne remporta en 454 la victoire des Champs Catalauniques qu'avec l'appui des autres peuples barbares déjà établis en Gaule. La Bretagne fut définitivement abandonnée par les légions romaines en 446. L'Italie elle-même fut menacée : Attila franchit les Alpes en 452. L'Espagne était tombée aux mains des Suèves, des Alains et des Visigoths ; enfin la rivalité d'Aétius et du comte Boniface livra toute l'Afrique du Nord aux Vandales de Genséric (V. Boniface, t. VII, p. 297 ; Vandales). Seul le nom d'Aétius jette à ce moment quelque éclat sur l'Empire. Mais en 454, Valentinien III, jaloux et défiant, le tua de sa propre main. Un an plus tard, il fut lui-même assassiné par un sénateur romain, Pétronius Maximus, dont il avait outragé la femme. J. Toutain.

VALENTINITE (Miner.) (V. Antimoine, t. III, p. 243).

VALENTINO (Henri-Justin- Joseph), musicien et chef d'orchestre français, né à Lille le 44 oct. 4785, mort à Versailles le 28 janv. 4865. La famille de cet artiste était d'origine italienne, et bien que la profession de son père, pharmacien de l'hôpital militaire, n'eût rien qui prédisposât particulièrement à la musique, l'enfant reçut une éducation assez forte pour pouvoir, dès l'âge de quatorze ans, exercer en province les fonctions de chef d'orchestre. En 4820, il était déjà second chef de l'Opéra de Paris et premier en 4824. Ce fut sous sa direction que furent montées plusieurs grandes œuvres : la Muette de Portici, Guillaume Tell, Olympie, etc. En 4830, il se retirait à la suite de dissentiments avec le docteur Véron, alors directeur. L'Opéra-Comique se l'attacha, et Valentino, de 4834 à 4836, dirigea l'orchestre de ce théâtre avec beaucoup de succès. En 4837, il fondait à Paris dans la salle Saint-Honoré, qui prit depuis son nom, la première entreprise de concerts classiques populaires. Quatre jours par semaine étaient consacrés à la musique sérieuse ; les trois autres jours, le même orchestre, sous un autre chef, Fessy, faisait entendre des œuvres légères et de la mu-

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