‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 347 sur 633 · VALENTINO - VALÈRE · texte numérisé non relu

VALENTINO - VALÈRE

sique de danse. Mais les temps n'étaient pas encore mûrs pour un pareil essai. Après quelque temps de vogiie, le succès se ralentit, et bientôt on fut obligé de renoncer aux concerts symphoniques. Valentino, qui ne voulait point se consacrer à la direction d'un orchestre de danse, se sépara de l'œuvre et, en 1841, il se retirait à Versailles, dans une retraite désormais définitive.

VALENTINOIS. Ancien pays des Ségalaunes dont Valence était la capitale et qui avait à peu près les mêmes limites que l'ancien diocèse de Valence, s'étendant comme celui-ci sur la rive droite du Rhône, où, jusqu'à la R.évolution, trente-cinq communes du Vivarais, entre les rivières de Doux et d'Erieux, dépendaient encore de l'évêché de Valence. Compris en 855 dans le royaume de Provence, et en 933 dans le royaume d'Arles, ce pays forma, dès les premières années du xi® siècle, le comitatus valentinensis gouverné par des comtes amovibles et fut ensuite partagé entre divers seigneurs qui se déclarèrent indépendants sous la suzeraineté des empereurs germaniques. Les plus importants furent les Geilin, remplacés vers 1125 par les Poitiers, qui prirent le titre de comtes de Valentinois, et qui, ayant acquis une partie du Diois, léguèrent, en 1419, le tout aux rois de France. En 1493, le Valentinois du Dauphiné, ou Valentinois proprement dit (celui de la rive droite ayant été annexé au Languedoc), fut érigé en duché en faveur de César Borgia, mais celui-ci jouit peu de cette donation qui fut révoquée en mai 1504 pour cause de félonie. En 1548, Henri II le donna à Diane de Poitiers qui le posséda jusqu'à sa mort (1566). Enfin, en 1642, Louis XIII érigea le Valentinois en duché-pairie pour le prince de Monaco, mais ce duché n'avait aucun rapport avec l'ancien comté de ce nom et se composait de terres et de droits seigneuriaux disséminés sur tous les points de la Drôme. Les princes de Monaco ont possédé ce duché jusqu'à la Révolution, et l'héritier présomptif de cette principauté porte encore le titre de duc de Valentinois. A. M.

BicL. : Brun-Durand, Dict. topogr. de la Drôme. — A. DE Gallier, César Borgia, dans Bulletin d'archéologie de la Drôme^ 1894.,

VAL EN TON. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Corbeil, cant. de Boissy-Saint-Léger ; 766 hab.

VALERÂ (Cipriano de ), dit r Hérétique espagnol (El Ilereje espailol), né à Séville vers d532, mort dans les premières années du xvii® siècle, après 1602. D'abord moine à San Isidro del Campo, à Séville, il fut entraîné au protestantisme par le D^ Egidio, se réfugia à l'étranger pour échapper à l'Inquisition, et se fixa en Angleterre, où il prit ses degrés de bachelier (1559-60) et de maître es arts (1563) à Cambridge, et où il se maria. En 1588, il publia un libelle, d'un style très vif, contre le catholicisme : Dos tratados, El primera es del Papa y de su autoridad... El segundo es de la Missa; ces deux traités furent réimprimés en 1599, avec une addition : Enjambre de los falsos milagros con que Maria de la Visitazion... engano d mui muchos, et traduits en anglais en 1600 par John Golbourne. En 1594, toujours à Londres, il imprima un traité adressé aux chrétiens captifs en Barbarie, où certains ont voulu voir une exhortation déguisée visant les protestants de Séville : Tratado para eofifirmar los pobres cautivos de Berberia en la catôlica i antigilaféi religion cristiana... suivi d'une seconde édition de V Enjambre de los falsos milagros... En 1596 et 1597, il fit paraître deux traductions d'œuvres de Calvin : le Catéchisme et la Instituùon de la relijion cristiana. On suppose qu'il participa à la traduction du Caiôlico reformado de Guillaume Perquin. En 1600, sous le titre de : Aviso d los de la Iglesia Romana sobre la indiccion del jubileo for la Bulla del Papa Clémente VIII, il lança un pamphlet contre les indulgences. Son œuvre principale est sa traduction espagnole de la Bible, En 1596 il en avait publié une partie' à Londres ; El Testam^ento Nuevo

de Nuestro Senor Jesu Christo. La Bii3le complète parut à Amsterdam en 1602 : La Biblia que eslos Sacros Libros del Viejo y Nuevo Testamento, avec la mention Segunda edicion, qui se réfère peut-être à l'édition du Nouveau Testament seul, de 1596. Cette traduction suit de très près, avec quelques corrections, la traduction antérieure en espagnol de Casiodoro de Reina, calquée sur les textes grec et hébreu ; on y trouve une curieuse notice sur les traducteurs de la Bible. C'est la traduction de Valera que continuent à publier, pour les pays de langue espagnole, les sociétés bibhques de Londres.

BiBL. : Menendez Pelayo, liistoria de los heteredoxos espanoles; Madrid, 1880-82, t. II, liv. IV, ch. x, partie VI, in-8. — J. Garrett Underhill, Spanish literature in the England of the Tudors ; New Yorlc, 1899, in-12.

VALERA Y Alcalà Galiano (Don Juan), écrivain et diplomate espagnol, né à Cabra, prov. de Cordoue, en 1827. Il débuta au barreau, puis entra dans la diplomatie. Après avoir collaboré au journal conservateur libéral El contemporaneo, il s'attacha en 1859 à l'Union libérale dont le chef, O'Donnell, l'envoya en 1866 comme plénipotentiaire à Francfort. Il adhéra au mouvement révolutionnaire de 1868, et fut, sous la régence de Serrano, directeur de l'instruction publique. Après l'avènement d'Alphonse XII, Valera, membre du parti libéral, devint successivement ambassadeur à Lisbonne, à Washington, à Bruxelles et à Vienne. C'est surtout comme écrivain que don Juan Valera s'est fait connaître. Il publia d'abord, en 1858, un volume de poésies d'une élégance sobre et toute classique, rééditées en 1886, à Madrid, sous le titre de : Canciones, romances y poemas. Son premier et plus célèbre romon, Pépita Jimenez, parut en 1874 dans la Revista de Espana.'Jl fut suivi : en 1875, des Ilusiones del Doclor Eaustino; en 1877, du ComendadorJIendoza, de Pasarse de Liste; enfin, en 1879, de Dona Luz. A ces œuvres de fantaisie il faut joindre un volume de Cuentos, didlogos y fantasias. Après être resté près de vingt ans sans écrire d'autres romans, Don Juan Valera en a donné une série nouvelle : Juanita la larga ('1896), Genio y figura (1897), et un autre volume de contes : Be varies colores (1898). Don Juan Valera s'est également distingué dans la critique, et il a parlé des poètes hispano-américains avec une compétence toute spéciale. C'est ainsi qu'il a donné deux volumes de Estudios criticos sobre lite ratura, politica y costumbres de nuestros dias (Madrid, 1884-86), des Diseriaciones y juicios Uterarios (Madrid, 1887), ses Car tas ameîH canas (Madrid, 1889-90), enfin un volume intitulé Avuela pluma (Madrid, d897). Styliste pur et distingué, très au courant des littératures étrangères, d'un esprit fin, volontiers sceptique, mais plein de grâce et de tact, don Juan Valera restera parmi les meilleurs écrivains espagnols de la fin du xix^ siècle. — Ses œuvres ont été réunies dans la Coleccion de Escr itères castellanos (7 vol. in-d6). Léonardon,

VALÉRAL (Chim.) (V. Valérique [Acide]).

VALÈRE. Château dans le cant. du Valais, en Suisse, situé sur un rocher de forme bizarre, près de Sion (V. ce mot). Cet édifice très ancien a été fort endommagé par le temps. On y a placé d'intéressantes collections d'antiquités romaines et autres, découvertes dans le pays. Sur le même rocher, une égfise, pèlerinage assez renommé, et le séminaire épiscopal.

VALÈRE Maxime (Marcus ou Pub Uns Valerius Maxtmus), historien et moraliste romain du i®^ siècle ap. J.-C, contemporain de Tibère. Il écrivit, sous le titre Factorum dictorumque memorabilium libri IX, un recueil d'anecdotes extraites sans doute des historiens grecs et romains. Ce n'est point là une œuvre originale, et l'auteur ne semble pas avoir fait preuve d'une critique bien judicieuse. Pourtant son livre nous est utile, parce qu'il contient un assez grand nombre d'épisodes que nous ne connaissons pas par ailleurs ; c'est un répertoire de faits se rapportant à la religion, à la vie civile et à la vie sociale.

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