‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 348 sur 633 · VALÈRE — VALÉRIANE · texte numérisé non relu

VALÈRE — VALÉRIANE

Le style de Valère Maxime est médiocre, à la fois prétentieux et obscur. On attribue souvent à cet auteur et, dans la plupart des éditions, on imprime à la suite des Facta Dictaqne memorabilia, un chapitre intitulé/)^ Prœnorninibus. D'après àes*Abrégés de Valère Maxime, rédigés à une basse époque, les Facta dictaque memorabilia auraient eu dix livres, et le dixième livre aurait compris plusieurs chapitres : De prœnominibiis, De Nominibus, De Cognominibus y etc. Ce dixième livre a disparu dans les manuscrits. — Principales éditions : éd. pn?2C^/;5 (Strasbourg, 1470) ; — éd. Aide (Venise, 1502) ;

— éd. Pighius (Anvers, 1567) ; — éd. Juste Lipse (Anvers, 1585) ; éd. Torrenius(teyàe, 1726) ; — éd. Hase (coll. Lemaire) (Paris, 1822-23). J. Touïain.

VALERGUES. Corn, du dép. de THérault, arr. de Montpellier, cant. de Castries; 288 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

VMEHlk (Gens). Famille romaine. La ^f^ns Valeria fut une des plus importantes parmi les familles romaines ; sa destinée et le rôle qu'elle joua dans l'histoire de Rome furent particulièrement brillants. D'après la tradition, elle était d'origine sabine; les Valerii reconnaissaient pour leur plus lointain ancêtre un certain Volesus Valerius, compagnon du roi de Cures, Titus Tatius. Un Valerius fut consul la première année de la République; de très nombreux Valerii figurent sur les Fastes consulaires et triomphaux; à la fin de l'Empire, le gentiUce Valerius fut porté par plusieurs empereurs, Dioclétien, Constance Chlore, Galère, Constantin. Lsi gens Valeria tenait à Rome un rang exceptionnel ; dès le début de la République, elle possédait une maison fameuse au pied de la Velia ; des places spéciales lui étaient réservées dans le cirque ; enfin (m lui avait accordé l'autorisation d'ensevelir ses morts dans l'intérieur même de la ville. La gens Valeria se divisait en un grand nombre de branches, qui se distinguaient l'une de l'autre par un surnom ou cognomen; les principaux surnoms portés par les Valerii étaient : Publicola ou Poplicola, Maximus^ Potitus, CorvusouCorvinus, Messalla, Falto, Flaccus, Lœvinus, etc. Parmi les membres de la gens Valeria, qui jouèrent un rôle et occupèrent une place considérable à Rome, nous citerons : P. Valerius Publicola ou Poplicola, qui contribua à chasser les Tarquins de Rome en 510 av. J.-C, fut consul en 509 après la démission de Tarquin Collatin (V. ce nom), et le redevint trois fois encore en 508, 507 et 504; en 509, pour calmer les appréhensions du peuple, il proposa et fit voter une loi édictant que l'on pourrait en appeler désormais aux comices centuriates des sentences de mort prononcées par les consuls à Rome en temps de paix ; à plusieurs reprises, il fit la guerre aux peuples voisins, qui attaquaient Rome, en particulier aux Véiens, aux Etrusques de Porsenna et aux Sabins ; deux fois il rentra à Rome en triomphe ; il mourut en 503, et les matrones romaines portèrent son deuil pendant une année entière ; — M. Valerius Maximus, frère du précédent, consul en 505 et probablement dictateur en 494, se distingua dans toutes les guerres que Rome eut à soutenir contre les Etrusques et les Latins, après l'expulsion des rois; — L. Valerius Potitus, consul en 449, fit voter avec son collègue M. Horatius Barbatus, les lois connues sous le nom de leges Valeriœ Horatiœ, qui confirmaient les attributions des tribuns de la plèbe, et donnaient force de loi aux décisions de l'assemblée tribute ;

— M. Valerius Corims, célèbre surtout pour avoir vaincu en combat singulier un géant gaulois ; consul en 348, 346, 343, 335, il lutta avec succès contre les Volsques, fut vainqueur des Samnites en Campanie, remporta deux triomphes et fut choisi comme dictateur en 302 ou 301 ;

— M. Valerius Maximus Messalla prit part à la première guerre punique, fut consul en 263 et censeur en 252; — P. Valerius Falto, préteur en 242, fut vainqueur des Carthaginois dans un combat naval ; consul en 238, il lutta avec succès contre les Gaulois de la Cisal-

pine ; — L. Valerius Flaccus, tribun militaire en 212, édile curule en 201, préteur en 199, consul en 195 avec Caton l'Ancien, dirigea une campagne de deux années contre les Boïens et les Insubres de la vallée du Pô, prit part en 191 à la guerre contre Antiochus, assista à la liataille des Thermopyles, fut censeur en 184 en même temps que Caton, et fut désigné par son collègue comme prince du Sénat [princeps senatus) ; il mourut vers 180; — C. Valerius Lœvinus, préteur en 179, consul en 176, fit campagne contre les Ligures, et obtint le triomphe en 175; — M. Valerius Messalla Niger, orateur célèbre contemporain de Cicéron, fut consul en 61 et censeur en 55; — M. Valerius Messalla, neveu de l'orateur Hortensius, consul en 53, prit parti pour César, fut un des légats du dictateur en Afrique et passa en Espagne au moment de la bataille de Munda; d'après Macrobe, il aurait été augure pendant cinquante-cinq ans ; — L^ Valerius Acisculus, triumvir monetalis en 4^, fit frapper plusieurs monnaies ornées de figures curieuses,'telles qu'un marteau, un géant anguipède, Jupiter, Apollon, Diane, qui ont donné lieu aux explications et aux commentaires les plus variés ; — M. Valerius Messalla Corvinus^ à la fois orateur, historien et philologue, né probablement vers 70 av. J.-C, vécut sous Auguste; son talent d'orateur est loué chaleureusement par Sénèque et Quintilien ; il écrivit une histoire des guerres civiles de Rome, dont Plutarque paraît s'être beaucoup servi, et un traité De Romanis familiis, cité par Pline l'Ancien ; — M. Valerius Messalla OM Messallinus, consul en 3 av. J.-C, fut envoyé en Dalmatie et en Pannonie, au moment où éclata dans ces régions le soulèvement formidable de l'an 6 ap. J.-C. ; il vainquit le principal chef des rebelles, Bato, et reçut les honneurs du triomphe. — Sous l'Empire, plusieurs Valerii exercèrent de très hautes fonctions, par exemple : C. Valerius Festus, consul en 71, légat d'Auguste en Pannonie et en Espagne ; — L. Valerius Proculus, qui termina sa carrière comme préfet de l'annone sous Antonin le Pieux, vers 145 ap. J.-C. ; — M. Valerius Bradua Mauricus, consul sous Commode en 191, proconsul d'Afrique sous Septime Sévère; — P. Valerius Eutychianus Comazon, préfet du prétoire sous Héliogabale et peut-être consul en 220, etc. J. Toutain.

VALÉRIANACÉES (Valerianaceœ LindL) (Bot.). Fa mille de plantes Dicotylédones gamopétales irrégulières formée d'herbes ou rarement d'arbustes, à feuilles opposées, sans stipules, à fleurs en cymes composées, à rhizome souvent charnu et répandant une odeur pénétrante désagréable. Fleurs hermaphrodites ou diclines, à réceptacle concave portant une corolle gibbeuse ou éperonnée d'un côté, entourée ou non d'un calice variable ; le calice est souvent remplacé par un disque lacinié, plus ou moins persistant au-dessus du fruit et lui formant aigrette ; androcée formé de 1-4 étamines insérées sur la corolle, à anthères introrses, biloculaires ; ovaire infère à 1-3 loges, dont une fertile, à ovule descendant; fruit sec, indéhiscent, à une graine non albuminée. Genres principaux : Nardostachys DC, Patrinia J., Valerianelta Mœnch, Valeriana t., Centranthus DC. Les Valérianacées habitent l'Europe centrale, la région méditerranéenne et la région caucasique, d'où quelques espèces se sont avancées en Sibérie, au Népaul et au Japon ; rares dans l'Amérique septentrionale, elles reparaissent dans les montagnes de l'Amérique du Sud. Elles fournissent les Valérianes, hsNards et des espèces comestibles, les Mâches (V. ces mots).

VALÉRIANATE (Chim.) (V. Valérique [Acide]).

VALÉRIANE {Valeriana T.). I. Botanique. — Genre type de la famille des Valérianacées, formé d'une centaine d'herbes vivaces, dressées ou sarmenteuses, à feuilles opposées, entières ou découpées, à fleurs en corymbes, propres aux régions tempérées de l'hémisphère boréal et de l'Amérique australe. Fleurs irrégulières à 3 étamines dont une antérieure, à calice développé à la maturité en une aigrette plumeuse qui couronne le fruit ovoïde, lancéolé ; tube de la

corolle faiblement gibbeux à la base. L'espèce la plus importante au point de vue médical est le V. of/lcinalis L., ou Valériane officinale, V. sauvage. Herbe aux chats,

H. à la meurtrie, etc., commun en Europe dans les bois humides, sur le bord des eaux, etc. Les fleurs, blanches ou rosées, sont odorantes, et la souche, verticale et tronquée, est munie de nombreuses fibres épaisses, à teinte brnne uniforme et constitue le Raclix Valerianœ min 0 ris syl- . vestris des officines. La saveur de cette souche est douceâtre, puis acre et amère, l'odeur forte et nauséa-

Ramcau florifère de Vaienanaofficinalisl. bonde,augmen-

tant par la dessiccation. Elle contient de l'acide valérique, un hydrocarbure, le valérène, une huile oxygénée, le valérol, et divers autres principes. La racine de valériane s'emploie sous forme d'infusé (10 ^/o), d'extraits (alcoohque et élhéré), de teinture, de sirop, et entre dans la composition des pilules de Méglin. C'est un antispasmodique puissant, accessoirement fébrifuge et vermifuge. — On employait encore jadis les racines de la Grande Valériane ou V. Phu L., de propriétés analogues, celles à peu près inodores du V. dioica L. ou Petite Valériane, V. des marais, Nard champêtre. — Les souches aromatiques des F. saxatilis L. et F. celtica L. fournissent les Nards (V. ce mot). D^'L.Hn.

Valériane grecque (Y. Polémoink).

IL Horticulture. — Les espèces de ce genre les plus répandues dans les jardins sont : la Valériane rouge, vuli^airement Barbe de Jupiter, que l'on cultive en touffe sur les plates-bandes et de préférence sur les rocailles où elle se plaît particulièrement ; on la multiplie de graines ou d'éclats du pied, au printemps; la Valériane à grosses tiges, jolie plante annuelle à fleurs rouges, roses on blanches, comme celles de la précédente, que l'on cultive en touffe ou en bordure et qui se multiplie de graines, en automne ou au printemps. Ces plantes et d'autres, comme la Valériane des Pyrénées, grande espèce vivace à nombreuses fleurs roses d'un bel effet, demandent une terre légère et modérément humide. G. Boyer.

m. Pharmacie. — Les préparations de valériane inscrites à la pharmacopée officielle sont les suivantes : Poudre; tisane, par infusion 1/2 heure, 10 7o; teinture alcoolique, 1/5 avec alcool à 60*^; teinture éthérée à 1/5 ; eau distillée, distillation après macération ; extrait alcoolique; sirop, 40 gr. d'extrait pour 1.800 gr.; pilules de Méglin, contenant, par pilule, 5 centigr. d'extrait de valériane, de jusquiame et d'oxyde de zinc.

VALÉRIANELLE (Bot. et Hort.) (V. MAche).

VALÉRIANIQUE (Acide). Synonyme d'acide valérique (V. ce mot).

VALÉRIE (Wilhelmine-Joséphine Simonin, dame Gustave FouLD, dite), actrice française (V. Fould).

— 669 — VALERIANE — VALÉRIQUE

V A L É R I E N ( Publius - Aurelius - Licinius - Valerianus ) , empereur romain (253-60), appartenait à une puissante famille sénatoriale. Il parcourut rapidement la carrière des honneurs ; en 238, il était déjà consulaire et prince du Sénat. Lorsque l'empereur Dèce voulut restaurer les fonctions de censeur, Valérien fut désigné tout d'une voix par ses collègues du Sénat pour les exercer. En 253, fut envoyé par l'empereur ïrébonien en Gaule pour repousser l'usurpateur ^milianus ; mais ses troupes le proclamèrent empereur, et il fut reconnu dans tout l'Empire après la mort de Trébonien et d'^Emilianus. Valérien associa immédiatement au pouvoir impérial son fils Gailien (V. ce nom) et lui confia le soin de défendre l'Occident dont toutes les frontières étaient attaquées par les Barbares et dont presque toutes les provinces étaient troublées par des incursions et des soulèvements. Luimême partit pour l'Orient, que ravageaient alors les Scythes, les Goths, surtout les Perses. Le roi des Perses, Sapor, s'était avancé jusqu'en Syrie et avait occupé Antioche. Valérien marcha contre lui; il fut attiré traîtreusement à une entrevue près d'Edesse et fait prisonnier (260). Sa captivité dura dix ans. 11 mourut en 270, après avoir subi les plus dures humiliations. On raconte que Sapor fit écorcher son cadavre et orna de sa peau, comme d'un trophée, le plafond de son palais. J. Toutain.

VALÉRIEN (Saint) (V. Cécile [Sainte]).

VALÉRINE (Chim.) (V. Valérique [Acide]).

VAL ERIC (Théodore), peintre français, né en 1819 aux forges d'Herserange (Moselle), mort à Vichy le 14 sept. 1879. Elève et ami de Charlet (1834), il visita avec lui l'Allemagne et ritahe et en rapporta des dessins, des aquarelles, des gravures qu'il exposa : son Corps de garde flamand ( 1 838) et les portraits au crayon de Charlet et de sa Fille (1842) eurent beaucoup de succès. En 1852, la guerre d'Orient lui parut un sujet d'études passionnant; il alla s'enfermer dans Silistrie et suivit l'armée turque : il rapporta de ce dangereux vovage de très intéressantes aquarelles qu'il exposa de 1855 à 1860. On lui doit de nombreux tableaux d'après ces études et d'autres inspirés par la Bretagne.

VALÉRIQUE (Acide). Fo„n. j ^^--^SZ] Les acides valériques, qu'on appelle aussi acides valérianiques, sont au nombre de quatre. L'acide valérique normal ou propylacétique ou peutanoïque dérive de l'alcool amylique normal qui l'engendre par oxydation : c'est un liquide bouillant à 186«. 'L'acide valérique actif ou acide méthyléthylacétique ou méthybutanoique résulte de l'oxydation de l'alcool amylique actif. Possédant le pouvoir rotatoire, il existe sous deux formes : la forme droite et la forme gauche qui ne se distinguent que par leur action sur la lumière polarisée. C'est un liquide bouillant à 177^, Un troisième acide valérique est l'acide tri méthylacétique ou pivalique ou diméthylpropanoïque ; il se prépare par l'action de l'eau sur le nitrile valérianique obtenu au moyen de l'alcool butylique tertiaire ; c'est un corps cristallisé qui fond à 33° et bout à 164«.

Le plus important des acides valériques est l'acide valérique de la valériane ; on l'appelle acide valérique ordinaire ou isopropylacétique ou phécénique ou delphinique ou dans la notation de Genève méthyl-3 butanoïque. Il a été découvert en 1817 par Chevreul dans l'huile de marsouin ; Pentz et Grete le retirèrent un peu plus tard de la valériane. Pour extraire l'acide valérianique de la racine de valériane, on traite 1 kilogr. de cette racine par un mélange de 100 gr. d'acidesulfurique,60gr.debichromatedepotassiumet5lit. d'eau ; en distillant, on recueille l'acide valérique formé. La racine de valériane contient, outre l'acide valérique, de l'aldéhyde valérique appelé aussi valéral, la majeure partie de cet aldéhyde est oxydé dans la réaction ; il en reste cependant une petite quantité qui accroît l'odeur de l'acide valérique. On peut aussi préparer l'acide ordinaire en oxydant l'acide amylique de fermentation (Dumas et Stas) ;

CiOpil202 f QA - C10JI1004 ^ 2H0.

ViLÉRïQUE — VALET

L'oxydation se fait comme dans la préparation précédente au moyen du mélange chromique. On porte la liqueur à l'ébullition dans un appareil muni d'un réfrigérant ascendant : on obtient de cette façon un mélange d'acide valérianique C^m^W, d'aldéhyde amylique C^oflioog et d etlier amyîivaiérianique C^'^H^^{C^^A^^O^). On enlève l'acide valérique formé en agitant le mélange avec une solution alcaline ; le valérate alcalin produit est décomposé par un acide, et l'acide valérique mis en liberté est purifié par distillation. Il est en général souillé par une petite quantité d'autres acides, notamment d'acide butyrique.

L'acide valérianique se produit par l'action de la potasse à chaud sur l'éther cyanhydrique dérivé de l'alcoo) isobutylique :

C^oH^Az + 2H0 + KO, HO =: CmmO^ -f- AzH^,

mais cette réaction n'est pas utilisée pour la préparation de l'acide. L'acide valérique ordinaire est un liquide incolore, huileux, possédant une odeur désagréable, une saveur acide et brûlante. Sa densité à 0^ est 0,95. Il bout à 475». 11 est assez peu soluble dans l'eau (une partie d'acide dans 30 parties d'eau) ; mais il est miscible en toutes proportions avec l'alcool et l'éther.

Au point de vue chimique, c'est un acide monobasique, n'ayant par conséquent qu'une seule fonction acide et ne possédant pas non plus d'autres fonctions chimiques. En se combinant avec les bases, il forme des sels neutres qu'on appelle les valérianates. Les valérianates secs sont à peu près inodores; mais humides, ils dégagent une odeur particulière, aromatique et fétide. Ils ont une saveur douce avec un arrière-goùt sucré ; la plupart sont onctueux au toucher. Les valérianates d'ammoniaque, de zinc, de cériumet, parmi les sels organiques, levalérianate d'atropine et levalérianate de quinine, sont employés en pharmacie. Le valérianate d'ammoniaque se prépare en saturant l'acide valérianique par du gaz ammoniac bien sec. C'est un sel cristallisé, incolore, déliquescent, possédant l'odeur de ia valériane. Il est très soluble dans l'eau et dans l'alcool; sous l'influence de la chaleur, il se décompose facilement en perdant son acide valérique. Le valérianate de zinc s'obtient en ajoutant à de l'acide valérique étendu de l'hydrocarbonate de zinc récemment préparé ; on chauffe doucement jusqu'à ce que l'hydrocarbonate cesse de se dissoudre ; on filtre pour séparer la dissolution du sel de l'hydrocarbonate en excès. Par évaporation et refroidissement, le sel cristalHse en lamelles nacrées, peu solubles dans l'alcool. Il est employé en médecine comme antispasmodique. Pour préparer le valérianate de quinine, on neutralise de l'acide valérianique par de l'hydrate de quinine dissous dans l'alcool ; on étend d'eau et on évapore à une température inférieure à 50°. Le sel cristallisé par refroidissement en prismes hexagonaux possédant une odeur forte; il est peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante, assez soluble dans l'alcool. Il est antispasmodique comme le valérianate de zinc. Le valérianate d'atropine s'obtient en neutralisant l'acide valérique par l'atropine dissoute dans l'éther. Il est constitué par des cristaux incolores, fondant à 32°; il est très soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool. Il possède les propriétés médicales de l'atropine.

En s' unissant aux alcools avec éhmination d'eau, l'acide valérique donne naissance à des éthers. Les éthers valériques de la glycérine 's'appellent les valérines ; monovalérine Cm^(RWY{C^mW) , divalérine CmmW) (Cm^W)\ trivalérine Cm^(Cm^Wf, La trivalérine obtenue artificiellement avec l'acide valérique et la glycérine est identique avec un produit naturel : la phacénine, principe immédiat contenu dans les huiles de dauphin. VALERIUS Anïiâs (P. ou Q.), historien romain de la première moitié du i®^ siècle av. J.-C. Il écrivit une Histoire de Rome depuis la fondation de la ville jusqu'à l'époque de Sulla ; cet ouvrage comptait au moins 75 livres. Tite-Live le cite très souvent, mais il incrimine presque

toujours son exactitude; il lui reproche surtout d'exagérer les chiffres dans une proportion très considérable. Néanmoins, Valerius Antias semble avoir été une des sources principales de Tite-Live et de Plutarque. VALERIUS Cato, poète latin (V. Cato).

VALERIUS Flaccus (Gains), poète épique romain. Sa biographie nous manque : on sait seulement qu'il vécut au 1®^ siècle de l'ère chrétienne et qu'il mourut tout jeune encore (vers l'an 90), laissant inachevée une épopée en huit chants, les Argonautiques {Argonautica). C'est le sujet traité si dramatiquement par Euripide (Médée) et repris ensuite par le poète alexandrin Apollonius de Rhodes : la légende de la conquête de la Toison d'or, les amours de Jason et de Médée, l'abandon et la cruelle vengeance de la magicienne. Ce sujet, qui prête à l'étude psychologique comme aux détails de mythologie et de géographie, plaisait fort aux Romains : il avait déjà séduit Varron. Le plan suivi par Valerius Flaccus est assez régulier ; mais il semble s'être attaché aux côtés d'érudition plus qu'à l'analyse des passions et à la peinture des caractères, notamment de celui de l'héroïne. De là quelque froideur, des passages traînants en cette œuvre, fortement empreinte de rhétorique, pensées et style. L'auteur, pourtant, cherche parfois à l'animer ; mais son feu est trop souvent factice. La versification est, en général, correcte et pure. La langue, peu personnelle, travaillée à l'excès, n'est point exempte d'obscurité ; elle abonde en réminiscences de Virgile, d'Ovide, de Lucain et de Sénèque le Tragique. Le poème, néanmoins, eut du succès. Il fut goûté de Quintilien, qui paraît considérer comme une perte réelle la mort précoce de Valerius Flaccus.

VALERIUS PuBLicoLA (V. Valeria [Gens']).

VALERNES. Corn, du dép. des Basses- Alpes,, arr. de Sistcron, cant. de La Motte ; 497 hab.

VALÉRYLÈNE.Form. ) i?^^^^* ' ' ' n^ ( l*orm ^^H^.

Le valérylène, appelé aussi méthyléthylacétylène ou pentine, a été découvert par Reboul. On le prépare en faisant agir pendant plusieurs heures à 440« la potasse alcoolique concentrée sur le bromure d'amylène ordinaire ou bromure de triméthyléthylène. C'est un liquide incolore, très mobile, ne se mêlant pas avec Peau, possédant une forte odeur alliacée. Il appartient à la famille des carbures acétyléniques. Comme les autres termes de cette famille, il donne facilement des composés d'addition. Il s'unit directement au bromure pour donner un dibromure QioHSBr'^ et un tétrabromure C^m^Br*; ces deux corps sont liquides et peuvent être séparés par distillation. Agité avec l'acide bromhydrique en solution concentrée, il se transforme en un corps huileux, de couleur rouge, qui laisse passer quand on le distille deux produits dif-^ férents : un monobromhydrate C^^H^Br bouillant à 4i5o et un dibromhydrate C^'^l^Br^ bouillant à 180^ Il se continue de même avec l'acide chlorhydrique fumant pour donner un monochlorhydrate C^^H^Cl et un dichlorhydrate C^^lFCl^, tous deux liquides. Chauffé en vase closà 260*>, il se change en un produit plus condensé, le terpilène C^otpe ou (Cm^f. Il n'a pas d'action sur le chlorure cuivreux ammoniacal. Berthelot a fait la synthèse du valérylène, et par conséquent du terpilène, en combinant directement au rouge sombre l'acétylène et le propylène gazeux C^H^ + C^l^ — C^m^ A. Bouzat

VALESCOURT. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Saint-Just-en-Chaussée ; 218 hab

VALESCUS DE Tarente (V. Balescon).

VALÉSIENS. Secte d'hérétiques (V. Eunuque).

VALET. I. Histoire. — Le nom de valet, pendant tout le moyen âge, fut loin d'indiquer une condition servile; le jeune noble, aspirant à la chevalerie, était, en qualité de valet ou de varlet, de page ou de damoiseau, attaché, de sept à quatorze ans, au châtelain et à la châtelaine et les servait, faisant auprès d'eux son éducation et se formant aux belles manières; après ce stage dont

la domesticité n'avait rien d'humiliant, le varlet passait écuyer vers sa quinzième année. D'autre part, dans la hiérarchie des corps de métiers, l'apprenti promu ouvrier ne porta primitivement que le titre de valet ; plus tard seulement prévalut celui de compagnon (V. Corporation). Mais, à partir du xvi'^ siècle où il n'y a plus que des serviteurs salariés, être valet, c'est faire partie de la livrée ; le mot finira même par tomber dans un tel discrédit qu'une des pires injures sera de dire à un homme qu'il a une âme de valet. Mais, en attendant, valet est le terme général sous lequel est comprise toute la domesticité rurale ou urbaine ; à la campagne, il y a le maître valet, le valet d'écurie, le valet de charrue, et Doileau, qui était incapable d'employer un terme impropre, n'a pas l'intention de blesser Antoine, son jardinier d'Auteuil, en le traitant de laborieux valet. En ville, la livrée pullule à partir du xvi® siècle; elle encombre les grands hôtels, et, recrutée comme elle pouvait l'être à des époques do désordre et de troubles civils, elle est maîtresse du pavé ; elle porte l'épée en dépit des ordonnances, et en use au mépris des gibets que Henri IV fait dresser dans tous les quartiers de Paris ; le duc d'Angoulême, qui ne payait pas ses gens, leur faisait entendre assez cavalièrement que, son hôtel de la rue Pavée étant bordé de rues désertes et leur assurant un asile respecté du guet, ils avaient mieux à faire qu'à importuner leur maître de plaintes inutiles. Pour rendre quelque sécurité à la voie publique, il fallut, sous Louis XIV, la ferme résolution d'en finir par la création de la heutenance de pohce et le besoin où l'on était de recruter la chiourme des galères.

Alors qu'un hôtel seigneurial exigeait des dizaines de valets, sans compter les femmes et le personnel de la cuisine, le service royal en réclamait toute une légion, chacun ne remplissant ses fonctions que pendant un trimestre de l'année, c.-à-d. ne servant que par quartiers, ainsi que l'on disait. Il y avait à Versailles, pour coucher à tour de rôle auprès du lit de Louis XIV, quatre « valets de chambre ordinaires » ; trente-deux « valets de chambre du roi » entraient en fonction huit par huit. Le titre de valet de chambre était, en outre, sans que l'énumération soit complète, porté par le barbier ordinaire et huit autres barbiers, par le chirurgien opérateur pour les dents, par huit tapissiers, huit horlogers, six garçons ordinaires, deux porte-chaises d'affaires (affaires, dans un palais où il n'y avait pas de garde-robe, s'entendait dans le sens que l'on peut supposer). Il est inutile de rappeler que Molière, loin de se croire humilié par sa charge de valet de chambre tapissier, avait même eu grand soin de s'en assurer la survivance dans la succession paternelle.

Si nous passons de la vie réelle au théâtre, qui doit en être la reproduction, nous sommes bien obligés de reconnaître que notre valet de comédie, tel qu'il a été mis en scène et regardé comme indispensable au xvii® et au xviii® siècle, est un personnage de convention, plutôt qu'il n'est peint d'après nature. Emprunté à la comédie antique et plus directement à la farce itaUenne, il procède des sannions, les esclaves grecs ou romains et surtout, àQSzanni, les bouffons attitrés de la Commedia delF arte. Le costume même du rôle, dit rôle de grande casaque, à cause du manteau rayé commun aux divers types de valets comiques, est resté comme la marque de la provenance étrangère, et nulle adaptation à nos mœurs n'a pu faire qu'il fût vraisemblable de voir toute une action rouler sur un domestique tenant à lui seul les fils de l'intrigue et devenu le personnage principal, annulant les autres ou les reléguant au second plan. Molière l'a bien compris, lorsque, s'élevant à la comédie de caractère et cherchant la ressemblance avec la vie, il a rayé de ses rôles celui du valet ou l'a, au besoin, remplacé par la servante authentique, celle du ménage bourgeois, intimement mêlée à la vie de ses maîtres et ayant voix dans la famille. Figaro a été la dernière transformation du valet de comédie ; il

6Ti — VALET — VALETTE

tient bien le langage de son époque, mais le côté artificiel de son rôle est qu'il le remplisse sous la livrée. Le théâtre actuel, qui sacrifie de moins en moins à la convention, remis les valets à la place qui leur convient et, s'il besoin d'eux, ne les emploie que comme figures secondaires. Marcel Charlot.

III. Technologie. ~ Un grand nombre d'objets mobiliers, d'appareils et d'ustensiles, ont reçu le nom de valet bien qu'ils n'aient entre eux d'autre rapport que d'appuyer ou de soutenir quelque chose. C'est ainsi que l'on désigne par valets de porte les contrepoids ou ressorts qui font refermer une porte qu'on vient d'ouvrir ; par valet à débotter, la planche évidée au milieu appelée aussi tire-bottes ; par valet de menuisier, un outil en

Fig. 1. — Valet ordinaire de menuiserie.

Fig. 2.— Valet perfectionné avis.

fer en forme d'F, qui se place dans un des trous dePétabh et qui sert à maintenir l'ouvrage. On a perfectionné le valet primitif (fig. 4), encore néanmoins le plus généralement employé, en lui adjoignant une vis (fig. 2).

III. Pêche. — Nom donné au morceau de bois muni d'un crochet qui est employé pour tenir un filet tendu ou pour faciliter l'empilage.

VALETTE (La). Capitale de l'île de Mfl//6' (V. ce mot), sur une presqu'île delà côte N.-E. de l'île ; 70.000 hab. Archevêché. Magnifique port naturel, au bord duquel le grand maître de l'ordre de Malte, La Valette, fonda la ville en 4566. Port de guerre et place forte des Anglais dans la Méditerranée ; port franc et grand entrepôt de charbon. La plupart des ouvrages étant taillés dans le roc, La Valette est presque imprenable. Les rues et quais ont grand air ; on remarque le palais du grand maître occupé par le gouverneur anglais, le palais des Sept Langues (provinces de l'ancien ordre), la cathédrale Saint-Jean, etc. Université, jardin botanique. Garnison britannique de 40.500 hommes. Quartier général de la flotte de la Mé- .diterranée. A. -M. B.

VALETTE. Gom. du dép. du Cantal, arr. de Mauriac, cant. de Riom-ès-Monlagne ; 582 hab.

VALETTE (La). Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. de Valbonais ; 185 hab.

VALETTE-du-Var (La). Com. du dép. duVar, arr. et cant. (0.) de Toulon; 2.470 hab.

VALETTE (Marie) (V. Monod [Marie Valette, dame]).

VALETTE (La). Ancienne famille française du Languedoc, à laquelle appartient Jean PARisorde La Valette, né en 4494, mort le 24 août 4568. Grand prieur de Saint- Gilles, il fut élu grand maître de l'ordre de Malte le 24 août 4557. Il avait passé par tous les degrés de la hiérarchie et s'était distingué dans les guerres contre les Barbaresques, notamment comme commandeur à Tripoli (4537). Administrateur énergique, il resserra les liens de la discipline et ramena sous sa direction les commandeurs d'Allemagne et de Venise qui s'étaient rendus presque indépendants. Sous son impulsion, la guerre reprit plus vivement que jamais contre les musulmans, si bien

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