‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 355 sur 633 · VANDAMME — VANDERBILT · texte numérisé non relu

VANDAMME — VANDERBILT

troupes westphaliennes qui formaient le 9^ corps, il dut, presque au début de la campagne de Russie, rentrer en France, par suite d'un violent conflit avec le roi Jérôme. Mais en 1813 il reparut à la grande armée, alla reprendre Hambourg aux alliés (avril), puis, appelé en Saxe par Napoléon, dut, après la bataille de Dresde, s'engager dans les défilés de Bohême par une marche très imprudente, dont l'empereur doit garder la responsabilité devant l'histoire. Cerné par des forces très supérieures, il dut, après plusieurs jours d'héroïques combats, se rendre, à Kulm (30 août), avec tout un corps d'armée, aux alliés, qui l'outragèrent et le maltraitèrent odieusement. Vandamme fut emmené au fond de la Russie et interné à quelques lieues de la Sibérie. Il ne put rentrer à Paris que le 1^^ sept. 4814. Le gouvernement des Bourbons lui enjoignit brutalement de se retirer dans sa ville natale. Pendant les Cent- Jours, Vandamme servit encore vaillamment Napoléon, qui le nomma pair de France et lui confia le commandement du 3® corps. 11 contribua puissamment à la victoire de Ligoy (16 juin), ramena ses troupes en bon ordre (après Waterloo) jusqu'à Paris et, les Bourbons étant encore rappelés au trône, se retira derrière la Loire avec ce qui restait de la grande armée. Interné avec beaucoup d'autres généraux, par l'ordonnance du 24 juil. 1815, puis chassé de France par celle du 12 janv. 1816, il dut, pour trouver un asile, aller jusqu'aux Etats-Unis. L'ordonnance du 1®^' déc. 1819 lui permit de rentrer dans sa patrie. Mais il ne fut pas rappelé à l'activité comme général et, mis à la retraite en 1824, ne sortit plus de la vie privée. — Du Casse a publié en 1870, sous le titre de : le Général Vandamme et sa correspondance (2 vol. in-8), un important ouvrage, qui permet de le bien connaître et de le bien juger. A. D.

VAN DE. Rivière du dép. de l'Orne (V. ce mot).

VANDÉES {Vandeœ) (Bot.). Les Vandées constituent une importante tribu des Orchidées. Ce sont des plantes épiphytes, rarement des plantes terrestres; elles possèdent souvent un pseudo-bulbe ; leurs feuilles offrent, en général, une échancrure à leur extrémité. Les fleurs ne contiennent qu'une seule anthère, terminale, biloculaire; les grains de pollen sont cohérents, en masses cireuses fixées après Tanthère au rétinacle. La tribu des Vandées renferme 128 genres. W. R.

VANOEINS. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Trévoux, cant. de Châtillon-sur-Chalaronne ; 478 hab.

VANDELAINVILLE. Com. du dép. de Meurthe-et- Moselle, arr. de Toul, cant. de Thiaucourt ; 155 hab.

VAN D ELAN S. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Rioz; 95 hab.

VANDELÉVILLE. Com. du dép. de Meurthô-et-Moselle, arr. de Toul, cant. de Colombey-les-Belles ; 428 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.

VAN DÉLICOU RT. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Ribécourt ; 157 hab.

VAN DEL LE. Rivière du dép. de la Mayenne (V. ce mot).

VAN DEN ESSE. Rivière du dép. de la Côte-d'Or(Y, ce mot).

VANDENESSE. Com. du dép. de la [Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Pouilly-en-Auxois ; 346 hab.

VANDENESSE, Com. du dép. de la Nièvre, arr.de Château-Chinon, cant. de Moulins -Engilbert ; 1.168 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

VANDENESSE (Jean de Chabannes, sieurde) (V. Cha- BANNES [Maison dej).

VAN DEN PEEREBOOIV! (Alphonse), homme d'Etat belge, né à Ypres en 1812, mort à Saint-Gilles-lez- Bruxelles en 1884. Il devint bourgmestre de sa ville natale en 1859, et fut élu membre de la Chambre des représentants. Il siégea parmi les libéraux modérés, et entra dans le cabinet Rogier-Frère-Orban le 26 oct. 1861 avec le portefeuille de l'intérieur. Il le garda pendant sept ans et prit une part active aux discussions parlemen-

taires. Sans être orateur, il exerçait une influence réelle sur les assemblées délibérantes par un ferme bon sens jaint à une bonhomie qui désarmait ses adversaires. On lui reconnaissait d'ailleurs une rare entente des affaires et une parfaite intégrité. Van den Peereboom se sépara de ses amis sur la question de l'organisation des écoles d'adultes, et quitta le cabinet en 1868. Il siégea encore à la Chambre durant huit années, mais il consacra surtout les derniers temps de sa vie à l'étude de l'histoire. Très versé dans la connaissance des antiquités de la Flandre, il érigea à la gloire de la ville d'Ypres un véritable monument, les Ypriana (Bruges, 1878-83, 7 vol. in-8). C'est une œuvre solide, puisée aux st)urces, et sobrement exposée, une forte étude d'histoire politique, sociale et religieuse. E. H.

BiBL. : A. Henné, Biograp/iie d'A. Va,n den Peereboom, dans Annuaire de l'Académie royale de Belgique, 1888.

VAH DEN PEEREBOOM (Jules), homme d'Etatbelge, né à Courtrai en 1843. H étudia le droit à l'Université de Louvain, fut élu membre de la Chambre des représentants pour l'arrondissement de Courtrai en 1878, et vit son mandat renouvelé sans interruption pendant vingt ans. Il fut de 1878 à 1884 un des adversaires les plus en vue du cabinet libéral, et combattit avec une .âpre éloquence la plupart des projets déposés par le cabinet Frère-Orban, et notamment sa législation scolaire. Lorsque le parti libéral perdit le pouvoir en 1884, J. Van den Peereboom reçut dans le cabinet Mate (V. ce nom) le portefeuille des chemins de fer, postes et télégraphes. Il se signala par une activité réellement extraordinaire, et entreprit un grand nombre de réformes, d'ailleurs très discutées; nous rappellerons notamment ses efforts pour introduire dans son administration le repos dominical ; cette question souleva des contestations plus que vives au Sénat et à la Chambre des représentants, mais on ne put venir à bout de la ténacité du ministre. Devenu en 1896 le chef du cabinet. Van den Peereboom déposa un projet de loi électorale basé sur le principe de la représentation proportionnelle. L'opposition soutint que les circonscriptions avaient été découpées de manière à assurer pour toujours le pouvoir au parti catholique ; l'émotion publique se traduisit par des troubles, et le gouvernement retira son projet. J. van den Peereboom abandonna les affaires en 1898, et vécut depuis lors dans une retraite profonde. On a vivement attaqué le ministre des chemins de fer et l'homme pohtique, mais on n'a jamais mis en doute ni son labeur consciencieux ni sa parfaite intégrité. E. H.

VANDERBILT (Cornélius), financier américain, né à Stapleton (Etat de New York) le 27 mai 1794, mort à New York le 4 janv. 1877. D'une famille peu fortunée, il dirigeait à seize ans un petit bateau à voiles et plus tard un vapeur. A partir de 1850, il fonda diverses lignes de bateaux à vapeur, réalisa des améliorations dans la navigation des vapeurs et fit construire 11 bateaux. En 1864, il se retira de ces entreprises : il possédait alors 21 vapeurs, 66 navires et une fortune de 40 millions de dollars. La même année, il devint possesseur de la ligne de chemin de fer de Harlem, s'assura le contrôle de la ligne Hudson-River et New- York-Central, en 1873 des lignes Lake-Shore et Michigan- Southern ; en définitive, il se trouva à la tête de 3.400 kil. de chemins de fer représentant un capital de 149 millions de dollars. Il fonda à Nashville (Tennessee) la Vanderbilt University, à laquelle il donna 1 million de dollars, et 50.000 à une église à New York.— Son fils aîné, William, né à New Brunswick (New Jersey) le 8 mai 1821 , hérita de la plus grande partie de sa fortune qui dépassait 100 millions de dollars. En 1860, il fut nommé vice- président du chemin de fer de Harlem, en 1865 de ceux de New York et Hudson-River, en 1869 directeur de ces lignes (qui furent plus tard fondues en une seule), en 1880 directeur du Chicago and North Western Railroad. A la mort de son père, il devint président de ces chemins de fer. Il s'occupa en outre de di-

VANDERBILT — VANÛEUIL

verses grandes entreprises de chemin? de fer, télégraphes, téléphones et mourut le 8 déc.4885 à New York, plus de 200 fois millionnaire. Il avait légué 1.200.000 dollars à divers instituts ou œuvres religieuses, et le reste de sa fortune fut partagé entre ses huit enfants. Le chef de la maison est Cornélius, né à Staten Island le 27 nov. 4843, qui, depuis 1886, est président de la New York et Harlem^ et directeur de plus de 30 lignes de chemins de fer,

VANDERBURCH (Louis-Emile), littérateur français, né à Paris le 30 sept. 1774, mort à Rueil en avr. 1862. Professeur d'histoire, il trouva sa vocation dans l'art dramatique et fut un des auteurs les plus en vogue de la Restauration et du second Empire. Les pièces qu'il a signées, soit seul, soit en collaboration, sont extrêmement nombreuses. Nous citerons seulement : Henri IV en /ami^/e (1822); les Camai^ades du ministre (\S^9) ; le Sanglier des Ardennes (1 854) ; le Gamin de Paris (1836) ; la Vie de café {ïSdO), sans compter des romans dans le genre de ï Armoire de fer (1838), un oratorio, des poésies et même une compilation historique, le Èlémorial français (iSM-^^). R. S.

VAN DER GOES (Hugo), peintre flamand (V.GoEs).

VAN DER HAEGEN (Ferdinand), bibliographe belge, né à Gand en 1830. Il est depuis 1867 bibliothécaire de l'Université de Gand. il a publié un grand nombre d'ouvrages, éditions de textes et de documents, dissertations historiques, etc., où il fait preuve d'une érudition prodigieuse et d'un rare esprit critique, mais son œuvre capitale, entreprise avec la collaboration de Van den Berghe et Arnold, est la Bibliotheca belgica, bibliographie générale des Pays-Bas, qui doit mentionner tous les ouvrages pubKés au xvi® siècle et les plus importants qui ont paru depuis lors. Chaque édition fait l'objet d'un commentaire descriptif, parfois très développé. Souvent la biographie de l'auteur est reprise et considérablement rectifiée. Cette publication colossale est arrivée à sa 157^ livraison. On en a extrait certaines monographies d'un intérêt spécial : Wielant et Damhoudere (Gand, 1881); Juste Lipse {ibid., 1886-88, 3 vol.) ; Josse Clichthove (ibid., 1888); Bibliographie des martyrologes protestants néerlandais {ibid., 1890,2 vol.); Abraham Verhoeven (ibid., 1896); et enfin la Bibliographie érasmienne {Adagia, 1897); Apophtegmata (1901, 2 vol.). Parmi les autres travaux de F. van der Haeghen, nous citerons : Bibliographie gantoise. Recherches sur la vie et les travaux des imprimeurs de Gand, i483-i850 (Gand, 1868-69, in-8) ; Histoire des troubles des Pays-Bas et spécialement de Gand par Marc van Vaernewyck ( Van die beroerlicke tijden in die Nederlande en voornamelïjckin Ghendt) , i556-i568 (Gand, 1 872-81 , 5 vol. in-8) ; Histoire de la gilde souveraine des couleuvriniers, des arquebusiers et canonniers, dite chef-confrérie de Saint- Antoine à Gand (Gand, 1866, in-8) ; Dictionnaire des devises des hommes de lettres, imprimeurs, chambres de rhétorique^ sociétés littéraires et dramatiques en Belgique et en Hollande (Bruxelles, 1876, in-8). F, van der Haegen est membre de l'Institut de France. E. H.

VAN DER Kl N DE RE (Léon), homme politique et historien belge, né à Molenbeek-Saint-Jean en 1842. 11 entra de bonne heure dans la vie politique comme conseiller provincial du Brabant et fut élu, en 1880, membre de la Chambre des représentants par Farr. de Bruxelles. Il siégea parmi les libéraux de gouvernement, et prit une part brillante aux discussions relatives à l'enseignement public. Eliminé aux élections de 1884, il rentra à la Chambre en 1892. Son mandat ne fut pas renouvelé aux élections de 1894. Professeur à l'Université de Bruxelles depuis 1872, Van derKindere a publié d'importants travaux consacrés surtout à l'histoire du moyen âge ; il y fait preuve d'une érudition rare jointe à un esprit critique des plus aiguisés. Nous citerons parmi ses œuvres principales : Recherches sur Vethnologie de la Belgique (Bruxelles,

1872, in-8) ; le Siècle des Arteoelde {ibid.,iS19, in-8) ; Histoire de l'Université de Bruxelles (ibid., 1884, in~4) ; La dilatura dans les textes francs (ibid., 1888, in-8); Introduction à F histoire des institutions de la Belgique au moyen âge (ibid., 1890, in-8) ; Histoire de la formation territoriale des principautés belges au moyen âge (i'^ part, ibid., 1898, in-8). E. H.

VAN DER IVIEULEN, peintre flamand (V. Meulen).

VANDERMONDE (Charles- Auguste) , géomètre français , né à Paris en 1735, mort à Paris le 1^^' janv. 1796. Elève de Fontaine et de Dionis du Séjour, il acquit de bonne heure une certaine célébrité comme géomètre, devint en 1771 membre de l'Académie des sciences de Paris, et, en 1782, succéda à Vaucanson comme directeur du Conservatoire des arts et métiers. La Révolution, dont il fut un ardent partisan, le nomma administrateur de l'habillement des troupes; puis, en 1795, il obtint une chaire d'économie politique à la nouvelle école normale et, la même année, lorsqu'on réorganisa Flnstitut, fut compris parmi les membres de la classe de mathématiques. Ses principaux travaux ont porté sur la résolution des équations, sur l'élimination et sur les irrationnelles étudiées depuis Kramp sous le nom de factorielles. On lui doit aussi, en collaboration avec Monge et BerthoUet, de très intéressants mémoires sur la fabrication de l'acier.

VAN DER PHALIESEN, imprimeur et éditeur de musique (V. Phalèse [Pierre]).

^ VANDERSTRAETEN (Edmond), musicologue et historien belge, né à Audenarde en 1826, mort à Audenarde en 1895. Il fut pendant quelque temps attaché aux archives générales du royaume. Il est l'auteur de nombreuses études musicologiques et historiques, résultat de recherches poursuivies avec beaucoup de soin et dans lesquelles il fait montre d'une érudition de bon aloi. En voici les plus importantes : Reciierches sur les communautés religieuses et les institutions de bienfaisance établies à Audenarde depuis le xii^ siècle jusqu'à la fin du xvni« (Audenarde, 1858-60, in-8); la Musique aux Pays-Bas avant le xix« siècle (Bruxelles, 1867-85, 5 vol. in-8) ; le Théâtre villageois en Flandre. Histoire, littérature, musique, religion, politique, mœurs (ibid., 1874-80, 2 vol. in-8) ; les Ménestrels aux Pays- Bas, du xiii^ au xviii^ siècle. Leurs gildes, leurs statuts, leurs écoles, leurs fonctions, leurs instruments, leur répertoire, leurs mœurs (ibid., 1878, in-8),

VANDERVELDE (Emile), homme politique belge, né à Ixelles le 25 janv. i866. Après avoir fait ses études moyennes à l'Athénée et son droit à l'Université libre de Bruxelles, il entra au barreau de cette ville (1885). Amené au socialisme par la lecture de Proudhon, puis de Marx, et par l'influence d'Hector Denis, il fut admis dans le « parti ouvrier belge]» au moment de sa fondation (1884), et prit une part active à la propagande depuis 1892. En 1894, il fut élu député de Charleroi. Il est, depuis 1900, député de Bruxelles et secrétaire du parti ouvrier belge pour l'étranger. Au Congrès international de 1900, il a été nommé membre du bureau exécutif de l'Internationale. Sans désignation oflîcielle, il est considéré comme le leader du groupe sociahste parlementaire et le premier orateur du parti dans son pays. Enfin il est professeur à l'Université nouvelle de Bruxelles. Il a cessé depuis longtemps d'être proudhonien et s'est attaché surtout à répandre le socialisme agraire (par la coopération); il est directeur général de la Société coopérative des campagnards socialistes. — On lui doit : les Associations professibnnelles d'artisans et d'ouvriers en Belgique (1892); l'Evolution régressive (1898) et le Socialisme en Belgique (1898), ces deux derniers ouvrages en collaboration; la Propriété foncière en Belgique (1900) ; le Collectivisme et l'évolution industrielle (1901).

VANDESSAou VANDAI^EN (Ethnogr.) (V. Papous).

VANDEUIL. Corn, dudép. de la Marne, arr. de Reims, cant. de Fismes ; 174 hab.

VAN DIEMEN — VANGA

VAN DIEMEN. Détroit de l'archipel du Japon, au S. de l'île Kiou-siou (la grande île méridionale de l'Empire) ; il a 30 kil. de largeur minima ; au large du promontoire effilé de Satano-Misald, sur un îlot, se dresse un phare dont le feu fixe a une portée de 38 Idl.

VAN DIEMEN (Terre de) (V. Tasmanie).

VAN Dl ÈRES. Com.dudép. de la Marne, arr. deRoims, cant. de Châtillon-sur-Marne ; 585 hab.

VANDIÈRES. Corn, du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Pont-à-Mousson ; 722 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.

VANDŒUVRE. Com. du dép. de Meurthe et Moselle, arr. et cant. (0.) de Nancy; 2.110 hab. Extraction de minerai de fer.

VANDOISE. f. Ichtyologie. — Espèce de poissons du genre Able (V. ce mot), fort commune dans les eaux courantes où elle se fait remarquer par la vivacité de ses mouvements.

IL Pèche. — Commun dans la plupart des cours d'eau du N. et du centre de l'Europe, ce poisson recherche les eaux claires et limpides, à fond de sable ; il vit en bandes, nageant souvent près de la surface ; il est fort méfiant et nage avec rapidité, d'où le nom de Dard que lui donnent les pécheurs. Sa nourriture consiste en insectes, en vers, en petits mollusques, La ponte a lieu généralement en avril et au commencement de mai. On prend la Vandoise à la mouche naturelle ou artificielle, surtout à la pêche à fouetter, et avec tous filets. E. S.

VANDONCOURT. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Blamont ; 756 hab.

VANDRÉ. Com. du dép. delà Charente-Inférieure, arr, de Rochefort, cant. de Surgères ; 638 hab.

VANDRIMARE.Com. du dép. de l'Eure, arr. des Andelys, cant. de Fleury-sur-Andelle ; 558 hab.

VANDY. Rivière du dép. de VOise (V. ce mot).

VANDY. Com. du dép. des Ardennes, arr. et cant. de Vouziers ; 516 hab.

VAN DYCK, peintre hollandais (V. Dyck [Antoine van]).

VANE (Sir Henry), homme d'Etat anglais, né en 1613, exécuté à Londres le 14 juin 1662. Dès quinze ans il était ardent puritain, et en 1639 l'excès de ses scrupules religieux lui faisait fuir l'Angleterre où il ne trouvait personne pour administrer dignement les sacrements. Etabli à Boston, il fut bientôt élu gouverneur du Massachusetts où sa politique religieuse le rendit impossible. Vane revint à Londres, et il entra dans l'administration de la marine (1639). Il se maria en 1640 ; son puritanisme demeurait aussi extravagant. Lié avec Pym, il joua un rôle prépondérant dans les préludes de la Révolution. En 1642, il était envoyé à Edimbourg pour discuter les conditions de l'alliance écossaise, et il s'acquita de cette négociation avec autant de prudence qae de rapidité. Vane a pris part aux résolutions les plus importantes du Parlement, et sa biographie comprendrait toute l'histoire d'Angleterre à cette période critique. Bornons-nous à mentionner ses actes principaux. Avec Cromwell, il présente 1' « Acte de renonciation » qui désorganise l'armée royale et met la nouvelle armée entre les mains des parlementaires. Il décide l'assemblée à admettre les 230 nouveaux membres destinés à remplir les sièges vacants par suite de la défection des royalistes; il résiste aux tentatives de séduction de Charles I®^ ; il entoure les Communes de troupes lorsque Fairfax annonce la marche de l'armée royale sur Londres. Il s'oppose à la dissolution immédiate du Parlement que Cromwell réclamait après Worcester, et lorsque le dictateur vint exiger lui-même cette mesure brutale (1653) , Vane lui reprocha froidement « d'avoir agi contrairement aux droits et à l'honneur ». Cromwell le traita de charlatan et s'écria : « Seigneur, délivre-moi de sir Henry Vane ! » Vane revint prendre son siège au Parlement de 1651. Il y retrouva sa vieille influence, mais il ne put réaliser le plan de réconciliation avec l'armée dont la réus-

site aurait sans doute empêché la Restauration. La restauration accomplie, le vieux parlementaire fut exclu de l'amnistie, bien qu'il n'eût pris aucune part à la condamnation de Charles P^\ Le fanatisme royaliste et épiscopal exigea la mise en accusation de Vane (1661), bien qu'il fût protégé par la promesse du roi qu'il ne permettrait jamais qu'il fût condamné à mort, même s'il était convaincu de trahison. Il se défendit avec une éloquence qui frappa vivement les contemporains. Charles II s'écria : « C'est un homme trop dangereux pour que nous le laissions vivre, si nous pouvons nous en débarrasser sans danger». Vane fut décapité sur le Tower Hill. Diplomate habile, administrateur éminent, homme d'Etat dans toute la force du terme, Vane fut encore un écrivain distingué. Outre des écrits politiques et des discours empreints de la plus haute éloquence, il a laissé des traités d'un mysticisme singulier. Citons : The retired man's méditations (1655, in-4) ; An epistle gênerai to the mi/sticalBody of Christ in Earth (1661 ?) ; The face of thê times (1661 ?) ; The trial of sir Henry Vane (1662, in-4) ; A pilgrimage info the Land of Promise (1664, in-4), etc. R. S.

BiBL. : G. SiKES, The life and death of sir Henry Vane, 1662, iii-4. — Li/ie, death and gospel principles of H. Vane, ■with his trial ; Londres, 1662, in-4. — C.-W. Upham, Life of H. Yane, dans American Bioqraphy de Sparks, l»" série, t. IV). — J. FoRSTER, Life of H. Vane^ dans la collection des Eminent british Statesmen, t. IV.— J.-K. Hos- MER, Life ofH. Vane; Londres, 1888.

YANESSE (Vanessa Fabr.) (Entom.). Genre de Lépidoptères Rhopalocères ou Diurnes, de la famille des Nym phalides, caractérisé par les antennes aussi longues que le corps, terminées en massue allongée, ovoïde, la tête médiocrement large, velue, les yeux ovales garnis de poils, les palpes écailleux, velus, relevés ou convergents, le thorax robuste, l'abdomen court, les ailes supérieures subtriangulaires, à bord externe sinueux, échancré, à cellule discoïdale ouverte, les inférieures obovales, à bord externe denté et bord interne formant gouttière. Leurs chenilles sont cylindriques, assez allongées, ayant la tête échancrée en cœur, le corps garni d'épines velues ou rameuses d'égale longueur, le premier et le dernier segment seuls en sont dépourvus.|Leurs chrysalides sont anguleuses, avec la partie antérieure terminée par deux pointes et le dos armé de deux rangées de tubercules aigus et le plus souvent ornées de taches d'or ou d'argent, quelquefois toutes dorées. Le type Van la L. ou Paon de jour, est un beau papillon d'un brun rouge velouté avec une grande tache en forme d'œil sur les quatre ailes. Sa chenille épineuse, noire et piquée de blanc, vit en société sur les Urtica. A citer encore : V. antiopah. ou leMorio, V. atalanta ou le Vulcain, F. Cardui L. ou la Belle-Dame. Les Vanesses habitent toutes les parties du monde, mais surtout les régions tempérées. P. Chrét.

VAN EVEN (Edouard), historien et archéologue belge, né à Louvain en 1821. Il fut d'abord sous-bibliothécaire de rUniversitécatholique, puis conservateur des archives de la ville. Bien que manquantde préparation scientifique et de vues générales, il est parvenu à force de travail persévérant à connaître à fond les sources de l'histoire de sa ville natale, et il a publié plusieurs livres bien documentés et pleins d'intérêt. En voici les principaux : Louvain monumental ou description historique et artistique de tous les édifices de la ville (Louvain, 1860, in-4), rééd. sous le titre: Louvain dans le passé et dans le présent (1890, in-fol.) ; Histoire de Vancienne école de peinture de Louvain (ihid., 1870, in-8). Van Even a aussi donné une bonne édition des Mémoriaux de Divœus (Jaerboeken der stad Leuven van 24 tôt i507 (ibid., 2 vol. in-12) ; et des Mémoires de Boonen (Geschiedenis van Leuven, geschreven in de jaren i593 en i594 (ibid., 1800, in-fol. ). Ce sont des documents de haute valeur pour l'histoire de Louvain et des Pays-Bas. E. H.

VANGA (Ornith). Genre de Passereaux de la famille des Laniidés (V. ce mot), comprenant des Oiseaux d'as-

VANGA — VANILLIER

sez forte taille, à bec aussi long que la tête, comprimé, robuste, à mandibule supérieure dentée et crochue à sa pointe. Les ailes sont assez courtes, la queue moyenne, les tarses courts, robustes, l'ongle du pouce grand, courbé, aigu. Tous habitent Madagascar et ont les mœurs carnassières des Pies-Grièches, se nourrissant de gros insectes et de petits vertébrés. Le Blanchot (Vanga olivaceus) est un Oiseau de la taille d'une Pie, vert dessus, avec la tête grise et le ventre jaune, une tache blanche en avant de l'œil. Le genre Xenopirostris, à bec plus court avec les deux mandibules également bombées, comme chez les Perroquets, comprend trois espèces de Madagascar, qui ont les mêmes mœurs. Le Vanga xenopirostris est noir avec un demi-collier et le ventre blanc. Le genre Chaunonotus représente les Vangas dans l'O. de l'Afrique.

VAN GEEL (Loys), sculpteur belge (V. Geel).

VAN6I0NES. Peuple germain (V. Nemetes).

VANHOVE (Cécile -Caroline -Charlotte), comédienne française, née à La Haye en 4771 , morte à Paris en 1860. Douée pour le théâtre dès son enfance, élève Je Dorval, elle entra à la Comédie-Française dès 1785, à quatorze ans ; elle fut dès l'abord et resta l'idole du public dans Andromagne, Bérénice, Iphigénie, etc. En 1811, elle se retira de la scène à l'apparition de M^^® Mars. Mariée à un musicien, elle divorça en 1794 et épousa Talma en 1802. Après la mort de ce grand acteur, elle se remaria avec un gentilhomme belge. Elle a écrit d'excellentes Etudes sur Varl théâtral (1836), et des Anecdotes sur Talma.

VANIKORO (Paléont.) (V. Nâticâ).

VANlKORO(Iles) (V. Santa Cruz [Iles de]).

VANILLE (V. Vanillier).

VANILLIER (Vanilla Sw.). I. Botanique. — Genre d'(>rchidacées-Néottiées, composé d'une vingtaine de lianes propres aux régions tropicales du globe, à racines adventives

Branche florifère de VaniZia claviculata.

aériennes, à feuilles alternes, charnues ou coriaces, les fleurs disposées en épis ou grappes, brefs, axillaires ; périanthe composé de 6 pièces, 3 extérieures égales entre elles, 3 intérieures, dont l'une, le labelle, généralement en forme de cornet à orifice dilaté et frangé, est pourvu d'un onglet adné à la base du gynostème et porte sur son limbe concave, en dedans, un faisceau de lames parallèles déchiquetées. Le gynostème forme, au-dessus de l'ovaire in-

fère à 3 placentas pariétaux, une colonne stylaire creuse, terminée par une bouche saillante dont les proéminences la séparent de Panthère, qui est comme pendante au sommet du gynostème. Le fruit est une capsule siliquiforme presque trigone, charnue, s'ouvrant en long, le plus souvent par une seule fente. Graines nombreuses. — L'espèce type, F. claviculata Sw. {V. planifolia Andr., V. sativa Schreb., Epidendrum Vanilla L., etc.), originaire des forêts humides da Mexique austro-occidental, est cultivée aux Antilles, au Brésil, en Colombie, à Java, etc., et dans les serres chaudes. Son fruit, ou vanille, est à maturité d'un brun rougeâtre foncé. La plus belle variété de vanille est la V. lec, toujours givrée (cristaux de vanilline) ; la F. bâtarde, plus courte, ne givre pas ; il en est de même du Vanillon, ou Bova des Mexicains, qui a un arrière-goût désagréable. D^ L. Hn.

IL Arboriculture. — Le Vanillier, cultivé au Mexique, dans les Guyanes, au Brésil, au Pérou, à la Réunion, etc., se rencontre souvent dans les serres, où il croît vigoureusement si elles sont chaudes, humides et bien aérées, en été, et si leur température se maintient autour de 15*^, en hiver. Il se plaît en sol frais et demande un léger ombrage. On le multiplie de boutures pourvues de trois yeux et dont on coupe les feuilles inférieures avant la plantation. Les boutures reprennent en quelques semaines et, au bout de trois ou quatre ans, les jeunes plantes commencent à fleurir et à fructifier. On soutient leurs longues tiges sur des fils de fer tendus sous le vitrage de la serre. Les fruits obtenus en serre développent leur agréable parfum, mais ils ne se forment eux-mêmes que si les fleurs sont fécondées artificiellement. On féconde les fleurs quand elles s'entr'ouvrent. Le succès de l'opération se reconnaît, un jour ou deux après, au développement de l'ovaire. On ne conserve souvent que deux ou trois fruits par grappe pour les obtenir plus gros et plus parfumés. La récolte des fruits se fait plusieurs mois après la fécondation, au moment oîi ils vont s'ouvrir pour disséminer leurs graines. Pour la culture en plein air du Vanillier, on élève d'abord des arbres à croissance rapide qui lui serviront de support et lui procureront un léger ombrage. Au pied de ces arbres, on plante des boutures du Vanillier. On installe les cultures à l'abri des vents violents, sur un terrain arrosable que l'on fume chaque année. G. Boyer.

m. Economie domestique et Commerce. — La vanille est très employée, à raison de son parfum délicat, peur la fabrication des chocolats et des Uqueurs de table, en pâtisserie, en confiserie, en parfumerie. Tantôt, on laisse séjourner un certain temps le fruit tout entier ou gousse dans la préparation, à laquelle il communique rapidement son arôme. Mais le plus souvent on l'y introduit à l'état pulvérisé ou sous forme d'alcoolat.

Les espèces les plus répandues dans le commerce sont : 1° la vanille du Mexique, la plus appréciée, qui est longue de 20 à 25 centim., aplatie et large, dans son plus grand diamètre, de 9 à 10 millim. Sa couleur est brun foncé. Sa surface est ridée longitudinaîement avec entre-croisement de fines stries et d'excroissances. L'intérieur est rempli d'un grand nombre de petites graines noires et d'une petite quantité de pulpe ; 2^ la vanille de Bourbon, qui est la plus communément vendue en Fran^^e et qui constitue également une bonne sorte. Les meilleures qualités ont de 18 à 22 centim. de longueur, de 6 à 8 millim. de largeur. Sa couleur est presque noire. Son odeur, moins fine que celle de la précédente, rappelle plutôt, lorsqu'on la plonge dans l'eau chaude, celle de la fève de tonka. Sa chair est aussi moins ferme ; 3° la vanille des Seychelles et de Maurice, caractérisée par sa couleur pâle, son odeur faible, sa petite taille (15 centim. sur 5 à 6 millim. environ) et ses rides transversales. Elle est communément vendue comme vanille de Bourbon de qualité inférieure ; 4° la vanille de VAynérique du Sud, qui a 17 à 19 centim. de longueur, 12 millim. de largeur, est d'un brun rougeâtre et possède une odeur

VANILLIER — VANILLÏNE

rance de mélasse en fermentation. On l'emploie surtout à falsifier la vanille du Mexique coupée ; 5^ la vanille de Taïti et des îles Sandwich, qui se rapproche beaucoup de la précédente ; 0^ le vanillon, qui est produit, non plus, comme la vanille proprement dite, par la Vanilla planifolia, mais par la Vanilla aromalica ou pompona et qui nous vient du Brésil et des Antilles. Ses gousses ont de 10 à 12 centim. de longueur sur 10 à 20 millim. de largeur. Ses côtés nettement anguleux lui donnent une forme triangulaire. Sa couleur est rouge brun. Il a une odeur prononcée de coumarine ou d'héliotrope.

La vanille se récolte, on Ta vu plus haut, plusieurs moi^ après la fécondation. Le fruit ou gousse est alors vert et sans parfum. Avant de le livrer à la consommation, on doit lui faire subir une préparation longue et difficile. Voici comment elle s'opère le plus généralement. Les vanilles cueillies dans la journée sont pesées, classées par grosseur et rangées dans des boîtes métalliques étanches, de 25 kilogr. chacune, garnies à l'intérieur de grosse flanelle. Huit à dix de ces boites sont placées dans une autre plus grande, où on introduit de Feau bouillante et où on les laisse séjourner de 12 à 16 heures, suivant leur grosseur. Au sortir de cette étuve, elles ont pris une couleur marron. On les met alors dans une couverture de laine, on les expose trois à quatre jours au soleil, on les fait sécher pendant environ deux mois sur des claies, les essuyant chaque jour, on les garde encore en observation pendant un mois et on les expédie enEurope, soit par paquets de 50 gousses, soit en boîtes, d'ordinaire en septembre ou en octobre. Le giore ne les recouvre qu'ensuite. Il est formé de petits cristaux blancs, aiguillés et brillants, de vanilline (V. ce mot), le principe odorant de la vanille. Il est très abondant dans les vanilles du Mexique et de Bourbon, plus rare dans les autres et complètement absent dans le vanillon. Il faut de 3 à 3 kilogr. et demi de vanille verte pour donner 1 kilogr. de vanille préparée.

Les pays qui fournissent au commerce le plus de vanille sont, par ordre d'importance, l'île Bourbon, le Mexique, les îles Seychelles et Comores, Madagascar, l'île Maurice, la côte de Zanzibar, Ceylan, Java, la Guadeloupe et la Martinique, la Nouvelle-Calédonie, la Cochinchine. La France seule en consomme, chaque année, 30.000 kilogr. environ. Le prix, variable suivant la qualité, est en moyenne, chez nous, de 60 fr. le kilogramme. Les droits de douane sont de 2 fr. 08 lorsque la vanille provient des colonies françaises, de 4 fr. 16 dans le cas contraire. Paris est, en Europe, le principal centre de transactions. Puis viennent Londres, Bordeaux, New York, Hambourg, Marseille.

Le prix élevé de la vanille l'expose à de nombreuses falsifications. Et d'abord on la givre* artificiellement en la roulant dans l'acide benzoïque en petits cristaux. Les aiguilles cristaliïnes sont alors larges et apphquées sur la surface des gousses, tandis que les cristaux de vanilline produits spontanément sont petits et affectent une direction perpendiculaire à cette surface. En second lieu, on « restaure » les gousses, qui, récoltées trop tard, se sont ouvertes et ont perdu une partie de leurs graines, ou qui, mal préparées, se sont altérées, ou qui, encore, ont déjà été épuisées, en vue de la fabrication de liqueurs, au moyen de l'esprit-de-vin, et sont remises ensuite dans le coiùmerce, en les parfumant avec du baume du Pérou ou de la teinture de Tolu et en introduisant à l'intérieur, afio de leur rendre leur souplesse, de la mélasse. Ensuite on les recoud. Cette dernière falsification se reconnaît à ce que la vanille est alors poisseuse, adhérente aux doigts et de saveur sucrée. Enfin, on est parvenu à extraire des gousses, préalablement à leur mise en vente, une partie de leur principe aromatique.

Bien préparée, la vanille se conserve fort longtemps sans perdre ses qualités. Cette conservation est encore prolongée en entourant les gousses de papier à chocolat

et en plaçant le paquet ainsi formé dans une boîte qu'on remplit entièrement de sucre en poudre. L. S.

IV. Thérapeutique. — La vanille doit à la vanilline qu'elle renferme (V. Vanilline) d'être stimulante et aphrodisiaque. On l'emploie quelquefois en médecine comme excitant dans les fièvres nerveuses sous forme de poudre, de tablettes, de teinture, d'alcoolat.

BiBL. : Arboriculture. — Delteil, Culture de la ranime; Paris, 1885.

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LavaniUine, qu'on appelle aussi aldéhyde vanillique ou aldéhyde méthylprotocatéchique, constitue le principe odorant de la vanille qui en contient environ 2 ^/o. Le givre de vanille, c.-à-d. les cristaux qui se déposent dans les boîtes où on conserve de la vanille, sont de la vanilline à peu près pure. La vanilline est donc connue depuis longtemps ; mais c'est Caries seulement qui a indiqué sa composition, et ce sont les travaux de Tiemann qui ont fait connaître ses fonctions chimiques. L'extraction de la vanilline des gousses de vanille se fait au moyen de l'éther. On traite à plusieurs reprises par de l'éther les gousses réduites en petits fragments ; la vanilline se dissout. On amène la solution éthérée à occuper seulement le dixième de son volume, et^ après refroidissement, on l'agite avec une solution de bisulfite de sodium qui s'empare de la vanilline et laisse les autres corps en solution dans l'éther. On décante l'éther qui surnage. On verse dans la combinaison de bisulfite et de vanilline de l'acide sulfurique dilué qui décompose le bisulfite et remet en fiberté l'aldéhyde. On agite enfin une dernière fois avec de l'éther qui dissout la vanilline et l'abandonne cristallisée par évaporation. Mais aujourd'hui c'est le plus souvent par voie synthétique qu'on prépare la vanilline. L'oxydation de l'acétyleugénol donne de bons résultats. On chauffe à une douce température un mélange de 2 parties d'acétyleugénol et de 3 parties de permanganate de potassium en solution aqueuse. On filtre pour séparer l'oxyde de manganèse formé dans la réaction, et on agite la liqueur avec de l'éther pour lui enlever la vanilline qu'elle renferme. La coniférine donne aussi de la vanilline par oxydation. On fait bouillir pendant plusieurs heures dans un appareil muni d'un réfrigérant à reflux un mélange de coniférine et de liquide chromique ; on extrait la vanilHne formée soit par agitation avec de l'éther, soit par entraînement au moyen de la vapeur d'eau. La vanilline est un corps cristallisé en aiguilles blanches fondant à S¥ et bouillant dans une atmosphère de ^az carbonique à 285°. EUe est peusoluble dans l'eau froide, mais très soluble dans l'eau bouillante, l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone. Elle possède l'odeur caractéristique de la vanille. On peut résumer les propriétés chimiques de la vanille en disant qu'elle possède la fonction aldéhyde, la fonction phénol et la fonction éther : c'est l'éther méthylique de l'aldéhyde protocatéchique. Possédant la fonction aldéhyde, elle donne un alcool par hydrogénation ; traitée en solution aqueuse ou alcoolique par l'amalgame de sodium, elle donne l'alcool vanillique C^^H^^O^ :

Ci6H806 + 2H==C^6Hioo6.

Par oxydation, la vanilline donne un acide, l'acide vanillique ; l'oxydation se fait lentement au contact de l'air :

Ci6H806 4-20r=C^W0^.

Aussi la vanilhne obtenue par oxydation de la coniférine ou de l'acétyleugénol est-elle toujours mélangée d'acide vanilhque. Comme les corps aldéhydiques, la vanilline se combine au bisulfite de potassium: cette propriété est utilisée pour l'extraire des gousses de vanille. Comme tous les phénols, la vanille se combine aux alcalis. On obtient le sel de soude cristallisé en ajoutant de Falçool à une solution de vanilline dans la soude. En faisant bouillir une solution de ce sel avec de l'iodure de méthyle dans un baUon muni de réfrigérant à reflux, on obtient l'éther méthylique de la vanilline qu'on appelle la méthylvanilline

VANILLINE — VANNE

et qui est une huile épaisse bouillant sans décomposition à 285^. Les autres éthers s'obtiennent par des procédés analogues. Enfin la vanilline appartenant à la série aromatique donne facilement des dérivés de substitution : une solution alcoolique de vanilline, traitée par des vapeurs de brome, laisse un précipité jaune de bromovanilline, C^*^lFBrO^.

La vanilline est un parfum très employé^ elle est quelquefois mélangée de substances étrangères, en particulier d'acide benzoique. On reconnaît la présence d'acide benzoique en faisant bouillir la solution aqueuse avec du carbonate de soude. Il se fait du benzoate de soude décelable par les sels de fer,. A. Bouzat.

VANILLIQUE(Aeide).Fom.*^ ^IJ^;-; ^qsS)1\

L'acide vanillique est l'acide correspondant à l'aldéhyde vanillique appelé aussi vanilline. Il peut s'obtenir par l'oxydation de la vanilline dans les conditions générales qui permettent de passer d'un aldéhyde à un acide ; on peut le préparer aussi en oxydant les corps qui, par une oxydation plus ménagée, donnent la vanilline, c.-à-d. la coniférine, l'acétyleugénol. Il cristallise sous forme d'aiguilles brillantes qui fondent vers 212^ et se volatilisent sans décomposition à une température plus élevée. Son odeur est celle de la vanille, mais elle est assez faible. Les vanillates sont solubles dans l'eau en général ; le vanillate de plomb est cependant peu soluble, aussi se produit-il sous forme d'un précipité blanc quand on verse de l'acétate de plomb dans un vaniilate alcalin. Le vanillate d'argent, également peu soluble, s'obtient de même par précipitation. Outre la fonction acide, l'acide vanillique possède la fonction phénol et la fonction éther : c'est l'acide méthyiprotocatéchique. Traité par la potasse fondante ou, en tubes scellés, par l'acide chlorhydrique étendu, il se dédouble en chlorure de métliyle et acide protocatéchique. A. Bouzat.

VANILLlSiVlE, Accidents produits par la vanille. On distingue un vanillisme d'origine alimentaire et un vanillisme d'origine professionnel. Le premier, occasionné par l'ingestion de glaces et de crèmes à la vanille, consiste en troubles gastro-intestinaux avec vomissements, diarrhée, cyanose des extrémités et de la face. Le vanillisme d'origine professionnel consiste en démangeaisons à la face et aux mains, avec sentiment de cuisson, parfois avec blépharite et coryza ; on peut encore observer des accidents nerveux dus aux émanations odorantes de la vanille.

VANINI (Lucilio), philosophe italien, né à Taurisano (roy. de Naples) en 4585, mort brûlé en 4619. Après avoir étudié la théologie, la médecine, le droit, la philosophie à Rome, Naples et à Padoue, il entra dans les ordres et parcourut l'Europe en enseignant sa doctrine, qui finit par tourner à l'athéisme. Au milieu de ses voyages et de ses prédications, il resta d'abord fidèle à l'orthodoxie catholique à laquelle il mêlait cependant des idées péripatéticiennes et pythagoriciennes. Le premier de ses livres, Amphitheatrum Providentiœ (Lyon, 4615), traite de l'existence de Dieu et réfute (mais mollement et non sans ironie) les doctrines des athées. Venu ensuite à Paris, il y fit des disciples et devint aumônier du maréchal de Bassompierre. Il publia alors son second livre : De admirandis naturœ arcanis^ etc., dialogues sur la nature, traité de physique, inspiré d'Aristote ; il y voile à peine ses attaques contre le catholicisme et laisse entendre que le Christ était un philosophe et un politique plutôt qu'un Dieu ; Vanini prêche l'épicuréisme et le matérialisme. Cet ouvrage fut censuré par la Sorbonne (4647). L'auteur se rendit à Toulouse pour continuer son enseignement, il encourut la haine du procureur général qui le poursuivit avec un acharnement extraordinaire ; accusé d'athéisme, Vanini allait être acquitté par la cour quand le témoignage d'un gentilhomme le fit condamner à avoir la langue coupée et à être brûlé. Ses cendres furent jetées au vent. Cet homme du xvi® siècle, en révolte contre la superstition, tour à tour hypocrite et

cynique, a l'esprit, l'érudition légère et la parole mordante d'un Lucien. Exaspéré par la persécution dont il devait finir par être victime, il passa sa vie dans une agitation perpétuelle. Ph. B.

VAN KOULI (c.-à-d. V esclave de Van). Surnom de Mohammed ben Mostafa, originaire de la ville de Van en Arménie, auteur de la traduction turque du Sahah, dictionnaire arabe de Djauhéri. Il vivait au xvi^ siècle et mourut à Médine pendant le pèlerinage de la Mecque. Son dictionnaire arabe-turc, publié en 2 vol. à Constantinople en 4728, a été souvent réimprimé, notamment en 4758 et en 4802. Cl. Huart.

VANLAY. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar-sur- Seine, cant. de Chaource ; 658 hab.

VAN LOO. Famille de peintres (V. Loo).

VANLOUE. Rivière du dép. de la Manche (V. ce mot). VANNAGE (Agric.) (V. Van).

VANNAIRE. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. de Châtillon-sur-Seine ; 69 hab.

VANNE. I. Hydraulique. — On appelle vanne ou hausse un vantail en bois ou en métal que l'on hausse ou que l'on baisse entre des coulisses de façon à lâcher ou à retenir les eaux d'une écluse, d'un canal, d'un étang. En son centre et du côté amont s'adapte, d'ordinaire, une tige, et celle-ci, à sa partie supérieure, se termine par une crémaillère, qui engrène avec une roue dentée. En faisant tourner cette dernière, on fait monter ou descendre la vanne. La crémaillère est aussi remplacée, dans d'anciens vannages, par une vis engagée dans un écrou. Celui-ci, fixe dans le sens vertical, peut tourner autour de son axe et c'est ce mouvement qui fait monter ou descendre la vis. La vanne peut être verticale : la contraction de la veine est alors très peu diminuée. Elle l'est, au contraire, de façon notable lorsque la vanne est inclinée. Le coefficient de contraction passe alors, en effet, de 0,625 à 0,74 pour une inclinaison de 4 de base et 2 de hauteur, à 0,80 pour une inclinaison de 4 de base et 4 de hauteur. Il y a donc avantage à construire la vanne inclinée. On fait aussi des vannes qui s'ouvrent, non plus, comme celles dont nous venons de parler et qui sont les plus connues, en s'élevant et en laissant passer l'eau par-dessous, mais en s' abaissant et en laissant s'écouler l'eau par-dessus, en déversoir : elles sont dites plongeantes. Leur manœuvre est la même, mais en sens inverse. Elles sont particulièrement employées pour amener l'eau sur des roues de côté. Enfin dans les usines où l'eau sert comme moteur, on appelle vannes de travail celles qui amènent l'eau sur les roues et vannes de décharge celles qui procurent l'écoulement de l'excès d'eau fourni par le bief d'amont.

Dans les grands barrages de rivière, des fermettes à aiguilles remplissent généralement Tofiice de vannes (V. Hausse). On fait aussi usage de vannes tournantes, qui sont articulées sur le radier et dont les organes mobiles, attachés intimement les uns aux autres, sont couchés à la fois par une manœuvre unique. Le mouvement de bascule peut d'ailleurs être modéré à l'abatage et accéléré au relevage par l'emploi de vannes papillon. Ce sont de petites vannes percées dans la partie supérieure des grandes. En les ouvrant d'un coup de gaffe, du haut de la passerelle, on livré passage aux eaux et on diminue l'influence de la volée au profit des pressions qui s'exercent sur la culasse. On peut ainsi d'abord livrer passage à une petite crue sans toucher au barrage, ensuite hâter le relèvement spontané en les laissant ouvertes au moment de l'abatage.

II. Génie rural. — Vanne d'irrigation (V. Canal, t. VIII, p. 4477).

VANNE. Rivière des dép. de l'Aube et de l'Yonne, affl. de l'Yonne. Sa source est à 45 kil. 0. de Troyes, au village de Font vanne ; abondante en temps humide, elle est très réduite par la sécheresse ; elle descend lentement vers rO.-S.-O., passe à Estissac, perd l'eau des sources vives que lui dérobe sur la rive g. l'aqueduc de la Vanne à Paris, baigne Villeneuve-l'Archevêque, se bi-

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