‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 36 sur 633 · TIERSOT — TIFLIS · texte numérisé non relu

TIERSOT — TIFLIS

Comique lors des fêtes données à Arras en l'honneur d'Adam de La Halle en 1896, Comme compositeur, il s'est fait connaître principalement jusqu'ici par un hymne en l'honneur d'Edgar Quinet, exécuté à Bourg en 1883; Andromède, musique nouvelle pour la tragédie de Corneille (Odéon, 4897) ; un poème symphonique : Sire Halewyn, couronné au concours de la ville de Nancy (1898) et exécuté aux Concerts Lamoureux; une suite de Danses populaires françaises, pour orchestre, exécutée aux Concerts Colonne, et un certain nombre d'autres œuvres vocales et orchestrales.

TIERS-PARTI (Hist.) (V. Corps législatif, t. Xll, p. 1054).

TIERS-POINT (Outil). On désigne sous le nom de tierspoint une lime triangulaire dont on se sert pour affûter les dents des scies.

TIERS-POTEAU (Constr.). Poteau ou plutôt potelet, ainsi nommé à cause de son faible équarrissage et obtenu par le sciage d'un fort poteau en trois autres de moindre section ; on emploie surtout les tiers-poteaux dans la construction de cloisons légères où les rainures que l'on profile dans le sens de leur hauteur servent à maintenir les carreaux de plâtre sur les briquettes posées de champ.

TIESTE-Uragnoux. Com. du dép. de Gers, arr. de Mirande, cant. de Plaisance ; 233 hab.

TIETE. Rivière du Brésil, Etat de Sâo Paulo, aM. g. du Parana ; 1 .'200 kil. de long. Il naît à 45 kil. de l'Océan dont le sépare la serra do Mar, à peu de distance de la source du Parahyba ; les deux cours d'eau sont d'abord parallèles vers le S.-O. ; puis le Parahyba tourne vers le N.-E. et le Tiete vers le N.-O. ; il arrose Sâo Paulo, Tiete au confluent du Piracicaba, traverse les steppes et pâturages du plateau intérieur d'où il s'échappe par une série de 56 cataractes dont la dernière, celle d'Itapara, saute 22 m. A.-M. B.

TIETMAR, chroniqueur allemand (V. Dithmar).

TIEULE (La). Com. du dép. de la Lozère, arr. de Marvejols, cant. de La Canourgue; 215 hab.

TIFFAUGES. Com. du dép. de la Vendée, arr. de La Roche-sur-Yon, cant. de Mortagne, sur la Sèvre-Nantaise ; 1.296 hab. (910 aggl.). Stat. du chem. de fer de Nantes à Poitiers. Papeterie. Ruines d'un puissant château (chapelle du xiii® siècle et crypte romane, etc.). — Le nom de Tiffauges paraît dériver de celui des Taïfales ou Theïphales, peuplade barbare transportée de la Thrace dans le pays des Pictons au in"^ ou au iv« siècle. La Notitia dignitatum les signale; Grégoire de Tours en parle encore; on retrouve dans leurs sépultures les corps de haute stature. Aujourd'hui encore, les gens de Tiffauges sont détaille supérieure à celle de leurs voisins. A partir du ix® siècle, le château et les seigneurs de Tiffauges jouent un rôle dans les guerres du Poitou (V. ce mot) ; la seigneurie passa aux vicomtes de Thouars, puis à la famille de Retz, et c'est au château de Tiffauges que le sinistre Gilles de Retz, le Barbe-Bleue de la légende, accomplit ses atroces forfaits (V. Retz, t. XXVllI, p. 508). A.-M. B.

BiBL. : Peevel, Hist. de Tiffauges; Nantes, 1877, iii-8. — Brin et Hébert, le Château de Barbe-Bleue ; Paris, 1888, in-4.

TIFLIS. Ville du Caucase, ch.-l. de gouvernement et centre administratif de toute la région caucasienne, sur les deux rives de la Koura, et au fond d'une vallée ouverte du côté N. , entourée des trois autres côtés par des montagnes arides ; position : 41^43' 8"lat. N. ; 42«27' 35^^ long. E. de Paris, à 3.000 kil. S. de Saint-Pétersbourg, 409 m. d'alt. (pont sur la Koura); 161.000 hab. La capitale actuelle du Caucase a été fondée, sous le nom de Tpilissi ou Thbilissi, par Vahktang, prince géorgien, vers le milieu du v® siècle, qui voulut utiliser les sources d'eau chaude de la localité pour l'établissement de bains. La ville devint bientôt un centre important et excitait la convoitise des voisins, notamment des Persans qui s*en em-

parèrent en 570. Dès ce moment et jusqu'à Tannée 1800, date de la première occupation russe, c.-à.-d. durant près de douze siècles, la ville de Tiflis subit toutes les vicissitudes des villes d'Orient, assauts, et parfois destructions complètes : Ereclé, empereur grec, s'en empare en 6^6 ; en 731, la ville est dévastée par l'Omar Mourvan Abdoul-Kazin qui veut introduire le mahométanisme en Géorgie ; en 838, la ville est détruite de fond en comble par les Khazares ; reprise quelques années plus tard par le roi Bazrat l®^ Tiflis ne tarde pas à se relever de ses ruines et excite à nouveau la convoitise de ses turbulents voisins. Elle fut particulièrement embellie lors du règne de la reine Tamara ou Tamar (V. ce nom), mais fut presque entièrement détruite à nouveau par Tamerlan, en 1395. Reconstruite encore une fois par Alexandre P^ durant la première moitié du xv^ siècle, la ville de Tiflis resta durant trois cents ans encore la pomme de discorde entre les Turcs, qui s'en emparèrent à plusieurs reprises, et les Persans, auxquels elle appartenait nominalement. Elle reçut divers embellissements sous le règne de Rostom (seconde moitié du xvii® siècle) qui y fit construire des bains, un caravansérail, un palais.

Lors de l'annexion de la Géorgie (V. ce mot) en 1801 , Tiflis fut déclarée chef-lieu de gouvernement et désignée pour servir de résidence au gouverneur général de la nouvelle province russe. La ville ne comptait à cette époque qu'une vingtaine de mille d'habitants, mais elle se développa rapidement, grâce d abord à la sécurité définitivement établie et à sa situation avantageuse au croisement des routes commerciales de la mer Caspienne à la mer Noire et du plateau arménien en Russie d'Europe par le Caucase. Elle est à présent, au point de vue matériel, l'une des plus importantes cités de l'empire, et, au point de vue pittoresque, l'une des plus intéressantes du globe. Tous les peuples d'Europe et d'Asie y ont leurs représentants, et on a calculé qu'on y parle 70 idiomes différents. Lapins grande partie de la cité est située sur la rive droite de la Koura. Au N. se trouve le quartier russe ou moderne, avec des rues larges et de vastes places ; là se trouvent aussi les bâtiments de l'administration gouvernementale ou préfectorale, deux musées, le théâtre, le gostinni dvor, ou bazar couvert. Au S., les quartiers indigènes (persan, arménien) ont conservé le cachet de la ville orientale, avec les bazars, les ruelles étroites, tortueuses, étalages. Les touristes visitent avec intérêt la citadelle en ruines, au S.-O. delà ville ; le couvent Saint-David ou Mtatzmind, couvent fondé en 1318 en souvenir de David Garedji, l'un des treize pères syriens qui vinrent (vers 550) prêcher le christianisme aux Géorgiens. Deux ponts, l'un enfer, l'autre en pierre, réunissent le quartier russe à la rive gauche de la Koura. Tiflis est relié à la mer Noire et à la Caspienne par le chemin de fer de Poti-Rakou ; la grande route du Darial (V. ce mot) la relie à la Russie d'Europe, par Vladicaucase. Ville essentiellement commerçante, Tiflis trafique surtout avec les tapis et les tissus divers, laine, coton, demi-soie. La petite industrie orientale y est aussi assez développée. La production annuelle est un peu plus de 5 millions de roubles. Le climat de Tiflis est assez agréable en hiver et au printemps. Température moyenne de l'année, 12^,6, celle de l'hiver, 1^,4 ; l'été est, par contre, très chaud (juin, 20^; juil. et août 24*^), et toute la population aisée quitte la ville.

Le gouvernement de Tiflis occupe une superficie de 41.000 kil. q. Il est divisé en 13 districts dénommés d'après leurs chefs-lieux : Tiflis, Akhalkalaki, Akhaltzikh, Gori, Douchet, Signakh, Telav ; population, environ 1.100.000 hab., en majeure partie Géorgiens, environ 40 <^/o. Les principales autres nationalités sont les Arméniens (26 «/o), Tatars (10 «/o), Ossètes (8 %), Russes (6 7o)> Grecs, Persans, juifs, etc. A peine la cinquième partie du gouvernement est susceptible de cultures (céréales, fruits, tabac, vignes), le reste étant constitué par

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