‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 37 sur 633 · TIFLIS — TIGE · texte numérisé non relu

TIFLIS — TIGE

les montagnes arides du Caucase central. — L'apiculture est également assez développée, et Ton compte dans le gouvernement près de 20.000 ruches. P. Lem.

TIGE (Bot.). La tige est le membre de la plante qui fait suite à la racine et sur lequel sont insérées les feuilles. La zone circulaire de jonction de la tige et de la racine est désignée sous le nom do collet (V. ce mot). Toutes les plantes vasculaires ont une tige nettement caractérisée par rapport aux feuilles qu'elle porte, il en est de même parmi les plantes cellulaires pour les Mousses. Chez les Hépatiques, on trouve tous les intermédiaires entre une simple lame ou thalle et un corps végétatif différencié en tige et feuilles. La division du corps en tige et feuilles s'observe même chez quelques Algues, comme les Sargasses et les Caulerpes.

Morphologie externe. — La tige se compose d'une suite de nœuds et d'entre-nœuds. Elle possède généralement une forme cylindro-conique qui lui assure une symétrie plus ou moins parfaite par rapport à son axe ; parfois cependant elle s'aplatit et devient qnadrangulaire, comme chez les Labiées, ou bien triangulaire, comme chez beaucoup de Cypéracées. Le sommet de la tige est occupé par un bourgeon, c.-à-d. une agglomération de jeunes feuilles pressées les unes contre les autres ; ce bourgeon à cause de sa position est qualifié de terminal. Sur les flancs de la tige, au niveau des nœuds, se remarquent d'autres bourgeons dits axillaires parce qu'ils naissent dans Vaisselle des feuilles. Ces bourgeons sont destinés à assurer la ramification de la tige.

Le port d'une plante est surtout influencé par la manière dont la tige principale et les tiges secondaires ou branches issues d'elle se comportent les unes par rapport aux autres. Lorsque la tige principale est beaucoup plus forte que les tiges secondaires, on a la forme ordinaire de nos arbres dont le t7vnc est couronné d'un grand nombre de branches très ramifiées Si, au contraire, la tige principale ne s'accroît pas plus que ses ramifications, la plante prend l'aspect de buisson caractéristique des arbustes ou des arbrisseaux. Certaines tiges ne se ramifient point du tout, comme c'est le cas pour les Palmiers dont le tronc en colonne ou stipe est surmonté d'un énorme bouquet de feuilles.

La longueur de la tige est très variable ; ainsi il existe des plantes chez lesquelles la tige est si cou^^te qu'on a pensé pendant longtemps qu'elle n'existait pas ; les plantes qui offrent cette disposition sont dites acaules (Pissenlit, Chardon acaule, etc.). D'autre part, il existe des tiges qui peuvent atteindre de 100 à 160 m. de hauteur, tels sont le Sequoyer de Californie {Séquoia gigantea Torr.) et plusieurs Eucalyptus d'Australie ; certaines lianes de Ceylan arrivent à dépasser 300 m. Quant au diamètre, il varie depuis un simple fil de la grosseur d'un crin, comme dans la Cuscute, jusqu'à 12-15 m., comme chez le Baobab {Adansonia digitata L.). Suivant leur consistance, les tiges se divisent en herbacées et ligneuses : les premières sont molles et n'ont en général qu'une faible durée ; les secondes ont une consistance dure et peuvent vivre de nombreuses années. Beaucoup de végétaux vivaces ont une tige souterraine ligneuse et des rameaux aériens herbacés.

Morphologie interne. — Si l'on fait une coupe transversale ou longitudinale près du sommet de la tige, on y trouve la structure dite primaire ; plus bas, c.-à-d. dans une zone plus âgée, de nouveaux tissus apparaissent, et on observe la structure dite secondaire. La section transversale de l'extrémité de la tige offre, à considérer de dehors en dedans, trois régions : Yépiderme, Vécorce et le cylindre central ou stèle.

Epiderme. L'épiderme est formé d'une assise de cellules ordinairement dépourvues de chlorophylle et dont les membranes extérieures sont plus ou moins cutinisées ; cette assise est interrompue de distance en distance par des orifices nommés stomates (V. ce mot). Certaines cellules

épidermiques peuvent s'allonger en ^m75 (V. ce mot), qui jouent un rôle protecteur ou servent à emmagasiner des sécrétions.

Ecorce. L'écorce se compose de cellules polyédriques ou arrondies qui laissent entre elles de* petits méats aérifères. Les assises externes renferment de la chlorophylle, particuHèrement abondante dans les plantes à feuillage peu développé oii l'on observe alors une structure analogue à celle de la feuille (V. Feuille). L'écorce contient fréquemment des tissus de soutien (V. Sclérenchyme et Collenchyme), tantôt distribués en faisceaux longitudinaux, tantôt disposés en une couche continue sous-jacente à l'épiderme. L'assise la plus interne de l'écorce, appelée endoderme, offre souvent des plissements subérifiés.

Cylindre central. Le cylindre central comprend des faisceaux libéro-ligneux et un parenchyme conjonctif. Les faisceaux libéro-ligneux se composent, comme l'indique leur nom, d'un faisceau ligneux et d'un faisceau libérien superposés suivant le rayon, au lieu d'être disposés en alternance comme dans la racine. Le bois, qui occupe la partie interne du faisceau hbéro-ligneux, est essentiellement formé de vaisseaux alignés en files radiales contiguës ou bien séparées par des séries de cellules de parenchyme ou de fibres. Le liber est constitué par des tubes criblés diversement, mélangés à des cellules de parenchyme. Le conjonctif du cylindre central se décompose en péricycle, rayons médullaires et moelle. Le péricycle délimite le cylindre central du côté extérieur ; il comprend en général plusieurs assises de cellules fréquemment transformées en fibres. Les rayons médullaires et la moelle sont formés de cellules polyédriques à parois minces dans le jeune âge, mais susceptibles de s'épaissir considérablement dans les tiges âgées. Quand la tige vit assez longtemps, on voit s'ajouter aux divers tissus primaires décrits ci-dessus de nouveaux éléments qui compliquent singulièrement la structure de l'organe. On désigne sous le nom de tissus ou de formations secondaires ces productions qui apparaissent à un certain moment dans les tiges et déterminent leur épaississement progressif. Les formations secondaires sont dues, comme dans la racine, à l'activité de deux assises génératrices concentriques, l'une externe ou phellogène, l'autre interne ou cambium. L'assise externe produit du liège et du phelloderme. L'assise interne produit du liber et du bois secondaire. Le phellogène peut s'établir dans l'épiderme, l'écorce ou le péricycle, mais le plus souvent c'est dans l'écorce qu'il prend son origine. Le cambium a une situation bien définie ; dans les faisceaux libéro-ligneux, il débute entre le bois et le liber dans une zone parenchymateuse, qui n'appartient ni au bois ni au liber ; dans le conjonctif, il se forme aux dépens du péricycle ou des rayons médullaires.

Le but des formations secondaires est d'assurer la protection à la surface des organes et de remplacer les éléments qui meurent par des tissus nouveaux qui permettent à la tige de supporter le poids des rameaux et des feuilles et à leur transmettre une plus grande quantité de sève. Tous les ans, au printemps, dans les régions tempé^ rées, les assises génératrices qui avaient cessé de fonctionner pendant l'automne reprennent une nouvelle activité et engendrent de nouvelles formations qui viennent se superposer aux anciennes ; il suit de là que la couche de bois de la seconde année va recouvrir celle de la première année, de même que la couche de liber et celle du liège s'ajoutent respectivement aux couches semblables formées l'année précédente. Après un temps plus ou moins long, les éléments du bois subissent des modifications qui les rendent impropres à la conduction de la sève; les membranes des vaisseaux se transforment chimiquement et s'imprègnent de tanin, en même temps que leur cavité s'obstrue par le dépôt de substances diverses. Le bois ainsi modifié porte le nom de bois parfait ou dur amen. Le jeune bois se nomme V aubier. Les vaisseaux qui se forment^à la fin de la végétation sont de plus petites di-

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